****LEMAITRE Pierre---CADRES NOIRS

29/09/2011 20:20 par livresentete

  • ****LEMAITRE Pierre---CADRES NOIRS

    ****LEMAITRE Pierre---CADRES NOIRS

    29/09/2011 20:20 par livresentete

LEMAITRE PIERRE

CADRES NOIRS, calmann-lévy, 2010, 349 pages


Roman à portée sociale traitant d’un sujet chaud : garder son emploi malgré la disparité entre travailleurs et patrons, directeurs, présidents de multinationales. Alain Delambre a cinquante cinq ans et est menacé d’être mis à la retraite par son employeur sous de faux prétextes car le seul argument est la rentabilité de la multinationale pétrolière.
Le style de ce roman est rapide, déterminé peu rationnel mais éloquent et efficace. On imagine très bien la situation personnelle, familiale et sociale du personnage pris au piège par des employeurs dont l’unique but est la rentabilité, l’efficacité, la promptitude à résoudre les problèmes pour des raisons uniquement financières sans aucune autre considération pour leurs employés. Un fait social dérangeant montrant l’écart immense entre le pouvoir des dirigeants et la soumission sans conditions de leurs salariées jugés uniquement sur leur rendement. Un roman d’un style totalement différent de celui qu’on est habitué de Pierre Lemaitre. Un style totalement dans le ton de ce roman socialement dérangeant.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec


Pour en savoir davantage :


Pierre Lemaitre. Cadres noirs.

« Contrairement à Zola qui s’imposait des efforts cognitifs démentiels dans la préparation de ses romans, Pierre Lemaitre n’est pas un adepte compulsif de la consultation d’internet. Si ses œuvres nous donnent un rendu de la société aussi saisissant c’est que, chez lui, le vraisemblable est plus puissant que le vrai. Comme aurait dit Flaubert, il ne s’écrit pas, pas plus qu’il n’écrit la société. Mais si on ne voit pas, à proprement parler, la société, on la sent partout.
À l’heure ou de nombreux sondages nous montrent les Français épuisés par le travail et désespérés par le chômage, ce roman noir de Pierre Lemaitre tombe à pic. Nous sommes dans un monde où des manutentionnaires gagnent 585 euros brut par mois et où les cadres, s’ils veulent croire en leur utilité, en leur mission, s’identifient à leur patron « avec une force de conviction dont les patrons ne rêveraient même pas. »
Quinquagénaire, donc bon à jeter, le personnage principal a dû accepter un petit boulot quand il s’est retrouvé au chômage (il était pourtant DRH) après la fusion de son entreprise avec une société belge. Son conseiller pôle emploi voit en lui un modèle de chômeur car il a renoncé à l’idée de trouver du travail, sans pour autant renoncer à en chercher. Avec des types comme moi, dit-il, « le système a l’éternité devant lui. »
Après quatre ans de galère, il a la lucidité de se sentir largué car il ne maîtrise plus le discours de l’efficience entrepreneuriale (que l’on retrouve d’ailleurs désormais dans la Fonction publique) : « management de la transition », « réactivité sectorielle », « identité corporate », « benchmarking », « réseautage ». Il faut désormais briller dans le marketing et le management : « Le marketing consiste à vendre des choses à des gens qui n’en veulent pas, le management à maintenir opérationnels des cadres qui n’en peuvent plus. »
La métaphore qui file tout au long de ce roman à suspense (en fin de compte plus un roman psychologique que d’action) est que les salariés sont les otages des capitalistes, sous le regard bienveillant des pouvoirs publics : « Les aides de l’État auraient permis aux entreprises de licencier 65000 salariés en un an. »
Alain Delambre est un cadre de cinquante-sept ans anéanti par quatre années de chômage sans espoir. À son sentiment de faillite personnelle s’ajoute bientôt l’humiliation de se faire botter l’arrière-train par un petit chef, turc qui plus est.Aussi quand un employeur accepte enfin – divine surprise ! – d’étudier sa candidature, Alain Delambre est prêt à tout : à emprunter une somme d’argent considérable, à se disqualifier aux yeux de sa femme, de ses filles et même à participer à l’ultime épreuve de recrutement, un jeu de rôle sous la forme d’une prise d’otages : « Les candidats à un poste sélectionnent les candidats à un autre poste. Le système n’a même plus besoin d’exercer l’autorité, les salariés s’en chargent eux-mêmes. Les entrants créent les sortants. Le capitalisme vient d’inventer le mouvement perpétuel. » Donald Westlake avait dramatiquement exploré ce thème avec Le Couperet (avant, personne n’est parfait, de soutenir Bush), la solution extrême utilisée par un chômeur pour retrouver du travail étant d’assassiner ses collègues de la liste étroite pendant la dernière sélection pour un emploi.
Ce jeu de rôle (les jdr sont apparus – ce n’est pas un hasard – aux États-Unis dans les années soixante-dix) pour adultes en perdition est organisé pour le bénéfice de l’entreprise Exxyal-Europe, une grande du pétrole dont, visionnaire, Lemaitre nous prévient que l’un de ses objectifs principaux « consiste à rapprocher les activités de raffinage des lieux de production », ce qui entraînera la fermeture de plusieurs raffineries en Europe.
Avec toutes les ressources de son corps et de son esprit, Alain Delambre s’engage dans ce combat pour regagner sa dignité, sans se rendre vraiment compte qu’il s’engouffre dans une spirale affolante qui devrait, si nous étions dans un roman réaliste, l’entraîner vers une mort violente. Bien lui prend de ne pas se rendre compte, dès le début de son aventure, que les dés sont pipés, qu’en aucun cas les recruteurs n’envisagent de recourir à ses services. Son désespoir l’amènerait, comme dans Le Couperet, à commettre l’irréparable.
Le roman est remarquablement bien mené. Il se divise en trois parties, la première et la dernière offrant le point de vue du héros, la partie du milieu étant narrée par le “ méchant ”, le deus ex machina de la simulation de prise d’otages. Cette alternance des voix narratives nous permet de comprendre – sans les excuser – les motivations profondes de la partie adverse (les « partenaires sociaux », comme on dit aujourd’hui) et d’intensifier le suspense dès lors que l’on perd de vue la cause du chômeur quinquagénaire. Le lecteur ne connaîtra ses vraies motivations qu’à la toute fin de l’histoire.
C’est une constante dans les ouvrages de Lemaitre (voir ses explications à ce sujet à http://www.pierre-lemaitre.fr/interview.html) : les événements malheureux s’enchaînent de manière inéluctable, chaque acte posé par les personnages les conduisant à leur perte. Il ne suffit pas à Delambre d’être un vieux travailleur au chômage, d’être humilié après avoir servi la cause de l’entreprise, d’être diminué dans le regard de ses proches qui l’aiment : sa révolte – purement individuelle, ne l’oublions pas – est implacablement destructrice.
Le héros ne parviendra à ses fins qu’en jouant sa vie et celle des siens sur un coup de dé (avec un dernier développement singeant les films “ américains ” de Besson, du genre Taxi).
Au bout de son périple, l’ancien DRH est toujours aussi aliéné, toujours aussi coupable. « C’est plus fort que moi », dit-il, « je ne peux pas m’empêcher de travailler. »
Le système a gagné.
Bernard GENSANE » source : www.legrandsoir.info

*****LEMAITRE Pierre---ROBE DE MARIÉ

25/09/2011 17:15 par livresentete

  • *****LEMAITRE Pierre---ROBE DE MARIÉ

    *****LEMAITRE Pierre---ROBE DE MARIÉ

    25/09/2011 17:15 par livresentete

LEMAITRE Pierre

ROBE DE MARIÉ, calmann-lévy, 2009, 270 pages

Excellent roman du genre grands frissons-thriller-psychologique, très bien construit et très efficace.Son écriture est précise, vive, incisive. Je suis convaincu qu’après avoir lu ALEX et ROBE DE MARIÉ, je vais lire tous ses autres romans car c’est un auteur très doué pour le genre, d’une grande intelligence du drame…humain.

