MANKELL Henning---LES CHIENS DE RIGA---LE FILS DU VENT---LE CERVEAU DE KENNEDY---TEA BAG---LA LIONNE BLANCHE---LES CHAUSSURES ITALIENNES---

21/06/2010 14:41 par livresentete

MANKELL Henning :

LES CHIENS DE RIGA , Éd. Seuil Policiers, 2003.

Intéressant. Bien mené. Totalitarisme en Lettonie. Contrôle extrême de la population lettone par les Russes + La Mafia. J’ai aimé.

LE FILS DUVENT, Seuil, 2004, 346 pages

« Vers 1875 un jeune amateur de collection d'insectes arrive en Afrique australe dans le désert du Kalahari pour rechercher un spécimen rare. En fait ce qu'il découvre c'est un jeune noir orphelin, il décide de le ramener avec lui en Suède pour prouver à ces compatriotes (dits civilisés) qu'il existe bien des races à peau noire. Pendant la traversée tous ses efforts tendront à ce que l'enfant qu'il a surnommé Daniel oublie son passé mais qui n'a qu'un rêve c'est-à-dire marcher sur l'eau pour retourner chez les siens pour pouvoir communiquer avec ses parents morts. Recueilli chez les uns et les autres il ne trouve pas sa place jusqu'au jour où il rencontre Sanna, une attardée mentale et l'entraîne dans sa fuite pour rejoindre ses ancêtres mais ils se font rattraper, grâce à Sanna. Il tombe gravement malade et dans son délire habité par la vengeance, il entre en contact avec les esprits de ses parents qui le motivent dans ses efforts pour rentrer en Afrique.

Mon avis: J'ai lu ce livre comme un conte mais avec beaucoup d'attention et j'ai ressenti la souffrance de cet enfant. Je me pose la question, pourquoi cette exhibition des noirs à cette époque par des gens qui les prenaient pour des animaux? »
« Ce n'est pas un policier, bien qu'il y ait un meurtre au début de l'histoire. On suit surtout le garçon et son père adoptif: Le voyage à travers la Suède, où jamais on n'a vu d'enfant noir, les réactions des habitants, le délire (entomologique) du père, la détresse du petit qui revoit sans cesse ses parents en rêve, deux mondes totalement différents, une barrière infranchissable. »
source :www.ratsdebiblio.net
LE CERVEAU DE KENNEDY, roman, Seuil, 2009, 390 pages

• ZOOM
Le cerveau de Kennedy Henning Mankell


Automne 2004. Louise Cantor quitte son chantier de fouilles du Péloponnèse pour rentrer en Suède. Impatiente de revoir son fils, elle le trouve mort dans son appartement de Stockholm. Qui a tué Henrik? Pas un instant Louise ne veut croire que son fils unique se soit suicidé. Avec l’énergie du désespoir et une obstination d’archéologue, elle va tenter de reconstituer, fragment par fragment, les dernières années d’une vie brutalement interrompue. Secondée par Aron, le père d’Henrik, qu’elle est allée chercher au fin fond de l’Australie, Louise découvre que son fils avait une vie secrète, émaillée d’inquiétantes zones d’ombre. Pourquoi Henrik s’intéressait-il tant au cerveau du président Kennedy, disparu lors de son autopsie? Pourquoi avait-il un appartement clandestin à Barcelone? D’où provenaient les grosses sommes d’argent dont il disposait? Que faisait-il au Mozambique dans un mouroir pour malades atteints du sida? Quand Aron disparaît brusquement sans laisser de traces, Louise comprend qu’elle est aux prises avec des forces occultes qui la dépassent.Au bord du gouffre mais plus déterminée que jamais, elle se laisse conduire par ses pas jusqu’au coeur de l’Afrique. Une vérité effroyable l’y attend.
À travers ce thriller palpitant et lucide, Henning Mankell exprime sa colère contre le cynisme du monde occidental face au lent naufrage d’un continent rongé par le sida.


