*****DJIAN Philippe---INCIDENCES
20/09/2010 14:48 par livresentete
INCIDENCES, Gallimard, 2010, 232 pages
Gallimard, 11 février 2010 240 pages ISBN : 9782070122127
Présentation de l'éditeur
« Il avait compris, bien des années plus tôt, qu’il était temps pour lui de profiter de certains avantages inhérents à la profession — à défaut d’obtenir de plus hautes récompenses qu’il ne fallait plus espérer. Un beau matin, par un étrange phénomène, l’une de ses élèves s’était mise à briller sous ses yeux — de l’intérieur, tel un lampion, d’une lueur magnifique —, une fille absolument infichue d’écrire deux lignes, au demeurant, pratiquement dénuée d’intérêt, d’ordinaire si fade, mais il s’était soudain senti aveuglé et frappé d’un souffle brûlant tandis qu’il raillait un peu férocement devant les autres un travail qu’elle avait rendu. Et cette fille s’était révélée la première d’une assez longue série et l’une des plus agréables partenaires sexuelles rencontrées au cours de son existence.
Celle qui l’accompagnait ce soir-là, et dont le nom lui échappait, venait de s’inscrire à son atelier d’écriture et il n’avait pas cherché une seconde à lutter contre l’attirance qu’elle exerçait sur lui — qu’elle exerçait outrageusement sur lui. Pourquoi lutter ? Le week-end s’annonçait glacé, propice au feu de bois, à l’indolence. Des lèvres boudeuses. Des hanches profondes. Il fallait juste prier pour qu’elle soit en état le moment venu. Elle ne semblait guère consciente. La ceinture l’empêchait de s’effondrer d’un côté ou de l’autre. Il allait devoir préparer du café en arrivant.
Les bas-côtés étaient blancs, les sous-bois d’un noir d’encre. Il roulait au milieu de la chaussée, mâchoires serrées, à cheval sur la ligne blanche continue qui se tordait sous ses yeux comme un serpent affamé dans la lune rousse.
Elle avait vingt-trois ans. À l’aube, il s’aperçut qu’elle était sans vie, froide. Passé un instant de stupeur, il rejeta brusquement les draps, bondit hors du lit et s’en alla coller son oreille à la porte.
La maison était silencieuse. Il écouta attentivement. Puis il se tourna de nouveau vers le lit et observa le corps de la fille. Au moins n’y avait-il pas de sang. C’était heureux. Sous la forte lumière matinale qui pénétrait la chambre, elle paraissait absolument intacte, laiteuse et lisse. »
« Le dernier Philippe Djian s’intitule Incidences et c’est peut-être bien son meilleur livre. Concrètement, un roman qui ne fait que 233 pages, mais qui contient tellement de substances chimiques en suspension, des non dits en pagaille et des traumatismes à peine effleurés en rafales, qu’il en raconte plus que des pavés deux fois plus épais. Elle est proprement ébouriffante la façon dont Djian prend son héros à la gorge et ne le lâche plus. Un type plus tout jeune, professeur de littérature, écrivain raté, qui fait régulièrement son marché parmi ses jeunes étudiantes énamourées et entretient une relation au-delà du fusionnel avec sa soeur.
C’est sa descente aux enfers que raconte l’auteur au travers de scènes tour à tour angoissantes, euphoriques ou drolatiques. Le tout avec un sens du politiquement incorrect très aiguisé mas assez subtil pour tenir la route (des pages entières pour glorifier la cigarette, stigmatiser la médiocrité ambiante dans la littérature française, se révolter contre le néo-conservatisme dans l’air du temps). Un Djian en colère contre l’époque qui trouve son seul refuge dans des promenades en forêt, on croit rêver.