Au début de ce roman, on est un peu désemparé car en plus de Sophie qui vit sa folie intensément et nous bouleverse, s’ajoute un deuxième personnage Frantz tout aussi menaçant et tordu. L’auteur est très habile et nous présente le personnage principal aux prises avec la folie mais on n’en connaît pas vraiment la cause, la source.Il fait des retours dans le temps très habiles et nous sommes victimes dès le début de son imagination fertile. Un grand roman dans le genre, un incontournable.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec

Pour en savoir davantage :

Robe de marié, de Pierre Lemaitre
Une chronique de Jacques
« En quatre romans : Travail soigné, Robe de marié, Cadres noirs, Alex, Pierre Lemaitre s’est imposé comme un remarquable auteur de suspense. Son roman Robe de marié vient de sortir en livre de poche, et il serait franchement dommage de vous en priver !
L’histoire de Robe de marié est celle d’une double vengeance. Mais dans ce roman, ne cherchez pas le gore, les tortures physiques raffinées, le tueur en série halluciné dont l’imagination pour faire souffrir ses victimes est sans limite : rien de tout ça chez Pierre Lemaitre, dont l’écriture est raffinée, précise, sans fioriture, presque sèche. Il suffit d’ailleurs de lire les premières lignes du roman, où il nous présente son héroïne Sophie pour la première fois, pour se faire une idée précise de son style :
« Ce matin là, comme beaucoup d’autres, elle s’est réveillée en larmes et la gorge nouée alors qu’elle n’a pas de raison particulière de s’inquiéter. Dans sa vie, les larmes n’ont rien d’exceptionnel : elle pleure toutes les nuits depuis qu’elle est folle. Le matin, si elle ne sentait pas ses joues noyées, elle pourrait même penser que ses nuits sont paisibles et son sommeil profond. Le matin, le visage baigné de larmes, la gorge serrée sont de simples informations. »
Sophie est folle, nous en sommes très vite persuadés, une folle meurtrière qui va la pousser à tuer un enfant dont elle a la garde, sans aucune raison. Elle-même d’ailleurs n’a aucun doute sur sa folie. Pendant le premier tiers du livre, nous la suivons dans ses tentatives désespérées d’échapper à un désordre mental qui va en s’aggravant, puis à la police qui la recherche pour plusieurs meurtres.
Mais voilà, il y a l’apparence et la réalité. Et la force de Pierre Lemaitre consiste à bousculer nos premières certitudes, grâce à une construction narrative astucieuse et au surgissement tardif d’un autre personnage : Frantz.
Impossible d’en dire plus sur le rôle de celui-ci, ce serait priver le lecteur d’une partie du plaisir de la lecture. Mais la double vengeance est particulièrement machiavélique, des deux côtés. Deux joueurs s’affrontent et rivalisent d’intelligence en une partie hallucinante, Sophie et Frantz sont capables de toutes les ruses pour parvenir à leur fin, et le lecteur est pris par leur affrontement comme dans une nasse.
Pourquoi cette vengeance ? Comment le manipulateur retors finira-t-il par être lui-même manipulé et tombera dans un piège étonnant ?
Quel rôle va jouer cette robe de marié, et pourquoi le mot marié est-il au masculin ? Le lecteur va de surprise en surprise jusqu’à la dernière page du roman. Et quand vous aurez terminé ce livre, je suis prêt à parier que vous n’aurez qu’une idée : vous précipiter sur les trois autres que Pierre Lemaitre a écrits, pour pouvoir les déguster comme vous l’aurez fait pour cette Robe de marié !
Jacques
Robe de marié
Présentation de l'éditeur
Nul n'est à l'abri de la folie. Sophie, une jeune femme qui mène une existence paisible, commence à sombrer lentement dans la démence : mille petits signes inquiétants s'accumulent puis tout s'accélère. Est-elle responsable de la mort de sa belle-mère, de celle de son mari infirme ? Peu à peu, elle se retrouve impliquée dans plusieurs meurtres dont, curieusement, elle n'a aucun souvenir. Alors, désespérée mais lucide, elle organise sa fuite; elle va changer de nom, de vie, se marier, mais son douloureux passé la rattrape... Les ombres de Hitchcock et de Brian de Palma planent sur ce thriller diabolique. »
Source :www.unpolar.hautetfort.com

****KHADRA Yasmina---L'ÉCRIVAIN

22/09/2011 17:12 par livresentete

  • ****KHADRA Yasmina---L'ÉCRIVAIN

    ****KHADRA Yasmina---L'ÉCRIVAIN

    22/09/2011 17:12 par livresentete

YASMINA KHADRA

L’ÉCRIVAIN, Pocket, Julliard, 2001, 286 pages

L’enfance, la vie militaire de cadet, la vie intime de Mohammed Moulessehoul dit Yasmina Khadra. Son père, militaire de carrière le confie à l’armée dès ses huit ans afin de poursuivre ses études et d’entreprendre une carrière de militaire comme son père le désire. Il est Algérien et l’Algérie est aussi troublée qu’il l’est par sa situation politique et économique, c’est un pays de pensée islamiste et intégriste.
Le style de ce roman autobiographique est riche par ses mots, ses pensées intimes et profondes. Pour connaître l’écrivain, il faut d’abord connaître l’enfant, l’adolescent, le révolté qu’il est contre l’oppression, le manque de liberté de pensée, l’intégrisme religieux, le pouvoir paternel. Un grand roman.
GILLES LAGROIS, AUCLAIR, QUÉBEC


Extraits :

« La haine est la plus scélérate des concubines : elle drape ton lit d’orties, bourre tes oreillers d’insomnies, profite de ta somnolence pour s’emparer de ton esprit; le temps de te ressaisir, et déjà tu es au purgatoire. Si Dieu a créé l’homme à son image, c’est pour que l’homme apprenne à pardonner. »
« Les petites mauviettes de ton espèce, je les noie dans mon urine, moi.Si tes moniteurs n’ont pas réussi à te raisonner, je m’en vais te macérer une fois pour toutes. Je te jure que tu marcheras droit, la nuque basse et les mains collées à ton visage comme des oeillères. » Je proteste….
« Tu veux savoir pourquoi tu es aux arrêts? C’est à cause de ton talent. Nous sommes allergiques au talent, dans notre pays, en particulier celui des écrivains. Personne ne blaire les écrivains, chez nous. »
« L’esprit, c’est ce que l’armée considère comme la plus grave atteinte à son équilibre et à sa longévité. »
« Les intellos, c’est de la mauvaise herbe, des fouille-merde. »
« …le Système n’a que foutre de leurs potentialités. Ce qu’il veut, c’est des types qui obéissent au doigt et à l’œil. Indépendance ou pas, la bleuite règne encore chez nous, et malheur aux suspects. »
« Pour assujettir une communauté, on doit domestiquer ses notables. J’étais écoeuré.»
« Oui, je suis écrivain. C’est quoi votre problème? Savez-vous seulement ce qu’est un écrivain ? Je suis le roi des mages; l’exergue est ma couronne, la métaphore mon panache; je fais d’un laideron une beauté, d’une page blanche une houri. Sous ma plume, les crapauds deviennent princes et les gueux sultans. Je suis le seul à pouvoir inventer l’amour à partir d’une virgule…Écrivain je suis, écrivain je reste, et à mort la bêtise!... »
« J’étais fou de rage. On ne me comprenait pas. Ils ignoraient que j’avais tout perdu, qu’il ne me restait que la littérature pour échapper à l’engrenage qui me broyait, aux hideurs qui s’escrimaient à me faire admettre qu’en dehors des avatars je n’étais bon à rien. Je m’interdisais d’ête laid, de ressembler à ma vie. »
« Mon statut de cadet primait sur mon individualité, l’annulait. En dehors du cantonnement, du réfectoire, du dortoir, du rassemblement; en dehors de l’appel, du peloton, du brouhaha et de la promescuité, je n’étais rien. »

Résumé de l’éditeur
« En 1964, un jeune adolescent algérien entre dans une école militaire oranaise.
Son père, officier lui-même, a pour lui les plus hautes ambitions. Excellente recrue, le futur soldat se découvre néanmoins des dons inattendus. On se méfie d'un cadet passionné par le théâtre et la littérature. Comment le métier des armes peut-il s'accorder avec celui, si étrange, d'écrivain ? Trente ans plus tard, le nom de Yasmina Khadra apparaît dans les librairies. Au plus fort de la tragédie algérienne, ses romans policiers témoignent de l'horreur.
Qui massacre des innocents par milliers ? Pourquoi ne veut-on pas entendre la vérité ? Dès lors, l'auteur masqué se devait de révéler sa véritable identité. Voici le récit de la plus singulière des aventures, celle d'un enfant de troupe qui allait devenir ce témoin gênant, cet accusateur, ce grand écrivain. « www.decitre.fr