AUX ÉDITIONS DU SEUIL :

COMÉDIA INFANTIL, 2003, COL. POINTS, # P1324

TEA-BAG, ROMAN, 2007, # P1887, Seuil, 2007, 330 pages.
Résumé du livre
« Tea-Bag, jeune Nigériane, traverse l'Europe à pied, persuadée que tout là-haut, en Suède, une porte s'ouvrira pour elle. Tania, venue de Smolensk, a franchi la Baltique à la rame, portée par le même espoir. Leyla est arrivée d'Iran alors qu'elle était enfant. Ensemble elles se démènent pour survivre dans une banlieue de Göteborg. Pendant, ce temps, le célèbre auteur Jesper Humlon, qui attend l'inspiration en surveillant son bronzage et le cours de ses actions en Bourse, tente d'échapper à la tyrannie de sa petite ami et de sa mère. Le jour où sa trajectoire croise celle de Tea-Bag, Tania et Leyla, c'est le choc. Il découvre l'existence d'une Suède inconnue, clandestine, comme un double 'en négatif' de la Suède officielle, laquelle ignore tout de la première. Aussitôt il envisage de détourner cette expérience à ses propres fins. Mais les jeunes filles n'ont pas dit leur dernier mot... «
Source :www.evene.fr
Dans ce roman de Mankell, comédie et tragédie s’entrecroisent et produisent un effet surprenant sur nos conceptions face aux migrants clandestins spécialement pour les femmes. C’est cotoyer une réalité qui nous dérange socialement parfois grave, dérisoire et engagée. Cette histoire pleine de personnages, de rebondissements, de larmes est un fait du XX1ème siécle et non un conte inspiré. C’est un véritable hommage à ces humains sans papiers, sans visage, sans domicile. J’ai beaucoup aimé la lecture de ce roman. GiL


PROFONDEURS, ROMAN, 2008, #P2068111111

MEUTRIERS SANS VISAGE, COL. POINTS POLICIERS, 1994, # P1122

LA LIONNE BLANCHE, 2004, #P1306
Résumé du livre
Scanie, avril 1992. Louise Akerblom, agente immobilière et jeune mère de famille, disparaît dans des conditions mystérieuses. Pendant ce temps, en Afrique du Sud, un groupe d'Afrikaners fanatiques prépare avec soin un attentat contre une importante figure politique. Quelques jours plus tard, le corps de Louise, le front troué d'une balle, est repêché dans un puits. L'inspecteur Wallander et son équipe enquêtent. Mais le passé de la victime est limpide et les recherches piétinent. C'est alors que les policiers découvrent près des lieux du crime le doigt tranché d'un homme noir. Y aurait-il un lien entre la réalité quotidienne de la province suédoise et la lutte politique sanglante qui se déchaîne à un autre bout du monde ?
Un bon roman de Mankell. GiL


L’HOMME QUI SOURIAIT, 2005, #P1451

LE GUERIER SOLITAIRE, 1999, #P792

LA CINQUIÈME FEMME, 200, #P877

LES MORTS DE LA SAINT-JEAN, 2001, #P971

LA MURAILLE INVISIBLE, 2002, #P1081

AVANT LE GEL, 2005, #P1539

LE RETOUR DU PROFESSEUR DE DANSE, 2006, #P1678 ou Points, 2007

LES CHAUSSURES ITALIENNES, Seuil, 2009, 340 pages

Résumé du livre
« A soixante-six ans, Fredrik Welin vit reclus depuis une décennie sur une île de la Baltique avec pour seule compagnie un chat et un chien et pour seules visites celles du facteur de l'archipel. Depuis qu'une tragique erreur a brisé sa carrière de chirurgien, il s'est isolé des hommes. Pour se prouver qu'il est encore en vie, il creuse un trou dans la glace et s'y immerge chaque matin. Au solstice d'hiver, cette routine est interrompue par l'intrusion d'Harriet, la femme qu'il a aimée et abandonnée quarante ans plus tôt. Fredrik ne le sait pas encore, mais sa vie vient juste de recommencer. »
Source :www.evene.fr