Quant au style, eh bien, il est plus ciselé que d’habitude. Au rasoir, même, y compris dans des scènes anodines à la tension sous-jacente. Le récit est fait d’embardées, de malaises vagaux, qui donnent un ton quasi mortifère au roman. C’est comme si Philip Roth écrivait des épisodes de Plus belle la vie. Plus laide la vie, oui, avec un quotidien qui se dérègle sans compter un passé moche comme tout, qu’on a glissé sous le tapis pour ne plus le voir, mais qui finit par revenir sous forme de nausée. C’est noir, c’est caustique, c’est brillant, c’est le dernier Philippe Djian. Qui vous laisse K.O pour le compte. »source : www.bibliosurf.com
Roman bien écrit, bien construit dont l’intrigue nous tient en haleine jusqu’à la toute fin. Plusieurs sujets tabous y sont traités. Un bon Djian dont les attentes sont élevées mais dont le lecteur sort gagnant. GiL
AUSTER Paul, INVISIBLE, Actes Sud, 2010, 294 pages
Actes sud, 3 mars 2010 304 pages ISBN 9782742789207
Présentation de l'éditeur
« Trois décennies après les événements, James Freeman, un écrivain américain renommé, raconte l’histoire dont l’a fait dépositaire un ancien condisciple, Adam Walker, du temps où tous deux étaient étudiants à Columbia University. De New York à Paris, cet étrange roman de formation, déroule, outre l’histoire d’Adam, un jeune Américain idéaliste dont la vie s’est trouvée bouleversée par la rencontre d’un personnage fascinant et ambigu, Rudolf Born, celle de quelques personnages qui, malgré le passage du temps, subissent toujours l’étrange et périlleux ascendant d’une figure maléfique. »
Vous avez lu !
• 8 mars 2010 15:23, par traversay
« En très grande forme, Paul Auster, dans son dernier roman Invisible. La conduite de son récit est d’une virtuosité rare, avec un curseur qui se déplace à plusieurs reprises, en braquant l’objectif sur différents personnages liés par une intrigue qui court sur plus de trois décennies. Roman d’apprentissage, brûlot érotique (plusieurs pages chaudes comme de la braise), thriller psychologique, Invisible est tout à la fois, écrit d’une plume virevoltante, sans effort apparent (la marque des grands). Qu’Auster parle de sexe avec une certaine crudité est inédit mais ce n’est qu’anecdotique dans un livre qui contient bien d’autres piments. En maître alchimiste, Auster bâtit un livre à l’architecture complexe, réhaussé par une prose limpide, nettoyée de toutes scories, qui a entre autres qualités celle de laisser au récit de nombreuses zones d’ombre. Non seulement Auster est un auteur intelligent mais il donne au lecteur l’impression qu’il l’est lui-même, intelligent. Chapeau, l’artiste ! » source : www.bibliosurf.com
Roman surprenant par son sujet autant que par son style sorti d’une autre époque, d’un autre temps….presque bourgeois.
J’aime ce genre d’écriture, de contexte, de personnages mystérieux, secrets, énigmatiques, irréels voire imaginaires tant ils sont différents des gens ordinaires de cette époque, des anonymes. « Quelle loi interdit d’aimer un cinglé… » Ça frappe.
La vie est faite de différences et de folie. En voilà un exemple. Gilles Lagrois
DADOUN EMANUEL
LAZARUS, Éd. Sarbacane, 2010, 246 pages
Résumé
« Piquier tue dans les villes, sans logique apparente. Il obéit à un rituel : une victime anonyme, un doigt coupé et un signe cabalistique tracé au sang sur un mur. Il ignore pourquoi il agit ainsi, c'est une voix dans sa tête qui le force à commettre ces actes... L'inspecteur Kowalski enquête et dessine le portrait-robot d'un homme, mort depuis dix ans. Premier roman. » source : www.renaud-bray.com
Roman du genre polar-thriller. Roman policier assez bien construit et intrigant, un mélange de culture vaudou à la mexicaine avec zombis, meurtre, recherche policière et science médicale. Si le genre t’intéresse. Gilles Lagrois
THUY Kim
RU, Libre expression, 2009, 144 pages
« Sobre et pudique, Kim Thúy raconte l'exode de sa famille.
Elle est venue au monde pendant l'offensive du Têt, "aux premiers jours de la nouvelle année du Singe". Dix ans après, la voici dans un ventre moins protecteur : celui d'un bateau fuyant le Vietnam. Kim Thúy est une boat people. Elle réside au Canada depuis trente ans et vient de publier Ru, un premier "roman" aux airs de récit autobiographique - un exercice de mémoire réussi, empli de poésie.
En français, ru désigne un petit ruisseau. On le sait moins, en vietnamien ce mot veut dire "berceuse"... Ainsi, Kim Thúy berce le lecteur de ses mots, dans un beau français dépouillé, mâtiné d'expressions vietnamiennes et d'images fortes. Sur le bateau, une étoile polaire donne de l'espoir : une ampoule suspendue à un clou rouillé. Dans le camp de réfugiés, la cabane sur pilotis est recouverte d'une toile "bleu jouet".