L’écrivain, Yasmina Khadra

« Caché « quelque part en Algérie », Yasmina Khadra a signé trois romans policiers, ce qui lui a valu d’être « le pseudonyme le plus recherché » par les islamistes de son pays. Depuis, il n’a cessé de susciter des interrogations en France, en Europe et dans le monde arabe. Dans son pays, notamment, la presse unanime a loué son authenticité de romancier et de témoin de la tragédie algérienne.
Aujourd’hui, il a le pouvoir de décliner son identité, de lever le voile sur un mystère qu’il n’a pas voulu, et de raconter enfin comment il fut embrigadé dans une carrière militaire, lui qui s’est toujours voué à devenir poète. « J’ai été éjecté de ma famille, c’est un fait : une initiative malheureuse de mon père. Et j’ai été adopté par l’armée, que je quitte sans rancune ; elle m’a élevé, je l’ai servie, je crois, avec dignité et courage. Je n’ai jamais cherché à dévier de la voie qu’on m’avait tracée. Je ne me suis jamais rebellé. Mais je n’ai jamais renoncé à ce que j’estime être plus fort qu’un destin : ma vocation d’écrivain. J’ai continué à écrire dans un monde qui me refusait cette liberté-là, et j’ai réalisé mon rêve, peut-être grâce à lui : les interdits forgent les volontés inflexibles. »
Mon avis : Une autobiographie de l’enfance de Mohammed Moulessehoul, soit Yasmina Khadra qui m’a beaucoup ému, il est confronté devant un choix soit devenir écrivain et ne plus avoir de père soit continuer dans l’armée et avoir un père à côté.
Au début du récit, Mohammed n’est pas seul, car il est emmené à l’école militaire avec son cousin Kader qui est davantage sentimental que lui. A la suite, il y aura Houari qui viendra. Mais quand Mohammed va au lycée, il est seule et se trouve de nombreux amis avec lesquels ils parleront de la littérature.
On comprend que Mohammed (ou Yasmina) est devenu écrivain par pure vocation, c’est donc pour cela qu’il écrit d’une manière fluide et compréhensible pour tous le monde.
Résumés : Mohammed et son cousin sont emmenés à l’école militaire, une école des plus stricte et sévère où ils iront à l’école et recevront un minimum d’éducation militaire. Le père de Mohammed ne vient pas toujours les voir, il est très distant.
Spoiler (moment intense de l’intrigue) :
Mohammed quittera cette école pour l’école de Koléa où il se trouvera de nombreux ami avec qui il parlera de littérature et d’écriture. En même temps, ces parents se divorcent et se mère se retrouve dans un quartier malfamé avec ses enfants. Son père ne s’occupe presque plus de ses enfants et de sa femme.
Au lycée, Mohammed est toujours accusé de tous les méfaits, alors qu’il ne fait rien de mal à part écrire que tous ses supérieurs sous-estiment. Ses années de lycée seront l'occasion d’écrire de nombreuses nouvelles.
Quand il passe le bac, il doit faire un choix : continuer dans l’armée ou faire de l’écriture. Son père le menace de le destituer s’il ne continue pas dans l’armée, c’est donc pour cette raison qu’il continuera. »www.litteraire-en-herbe.blogspot.com

*****Yasmina KHADRA---L'ÉQUATION AFRICAINE

17/09/2011 18:21 par livresentete

  • *****Yasmina KHADRA---L'ÉQUATION AFRICAINE

    *****Yasmina KHADRA---L'ÉQUATION AFRICAINE

    17/09/2011 18:21 par livresentete

Yasmina KHADRA

L’ÉQUATION AFRICAINE, roman, Julliard, 2011, 326 pages

Un autre roman de Khadra très réussi. Des drames, des émotions, des guerres, des enlèvements, la misère mais quel royaume extraordinaire d’humains qu’est l’Afrique! L’Afrique où l’humain dépasse la vie et ses misères, l’Afrique avec ses sages, ses enfants morts vivants, ses femmes courageuses même abandonnées à elles-même. L’Afrique c’est la vie, le courage au jour le jour, la joie de vivre peu importe les événements car demain je souris car j’ai survécu et que je suis toujours vivant. Un grand roman de Yasmina KHADRA.

Extraits :
« Vis chaque matin
Comme s’il était le premier
Et laisse au passé des remords et méfaits
Vis chaque soir
Comme s’il était le dernier
Car nul ne sait de quoi demain sera fait » Joma, page 327

« Tu ne piges que dalle à notre continent…Tu es en Afrique, et en Afrique, le sauvage, c’est toi. » page 91
« Sa haine est un programme auquel il ne dérogera pas. » page 92
« Aucune race n’est supérieure à une autre. Depuis la préhistoire, c’est toujours le rapport de force qui décide de qui est le maître et de qui est le sujet. » page 93
« Comment se résoudre à l’idée que l’on puisse abattre une personne aussi simplement qu’un arbre. » page 94
« Qu’est-ce-qui t’autorise à nous traiter de sauvage?...La guerre? Les vôtres sont pires que les cataclysmes. La misère? C’est à vous que nous la devons. Page 102
« …il y a dans leur façon d’exister au jour le jour une absence de conscience manifeste qui rend leur dangerosité aussi naturelle que la morsure d’un serpent. » page 112
« … le courage tout court, c’est de croire en soi. » page126
« Tiens bon. Chaque jour est un miracle. » page 129
« Le renoncement use au même titre que l’entêtement. » page 148
« Aucune nation ne peut survivre sans mythes et aucune jeunesse ne peut s’épanouir sans idoles. » pâge 235
« Il y a, en eux, une stupéfiante propension à banaliser l’adversité.Leur force est dans la mentalité, une mentalité singulière, antique, forgée dans le magma même de cette bonne vieille terre des Hommes. » page 259
« Pour qu’un cœur continue de battre la mesure des défis, il lui faut pomper dans l’échec la sève de sa survivance. »page 288

« A la suite d'un terrible drame familial, et afin de surmonter son chagrin, le docteur Kurt Krausmann accepte d'accompagner un ami aux Comores. Leur voilier est attaqué par des pirates au large des côtes somaliennes, et le voyage « thérapeutique » du médecin se transforme en cauchemar. Pris en otage, battu, humilié, Kurt va découvrir une Afrique de violence et de misère insoutenables où « les dieux n'ont plus de peau sur les doigts à force de s'en laver les mains ». Avec son ami Hans et un compagnon d'infortune français, Kurt trouvera-t-il la force de surmonter cette épreuve?
En nous offrant ce voyage saisissant de réalisme, qui nous transporte, de la Somalie au Soudan, dans une Afrique orientale tour à tour sauvage, irrationnelle, sage, fière, digne et infiniment courageuse -, Yasmina Khadra confirme une fois encore son immense talent de narrateur. Construit et mené de main de maître, ce roman décrit la lente et irréversible transformation d'un Européen, dont les yeux vont, peu à peu, s'ouvrir à la réalité d'un monde jusqu'alors inconnu de lui. Un hymne à la grandeur d'un continent livré aux prédateurs et aux tyrans génocidaires.
Traduit dans une quarantaine de pays, Yasmina Khadra est aujourd'hui connu et salué dans le monde entier. L'Equation africaine s'inscrit dans le prolongement de la trilogie consacrée à notre époque défigurée par le choc des cultures et des mentalités – la trilogie du Grand malentendu ( Les Hirondelles de Kaboul, l'Attentat et les Sirènes de Bagdad ). « source:www.yasmina-khadra.com
Un hymne splendide et émouvant

« L'équation africaine »
roman de Yasmina Khadra

« Un hymne splendide et émouvant

Chaque œuvre de cet auteur est un événement littéraire. Celui ci s'inscrit dans la lignée des précédents et notamment de « l'Olympe des infortunes »....
Le lecteur est invité à découvrir un Continent, tel qu'il est et à rencontrer ses différents acteurs dans leurs diversités.
C'est à la fois un tableau de maître, un roman d'aventures et une œuvre de réflexion.
On se croirait dans un film 3D particulièrement soigné : les descriptions superbes des paysages sont telles qu'il suffit de fermer les yeux pour prendre possession du cadre et le « spectateur » est capté par l'histoire et la magnificence.
Mais que va faire le médecin généraliste Kurt dans cette Afrique lointaine ?
Tout sourit à cet homme : une maison confortable, une résidence secondaire, une vie réglée et surtout une femme aimée et aimante.
Un jour tout bascule et un drame familial l'accable. Il décide d'abandonner son existence luxueuse pour partir avec son ami Hans en voilier aux Comores.
Le voyage de l'oubli se transforme très vite en cauchemar, le voilier est arraisonné par des pirates africains et les deux amis sont traînés de force et sans ménagement par leurs ravisseurs .
De la Somalie au Soudan, le voyage est long et pénible : les coups et les humiliations subies donnent à Kurt une image partielle et partiale de l'Afrique.
Qui lui donne le droit de prendre ces africains pour des sauvages. La réplique d'un de ses gardiens est sans appel :
«...La guerre ? Les vôtres sont pires que les cataclysmes. La misère ? C'est à vous que nous la devons. L'ignorance ? Qui te fait croire que tu es plus cultivé que moi ? »
C'est tout le drame et la réalité d'un continent livré à la violence des prédateurs occidentaux et africains et aux tyrans qui sont résumés ainsi....
Ce sont parfois des hommes simples, tranquilles et très cultivés qui se trouvent victimes d'une attaque génocidaire et qui à leur tout peuvent devenir des aventuriers sans foi ni loi...
L'Afrique est une terre de contrastes où se côtoient le pire et le meilleur, le premier étant le fruit des politiques colonialistes et locales .
L'enfer sur terre n'existe pas, il n'y a que « des démons et ils ne sont pas invincibles » …
Kurt arrivera t-il à comprendre et à se débarrasser de sa répulsion, née d'une détention pénible ?
Va t-il saisir et comprendre la force de ces africains qui, spoliés, pauvres, désarmés, soumis aux violences ne cèdent « pas une miette de leur lamentable existence » !?
Ce livre est comme un bijou incandescent qui brillerait de mille feux....