Seuil, 08/10/2009 352 p ISBN 9782020944656

Présentation de l'éditeur
« A soixante-six ans, Fredrik Welin vit reclus depuis une décennie sur une île de la Baltique avec pour seule compagnie un chat et un chien et pour seules visites celles du facteur de l’archipel. Depuis qu’une tragique erreur a brisé sa carrière de chirurgien, il s’est isolé des hommes. Pour se prouver qu’il est encore en vie, il creuse un trou dans la glace et s’y immerge chaque matin. Au solstice d’hiver, cette routine est interrompue par l’intrusion d’Harriet, la femme qu’il a aimée et abandonnée quarante ans plus tôt. Fredrik ne le sait pas encore, mais sa vie vient juste de recommencer.
Le temps de deux solstices d’hiver et d’un superbe solstice d’été, dans un espace compris entre une maison, une île, une forêt, une caravane, Mankell nous révèle une facette peu connue de son talent avec ce récit sobre, intime, vibrant, sur les hommes et les femmes, la solitude et la peur, l’amour et la rédemption. »
Seuil, 08/10/2009 352 p ISBN 9782020944656

Présentation de l'éditeur
« A soixante-six ans, Fredrik Welin vit reclus depuis une décennie sur une île de la Baltique avec pour seule compagnie un chat et un chien et pour seules visites celles du facteur de l’archipel. Depuis qu’une tragique erreur a brisé sa carrière de chirurgien, il s’est isolé des hommes. Pour se prouver qu’il est encore en vie, il creuse un trou dans la glace et s’y immerge chaque matin. Au solstice d’hiver, cette routine est interrompue par l’intrusion d’Harriet, la femme qu’il a aimée et abandonnée quarante ans plus tôt. Fredrik ne le sait pas encore, mais sa vie vient juste de recommencer.
Le temps de deux solstices d’hiver et d’un superbe solstice d’été, dans un espace compris entre une maison, une île, une forêt, une caravane, Mankell nous révèle une facette peu connue de son talent avec ce récit sobre, intime, vibrant, sur les hommes et les femmes, la solitude et la peur, l’amour et la rédemption. »
Source :www.bibliosurf.com

Un médecin à la retraite pour des raisons professionnelles reçoit la visite de quatre femmes de façon consécutive qui vont bouleverser sa quiétude et lui apporter aussi quelques bonheurs. Bon style, sujet intéressant et touchant. Un roman insulaire et non un roman policier qui ne nous laisse pas indifférents car dans la vie tout peut nous arriver selon des circonstances hors de notre contrôle. GiL

MABANCKOU Alain---VERRE CASSÉ---AFRICAN PSYCHO---BLACK BAZAR---

21/06/2010 14:27 par livresentete

MABANCKOU ALAIN :

VERRE CASSÉ, SEUIL, 01/2005, 202 pages.

J’ai beaucoup aimé. Personnages vrais, authentiques et Congolais. Une brise légère. Une vision du monde à la mesure congolaise. Rafraîchissant……style original. Sans ponctuation…..audacieux.
J’ai adoré. Une douceur. La vie est dure en Afrique. J’apprends que la vie des ivrognes est aussi dure en Afrique qu’au Brésil. Mais entre eux des émotions, de grands moments, de grande bassesse, lassitude.
À lire sans faute. GiL

BLEU, BLANC, ROUGE : roman, 1998.

L’ENTERREMENT DE MA MÈRE, récit, 2000.

ET DIEU SEUL SAIT COMMENT JE DORS, roman 2001

LES PETITS- FILS NÈGRES DE VERCINGÉTORIX, roman 2002

AFRICAN PSYCHO, roman, Éd. Le Serpent à Plumes, 2003, 220 pages
Comment j’ai raté mon crime
African Psycho ou l’itinéraire d’un criminel raté

African Psycho ou l’itinéraire d’un criminel raté. Le Congolais Alain Mabanckou livre une version débridée et bourrée d’humour du terrible American psycho qui baignait dans l’hémoglobine. Avec Mabanckou, on baigne plutôt dans l’ironie. Pour passer un été meurtrier...mais pas trop.
L’African psycho de l’écrivain congolais Alain Mabanckou est une réussite. Fable férocement drôle, cet itinéraire d’un criminel raté est matière à ironie sur le système politique du pays natal de l’auteur (Congo-Brazzaville) et les moeurs de ses habitants. C’est aussi une parodie de genre dépaysante et rafraîchissante. Ainsi, rassurez-vous, le livre n’a rien à voir avec l’écriture sanglante d’American Psycho, le roman de Brest Eston Ellis qui fit frémir l’Amérique des années 90 en relatant dans le détail les meurtres d’un yuppie décérébré. Alain Mabanckou a ici remplacé la cruauté par le ridicule et l’hémoglobine par l’humour.
Source :www.afrik.com

AU JOUR LE JOUR, poésie.