Nguyen An Thin, la narratrice, reste attachée au souvenir de sa mère : " Mon nom est une simple variation du sien puisque seul un point sous le i me différencie d'elle." Cette mère, fille de préfet, était une habituée des réceptions mondaines. Mais, en prévision de la chute, elle enseignait à ses enfants à s'agenouiller "comme les domestiques".
Courageuse, comme le sont les femmes de son pays, la narratrice ne se plaint jamais de son sort. Elle compare les biscottes imbibées d'huile de moteur à du pain beurré. Elle retient, de l'amoncellement d'excréments dans le camp, la vision de sa babouche d'enfant. Elle constate, se souvient, avec toujours aux lèvres le sourire de la politesse : "Ma langue maternelle était devenue non pas dérisoire, mais inutile." Elle apprend l'anglais mais ne retient qu'une seule phrase ("my boat number is KGO338") et conclut, avec l'humour acidulé qui fait tout le charme de son récit, souvent burlesque : "Je n'ai jamais eu la chance de l'employer."
En racontant l'histoire de sa famille, An Thin - ou Kim - nous rappelle aussi celle d'un pays "divisé en deux", l'entrée des communistes à Saigon, le chant des mouches, l'humiliation, les camps de rééducation. En comparaison de la guerre, le Canada français, terre d'exil, apparaît un paradis terrestre. La première image aperçue, à travers les hublots d'un avion, est celle d'un paysage "virginal".
Le joli roman de Kim Thúy n'est jamais triste. Sa mère lui récitait souvent ce proverbe vietnamien : "La vie est un combat où la tristesse entraîne la défaite." Elle a livré ses combats sans tristesse. Et sa fille nous livre un récit apaisant. »
Source : www.lexpress.fr
Présentation de l'éditeur
« Une femme voyage à travers le désordre des souvenirs : l’enfance dans sa cage d’or à Saigon, l’arrivée du communisme dans le Sud-Vietnam apeuré, la fuite dans le ventre d’un bateau au large du golfe de Siam, l’internement dans un camp de réfugiés en Malaisie, les premiers frissons dans le froid du Québec. Récit entre la guerre et la paix, Ru dit le vide et le trop-plein, l’égarement et la beauté. De ce tumulte, des incidents tragi-comiques, des objets ordinaires émergent comme autant de repères d’un parcours. En évoquant un bracelet en acrylique rempli de diamants, des bols bleus cerclés d’argent ou la puissance d’une odeur d’assouplissant, Kim Thúy restitue le Vietnam d’hier et d’aujourd’hui avec la maîtrise d’un grand écrivain. » source : www.bibliosurf.com
• « Récit bouleversant d’une vie miraculeusement arrachée à la mort, le livre de Kim Thuy se lit sereinement parce que dénué de ressentiment, de rancœurs .Une écriture fluide et accrocheuse tant sur le plan de la langue qui « croise » les mots du français avec des expressions vietnamiennes que sur le plan des descriptions très imagées. Cette mémoire semble se repérer à la lueur des souvenirs les plus vivaces et Kim les évoque avec beaucoup de délicatesse pour mieux nous communiquer la sensibilité qui les transporte. Kim, c’est aussi ce « ruisseau » dont le murmure de l’eau « berce » notre lecture de sentiments qui exaltent la pudeur, le respect, ne laissant aucune place à la haine. Un récit en somme dédié à tous ceux dont l’exil a contraint à un perpétuel recommencement … Un livre pour apaiser la souffrance de ceux qui ne sont de nulle part … Kamel Kies »
Livre vivement conseillé par kamel kies, une lectrice.
Source : www.bibliosurf.com
J’ai aimé ce roman genre récit par son réalisme, son objectivité, son humour. Ce texte nous touche car il est authentique, nous fait vivre toutes les émotions et les étapes que doit vivre une immigrante qui quitte son pays en détresse. Une belle qualité d’écriture, une façon bien particulière de nous faire comprendre son vécu et son adaptation dans un pays nouveau qu’est le Québec pour elle. Une belle révélation. À lire sans faute. Gilles Lagrois
VENDETTA, Sonatine Édition, 2009, 651 pages
Présentation de l’éditeur
« Après Seul le silence, R. J. Ellory nous offre un thriller au suspense exceptionnel, doublé d’une impressionnante histoire de la mafia depuis les années 50 jusqu’à nos jours.
