CAIN James M.---LE FACTEUR SONNE TOUJOURS DEUX FOIS
14/06/2012 23:09 par livresentete
BEAULNE Paul
BANC D’ESSAI, Éd. Vents d’Ouest inc., 2003, 163 pages
Bon roman dont l’action se déroule dans la ville de Québec. Le principal sujet est la vie quotidienne de marginaux tels un schizophrène, de vagabonds de la rue hommes et femmes pour la plupart des jeunes qui profitent du beau temps et de la rue pour y vivre librement. Le style poétique du roman est admirable, agréable et bienséant. L’histoire de ces êtres à la recherche d’un but dans la vie est touchante et rendue authentique sous la plume talentueuse de l’auteur.On y retrouve plusieurs citations de textes d’auteurs-compositeurs Québécois engagés socialement et politiquement.On apprend à découvrir la ville de Québec dans ses recoins par tous les déplacements de cette bande vagabonde.Un roman d’une portée sociale et culturelle évidente.
« Quand la littérature s’urbanise : drogues, prostitution, violence »www.erudit.org/culture
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
Pour en savoir davantage :
« Cris. Ça crie à l'intérieur de Simon. Ça crie vengeance. Ça crie à l'impuissance. La marche est presque une course. Devant le cimetière Saint-Matthieu, il ralentit le pas. Le cimetière qui est un parc. Le parc-cimetière. Un banc devant le mur de pierres du parc-cimetière. Le banc. Près de l'église. L'église qui est une bibliothèque. L'église-bibliothèque. Le banc. C'est son coin à lui. Un espace de planète où il se sent à l'abri. Chez lui. Les passants sont des visiteurs qui traversent sa zone. Il sait recevoir. Dans ce monde, on accueille les visiteurs poliment. On tend la main. Bien souvent en chantant. Les gens donnent ce qu'ils veulent. Bien souvent rien. Mais on garde le sourire. Bien souvent, mais pas toujours. Quelquefois la hargne. Quelquefois l'ennui. p. 12
Résumé
« Simon sort à peine du centre d’accueil. Pour quelques dollars, il a mis sa guitare en gages. Il chante, rue Saint-Jean, à Québec. Pour gagner sa vie. Pour la vivre aussi. Il fréquente Bernard, un schizophrène d’une quarantaine d’années, qui s’est isolé et muré dans le silence depuis bien longtemps.
Ils se rencontrent souvent sur un banc. Leur banc. Et Simon chante, par cœur. L’histoire se déroule entre les lignes des chansons. Comme dans nos vies, un air ou un refrain se posent d’eux-mêmes sur chaque événement. Il en faut, de cette musique, pour atténuer le mal de vivre de ces êtres que les autres ne regardent plus.
Banc d’essai est un roman qui nous fait entrer dans le monde des marginaux, des exclus, des rejetés. L’auteur a le don d’entrer dans la douleur et la souffrance de ses personnages, sans tirer sur les ficelles, toujours avec justesse et compréhension, avec une grande maîtrise des mots et des images, dans l’invention d’une phrase qui ne cesse chaque fois de nous surprendre. » www.renaud-bray.com
CAIN James. M
LE FACTEUR SONNE TOUJOURS DEUX FOIS, 1936, 1962, Gallimard, Folio policier, 151 pages
Roman policier de l’époque des années 1930. Histoire soutenue et un certain intérêt pour les trois principaux personnages. James M. Cain fut pendant presque toute sa vie scénariste à Hollywood, est un des romanciers américains les plus populaires. Ce roman fut adapté plusieurs fois au cinéma.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
Pour en savoir davantage :
« Chômeur à vingt-quatre ans, Frank Chambers arpente les routes, une petite valise à la main, à la recherche d'un emploi. Il s'arrête à une station-service restaurant. Le patron, Nick Papadakis, qui exploite l'établissement avec son épouse Cora, lui propose un travail. Après avoir aperçu la jeune femme, Frank accepte de rester et devient rapidement son amant.
Ensemble, ils décident de tuer Nick. À sa parution en 1934, ce roman reçut de nombreuses critiques élogieuses. Novateur par son écriture concise et rythmée, le livre l'est tout autant par le choix de son sujet. Cette passion banale entre deux êtres très ordinaires débouche sur un crime dont les mobiles centraux sont l'argent et le sexe.