LA LÉGENDE DE L’ERRANCE, poésie.

BLACK BAZAR
"Avec son nouveau roman ‘Black Bazar’, l’écrivain congolais Alain Mabanckou dynamite la “négraille parisienne”, révélant les réalités d’une communauté noire de France étonnamment éclatée.
Ecrivain francophone, écrivain de langue française, écrivain africain, congolais ou franco-congolais… Alain Mabanckou ne prête plus attention aux multiples étiquettes dont il s’est vu affublé au fil de sa carrière. Seule son écriture demeure, corrosive, brûlante et railleuse. Dans son ‘Black Bazar’, l’écrivain-poète s’acharne à mettre face à face des mondes corsetés dans leurs préjugés et leurs peurs plus ou moins conscientes. Hommes et femmes, Blancs et Noirs mais surtout, et c’est plus surprenant, Noirs et Noirs. " www.evene.fr

FÉREY Caryl--ZULU---

21/06/2010 14:17 par livresentete

ZULU, Gallimard, Série noire, 2008, 392 pages.
Mot de l'éditeur sur "Zulu" de Caryl Ferey


"Enfant, Ali Neuman a fui le bantoustan du KwaZulu pour échapper aux milices de l'Inkatha, en guerre contre l'ANC, alors clandestin. Même sa mère, seule rescapée de la famille, ne sait pas ce qu'elles lui ont fait... Aujourd'hui chef de la police criminelle de Cape Town, vitrine de l'Afrique du Sud, Neuman doit composer avec deux fléaux majeurs : la violence et le sida, dont le pays, première démocratie d'Afrique, bat tous les records.
Les choses s'enveniment lorsqu'on retrouve la fille d'un ancien champion du monde de rugby cruellement assassinée dans le jardin botanique de Kirstenbosch. Une drogue à la composition inconnue semble être la cause du massacre. Neuman qui, suite à l'agression de sa mère, enquête en parallèle dans les townships, envoie son bras droit, Brian Epkeen, et le jeune Fletcher sur la piste du tueur, sans savoir où ils mettent les pieds... Si l'apartheid a disparu de la scène politique, de vieux ennemis agissent toujours dans l'ombre de la réconciliation nationale...
« Ce livre est génial je l'ai dévoré en deux jours, il est tout simplement impossible à lâcher. l'intrigue est passionnante et elle nous promène des townships aux quartiers riches de cape town en Afrique du sud. c'est instructifs et c'est une plongée terrifiante dans le monde post apartheid de ce pays, les personnages sont attachants et leurs histoires passionnantes. Bref se livre est superbe et marque vraiment le lecteur. Je le recommande vivement. » un lecteur de Dijon, France..,24 juilllet 2008.
Source :www.fnac.com

DIOME Fatou---KÉTALA---LE VENTRE DE L'ATLANTIQUE---INASSOUVIES, NOS VIES---

21/06/2010 14:08 par livresentete

DIOME Fatou :

KÉTALA, ROMAN, FLAMMARION, 2006, 278 PAGES.
J’ai beaucoup aimé. Original. Sincère. La vraie vie , quoi. Style limpide, coulant; les mots sont des images et les mots sont riches de sens. J’ai le goût d’en lire un autre de cet auteur.


LA PRÉFÉRENCE NATIONALE, RECUEIL DE NOUVELLES, PRÉSENCE AFRICAINE, 2001.


LE VENTRE DE L’ATLANTIQUE, ROMAN, ANNE CARRIÈRE, 2003, LE LIVRE DE POCHE, 2005.

J’ai aimé. L’auteur dépeint la condition des Africains en France. Les rêves des jeunes Sénégalais. Les illusions du monde moderne. Belle peinture d’un monde Réel.