2006, La Nouvelle-Orléans. Catherine, la fille du gouverneur de Louisiane est enlevée, son garde du corps assassiné. Confiée au FBI, l’enquête prend vite un tour imprévu : le kidnappeur, Ernesto Perez, se livre aux autorités et demande à s’entretenir avec Ray Hartmann, un obscur fonctionnaire qui travaille à Washington dans une unité de lutte contre le crime organisé. À cette condition seulement il permettra aux enquêteurs de retrouver la jeune fille saine et sauve. À sa grande surprise, Hartmann est donc appelé sur les lieux.
C’est le début d’une longue confrontation entre les deux hommes, au cours de laquelle Perez va peu à peu retracer son itinéraire, l’incroyable récit d’une vie de tueur à gages au service de la mafia, un demi-siècle de la face cachée de l’Amérique, de Las Vegas à Chicago, depuis Castro et Kennedy jusqu’à nos jours. Quel est le véritable enjeu de cette confrontation ?
Pourquoi Perez a-t-il souhaité qu’Hartmann soit son interlocuteur ? Alors que s’engage une course contre la montre pour retrouver Catherine et que, dans l’ombre, la mafia et les autorités s’inquiètent du dialogue qui s’établit entre les deux hommes, Hartmann ira de surprise en surprise jusqu’à l’étonnant coup de théâtre final.
Avec ce roman d’une envergure impressionnante, R. J. Ellory retrace cinquante ans d’histoire clandestine des États-Unis à travers une intrigue qui ne laisse pas une seconde de répit au lecteur. Maître de la manipulation, il mêle avec une virtuosité étonnante les faits réels et la fiction, le cinémascope et le tableau intime, tissant ainsi une toile diabolique d’une rare intensité. «
« R. J. Ellory est né en 1965. Après l’orphelinat et la prison, il devient guitariste dans un groupe de rock, avant de se tourner vers la photographie. Après Seul le silence (Sonatine Éditions, 2008), Vendetta est son deuxième roman publié en France. »
source : www.bibliosurf.com
Roman du genre polar très bien construit : à chaque chapitre le personnage Ernesto Perez présente un événement important de sa vie à l’inspecteur Hartmann qui a été contraint d’assister à la confession de Perez qui relate sa vie d’homme de main à la solde de la mafia. Nous sommes tenus en haleine d’un chapitre à l’autre autant par les événements qui s’enchaînent subtilement que par le style accrocheur de l’auteur. Un excellent polar. GiL
PINGEOT Mazarine
MARA, Julliard, 2010, 506 pages
Présentation de l'éditeur
« La surprise vient de la liberté et de l’inventivité avec lesquelles Mazarine Pingeot s’empare
une fois de plus - d’un sujet tabou, pour en faire une épopée moderne et romanesque.
Tanger la Blanche. Un mausolée sur un toit. Deux corps nus, enlacés, entre la vie et la mort. Mara et Manuel, le mannequin vedette et l’homme d’affaires brillant, sont étendus sur le lit, gisants tragiques d’une mise en scène suicidaire. Eux, qu’une beauté et une fortune trop arrogantes rendaient intouchables, ont choisi de se laisser mourir. Hicham, l’associé et l’ami de Manuel, qui les découvre et les sauve, veut comprendre comment ces deux êtres qu’il admire tant ont pu en arriver là.
Ainsi s’ouvre l’histoire de Mara, cette jeune femme étrange, inaccessible à elle-même autant qu’aux autres, qui va se révéler au cours d’une longue et éprouvante quête des origines. Sortis de leur coma, Mara et Manuel sont séparés dans deux hôpitaux différents. Mara reste seule, incapable de surmonter la douleur qui la broie. Quand et où le désespoir a-t-il commencé ? À seize ans, le jour où elle a retrouvé Manuel, le frère dont elle avait été séparée après sa naissance ? Ce même jour où les deux jeunes gens sont tombés immédiatement amoureux l’un de l’autre, enfreignant un des tabous les plus terribles ? Ou bien son mal de vivre vient-il de plus loin : du jour où leur père les a abandonnés, à peine âgés de dix-huit mois ? Subjugué par la jeune femme, Hicham veut l’arracher à sa mélancolie et à Manuel. Avec lui, elle échafaude le rêve d’accomplir son désir d’enfant. Mais d’abord, elle doit partir à la recherche de ses origines dont elle ignore tout. Il lui promet de la soutenir durant cette quête.