D'un regard distancié, sans porter le moindre jugement moral sur ses personnages, James Cain met en évidence leurs motivations et montre comment l'obsession de la réussite aboutit au naufrage d'individus fascinés par le rêve américain. Ce récit a donné lieu à différentes adaptations cinématographiques, notamment en 1946 avec Lana Turner, puis, en 1981, avec Jack Nicholson et Jessica Lange. --Claude Mesplède » www.babelio.com
« Ce roman écrit en 1948, est très court, mais il est intense.
Il ne faut pas le juger en comparant notre époque et celle de son écriture.
Ce qui nous paraît anodin a beaucoup d'importance dans ces esprits de gens simples qui ont encore des valeurs, dont les mots comme : respect, haine, peur, amour, revanche, complot ne sont pas celles d'aujourd'hui.
Je me suis mis dans la peau du narrateur, ce vagabond de 24 ans, oh pas longtemps, juste le temps de la lecture, soit quelques heures, et j'ai eu des moments de joie et de peine. Des moments où la vie devient ou va devenir belle, et d'autres où c'est fichu, faut repartir à zéro.
Et comme des montagnes russes, tout au long du roman, et la fin, qui ne me convient pas, mais, c'est la vraie fin.
Ce roman m'a plu, mais je suis étonné que le titre mentionne "le facteur". Je sais que c'est une image, mais ce mot n'est pas du tout ni mentionné, ni évoqué dans le roman, on aurait aussi bien pu l'appeler, "la chance, c'est une fois seulement " ou encore " on ne fait bien les choses qu'une seule fois" ......... »
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« Fin des années 1930, début des années 1940. Le vagabond Frank Chambers se fait engager en tant que mécano-pompiste à une station essence le long de la côte en Californie (il y est déposé, après avoir fait du stop, par le voisin, qui est procureur). Son nouveau patron, Nick, un homme affable dans la cinquantaine, y est également propriétaire d'un restaurant-bar qui accueille les voyageurs de passage. Il est marié à la très belle et très jeune Cora, qui semble ne pas travailler beaucoup et qui est cependant très ambitieuse.
Cora n'est tout d'abord pas enchantée que Frank reste travailler et vivre avec eux. Frank l'embrasse de force ce premier jour. Le temps passe et Cora et Frank deviennent amants. En l’absence de Nick, il lui demande une fois de s'en aller avec lui, ce qu’ils entreprennent. Sur la route, à pied, les choses s'avèrent plus désagréables que prévues et Cora décide de rentrer chez elle ; Frank la suit.
Un plan pour faire disparaître Nick est mis au point. Celui-ci sera assommé dans son bain, ce qui devra passer pour un accident. Le soir prévu, un court-circuit empêche le plan de se dérouler comme prévu et Nick, seulement assommé et ne se doutant de rien, passe sa convalescence à l'hôpital.
Frank quitte ensuite Cora et Nick, mais celui-ci, quelques semaines plus tard, tombe sur Frank par hasard et le ramène à la maison.
Nick annonce qu'il va vendre son commerce pour aller vivre, avec Cora, auprès de sa sœur malade. Cette décision n'enchante pas du tout Cora.
Un nouveau plan pour se débarrasser de Nick est élaboré. Alors qu'ils se rendent tous trois en voiture à une rencontre avec l'acheteur de la station, Nick, qui est saoul, est assommé. L’automobile est poussée dans un ravin mais Frank doit l'aider à dévaler la pente : il chute même avec celle-ci. Le procureur, qui avait des soupçons depuis l’affaire de la baignoire, les a suivis et arrive sur la scène de ce qu’il interprète comme un crime.
Nick est mort et Frank s'en sort avec des blessures. Lui et Cora sont jugés pour meurtre. Après que Frank, manipulé par le procureur, a dénoncé Cora, l'avocat de celle-ci organise une machination subtile où Cora signe des aveux et un arrangement est obtenu avec les compagnies d’assurances, celle sur la vie que Nick avait signée (que ni Cora ni Frank connaissaient, un beau mobile pour le procureur) et celle qui devrait indemniser Frank en raison du tort physique subi dans la chute de la voiture. L’accusation du procureur est finalement modifiée et Cora et Frank sont libérés.
Ils retournent au restaurant mais le cœur n'y est plus puisque Frank a trahi Cora. Les affaires du restaurant se développent grâce à la renommée de leur propriétaire, la sulfureuse Cora. Enfin, pour faire taire les rumeurs, Cora et Frank se marient.