INASSOUVIES, NOS VIES; roman , Flammarion, 2008, 271 pages
"Les vieux ne radotent pas, ils se revivent."
Nouvelle histoire d’amitié entre une jeune et une vieille dame. Pas seulement. Hymne à la vieillesse. Pas seulement. "Inassouvies, nos vie" est aussi un cri de révolte contre des choix de vie "petits monticules de réussite"que Betty, l’héroïne du dernier roman de Fatou Diome, semble n’avoir aucune envie de partager .

Betty décide d’observer ses voisins d’en face. Pour se fuir, elle-même ? Peut-être.
Ainsi , elle découvre une vieille dame qu’elle voit parler à son chat et dont elle ne tardera pas à faire la connaissance . Elle la baptise Félicité. Mais, Félicité disparaît du champ d’observation de Betty La Loupe. La vieille dame a été envoyée contre son gré dans une maison de retraite. « Incroyable ce que l’absence d’une personne qui ne vous est rien peut, soudain bouleverser l’équilibre de votre vie ». Betty s’acharne à la retrouver et y réussit. L’amitié éclot entre les deux femmes.
Deux solitudes se rejoignent dans la même histoire. Mais pas seulement. Dans la confrontation de leurs vies ainsi que de celles d'autres habitants de l'immeuble d'en face et de celles des résidents de la maison de retraite de Félicité, c'est de la vie en général qu'il est question. De ces désirs qui la guident, nous guident, sans cesse renouvelés, inassouvis.

Un roman dense, attachant d'emblée qui parfois dérive en essai sur le genre humain d’aujourd’hui, au risque d'agacer.
Un ton explosif, un vocabulaire hors du commun, des expressions qui n’appartiennent qu’à elle mais tellement évocatrices et si souvent justes. "Est-ce Dieu ou le diable qui aurait guidé mes pas jusqu'ici , dans cette maison de retraite pour me rendre consciente de mon humble devenir, afin que ma présence au monde gagnât en humilité ?"

****MONÉNEMBO Tierno: L'AÎNÉ DES ORPHELINS

19/06/2010 16:11 par livresentete

MONÉNEMBO Tierno

L’AÎNÉ DES ORPHELINS, Éd. Du Seuil, 2000, 156 pages


Lire : « L'aîné des orphelins », de Tierno Monénembo
« Un garçon de 15 ans, Faustin Nsenghimana, vient d'être condamné à mort et attend son exécution dans une des cellules surpeuplées d'une prison de Kigali, au Rwanda. Le récit se situe en 1999, tout juste cinq ans après le génocide rwandais. Ainsi commence ce roman, qui retrace la vie de Faustin, « l'aîné des orphelins », durant les cinq années qui suivent celui-ci.

Le roman est écrit à la première personne. C'est donc Faustin qui parle et livre ses souvenirs, dans le désordre, comme ils lui viennent à l'esprit, sans se soucier de la chronologie. Il raconte pêle-mêle les signes avant-coureurs du génocide, les croix rouges peintes sur les maisons des Tutsis, les massacres, les réfugiés, les soldats, le chaos dans Kigali, la prison. Et surtout, il décrit la vie de ces bandes de gamins à l'abandon, qui vivent de petits boulots, de larcins et de mendicité, ou bien de prostitution dans cette ville où les bars et les bordels se reconstruisent plus vite que le reste et sur laquelle les aventuriers, les journalistes, les envoyés des ONG se précipitent comme les mouches sur un
cadavre.

Le récit est dur, presque insoutenable par moments, à l'image de l'état d'esprit de cet adolescent, à la fois cynique et désespéré et pourtant plein de vie. Le livre n'entend pas exposer les événements du Rwanda ou en donner des explications. La forme du récit ne facilite d'ailleurs pas toujours la compréhension. Selon la dédicace de l'auteur, il a été écrit « pour les Rwandais, Twas, Hutus ou Tutsis... et vivants de préférence ». Et c'est en effet un témoignage poignant de ce qu'a pu voir et vivre un jeune entre dix et quinze ans, dans un pays ravagé par les massacres, la misère et la guerre civile.

A. Z.

****HARRIS Johanne:---LES CINQ QUARTIERS DE L'ORANGE---VOLEURS DE PLAGE---CLASSE À PART---

19/06/2010 16:06 par livresentete

HARRIS Joanne

LES CINQ QUARTIERS DE L’ORANGE, Éd. Quai Voltaire/ La table ronde/ 2002, 365 pages.