Pour elle, il abandonne sa famille et l’entraîne dans ce voyage halluciné qui les conduira jusqu’en Algérie d’où la mère de Mara était originaire. Dans cette Alger déchirée par les affres de la guerre civile, où plane l’ombre menaçante et désirée de l’amant, de l’ami, du frère. Après l’immense succès commercial de Bouche cousue, suivant la voie du Cimetière des poupées, Mazarine Pingeot s’aventure encore plus loin dans l’écriture romanesque, sans déroger à sa manière audacieuse d’explorer l’amour qui fait mal.
Le secret, le trio, la filiation..., la romancière retrouve les obsessions qui lui sont propres pour tisser un nouveau portrait de femme. Mais cette fois, d’une rive à l’autre de la Méditerrannée, les générations s’affrontent et les voix se répondent sur fond d’une page noire de l’Histoire. Les récits s’entremêlent, lumières et décors prennent vie pour participer à l’invention d’un destin surprenant et délivrer à chacun, par des détours inattendus, une partie de l’énigme. C’est l’intrusion du cinéma qui se fait voir dans les mots de Mazarine Pingeot, son plaisir du suspense et sa fascination pour les amours tragiques et flamboyantes.
Normalienne, agrégée et professeure de philosophie, Mazarine Pingeot a déjà publié, chez Julliard, Premier roman, Zeyn ou la Reconquête, Ils m’ont dit qui j’étais, Bouche cousue et Le Cimetière des poupées. »source :www.bibliosurf.com
Que dire de ce roman bouleversant par son sujet tabou, l’inceste, vécu dans des pays arabes de croyance musulmane et en situation de guerre continue. Le style est poignant, réaliste à l’extrême, plongeant dans l’intimité de trois êtres liés par l’amour, l’amitié, le pouvoir social de l’homme sur la femme. Ce roman est une fresque détaillée de la vie intime de la vie de trois êtres par une description détaillée de leur vie intérieure, psychologique et sociale sans honte, sans gêne voire dramatique. Ces êtres sont à la fois fragiles, forts mais déséquilibrés par les événements souvent incrontrôlables qui les poursuivent. Un livre magistral et une auteure dévoilant un immense talent d’écriture. GiL
MEZRICH Ben
LA REVANCHE D’UN SOLITAIRE, ÉD. Max Milo, 2010, 312 pages
La revanche d’un solitaire
« La véritable histoire du fondateur de Facebook
Ben Mezrich
Traduit de l’anglais (USA) par Lucie Delplanque
Mark Zuckerberg est un étudiant de Harvard brillant et talentueux, particulièrement doué en informatique. Mais le génie ne suffit pas à le rendre populaire. Sa vie sociale et sexuelle est presque inexistante. Un soir, il pirate le trombinoscope de l’université et crée en quelques heures un site pour noter les filles du campus sur leur apparence. Le succès est immédiat. Le prototype de Facebook est né.
Aidé de son unique ami Eduardo Saverin, il développe le projet. S’ensuit une aventure hors du commun, peuplée d’investisseurs agitant des millions de dollars, de femmes superbes, de jumeaux de deux mètres qui accusent Mark de plagiat et en veulent à sa vie. Alors que Facebook prospère, l’amitié entre Mark et Eduardo dégénère. Aujourd’hui, 350 millions de personnes sont connectées mais… les deux amis ne se parlent plus.
La Revanche d’un solitaire est le récit fascinant d’un simple geek devenu milliardaire et surtout celui de l’un des plus grands succès de l’histoire d’Internet. Une vue imprenable sur les coulisses du capitalisme numérique.