Cora part en déplacement car sa mère est très malade et meurt. Pendant ce temps, Frank, incontournable, séduit une autre femme. Au retour de Cora, cette dernière et Frank sont victimes d'un chantage sur la base des aveux de Cora mais le maître chanteur se fait vite déborder et Cora et Frank reprennent possession du dangereux document.
Plus tard, Cora apprend que pendant son absence, Frank a séduit une autre femme. Elle s'en fâche et décide de quitter Frank. Mais ce dernier la retient et avoue son amour à Cora. Cora lui apprend qu'elle est enceinte. Toutefois, elle doit être sûre de quelque chose: elle emmène Frank à la plage où ils avaient été si heureux autrefois puis ils nagent en s'enfonçant dans la mer jusqu'à ce que Cora soit épuisée. Elle lui demande, s'il pense qu'elle ne pourra pas le réconquérir, de la laisser se noyer ici. Frank choisit de la ramener au rivage.
Le couple est alors heureux. En rentrant de la plage, Frank trop occupé à embrasser Cora, ne regarde pas la route et ils ont un accident de voiture dans lequel Cora meurt.
Frank, qui, en tant que mari, hériterait de tous les biens de Cora, est accusé et condamné pour le meurtre de sa femme. Celle-ci a aussi laissé une lettre d'adieu avant son suicide manqué qui les accuse les deux du meurtre de Nick. » www.wikipedia.org
Ladjali Cécile
ARAL, Actes Sud, 2012, 251 pages
Très beau roman poétique. Tout y est poétique, le style, les mots, le sujet, les métiers, les lieux et le langage des personnages.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec.
Pour en savoir davantage :
« Alexeï et Zena ont grandi à Nadezhda, au bord de la mer d’Aral asséchée. Autarcique, leur amour s’est affranchi de tous les obstacles : le lent évanouissement de leur mer, la mort qui coule dans l’eau polluée du village, la surdité d’Alexeï survenue à ses dix ans. Jeune musicien prodige, Alexeï continue à jouer du violoncelle et ouvre son espace intérieur à des perceptions nouvelles. Mais le silence s’installe entre les amants à mesure que le pays devient de sable.
S’inspirant, dans ses compositions, de ses “trois fiancées” (la mer, la musique et Zena) dont les effacements successifs se conjuguent, il part à la recherche de la huitième note, celle qui contiendrait toutes les autres, et aboutirait à l’“éternelle présence”.
Récit de l’enfance sauvage, d’une vie en forme de mirage dans le silence hypnotique et les paysages austères du Kazakhstan, le roman de Cécile Ladjali oblige à scruter l’invisible, par un saisissant mélange de peur et de beauté. » www.actes-sud.fr
« Dans ses « Aphorismes sous la lune et autres pensées sauvages », Sylvain Tesson appelle les habitants des bords de l’Aral, les orphelins de leur mer. Le dernier roman de Cécile Ladjali remercie en exergue celles qui l’ont recueillie, orpheline de sa mère. Ainsi la métaphore principale d’ »Aral » déploie sa poésie sous la plume conteuse de cet auteur venue de loin elle aussi : la Perse.
En même lenteur que la mer d’Aral se retire, ce livre flamboyant raconte en vagues successives la PERTE. Perte de l’enfance, de la femme aimée ou du père adoptif, perte de l’audition, de la mémoire, de la confiance en soi, et d’un avenir possible. « Aral » tournoie comme un vent de sable salé d’un chapitre sur l’autre entre les moments de l’enfance et ceux de l’âge adulte du couple universel formé par Alexei et Zenia : A et Z, début et fin de l’alphabet. Cette spirale emporte le lecteur en deux temps (les décennies 70 et 80), trois mouvements (les vies croisées du couple et d’Urufar) sur les notes d’un violoncelle virtuose. Malgré sa perte auditive Alexei compose en quête d’une huitième note afin de combler les vides de sa vie et résonne en écho sur le rôle de l’écriture pour Cécile Ladjali : « Écrire des mots ou des notes c’est biffer le soleil. Rendre la vie aux étoiles éteintes ». La puissance des pensées qui empoisonnent le héros, lui permet également de se sauver par la magie de la 8ème note qui les engloberait toutes, comme la lettre « p » qui ne s’entend pas dans « sept ».