Jean-François Chalot »source :www.critiqueslibres.com

****SUSAN FROMBERG SCHAEFFER----FOLIE D'UNE FEMME SÉDUITE

13/09/2011 15:41 par livresentete

  • ****SUSAN FROMBERG SCHAEFFER----FOLIE D'UNE FEMME SÉDUITE

    ****SUSAN FROMBERG SCHAEFFER----FOLIE D'UNE FEMME SÉDUITE

    13/09/2011 15:41 par livresentete

UN INTENSE SUSPENSE PSYCHANALYTIQUE. GiL

SCHAEFFER Susan FROMBERG

FOLIE D’UNE FEMME SÉDUITE, France Loisirs, 1985, 587 pages.

Un grand roman, un grand personnage et un grand sujet : la folie d’une femme…séduite.La folie est présente dans nos vies car qui n’a pas connu ou vécu une histoire de folie qui de près ou de loin nous a côtoyé. Cette histoire touchante date de la fin du dix-huitième sciècle, début du vingtième sciècle avec la naissance du modernisme, de la science appliquée comme la médecine et la psychiâtrie. Le personnage d’Agnès Dempster est bouleversant par sa tragédie, par son humanisme. Nous partageons tout au long du roman les passions de cette femme volontaire mais fragile avec une grande complicité et intimité. Ce roman nous pénètre, nous envahit tel un tsunami psychologique et nous atteint de plein front. Nul n’échappe à cette marée d’émotions perturbante.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec

« Les légendes familiales sont dangereuses. À travers le brouillard du temps qui nous sépare de ces créatures mystérieuses qui sont nos parents jeunes, on aperçoit des êtres de légende; tous leurs actes nous apparaissent aussi mystérieux et irréels que des actes divins. » page 20
« Quelle arme redoutable que les mots! Ce révolver me semble aujourd’hui presque inoffensif en comparaison. D’ailleurs, cette balle, je l’ai tirée pour que cessent les mots. Ils dévoraient tout avec tant de zèle » page 21
« Tu peux en vouloir au monde entier, ce n’est pas pour ça qu’il marchera à ta guise. » page 52
« Quand je jette un regard en arrière sur ma vie, …le passé, c’est le faucon, haut dans le ciel….Le présent est la souris fuyant l’ombre que je projette au sol le faucon, et parfois lui échappe » page 80
« Je suis toujours étonné que la neige soit si légère quand elle tombe et si lourde quand il faut la pelleter. Tout s’accumule.» « J’ai compris que je suis né révolté… »page 111
« Il fallait sortir du lit, me fier à la vie et non aux rêves. On peut toujours s’éveiller d’un mauvais rêve. » page 265
« Quelle haine je portais à ces portraits, ces photographies, à cette ressemblance. » page 271
« En dépit de tout cela, il me fallait admettre la vérité : j’avais peur de Frank. » page 278
« …je m’accrochais à lui comme si l’on avait essayé de l’arracher à moi, comme si un danger nous menaçait. Mais le seul danger, je le savais, c’était moi et moi seule. Que faire d’autre ?» page 279
« Tout être se devait d’avoir plus d’un but, plus d’une chose à faire. » page 314
« Je pleurais parce que des peurs sans nom venaient de nulle part sans raison… »page 315
« Tu n’aimes que toi ! Tu aimes des femmes mortes! Ce n’est pas étonnant que tu aimes tant les sculpter dans la pierre. » C’est tout ce que tu désires. » page 317
RAGE…FUREUR…ENTÊTÉE…PEURS EXCESSIVES….page 322
« Il n’est pas homme à donner autant à quelqu’un. Ou à attendre autant de quelqu’un. » page 325
« J’étais comme un pendule affolé, balançant de la terreur au désarroi, du désarroi à la colère, de la colère au chagrin. »
« C’est une passionnée incapable de se contrôler. » page 447
« C’est moi que je voulais tuer. » page 481
« Les hommes aussi veulent des enfants et parfois plus que les femmes. » page 506






« Inspiré d'un authentique fait divers qui défraya la chronique au tournant du XIXe siècle, un extraordinaire roman sur la passion amoureuse. Un classique de la littérature américaine.

La redécouverte d'un livre-culte qui a marqué des générations de lectrices. Un roman psychologique d'une émotion poignante, une inoubliable peinture de l'obsession amoureuse doublée d'un portrait de femme du siècle dernier aussi troublant que Tess d'Uberville ou LesHauts de Hurlevent.

Ayant quitté sa ferme natale, Agnès Dempster découvre du haut de ses seize ans la vie citadine. Quand Frank Holt, tailleur de pierres de son état, fait irruption dans sa vie, elle s'en éprend sur le champ. Abandonnant travail, amis et même l'enfant qu'elle porte, elle se donne corps et âme à cet homme fruste qu'elle pare de toutes les couleurs du héros romantique et de l'artiste d'exception, jusqu'à perdre sa propre identité.

Quand Frank, effrayé par cet amour suffocant, s'échappe dans les bras d'une autre, Agnès perd pied. Contrainte à un geste fatal, elle devra répondre de ses actes face à l'opinion publique et aux médecins de l'asile. »
source : www.belfond.fr

Mon avis :

Ce livre est une véritable bombe. Une bombe faite d'émotions et de passion.

Quand on dit que l'amour peut rendre fou, rien n'est plus vrai et pour ceux ou celles qui en douteraient, je leur lance le défi de lire cet ouvrage et de venir en reparler par la suite.

Car "Folie d'une femme séduite" ce n'est pas seulement un roman. C'est aussi et surtout une histoire basée sur des fais réels qui se sont passés, en Amérique, au 19ème siècle.

Au départ, je l'avoue, j'ai eu du mal à entrer dans l'ouvrage. Le style de l'auteur ne m'accrochait pas du tout. Les phrases sont plutôt longues, relativement imagées sur lesquelles d'ailleurs j'ai eu du mal à adhérer et même à comprendre.

On entre dans l'ouvrage au moment où Agnès Dempster a déjà commis son acte irréparable. Elle est âgée de 70 ans et va raconter ce que fût sa vie à North Chittendon, dans la ferme de ses parents, puis à Montpelier dans le Vermont.

Pour bien comprendre les évènements, Agnès va nous expliquer toute l'histoire de sa vie familiale. On va suivre tout d'abord sa grand-mère, puis ses propres parents. On comprendra qu'une certaine folie s'installe chez les femmes lorsqu'un évènement traumatisant se produit.

Agnès sera rejetée par sa mère à la suite d'un grand drame. De ce désamour et d'un manque d'attention de la part de son père, elle se réfugiera chez sa grand-mère qui sera la seule à la comprendre. Jusqu'au jour où celle-ci meurt et où Agnès décide alors de partir pour la ville. Elle ne souhaite pas rester à la ferme. Elle veut vivre différemment.

Elle rencontrera bien entendu un homme pour lequel elle vouera une véritable passion. Quitte à y perdre son âme. Il représentait vraiment tout pour elle.

Une chose est sûre, Susan Fromberg Schaeffer a su parfaitement relater tout ce qui s'est passé dans la vie d’Agnès Dempster.

Si au début j'ai été un peu perdue dans la narration et où je me demandais pourquoi elle n'allait pas directement à l'essentiel, il est indéniable que par la suite, j'ai compris ce qu'elle voulait nous démontrer.

Tout d'abord, le caractère et les émotions de l'enfant se forgent dans sa jeunesse. Agnès ne fera pas exception à la règle. Le manque d'amour dont elle a souffert, la poursuivra très longtemps et fera naître une peur qu'elle n'est pas capable de gérer.