Né en 1969, diplômé de Harvard, Ben Mezrich a publié onze livres vendus à des millions d’exemplaires dans le monde. L’un d’eux a donné lieu au film Las Vegas 21 »source : www.fnac.com
Résumé de La revanche d'un solitaire. La véritable histoire du fondateur de Facebook
« A l'origine, Eduardo Saverin et Mark Zuckerberg sont deux amis, geeks ringards, étudiants à Harvard, qui ne désirent qu'une chose : être enfin populaires et séduire le sexe opposé. Pour ce faire, Mark pirate le système interne de l'Université, créé une base de données répertoriant toutes les filles du campus, photo à l'appui, et l'ouvre aux étudiants avec un espace de notation « sexy or not ». Découvert, il échappe de justesse au renvoi. C'est Eduardo qui aura le premier conscience de l'énormité de l'innovation. Mark vient d'inventer ce qui, dans les années à venir, a révolutionné la manière dont les humains se connectent les uns aux autres. S'ensuit une véritable aventure contemporaine, peuplée d'investisseurs agitant des millions de dollars, de femmes superbes et vénales, de jumeaux de deux mètres qui accusent Mark de plagiat et en veulent à sa vie. Au fil des mois, l'amitié entre Mark et Eduardo dégénère, l'insouciance de leur jeunesse ne résiste pas aux pièges de l'argent et de la gloire. Pendant ce temps, leur bébé, Facebook, devenait l'un des plus grands succès de l'histoire d'Internet. Aujourd'hui : 200 millions de personnes sont connectées, mais les deux amis ne se parlent plus. Dans la veine du Loup de Wall Street de Jordan Belfort, un récit véridique sur les coulisses du capitalisme numérique. Divertissant, truculent et rythmé, l'un des documents les plus captivants de l'année. « Source : www.myboox.fr
Roman très intéressant écrit d’une façon très objective: on ne sent pas de parti pris par l’auteur. Le livre est fluide, la chronologie des évènements est facile à suivre et le texte est direct, compact, efficace. Marck Zuckerberg est un personnage très intéressant à connaître même s’il n’est pas très loquace, c’est un silencieux, un introverti avec une tendance à l’autisme. Il ne tient pas vraiment compte de l’autre, ses sentiments sont rarement exprimés, il fonctionne mentalement comme un ordinateur et son humour est parfois caustique, mordant, incisif. C’est intéressant de vivre la naissance d’un phénomène planétaire qu’est devenu www.facebokk.com. À lire avec plaisir.
ÇA SENT LE SAPIN, Fayard, 2010, 300 pages
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« Mekèl Belboul massacré à coups de flash-ball.
Corde sabotée, Situva Tuvaniké plonge dans le vide. Vaszy Kaszilpô déchiqueté par une balle de golf piégée. Un chewing-gum au cyanure foudroie Pipo Fellacci. Il ne fait pas bon être sportif dans ce petit bled de montagne. Et encore moins flic... Pour San-Antonio et son infatigable Bérurier, ça sent le sapin «
Sourec :www.decitre.fr
VOUS AVEZ LU :
par Paul Maugendre
« Mais que font donc San-A, son fils Toinet, l’impayable Béru et l’inénarrable Berthe sur les pistes de ski de La Toussuire en cette veille de Noël ? Pour skier me rétorquerez-vous ! Accessoirement répondrai-je, mais surtout pour accomplir une mission. Vous me croirez ou pas mais ils doivent refroidir un dénommé Pipo Fellaci, moniteur de ski. C’est pour de faux, mais vous ne le direz pas, promis ? Seulement voilà qu’un grain de sable sous la forme de Lanturleau vient semer la pagaille dans une opération bien huilée. Lanturleau qui fut un collègue de promotion de San-A et est actuellement en poste à Albertville. Un choc percutant incontrôlé contre le traineau qui emmène le corps de Pipo à la station, et l’homme est définitivement réduit en cadavre. Enfin pas vraiment. Pipo a la vie dure, mais le chewing-gum qu’il vient d’ingérer lui est fatal. On n’échappe pas au cyanure. Mission ratée pour San-A et ses acolytes, qui devaient simuler une agression afin de mettre Pipo à l’abri d’un agresseur coriace, ingénieux et fétichiste. En effet depuis le mois d’août, le 23 de chaque mois exactement, un homme est assassiné dans des circonstances spécifiques et raffinées. Le premier de la liste, Mekèl Belboul, moniteur de rafting, est abattu à coups de flash-ball alors qu’il essayait d’enseigner les rudiments de ce sport à des adolescents. Le 23 septembre, Situva Tuvaniké décède lors d’un saut à ski, sa corde ayant été sabotée. Le 23 octobre, Vaszy Kaszilpö est déchiqueté par une balle de golf piégée, et pourtant le golf n’est pas réputé pour être un sport extrême. Le 23 novembre une jeune femme en goguette décède des inhalations d’une cigarette empoisonnée. Mais il ya eu erreur sur la personne, c’était Pipo qui visé et qui n’écoutant que son bon cœur avait offert la cibiche mortelle à la défunte, en attendant des relations moins tabagiques et plus charnelles.