Les vertus de l’art, du rêve, de l’imaginaire peuvent seules faire rempart contre le sel et les bactéries du vent qui souffle et ronge paysages et habitants de la région. En effet ce roman est un magnifique paradoxe qui entremêle de mots en mots comme une pluie de sable, des éléments contraires. La mer d’Aral disparaît et pourtant elle existe, le bruit de la mer et du monde ne parlent plus à Alexei or il les entend. Pareille magie enjolive de multiples métaphores l’écriture salvatrice de Cécile Ladjali comme une miniature orientale. La mer d’Aral avec ses désastres écologiques en toile de fond miroite des richesses du vocabulaire et du style baroque dont l’auteur joue en virtuose. Ce récit-poésie en appelle à la mythologie, aux forces telluriques avec la sonorité précise d’un vocabulaire-partition.
La quête de limpossible, l’acceptation des voies sans-issue permettent de trouver le vrai sens des choses. Il faut perdre pour mieux se retrouver, les situations se répètent comme une deuxième chance de trouver enfin le sens de sa vie.
Et puisque l’eau est source de vie, on sait que depuis quelques années, la mer d’Aral enfin renaît… »www.chroniquedelarentreelitteraire.com
L’ŒIL DU LÉOPARD, 1990, 05.04.2012
Roman intéressant par son histoire et son pays. En Zambie. Le personnage principal est un Suédois qui nous raconte sa vie familiale en Suède et sa vie au Zambie comme vendeur d’œufs. On est plongé dans une époque précise qui est très instable pour les Blancs qui y sont encore et très difficile pour les habitants aux prises avec la pauvreté et le pouvoir totalitaire de cette époque. Mankell décrit son personnage et sa vie au Zambie avec éclat, un style descriptif très efficace et une grande âme offerte à l’Afrique.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
Pour en savoir davantage :
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« Années 1950. Dans une bourgade du Norrland, Hans Olofson, adolescent élevé par un père rustre et alcoolique, perd ses deux seuls vrais amis. Bouleversé, Hans décide de réaliser le rêve de l’un d’eux : aller en Zambie, sur les traces d’un missionnaire suédois.
1969. L’Afrique le fascine et l’effraie. Dans la jeune république indépendante de Zambie en proie à la violence, Hans rencontre des colonisateurs emprisonnés dans leur racisme, et des Noirs obéissants qui cultivent la haine des Blancs. Hans accepte d’aider une Anglaise à diriger sa ferme de production d’œufs, puis reprend l’exploitation à son compte. Espérant ainsi échapper à l’engrenage de la violence raciale, il tente alors de mettre en application ses idéaux de justice sociale et humaine.
L’Œil du léopard, publié en 1990 en Suède, s’ajoute à la liste des romans sur l’Afrique (tels Comédia infantil, Le Fils du vent et Le Cerveau de Kennedy) de cet écrivain engagé qu’est Henning Mankell, qui partage sa vie entre la Suède et le Mozambique. »
www.seuil.com
« Hans Olofson est installé depuis près de vingt ans en Afrique où il exploite une ferme. Vingt ans d’une vie tumultueuse en Afrique… alors qu’il s’était juré de ne pas s’éterniser là-bas… À présent, atteint de paludisme, il souffre de crises paroxystiques qui lui donnent des hallucinations. La forte fièvre l’épuise et le fait délirer. Et alors qu’il se claquemure dans cette existence de terreur, il se souvient… D’abord de la Suède, son pays natal, puis de son père marin et alcoolique au plus haut degré, de son ami d’enfance aussi, de cette femme qui lui a tout donné. Et dans son délire, il se croit menacé, en danger perpétuel, se méfie des gens qui l’entourent, est angoissé à l’idée d’être assassiné par l’un d’eux.
Voici le lecteur embarqué dans un récit effrayant, suffocant où l’auteur dresse le portrait d’une Afrique sauvage, horrifique, une terre qui n’exhale que mépris et haine. Et il nous parle du sempiternel conflit entre les Noirs et les Blancs, celui qui demeure désespérément sans espoir de réconciliation
L’auteur pratique avec talent l’art de mettre dans l’embarras le lecteur et de lui imposer des questionnements sans réponse au sujet d’idées reçues sur l’Afrique et son fonctionnement. Ainsi il livre une sorte de pamphlet au parfum colonialiste sur les terres d’Afrique, qui ressemble étrangement à un film à rallonge bien connu…
Il émane de ce roman une grande froideur et personnellement cette façon qu’a l’auteur de décrire l’Afrique dans ce qu’elle a de plus infâme m’a désolée, voire indignée.