« Framboise Dartigen retourne vivre dans son village natal à l’âge de 65 ans. Elle rachète la ferme de sa mère abandonnée depuis longtemps. Mais personne ne sait qu’elle est la fille de Mirabelle Dartigen, tenue pour responsable de l’exécution de onze villageois pendant l’occupation allemande.
« Il lui faudra d’ailleurs un certain temps pour être adoptée mais elle le sera grâce à une crêperie qu’elle ouvre après son retour au pays et qui aura beaucoup de succès grâce aux recettes qu’elle tire de l’album que sa mère lui a légué à sa mort : »En mourant, ma mère légua la ferme à mon frère Cassis, à ma sœur Reine-Claude elle laissa le contenu de notre cave - une fortune sous forme de vins fins- et à moi la cadette son album. »
Cet album est plus qu’un simple livre de recettes, c’est aussi l’histoire de sa vie et de son drame pendant l’occupation allemande.
« Le récit de sa vie dans ce village – ses problèmes de famille, la jalousie que suscite sa réussite actuelle – est entrecoupée par la lecture de l’album de sa mère qui permet de nous faire revivre l’enfance de cette famille pendant l’occupation. Que s’est- il réellement passé à cette époque ? »
« C’est tout le suspens de ce récit dont l’intrigue est très bien ficelé et la forme ( alternance passé/présent ) originale font de ce roman une lecture captivante. »
« C’est toute la cruauté du monde de l’enfance qui est montré dans ce livre mais l’insouciance et l’innocence aussi car pas plus qu’elle ne réalise la cruauté de son geste, Framboise, son frère et sa sœur ne se rendent pas compte des événements et des conséquences dramatiques de leurs actes pendant cette période de guerre. »
Roman d’une grande profondeur d’analyse des faits et du monde intérieur de l’enfance.
Roman d’une très belle qualité d’écriture et d’une grande maîtrise de l’art d’écrire.
Source : Clochette, Littérature Étrangère, 19 mars 2006.

VOLEURS DE PLAGE, Quai Voltaire, 2002, 381 pages.
Résumé - Voleurs De Plage

« Madeleine rentre au Devin, petite île au large de Noirmoutier pour y retrouver un père vieillissant qu'elle n'a pas vu depuis dix ans, suite à la séparation de ses parents. Au Devin, il y a deux mondes séparés : La Houssinière, port vivant protégé par une digue, où arrive le ferry et où les habitants vivent convenablement de la pêche et du tourisme; il y a plus loin Les Salants, où habite le père de Mado, hameau qui périclite, côte battue par la mer, inondée par les marées, habitants retranchés sur eux-mêmes et sur leurs malheurs. Mado va entreprendre de sauver Les Salants... «
J'ai retrouvé avec plaisir "le petit monde" de Joanne Harris où l'arrivée d'une enfant du pays aidée par un "étranger" va bousculer le temps et l'espace, resserrer les liens de la communauté, apaiser les anciennes rancoeurs, lutter contre le repli sur soi ou sur les croyances.
Source : www.ratsdebiblio.net

J’ai beaucoup apprécié la lecture de VOLEURS DE PLAGE. J’ai retrouvé l’écriture si particulière à Joanne Harris, colorée, directe, dense, pleine d’émotions et de réflexion.
Le déroulement se fait tel un film auquel on participe.GiL
CLASSSE À PART
Joanne Harris

Classe à part
(Seuil/Points, 2008, 539 pages)
Julien rêve d'entrer au prestigieux collège Saint Oswald. Son père est alcoolique et gardien de ce collège. Julien se faufile à l'intérieur du collège et noue une amitié avec un étudiant délinquant. Un évènement arrive et Julien, vingt ans plus tard, revient au collège pour se venger.
J'ai beaucoup aimé ce roman. Tous ceux qui ont lu "Chocolat" seront très surpris! Ce roman est vraiment très différent! Roman à deux voix (qui est souvent la marque de commerce de cet auteur), on alterne entre la vie de Julien devenu enseignant et Staitley, un vieux professeur.
Il n'y a jamais beaucoup d'action, mais tout au long du roman, règne une tension qui nous tient en haleine. La vengeance est lente et subtile... Autre élément qui tient en haleine, est le fait que Julien, afin de ne pas être reconnu, a changé de nom. Toutefois, jamais il ne révèle son nouveau nom. Donc, tout au long du roman, l'intrigue est aussi de découvrir lequel des professeurs est l'ancien Julien!
L'on ne sait plus qui est bon et qui est méchant... Un très bon suspense