L’enquête sera courte dans le temps mais réservera de nombreuses surprises à nos protagonistes, les cadavres s’essaimant dans la station de ski et ses alentours comme des cailloux noirs et roses sur la neige virginale. Berthe saura alimenter la jalousie de Béru en surfant sur les vagues du plaisir tandis que son mari rongera son frein en ne la retrouvant pas dans le lit conjugal et hôtelier. Patrice Dard qui a repris le flambeau à la disparition de Frédéric Dard, et peut-être même avant, possède le ton, la verve, le sens des dialogues et des situations qui nous étaient chères, redonnant aux aventures de San-Antonio ce côté bon enfant que l’on appréciait dans les années 60. La bonne humeur, quelques coups de gueule, des parenthèses comme celle concernant le pourquoi du S à essuie-glaces alors que le pare-brise n’est que d’un seul tenant, mais beaucoup moins de digressions pessimistes qui engluaient les aventures de San-A dans les années 90. Un bon cru placé sous le signe du tabac, en témoignent les têtes de chapitres, tandis que les différentes parties du roman font référence à des films. »source :www.bibliosurf.com
Personnllement j’ai trouvé ce livre très marrant, j’ai dû le fermer à plusieurs reprises tellement les épaules me sautaient….surtout à cause des expressions suaves de l’auteur et les personnges tellement colorés. À lire si vous voulez vous détendre et passer un bon moment…GiL
CREWS Harry
LA MALÉDICTION DU GITAN, 1974, 1993 Galliamrd, 238 pages
Présentation de l'éditeur
« Marvin Molar aurait de quoi l’avoir mauvaise. Muet de naissance, sourd par accident, abandonné à l’âge de trois ans et recueilli par un vieux lutteur bizarre qui s’est fait rouler sur la tête par un camion, Marvin est également nain, une curiosité de foire au buste puissant et aux bras monstrueux. Pire, il ne pèse rien et ses jambes de sept centimètres traînent sous son ventre comme les résidus d’une mue de têtard. Ses amis, boxeurs schizophrènes ou sonnés par les coups, vivent avec lui dans un gymnase saturé de testostérone et fréquenté par des fous de la fonte. Un monde à part. Fragile. Un univers dans lequel débarque une très jeune femme, a priori normale, belle à rendre idiot ; une femme à laquelle il ne manque rien. Rien ? Sauf peut-être le cœur...
Traduction de l’ anglais : Philippe Garnier
Harry Crews, un maître du grotesque
Thierry Godefroid
"Il fallait qu’Esther et Aristote apprennent à pas trop me baiser la gueule. Me baiser la gueule un petit peu, je dis pas. Quand on a traîné dans les galères où j’ai traîné, on s’attend bien à se faire baiser la gueule un petit peu. Mais pas trop".
Ainsi va la vie de Marvin Molar, cumulard du handicap (car cul-de-jatte sourd et muet), qui fraye néanmoins avec une superbe créature nommée Esther. Il faut dire que pour compenser sa déficience, Marvin est un vrai paquet de muscle capable de tours époustouflants. Il gagne sa vie en se produisant ainsi comme attraction, managé par le vieux tenancier d’un gymnase miteux peuplé de boxeurs et d’amoureux de la fonte.
Ce septième roman de Harry Crews publié en 1974 aux Etats Unis est un drame magistral, peut-être son chef d’oeuvre le plus indiscutable. Ecrit à la 1re personne, un incroyable personnage tout droit sorti du Freaks de Tod Browning s’y raconte sans retenue. L’aspiration légitime de Marvin à un minimum de dignité est le fondement d’un malaise qui le conduit à des actes extrêmes lorsqu’il réalise que les échantillons de bonheur auxquels il pense pouvoir prétendre ne sont que des mirages, que l’amour ne lui sera jamais délivré que sous une forme déviante et malsaine, de la part d’une femme normalement constituée dans les apparences mais ô combien dérangée dans son psychisme. Tous les personnages sont parfaitement dessinés, aucun second rôle n’est laissé à moitié en friche. En particulier, le vieil Al Molarski et les deux boxeurs à moitié décérébrés qui entourent Marvin acquièrent une densité incroyable et bouleversent toujours plus à chaque apparition.