De plus, et on le sait, vouer un amour incommensurable à quelqu'un peut engendrer une totale perte de soi-même.

Avec des mots forts, des moments très poignants et émotionnellement intenses, on vit les souffrances d'Agnès avec un grand désarroi. On se demande pourquoi cette jeune fille âgée seulement de 16 ans lorsqu'elle rencontre "l'homme de sa vie" n'arrive pas à vivre pour elle-même en même temps.

J'ai été totalement accaparée par ma lecture à partir de ce moment là. J'avais envie de lui hurler après d'arrêter de se cramponner à cet homme, de l'aimer tout en vivant pour elle aussi. Que les deux sont possibles.

L'auteur a fait en sorte de nous accrocher à son livre. Tout est beau mais tellement triste parce que forcément ça finit mal.

Jusqu'au bout on suivra Agnès dans sa "folie" amoureuse et parce qu'il y a des livres qui marquent et que l'on n'est pas prêt d'oublier, "Folie d'une femme séduite" fera partie de ceux-là.

Il y a beaucoup de points sur lesquels il conviendrait de discuter mais cela reviendrait à spolier l'ouvrage, ce que je ne tiens pas du tout à faire.

Il est vraiment exceptionnel et pour ceux et celles qui se lanceront dans ce livre vous n'en sortirez pas indemne. On ne peut que ressentir énormément de compassion pour cette jeune fille qui sortie de sa campagne pour aller vivre autre chose dans une ville inconnue, connaîtra un maigre bonheur à côté de bons nombres de malheur. Malgré ça, elle gardera une dignité exemplaire parce que son amour était tout pour elle. C'est bien la preuve que lorsqu'on aime, on ne compte pas et il est tellement difficile de faire la part des choses dans ce domaine là. »
Source :www.boulimielivresque.blogspot.

*****EDDIE Christine---PARAPLUIES

05/09/2011 14:46 par livresentete

  • *****EDDIE Christine---PARAPLUIES

    *****EDDIE Christine---PARAPLUIES

    05/09/2011 14:46 par livresentete

EDDIE Christine

PARAPLUIES, Éditions Alto, avril 2011, 208 pages


Que dire de ce roman sinon qu’il est remarquable par son style d’une grande finesse, par ses personnages diversifiés et cosmopolites, son intrigue très intime et un immense talent d’écriture. Tout dans ce roman est agréable, convenable, exquis, généreux, imposant, noble et radieux. L’auteure dénote une belle sensibilité d’écriture doublée d’un trait d’esprit enchanteur. L’auteure aime les mots, joue avec les mots, se joue des mots, les faire vivre. Grâce à ses personanges lumineux elle nous ouvre son cœur, fait preuve de tolérance car pour elle l’amour et l’amitié vont au-delà des races, des cultures, des préjugés.
L’auteure démontre un immense talent, un talent indiscutable.

Gilles Lagrois, Auclair, Québec

« À la suite des livres et de l’eau, un bonheur au moins aussi grand que les précédents entra sans prévenir dans la vie de Daphnée. » page 71
« Je ne me suis jamais senti le droit d’exiger le monopole de l’amour, tout juste celui d’être actionnaire …Si j’avais eu une fille, j’aurais commencé par lui enseigner la générosité. » page 167

« Mais peut-être aussi que j’étais fatiguée d’avoir si peu de liens avec si peu d’êtres vivants. Peut-être que j’envisageais la possibilité d’avoir une mère italienne, une enfant noire, une amie monoparentale et, pourquoi pas ?une autre qui parlait le russe, connaisssait mon ex et savait peut-être pourquoi il avait tiré sa révérence aussi brutalemnt » page 182
« Aisha m’invitait à m’abriter sous les parapluies grands ouverts que me tendaient les autres. Je l’ai serrée si fort pour lui dire merci, qu’elle a peut-être cru que je l’abandonnais. Je l’ai vite rassurée. Elle me léguait trop de son courage pour que je puisse l’oublier un seul jour. » page 184

« La pluie a commencé à tomber le jour où Matteo a disparu. Jusqu’à son départ précipité, Béatrice ne pensait pas qu’elle aurait besoin d’un gilet de sauvetage. Pour garder la tête hors de l’eau, elle s’accroche à Aisha, une jeune Somalienne qui entre à l’improviste dans sa cuisine à l’heure des actualités. La main dans celle de l’adolescente, elle attend le retour de l’homme avec lequel elle vit depuis quinze ans.
Pendant ce temps, Francesca ronchonne au rez-de-chaussée, Daphnée rêve de rencontrer le docteur Jivago et Thalie trame un plan fabuleux qui lui permettra de retrouver son père.
Entre l’Italie et le Québec, à l’ombre d’un HLM et sous l’œil bienveillant de Barack Obama, les nuages s’amoncellent. Il pleuvra pendant trente-quatre jours. Le temps de découvrir que les parapluies sont des refuges nécessaires, mais fragiles. Surtout lorsqu’un vent se lève.
Avec l’humour et la finesse qu’on lui connaît, l’auteure des Carnets de Douglas emboîte habilement les destins de femmes flottant entre la certitude qu’on traîne tous en soi un sac de plomb et l’espoir d’une éclaircie. » Résumé de l’éditeur
Avril 2011 | 978-2-923550-65-7 | 208 pages | 20,95 $
Christine Eddie
« Christine Eddie vit à Québec où il tombe, en moyenne, 923,8 mm de pluie chaque année. Elle a publié un conte pour enfants, La croisade de Cristale Carton (Hurtubise HMH, 2002) et un premier roman, Les carnets de Douglas (Éditions Alto, 2007). Celui-ci, fort bien accueilli par la critique, a notamment remporté le Prix France-Québec 2008, le Prix Senghor du premier roman francophone 2009, le Prix du club des irrésistibles 2010 et a été finaliste au Prix des libraires du Québec 2008. Il a aussi été publié en France (Éditions Héloïse d’Ormesson et Le livre de poche).
Quelques échos
« Christine Eddie se révèle d’une stupéfiante espièglerie. Partant de ce qui aurait pu être une autre banale histoire de disparition, elle monte ici une étourdissante comédie des erreurs, avec juste ce qu’il faut de chassés-croisés, de quiproquos et d’erreurs sur la personne pour mystifier ses personnages – et réjouir le lecteur. (…) Christine Eddie se plie aux caprices de sa verve avec une souplesse inouïe : chacune de ses phrases est soit une surprise, soit un trait d’esprit. »
L’actualité
« Christine Eddie enchante, éblouit, avec Parapluies. »
Le Devoir
« …la touche de Christine Eddie est délicate, drôle et légère, mais jamais insignifiante. »
La Presse
« Le plaisir [est] au rendez-vous, tant à cause du style fluide de l’auteure que de l’histoire. »
Karine Vilder, Entre les lignes
« Une histoire peu banale qui se transforme en un conte tendre et moderne. »
Chloé Dufour, Le petit libraire
« Parapluies, son deuxième roman, nous charme dès la première ligne. […] Si vous ne connaissez pas la plume de Christine Eddie, offrez-vous le cadeau de lire cette auteure de grand talent, à la sensibilité « à fleur de mots ». »
Hélène Lefranc, Mag2000
« À lire absolument pour découvrir l’immense talent de Chritine Eddie. »
pauselecture.net
« Un roman plein d’humour qui témoigne de l’incroyable solitude des femmes. [...] Christine Eddie a l’art d’effleurer les plus grands drames en ayant l’air de ne pas y toucher. Tout est dit simplement dans un style éblouissant. Son humour permet de triompher des pires drames et son écriture est un piège dont le lecteur n’échappe pas. Absolument fascinant. »
Yvon Paré, Progrès-Dimanche