LE CLÉZIO Jean-Marie Gustave: OURANIA---RITOURNELLE DE LA FAIM

19/06/2010 15:59 par livresentete

LE CLÉZIO Jean-MarieGustave
OURANIA, Gallimard, 2007, 368 pages
Mot de l'éditeur sur "Ourania" de Jean-Marie Gustave Le Clézio
«"Quand j'ai compris que Mario était mort, tous les détails me sont revenus. Les gens racontaient cela en long et en large à ma grand-mère. Mario traversait le champ, un peu plus haut, à la sortie du village. Il cachait la bombe dans un sac, il courait. Peut-être qu'il s'est pris les pieds dans une motte de terre, et il est tombé. La bombe a explosé. On n'a rien retrouvé de lui. C'était merveilleux. C'était comme si Mario s'était envolé vers un autre monde, vers Ourania. Puis les années ont passé, j'ai un peu oublié. Jusqu'à ce jour, vingt ans après, où le hasard m'a réuni avec le jeune homme le plus étrange que j'aie jamais rencontré." C'est ainsi que Daniel Sillitoe, géographe en mission au centre du Mexique, découvre, grâce à son guide Raphaël, la république idéale de Campos, en marge de la Vallée, capitale de la terre noire du Chernozem, le rêve humaniste de l'Emporio, la zone rouge qui retient prisonnière Lili de la lagune, et l'amour pour Dahlia.»
Source : www.fnac.com

RITOURNELLE DE LA FAIM, Gallimard, 2008

Résumé du livre
« En 1931, Paris accueille l'Exposition coloniale. Une petite fille de dix ans, Ethel, s'y promène avec son grand-oncle, Samuel Soliman. Ce dernier porte sur l'exposition un regard d'autant plus ironique que lui-même est originaire de l'île Maurice. Néanmoins, en découvrant le pavillon de l'Inde, il décide de l'acquérir pour le faire reconstruire sur un terrain qu'il possède : il l'appellera la Maison mauve. Très impressionnée par ce projet, Ethel promet à son grand-oncle d'en assurer la réalisation après sa mort. En effet, Samuel Soliman est un homme âgé, riche, qui veut faire de la jeune fille, son héritière.
Sensation de vide, sentiment de frustration, la faim dévore les pages du nouveau roman de J.M.G. Le Clézio. Qu’elle soit physique, nourrie de privations, qu’elle soit appétit féroce, volonté de se dépasser, elle hurle des tréfonds de l’être, et maintient, le temps d’une lecture avide, les sens en émoi. Car l’écrivain est un virtuose de la langue, un musicien qui, à l’image de Ravel dont le ‘Boléro’ résonne dans les dernières pages du roman, assène une troublante mélodie. A l’économat, dans une prose aérienne, il déploie la vie d’Ethel, écrit le roman d’une vie en reconstituant la mémoire fragmentée. Miettes d’histoires dont le souvenir fugace resurgit par impressions, dans une douce mélancolie. Le Clézio esquisse, appose chaque trait dans le vacarme du monde, sans se laisser prendre au jeu de la chronique historique. Son attention reste fixée sur la jeune femme, ses rencontres et ses affections, sa famille prise dans la tourmente. Les personnalités et les sentiments se nouent pour former le vrai canevas du récit. Celui sur lequel la marche du monde s’imprime. Car dans les prémices de la guerre, les formes se dessinent, les caractères se précisent. Ethel grandit avec sur ses fragiles épaules le poids des renversements, celui de l’horreur qui s’avance. Si l’écrivain se moque de la “vérité”, il creuse l’authenticité dans le coeur d’Ethel. A elle la spoliation, à elle la charge des erreurs de ses aînés. Et c’est bien la colère qui gronde dans ces pages. La faim d’une jeunesse sacrifiée sur l’autel de la guerre. La faim des illusions qu’on lui a arrachées. »
Source : www.evene.fr/livres

SAVOIE JACQUES: LES SOUPES CÉLESTES ****

19/06/2010 15:53 par livresentete

SAVOIE Jacques :

LES SOUPES CÉLESTES, Fides, 2005, 264 pages + recettes.