Utilisant plus que jamais le ricanement contre le désespoir, Crews dépeint une humanité globalement irrécupérable, polluée qu’elle est de ses individus désaxés ou néfastes. Sous cet aspect, la malédiction du gitan rappelle les meilleurs romans de Jim Thompson, le cynisme en moins et la compassion (insufflée avec une discrétion et une intelligence rares) en plus.
Un monument du roman noir, servi dans une traduction (Philippe Garnier) absolument parfaite. Indispensable à tout amateur du genre, ça va sans dire. «
Livre vivement conseillé par Thierry Godefroid. Source : www.bibliosurf.com
Un grand roman du genre grands frissons-thriller ….je dirais même remarquable par la construction du roman, son style haletant, sa progression, ses personnages biscornus et un sujet tabou les êtres difformes, marginaux au passé lourd et ténébreux dont l’intensité me rappelle le magistral LE PARFUM de Patrick Süskind. Des esprits tordus mais des humains à part entière. À lire sans fautes . GiL
NDIAYE Marie
TROIS FEMMES PUISSANTES, Galliamrd, 2009, 316 pages
Résumé du livre
« Trois récits, trois femmes qui disent non. Elles s'appellent Norah, Fanta, Khady Demba. Norah, la quarantaine, arrive chez son père en Afrique. Le tyran égocentrique de jadis est devenu mutique, boulimique, et passe ses nuits perché dans le flamboyant de la cour. Fanta enseigne la français à Dakar, mais elle a été obligée de suivre en France son compagnon Rudy. Rudy s'avère incapable d'offrir à Fanta la vie riche et joyeuse qu'elle mérite. Khady Demba est une jeune veuve africaine. Sans argent, elle tente de rejoindre une lointaine cousine, Fanta, qui vit en France. Chacune se bat pour préserver sa dignité contre les humiliations que la vie lui inflige avec une obstination méthodique et incompréhensible.
La critique [evene]
par Maud Denarié
Puissance. Tel est le mot qui suffirait à condenser, à caractériser le génie d'une telle oeuvre. Alliant élégance et douceur du verbe à une exploration presque impudique des introspections, le nouveau roman de Marie Ndiaye fait l'effet d'un véritable coup de poing littéraire. Il y a Norah, Fanta et Khady Demba que la vie a malmenées, ici ou là. En France, en Afrique, l'amertume, la souffrance et la désillusion se confondent, inéluctablement, au rythme de leurs destins déchirés, fouillés à la loupe jusqu'aux tréfonds de l'intimité. Observatrice affûtée à la plume de velours, Marie Ndiaye part sur les traces des uns et des autres, traduisant avec précision la lourdeur volontairement insoutenable des atmosphères. Menant ses récits à l'image de ses "phrases fleuves", elle offre une mise en scène quasi cinématographique et multi-sensorielle. Car derrière l'écoulement des mots se révèle la profondeur des non-dits. Déployant un style cousu au rythme des circonvolutions de l'âme, elle se meut délicatement dans les flots remuants de la conscience pour y disséquer les moindres tourments. Se juxtaposent ainsi des tableaux mouvants et riches, puisés à la source d'un réalisme troublant, où la subtilité des personnages n'a d'égale que la juste résonance des sensations. Une rare prouesse littéraire qui, au-delà de la fiction, rend hommage avec force et dignité à l'humanité déchue, à ces bafoués de l'ombre en quête de lumière. »
Sourec :ww.evene.fr
| »Mais, comme chacun des héros de ce livre, Khady Demba aura droit à ce sursaut de conscience qui fait qu'un jour chacun trouve en soi-même le courage de prendre en main son destin. »
« Ce thème, c'est la force intérieure que manifestent les protagonistes féminins. Norah, Fanta, Khady sont reliées par leurs capacités communes de résistance et de survie." Déchirements intimes, identitaires, interrogations sur l'appartenance et la condition humaine sont autant au cœur de ce triptyque troublant, vertigineux, composé dans un style éminemment élégant et épuré, qui en fait toute sa force, sa puissance. »
Source :www.lemonde.fr
Un roman dur, des vies à la dure. La survie, l’espoir, la détermination font de ces femmes des gagnantes même dans le désespoir et l’horreur de la vie. Un roman d’une grande qualité de récit et d’écriture. La réalité, une fois de plus, dépasse la fiction. GiL