*****VARGAS Fred---L'ARMÉE FURIEUSE

04/09/2011 14:11 par livresentete

  • *****VARGAS Fred---L'ARMÉE FURIEUSE

    *****VARGAS Fred---L'ARMÉE FURIEUSE

    04/09/2011 14:11 par livresentete

VARGAS Fred

L’ARMÉE FURIEUSE, Viviane Hamy, mai 2011, 426 pages


Excellent roman du genre policier de Fred Vargas.Un mélange brillant de personnages plus colorés les uns que les autres, des situations inattendues voire incongruantes, désarçonnantes qui réclament toute notre attention au paragraphe près. Chaque page recèle son mystère et une partie de réponse à l’intrigue principale à savoir quel est l’auteur de ses meurtres en série qui s’imbrique avec la fameuse légende ou mythe de « L’armée furieuse ».
Aux personnages d’Adamsberg et Danglard toujours aussi colossals et colorés s’ajoutent Zerk le soudain fils d’Adamsberg, le voisin Lucio tout aussi allumé et discret, la lieutenant Retancourt pleine d’énergie et de ressources indispensables pour mener cette enquête des plus sinueuses et maints autres personnages tout aussi attachants et remarquables. Une équipe des plus hétéroclite mais d’une efficacité redoutable. Un roman à ne pas manquer si vous aimez le genre polar, digne de votre flair de limier et de votre intelligence assidue.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
POUR EN SAVOIR DAVANTAGE :
Fred VARGAS – L’Armée furieuse
« Valentine Vendermot, une petite dame en blouse à fleurs, arrive d'Ordebec, près de Lisieux, pour demander de l'aide à la Brigade criminelle de Paris. Elle explique au commissaire Adamsberg que sa fille, Lina, a vu passer la nuit, dans la forêt d'Alance, l'Armée furieuse, une horde terrifiante de cavaliers morts-vivants. Selon la légende, qui remonte au XIe siècle, ils traversent l'Europe du Nord pour enlever des hommes restés impunis et les faire mourir dans les trois semaines. Lina a vu les revenants s'emparer de quatre hommes. Elle en a reconnu trois. Délaissant son enquête sur l'incendie criminel d'une voiture avec un magnat de la finance au volant, Adamsberg part pour la Normandie...
Après l'immense succès de son précédent ouvrage, Un lieu incertain (2008), vendu à près de 570 000 exemplaires, Fred Vargas fait paraitre ce nouveau roman policier le 18 mai. Née en 1957, passionnée d'histoire et d'archéologie, Frédérique Audoin-Rouzeau a reçu pour son premier polar, Les jeux de l'amour et de la mort (1986), signé Fred Vargas, le prix du Roman policier du Festival de Cognac. Depuis, sa notoriété n'a cessé de grandir, avec Debout les morts (1995) ou Sous les vents de Neptune (2004). A ses yeux, le roman policier renoue avec les peurs ancestrales et permet de les exorciser, explique son éditrice Viviane Hamy. Elle est maintenant l'un des auteurs français les plus lus dans le monde.
Les premières critiques prédisent un bel avenir à ce nouveau polar.
Encore une fois, tout y est, la pertinence des personnages, l'intelligence du scénario, la finesse de l'intrigue, le tout teinté d'un humour quasi british. Pièce maîtresse du puzzle : le commissaire Adamsberg, bien sûr, avec sa tenue négligée et ses fautes d'orthographe, faux lent et vrai stratège, flanqué de ses compères de la brigade criminelle de Paris, Danglard, le puits de sciences soiffard, et Veyrenc, le Béarnais versificateur en chef. La fine équipe va se débattre avec deux affaires : d'un côté, une sombre histoire de meurtres dans le Calvados, nourrie par une légende médiévale ; de l'autre côté, l'incendie criminel d'une Mercedes avec, au volant, le PDG d'un grand groupe industriel...
L'Express - Marianne Payot et Delphine Peras
On entre dans ce roman comme le Petit Poucet dans la forêt. En suivant des miettes de pain qui courent de la cuisine à la chambre, où repose une ex--accro du ménage que son mari a fini par étouffer après cinquante ans de mariage. Outre que ce meurtre à la mie de pain se ¬révèle typiquement vargassien - une histoire cruelle piquée de fantaisie -, il introduit parfaitement à l'univers du conte dont l'auteur se réclame avec constance. La magie opère ainsi immédiatement, que l'on ait lu ou pas ses dix précédents romans, que l'on soit ou non amateur du genre policier. (...) Pour le lecteur, c'est un plaisir sans fin.
Télérama - Michel Abescat
L'Armée furieuse parle de rédemption. De coupables qui sont innocents, d'innocents qui sont coupables. On se demande si un semblant de justice va être rétabli à la fin. Fred Vargas y montre combien elle croit au pouvoir des mots. Dans les vies, les relations, les livres. Ici, le silence est d'argent mais la parole est d'or. On retrouve, comme toujours avec elle, le goût du collectif. Le commissaire est entouré d'hommes et de femmes dissemblables. Compliqués, originaux, déséquilibrés. Ils réussissent parce qu'ils mettent leurs talents en commun. (...) Fred Vargas continue à voyager, à travers les ambiguïtés et les complexités des hommes, dans des contes policiers aux chemins balisés. Elle malaxe la matière humaine.
JDD - Marie-Laure Delorme »source : enfinlivre.blog.le monde.fr
Le meilleur

Fans de Fred Vargas, rejoyce ! Après trois ans d'attente longue comme un jour sans pain (attente cependant amoindrie par la diffusion de TVfilms de Josée Dayan adaptés de romans de l'auteur, tous excellents), elle revient ! 427 pages, "L'Armée Furieuse", vient tout juste de sortir, et on retrouve avec un plaisir intense et non dissimulé le commissaire Adamsberg, son adjoint en chef Danglard, ses adjoints Retancourt et Veyrenc, ainsi que Lucio son voisin, Zerk son fils, la Boule le chat de la photocopieuse, et bon nombre de nouveaux personnages venant enrichir un peu plus l'univers si particulier de l'auteur(e). On peut en revanche se poser la question de savoir où est passée Camille...

Si "Un Lieu Incertain" était très réussi, "L'Armée Furieuse" est clairement d'un niveau plus élevé. Se passant en majeure partie en Normandie (comme ce fut le cas pour "Dans Les Bois Eternels"), ce nouveau polar décalé (humour frappé, situations invraisemblables, double-intrigue bizarre, personnages loufoques), ce roman met en scène une légende locale d'un petit village du Calvados, légende faisant penser à celle de Sleepy Hollow : une armée de morts, menée par un seigneur de guerre du nom de Hellequin (la Mesnie Hellequin, ou Armée Furieuse, ou Grande Chasse) apparaît, parfois, de nuit, sur un chemin que plus personne n'ose emprunter. Cette Armée saisit (c'est le terme utilisé dans le roman) celles et ceux qui font le mal, qui sont méchants, vicieux, qui ont un mauvais fond.

Une jeune femme, Lina, voit cette Armée en train de prendre quatre hommes du village (une vision prémonitoire, ces quatre hommes, et pas la réalité), ce qui signifie que ces quatre hommes vont bientôt calancher. De ce fait, un de ces quatre, Herbier, un chasseur, est retrouvé mort. Une poignée de jours auparavant, la mère de Lina a fait le voyage jusqu'à Paris pour voir Adamsberg et lui dire qu'elle sent qu'un drame va se produire par chez elle, mais elle n'ose pas parler de l'Armée, par superstition. Marqué par cette histoire, Adamsberg se rend à Ordebec (le village), et ve se retrouver confronté à cette histoire de la Mesnie Hellequin, auxquels pas mal de monde croit...
Parallèlement, notre fameux commissaire lunaire doit aussi résoudre une affaire sordide, un industriel retrouvé mort, carbonisé dans sa voiture. Tout porte à croire qu'un jeune pyromane est l'auteur du crime, mais Adamsberg n'y croit pas trop...

Drôle, mouvementé, décalé, ce roman est du niveau de "Sous Les Vents De Neptune", est est même légèrement supérieur à ce roman qui, auparavant, était le sommet de Fred Vargas. Bref, ce nouveau cru en est un remarquable, tout simplement, et si vous aimez l'univers de Vargas, qu'attendez-vous donc, vous devriez déjà être partis pour la librairie la plus proche afin de vous le procurer ! »source :www.critiqueslibres.com

****VERDON John---658

30/08/2011 03:17 par livresentete

  • ****VERDON John---658

    ****VERDON John---658

    30/08/2011 03:17 par livresentete

VERDON John

658, roman, thriller, Bernard Grasset, avril 2011, 440 pages
Très bon roman du genre polar-thriller. Si vous aimez le roman policier intelligent, raffiné, doublé du genre thriller, grands frissons avec dégoût total du sang et de la violence, vous allez être servis.
« Il considérait généralement un homicide comme un mystère à résoudre, un meutrier comme un rival dont il s’agissait de déjouer les plans. Il analysait les faits, définissait les paramètres, tendait un piège pour livrer finalement sa proie aux rouages de la machine judicaire.Après quoi il passait au meurtre suivant dont l’élucidation requératit un esprit avisé. Page 434
« …quand son cerveau absorbé se détournait de son cheminement linéaire pour suivre une voie plus primitive, lui faisant entrevoir l’horreur profonde du domaine auquel il avait consacré sa vie. » Page 435
Gilles Lagrois, Auclair, Québec

Pour en savoir davantage :