Très bien. J’ai beaucoup aimé. Rebondissements continus. Philosophie économique intéressante. À lire sans faute, une gâterie.

MAZURE Colette NYS: CÉLÉBATION DU QUOTIDIEN

19/06/2010 15:48 par livresentete

MAZURE Colette NYS

CÉLÉBRATION DU QUOTIDIEN, Desclée de Brouwer, 1997, 171 pages.
Un livre remarquable tant par son écriture que par sa grande sagesse. Célébrer le bonheur au quotidien dans les moindres gestes de la journée, les activités et les événements qui se présentent. Avoir du plaisir et être heureux de faire ce que l’on choisit de faire soit pour les autres soit pour soi-même. Elle des sujets importants et touchants tout en étant simples et journaliers : d’une cuisine, d’un matin, d’une vie de femme, d’un itinéraire maternel, d’un balcon, avec enthousiasme, d’une solitude, de la patrie des livres, du silence, a bord de la nuit, du désastre, du Royaume.

" Nous vous en prions, sous le familier, découvrez l'insolite, sous le quotidien, décelez l'inexplicable. Puisse toute chose dite habituelle vous inquiéter. " Colette Nys-Mazure a pris au sérieux l'exhortation de Brecht pour nous offrir cette Célébration du quotidien. Car dans la routine des jours, nous sommes bien souvent ailleurs, absents à nous-mêmes, sourds à ce miracle continu qu'est notre vie ordinaire. A travers une écriture poétique et très féminine, Colette Nys-Mazure célèbre la trame secrète de nos existences. " Chaque matin, je m'étonne et je me réjouis d'être en vie. Je ne m'y habitue pas. "
« Je lis, je me délie de tout ce qui entravait mon essor. Je lis, je me relie à tous ceux qui ont connu ce texte et à ceux qui le découvriront après moi, autant qu'à l'écrivain qui nous l'a confié. Je renoue avec mon moi le plus intime, celui de l'enfance, comme je pose les jalons de demain. Je nidifie et j'édifie.
Je lis. Je pallie les limites dérisoires de ma petite vie. Par auteurs, par héros interposés, j'expérimente mille formes d'existence, je me démultiplie. J'approfondis. Je comprends la folie d'un autre. Je pénètre dans les milieux qui me resteront toujours étrangers ou fermés. Rien ne m'est impossible. Je lis. Lire c'est délirer. » p. 124-125.
À lire sans faute.

McCALL ALEXANDER---MMA RAMOTSWE DÉTECTIVE

19/06/2010 15:44 par livresentete

McCALL Alexander

MMA RAMOTSWE DÉTECTIVE, Ed. de la Loupe, 2005, 317 pages
Mma Ramotswe vit en Afrique - au Botswana, plus précisément - c'est la seule femme détective dans son pays. Le livre nous raconte brièvement sa vie quand elle était enfant, son mariage avec un homme qui la battait et qu'elle a fini par quitter puis, à la mort de son père, elle hérite d'un bon montant d'argent avec lequel elle décide de s'ouvrir une agence de détective.
Bien sûr, elle nous raconte ses enquêtes, assez simples, qu'elle réussit à résoudre de manière assez originale parfois. Mais ce que j'ai aimé de ce livre c'est le climat! On se retrouve dans une ville d'Afrique mais pas l'Afrique pauvre, triste, en guerre, déchirée comme on nous la présente parfois dans les livres. On nous raconte ici une Afrique "bien dans sa peau", des gens simples mais heureux, encore pleins de leurs us et coutumes tout en se laissant influencer par le modernisme de l'Occident.
Mma Ramotswe est une femme rationnelle, un personnage sympathique dont les propos font souvent rigoler ou tout du moins sourire.
Une petite lecture drôle, simple - à lire quand on a envie de quelque chose qui se lit rapidement.