Un récit qui chamboule et remue à l’intérieur, où chaque page est tachée d’un racisme larvé qui dérange et révolte… »www.livrogne.com
DREYFUS Arthur
BELLE FAMILLE, Gallimard, 2012, 238 pages
Roman très bien construit, intéressant, bien conduit et représentatif d’une famille possible. Sujet bien traité, style bien approprié aux personnages et aux circonstances de l’histoire. Une bonne réflexion sur la vie possible d’une famille normale européenne.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
Pour en savoir davantage :
« Pas de méprise, ce roman ne traite pas des rapports tendres et sournois de personnages avec leur Belle Famille. Ici, il faut prendre le terme dans un sens plus propre. Cette "Belle Famille" est tout ce qu'il y a de bien : un couple de cardiologues dans la petite quarantaine, trois enfants mâles, un 807, une belle maison à Granville, une éducation morale et religieuse parfaite, bref l'archétype de la famille bourgeoise sans histoire.
Mais, dès la troisième page, l'auteur commence à égratigner la belle façade, le couple ne va pas si bien. Laurence est un peu psycho-rigide, engoncée dans les bonnes manières de sa caste, délaissée par un mari qui a plus d'intérêt pour le cognac que pour la bagatelle et les pontages coronariens dont il tire ses revenus. Les enfants vivent leur vie d'enfant en knickers et Madec le deuxième, plus sensible, flirte avec la mort plus souvent qu'à son tour.
Rangeant serre-tête en velours et Paraboot, la famille part en vacances en Italie dans un complexe touristique au bord de la mer. Et là, c'est le drame.Un soir, seul dans le bungalow, Madec meurt accidentellement. Sa mère en découvrant son fils sans vie, dans un moment d'égarement, fait disparaître le corps du haut d'une falaise.
S'inscrivant dans la lignée d'un Balzac de La comédie humaine et d'un Emile Zola avec un naturalisme contemporain, Arthur Dreyfus nous livre ici un roman tout simplement jubilatoire.
Passée la première partie, un chef d'oeuvre de cynisme et d'humour noir, vrai dézingage de cette famille bien sous toutes les apparences, le roman prend une toute autre tonalité à la mort de l'enfant.
Inspiré de la célébre affaire de la petite Maddie disparue au Portugal il y a quelques étés, la deuxième partie se colore de sombre et du brillant des paillettes qui scintillent sous les projecteurs des médias qui ne tardent pas à s'intéresser à cette disparition.
www.babelio.com
« Depuis deux ans, Arthur Dreyfus est sur tous les fronts, littéraires comme radiphoniques, et la suite est prometteuse. En tant qu'auteur, il propose ce mois-ci son troisième livre (et deuxième roman), après "La synthèse du Camphre" et "Le livre qui rend heureux".
Cette fois, pas de correspondance ni de livre joyeux : "Belle famille" est une fiction inspirée de faits rééls, et pas des moindres. L'affaire Maddie, cause médiatique des années 2000, où une petite fille disparaissait et dont la recherche inefficace avait fait la Une de tous les journaux dans le monde, sert d'inspiration à Arthur Dreyfus, qui donne ici sa vision de l'affaire, rebaptisant les protagonistes, exportant les lieux vers d'autres horizons, mais gardant cependant le fil des événements.
Ainsi, Maddie devient un petit garçon, Madec. Sa famille est française, et c'est lors de vacances en Italie qu'un tragique accident intervient. L'enfant meurt, dès le début du texte (et je ne relève pas ici la principale intrigue). La mère décide alors de faire disparaître le corps, et, de peur d'être accusée, monte avec l'aide de son frère et de son mari la plus grande arnaque à la disparition du siècle.
Le monde entier se retrouve ainsi à guetter, heure après heure, la recherche de l'enfant. Le Vatican, l'Etat, le minstère de l'Intérieur : les plus grande personnalités médiatiques et politique se lancent à corps perdu dans cette affaire. Pour ce récit, Dreyfus utilise une écriture presque blanche, dans laquelle il expose notamment des détails via une multitude de parenthèses. L'oeuvre en tant que telle est intéressante, et se niche idéalement dans le statut d'auteur qu'est en train de prendre ce jeune écrivain. Ce roman, moins dense mais non moins intense que "La synthèse du Camphre", peut être considéré comme une passerelle, une étape nouvelle à l'avenir de l'écriture dreyfusienne.