La presse américaine l'a présenté comme un des événements de l'année 2010. Le thriller numérologico-mentaliste de John Verdon est arrivé ….
« On a rarement vu un premier roman recevoir un traitement médiatique aussi flatteur. «658» de John Verdon, publié chez Grasset, a été qualifié de «thriller parfait» par Nelson DeMille, de «roman époustouflant» par Faye Kellerman. Le «New York Times» a jugé que «Sherlock Holmes s’avouerait impuissant» devant son «intrigue diabolique»; le «Washington Post» assure qu’il nous «rendra fou», avec son univers «qui doit autant au monde sombre et violent de Chandler qu’au raffinement ludique et cérébral des enquêtes de Hercule Poirot.»
L’idée de départ: un enquêteur de la police de New York reçoit une lettre lui demandant de penser à un nombre entre un et mille. L’enquêteur pense au nombre 658. Une seconde enveloppe se trouve dans l’étrange courrier. Il y lit: «Cela vous surprend que j’aie su que vous choisiriez 658?» A partir de là, John Verdon déroule son intrigue avec minutie. Mais n’en disons pas plus. »
Source :www.bibliobs.nouvelobs.com/polar


Résumé de l’éditeur :
« Ancien alcoolique reconverti en gourou pour milliardaires dépressifs dans une clinique très privée, Mark Mellery reçoit un jour une lettre anonyme, lui demandant de se prêter à un petit jeu d'esprit à première vue inoffensif... Mais l'énigme ne tarde pas à prendre une tournure sanglante et terrifiante.
Appelé à résoudre une enquête en apparence insoluble, semée d'embûches et d'indices trop flagrants pour être honnêtes, le légendaire inspecteur David Gurney, jeune retraité du NYPD bientôt rattrapé par les démons de l'investigation, se lance aux trousses d'un meurtrier aussi inventif que machiavélique — pour qui le décompte macabre ne fait que commencer... »
Source :www.fnac.com


»Un titre court. Pas un mot, juste un chiffre. Et un auteur inconnu au bataillon. Voilà un roman pour le moins intriguant pour un lecteur.

Habituellement j’attends d’un roman qu’il ait une intrigue bien ficelée, dont le scénario ne présente aucune faille dans laquelle je pourrai m’engouffrer aisément pour désarticuler celui-ci , une écriture réfléchie et efficace, qui tienne le lecteur en haleine de la première à la dernière page.

Dans « 658 » j’ai trouvé toutes ces qualités qui m’ont fait aimer ce livre au point de le dévorer en quelques heures de lecture. Je ne ferai pas de ce roman d’une facture pourtant assez classique « LE » livre de l’année, mais sans aucun doute un de ceux qu’il convient d’emmener avec soi en vacances histoire de passer un bon moment de détente.

David Guerney est un jeune retraité de la police New Yorkaise qui compte à son tableau de chasse quelques uns des plus redoutables tueurs en série qu’ aient sévis au cours des dernières années à New York et dans ses environs. Arpenter les rues grouillantes de vie, pister les coupables, s’imprégner de l’atmosphère d’une enquête lui manque déjà terriblement et l’adaptation à sa nouvelle vie ne se fait pas aussi simplement qu’il l’avait espéré. Quant à sa femme, satisfaite de l’avoir vu lâcher ce boulot qui lui a dévoré la vie, elle sent le malaise et le met à l'épreuve.

Mellery lui, est un ancien alcoolique qui a trouvé sa voie en créant un centre pour milliardaires dépressifs. A la tête de sa clinique il délivre une bonne parole qui fait de lui gourou plein aux as. Tout va pour le mieux jusqu’au jour où il reçoit une lettre anonyme qui lui déclare : « Je connais vos secrets, je sais ce que vous avez fait. Je peux lire dans vos pensées. Vous ne me croyez pas ? Je vais vous le prouver ». Et la démonstration qui s’en suit va glacer Mellery de terreur au point que celui-ci décide de se tourner vers le seul flic qu’il connaisse, David Guerney.

L’ex policier reste d’abord assez dubitatif devant l’inquiétude de son ancien camarade pour lequel il n’avait pas d’amitié particulière étant plus jeune. Pourtant quand d’autres messages lui parviennent, avec le même genre d’énigme, l’ex policier commence à sentir poindre une menace sourde et insidieuse qui va le pousser à conseiller à Mellery d’alerter la Police.

Malheureusement celui-ci ne voudra rien entendre alors que le ton des lettres devient de plus en plus agressif ( « Ce que vous avez pris vous le rendrez, quand vous sera rendu ce que vous avez donné ») . La découverte de son corps lacéré à coups de tesson de bouteille ne viendra que confirmer la conviction du policier qu’un tueur diabolique vient d’apparaître dans le paysage.

Apportant son témoignage à l’inspecteur chargé de l’enquête, il finira par être associé à celle-ci comme auxiliaire extérieur. Le limier reprend alors le goût de la chasse et sent l’excitation du défi lui parcourir les veines. Car il se pourrait bien que le tueur vienne à frapper à nouveau.

« 658 » est un roman abouti, très bien équilibré, où l’énigme se dévoile progressivement, à mesure que l’auteur distille les indices au file des pages. Le suspens y est savamment entretenu dans des chapitres courts, au style incisif. Pour un premier roman, la maitrise est impressionnante et on imagine aisément que le temps que l'auteur a du consacrer à son livre.

Malgré tout, si la mécanique de l’intrigue est particulièrement efficace, l’intérêt que j’ai porté à ce roman réside ailleurs, sur les personnages, et en particulier sur la relation entre ce flic désabusé d’avoir abandonné la seule chose qu’il savait faire, et cette épouse qui s’exprime davantage par ses silences que par des mots.

Une relation de non dits, de sous entendus, de petites phrases qui enfoncent chaque jour un peu plus la pointe acide de la culpabilité dans la plaie d’un drame qu’on devine les avoir touché. Un couple qui reste uni par les souvenirs contenus dans une vieille boîte à chaussure. Un couple dont l’un reste sur la rive du souvenir et l’autre sur celle d’une page qu’il reste à écrire.

Remarquable portrait d’une relation entre deux individus qui se sont aimés mais qui n’arrivent pas à vivre autrement qu’avec l’autre, entre un homme qui aspire à retrouver les émotions de son boulot perdu, et une femme qui veut le retenir mais qui sait la chose inéluctable et lui apporte l’aide décisive dont il a besoin.

Un roman plein, écrit par un jeune écrivain de 69 ans ! Un des romans à emmener dans son sac de voyage pour les vacances ! «source :www:passion-polar.overblog.com

****AKI SHIMAZAKI----ZAKURO

23/08/2011 17:11 par livresentete

  • ****AKI SHIMAZAKI----ZAKURO

    ****AKI SHIMAZAKI----ZAKURO

    23/08/2011 17:11 par livresentete

AKI SHIMAZAKI

ZAKURO, Leméac/Actes Sud, 2008, 149 pages

Résumé du livre
« La dernière fois que Tsuyoshi Toda a vu son père, c'était en 1942, quand ce dernier partait travailler en Mandchourie, d'où il a été déporté en Sibérie après la fin de la guerre. Vingt-cinq ans plus tard, alors que sa mère sombre peu à peu dans les errances de l'alzheimer tout en conservant l'espoir de revoir un jour son mari, Tsuyoshi apprend que son père, porté disparu, est vivant au Japon. Lorsque le père accepte de rencontrer son fils, seul, il lui remet une lettre dans laquelle il explique les raisons de sa disparition : ce qui s'est passé sur le bateau qui le ramenait au Japon a brisé net le cours de sa vie. «
« D’une logique dramatique, ce roman explore le destin d’êtres que l’Histoire a broyé dans les replis de ses silences honteux » Éditeur
Source : www.evene.fr

“ LE RETOUR DU PÈRE PERDU ”
« Zakuro signifie grenade en japonais. C’était le fruit préféré du père de Tsyoshi Toda le narrateur. Celui-ci n’a pas vu son père depuis qu’il a été déclaré disparu puis mort en Sibérie après avoir été déporté en 1945. Quelques décennies plus tard, sa mère, atteinte de la maladie d’Alzheimer, attend toujours son retour.
Tsyoshi, grâce à un ami découvre que son père n’est pas mort et vit au Japon à quelques kilomètres. Malgré sa colère il va à sa rencontre mais le père n’ose pas s’expliquer. Il lui écrira une longue lettre qui raconte son retour de Sibérie.
A travers ce récit intime, Aki Shimazaki révèle une part méconnue de l’histoire du Japon et poursuit sa trilogie après Mitsuba. Encore un petit bijou ! source : www.librairiefontaine.com

Virginie – Fontaine Haussmann

« Reconnaissable entre tous, le style minimaliste d'Aki Shimazaki. De petites phrases courtes, épurées. Une puissance d'évocation qui agit sans se faire remarquer. Une froideur apparente, une cruauté trompeuse.

Puis, la tendresse émane de petits gestes, tout à coup. L'émotion surgit sans s'annoncer, sur le bout des pieds. Derrière cette écriture remarquablement sobre, compacte, contrôlée, on le sent, un volcan couve.

Toujours, le Japon. Ses traditions, sa hiérarchie, ses tabous. Avec, en arrière-plan, le contexte politique, la guerre. Toujours, la mort, le deuil. Et l'adultère, les secrets, les tromperies... Toujours tragiques, les histoires d'Aki Shimazaki.

Autre particularité: les recoupements d'un roman à l'autre, entre les différents personnages. C'était le cas pour sa première série de romans, cinq en tout, où de livre en livre on revisitait la même histoire par des biais différents. Tout en découvrant à chaque fois des aspects nouveaux.

En 2006, la romancière amorçait un nouveau cycle romanesque. Zakuro en est le deuxième opus. On découvrira au passage que le narrateur est lié par la bande avec le héros du roman précédent. Sans plus. Pas de quoi s'empêcher de plonger de ce pas dans Zakuro si on n'a pas lu le premier de la série.

«Nous sommes dimanche. Il fait beau. Dans le jardin, les chrysanthèmes sont en pleine floraison.» C'est le début du roman. Voyez, c'est tout simple.

Celui qui parle s'appelle Tsuyoshi Toda. Il travaille dans une grande entreprise japonaise qui a des ramifications à l'étranger et où le pouvoir hiérarchique est féroce. Nous sommes dans le Japon des années 1970.

Mais l'histoire évoquée, qui poursuit le narrateur aujourd'hui, remonte à la Deuxième Guerre mondiale. Son père, déporté en Sibérie en 1945, a disparu depuis.

Le fils a fini par se faire une raison: plus de traces, aucun signe, celui qu'il admirait tant dans sa jeunesse et dont il a tant appris est bel et bien mort. Mais la mère, elle, continue d'espérer le retour de son mari.

La vieille a beau être atteinte de démence depuis quelques années, divaguer à coeur de journée le regard hagard, mêler le présent et le passé, si c'était elle qui avait raison?

Petit à petit, les pistes vont se multiplier. Nous irons de mystère en mystère. De drame en drame. Passant de la petite à la grande histoire. Jusqu'au dénouement final. Implacable.

Nous restera en mémoire cette scène où une vieille dame, impeccablement coiffée et toute de blanc vêtue, un zakuro (fruit du grenadier) dans les mains, attend son homme. Sublime. Pas un mot de trop. Tout est là.

À qui n'a jamais lu Aki Shimazaki, je dirais ceci: commencez par Zakuro. Ou même par le précédent, Mitsuba. Ou par n'importe lequel de ses romans. Mais lisez-la, ne passez pas à côté. Ça ne ressemble à rien, vous verrez. À rien d'autre qu'à du Aki Shimazaki.

Bien sûr, on pourrait ergoter à propos de ses influences littéraires, trouver des parentés avec d'autres écrivains japonais. Mais elle, elle écrit directement en français.

«Le français m'a apporté la clarté et la précision, ce qui est à l'opposé de la mentalité japonaise», déclarait récemment l'écrivaine, dans les pages du Figaro littéraire. »
Source :www.ledevoir.com

Gilles Lagrois, Auclair, Québec

***TOÌBIN Colm---BROOKLYN

22/08/2011 23:14 par livresentete

  • ***TOÌBIN Colm---BROOKLYN

    ***TOÌBIN Colm---BROOKLYN

    22/08/2011 23:14 par livresentete

TOÌBIN Colm

BROOKLYN, Robert Laffont, Pavillons, 2011, 313 pages.

Beau roman du genre romantique et introspectif d’une jeune femme qui décide de quitter son Irlande natale pour gagner sa vie à New York mais surtout pour alléger le fardeau de sa mère veuve et sans ressources.Avec un style apaisant, posé comme si l’auteur nous faisait part de confidences nous partageons la vie intime d’Eilis. Un roman sans violence sinon une douce violence intérieure nécessaire pour survivre dans un monde inconnu. Eilis doit continuellement s’adapter, faire des choix, s’assumer et surtout ne pas trahir ceux qu’elle aime qui continuellement l’obligent à devoir choisir pour ne pas les décevoir. Histoire touchante.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec

« Constitutive de l'histoire collective irlandaise au XXe siècle, l'expérience de l'exil et la mélancolie qui s'y attache sont au coeur de ce beau roman, Brooklyn, signé Colm Tóibín. L'écrivain, natif d'Enniscorthy (en 1955), et qui vit aujourd'hui entre Dublin, Madrid et les Etats-Unis, ne s'est pourtant pas fait une stricte spécialité d'explorer l'histoire de son pays. Si l'Irlande est présente dans certains de ses romans, il lui est arrivé de s'en détacher complètement, notamment dans Le Maître (2004), livre admirable, tout ensemble portrait intime de Henry James et réflexion sur le processus créateur.


Bien loin de ce génie effarant est le personnage d'Eilis Lacey, central dans Brooklyn. Eilis est une jeune fille d'Enniscorthy, tout juste sortie de l'adolescence et qui, en ces années 1950, végète dans sa ville natale, auprès de sa mère et de sa soeur aînée. Lorsque l'occasion s'offre, pour Eilis, de partir travailler aux Etats-Unis, de la même façon que ses frères aînés, avant elle, ont quitté l'Irlande pour l'Angleterre, la question de savoir si elle le désire ou non ne lui est pas posée.
En fait, la sage Eilis serait bien demeurée ici, au calme, auprès des siens, en sécurité dans ses paysages d'enfance. Mais la voilà qui, sans élan ni plainte, embarque à Dublin, destination Liverpool puis New York. Elle se construira une vie à Brooklyn, sans jamais s'y sentir tout à fait chez elle, et, amenée un jour à faire le chemin à l'envers, devra constater qu'en Irlande elle n'a plus tout à fait sa place...


Suivant ainsi l'itinéraire de cette si discrète héroïne, Brooklyn ne serait qu'un bel et classique exercice romanesque, si on n'y retrouvait ce qui fait tout le prix des livres de Colm Tóibín : la minutie du regard, une hypersensibilité, une façon d'approcher au plus près l'intimité des êtres qu'il met en scène, d'ausculter leurs pensées, leurs émotions, trahies par des gestes imperceptibles, des silences audibles de lui seul »source : www.telerama.fr


Résumé du livre
« Enniscorthy, sud-est de l'Irlande, années 1950. Comme de nombreux jeunes de sa génération, Eilis Lacey, diplôme de comptabilité en poche, ne parvient pas à trouver du travail. Par l'entremise d'un prêtre, sa sœur Rose obtient pour elle un emploi aux États-Unis. En poussant sa jeune sœur à partir, Rose se sacrifie : elle sera seule désormais pour s'occuper de leur mère veuve et aura peu de chance de se marier. Terrorisée à l'idée de quitter le cocon familial, mais contrainte de se plier à la décision de Rose, Eilis quitte l'Irlande. À Brooklyn, elle loue une chambre dans une pension de famille irlandaise et commence son existence américaine sous la surveillance insistante de la logeuse et des autres locataires.


Au début, le mal du pays la submerge, la laissant triste et solitaire. Puis, peu à peu, elle s'attache à la nouveauté de son existence. À son travail de vendeuse dans un grand magasin où les premières clientes noires font une apparition timide qui scandalise les âmes bien-pensantes - sauf Eilis, qui, dans sa petite ville d'origine, n'a jamais connu le racisme. Au bal du vendredi à la paroisse du quartier. Aux cours du soir grâce auxquels elle se perfectionne en comptabilité. Dans ce rythme entre monotonie rassurante et nouveautés excitantes, Eilis trouve une sorte de liberté assez proche du bonheur. Et quand Tony, un Italien tendre, sérieux et très amoureux, entre dans sa vie, elle est convaincue que son avenir est tout tracé : elle deviendra américaine.


Mais un drame familial l'oblige à retraverser l'Atlantique pour un séjour de quelques semaines en Irlande. Au pays, Eilis est devenue une femme à la mode, désirable, parée du charme des exilées. Brooklyn, Tony, la vie américaine se voilent de l'irréalité des rêves. Un nouvel avenir l'attend dans la bourgade de son enfance : un homme prêt à l'épouser, un travail. Deux pays, deux emplois, deux amours. Les possibilités inconciliables déferlent sur Eilis, lui infligeant cette petite mort que suppose l'impératif des choix. Source :www.evene.fr