A la fois fiction, oeuvre sociale et politique, ce livre n'est pas sans rappeler la thématique du dernier livre de Jauffrey (au Seuil), et positionne l'Ecriture française vers une phase de réfléxion et de retour à la réalité, dans une stratégie proche du réalisme, et loin des contes de nos prédécesseurs. »
Wwww.actulitteraire.hautefort.com
SENÉCAL Patrick
LE PASSAGER, 1995, Guy Saint-Jean, 234 pages
Roman du genre grands-frissons remarquable par son sujet, son contenu, son style d’un grand réalisme autant psychologique que social de son personnage principal. Jusqu’à la fin nous sommes invités à suivre les activités surprenantes et incongrues de deux amis d’enfance aux comportements insolites et outrés. Un roman très réussi qui nous entraîne dans un drame personnel très bouleversant. Un incontournable de Patrick Senécal qui déjà démontre un talent remarquable et supérieur dès ses débuts d’écrivain dans le genre thriller d’exception.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
Pour en savoir davantage :
« Intitulé «Le Passager», ce roman fantastique/horreur a été écrit par l’auteur québécois Patrick Sénécal. L’histoire raconte la toute nouvelle vie d’Étienne, un jeune adulte habitant Montréal qui, après avoir été quitté par sa conjointe, se trouve un travail comme professeur au Cégep de Drummondville. Souffrant d’amnésie, Étienne ne se rappelle aucun événement ayant eu lieu avant ses 9 ans : son père l’aurait accidentellement assommé avec la portière de la voiture.
Lors d’un de ses premiers voyages vers Drummondville, il embarque un homme qui faisait de l’auto-stop sur l’autoroute 20, et ils s’entendent tellement bien qu’ils décident de renouveler l’expérience à l’avenir. Après quelques unes de ces rencontres, les deux hommes comprennent qu’ils étaient amis alors qu’ils étaient tout jeune, avant qu’Étienne ne perde la mémoire.
Peu à peu, le passager ramène à l’esprit d’Étienne des souvenirs tordus, et commence à avoir un comportement étrange, laissant croire que la perte de mémoire de son chauffeur ne serait pas due à un accident, mais à des événements que seul l’imaginaire de Patrick Sénécal a pu engendrer.
Le roman est un peu court, mais se lit très bien. La suite des événements ne nous surprend pas tellement, sauf peut-être à la fin, mais le suspense est là. Le mystère plane dès le début et, à chaque intervalle de quelques pages, on va un peu plus loin dans la découverte des horribles souvenirs d’Étienne. La fin est, comme toujours, très originale et inattendue, même si cette avenue a déjà été un peu explorée par quelques autres films et livres. Court et bon, ça en vaut le détour. Comme tous les romans de Patrick Sénécal, il s’agit d’un incontournable. » www.ledetracteur.com
www.lepassagerdepatricksenecal.wikispaces.com
KÔTARÔ Isaka
PIERROT-LA-GRAVITÉ, Éd. Philippe Picquier, 01.2012, 465 pages
Roman japonais très touchant d’une lecture intense et agréable. Histoire de deux demis frères très liés l’un à l’autre, d’une famille unie, de parents dévoués et aimants. Ce roman nous fait connaître le Japon par le regard complice et fantastique de ces deux frères inséparables pouvant compter l’un sur l’autre peu importe les situations. L’importance de la famile domine la vie de chacun des personnages peu importe le puzzle ou casse-tête qui la constitue. Un grand roman, une révélation de la vie des jeunes dans un pays reconstitué et moderne comme le Japon.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
Pour en savoir davantage :
« Le Japon des éditions Philippe Picquier
Haru et Izumi sont deux frères très liés depuis l’enfance. Haru est issu d’un viol subi par sa mère, mais les parents n’ont jamais caché cette réalité aux enfants et la famille est restée soudée autour de ce drame.
Izumi travaille pour une société de tests génétiques, tandis que Haru passe ses journées à nettoyer les tags de la ville. Quand d’étranges incendies se mettent à éclater ici et là, annoncés par de mystérieux graffitis, les deux frères décident de mener l’enquête. Les signes mis bout à bout forment un rébus dont ils s’efforcent de percer le sens.
Au-delà de l’énigme policière aux péripéties étonnantes, c’est la personnalité attachante des deux frères qui captive, ainsi que le charme des dialogues entre humour et émotion, émaillés d’interrogations sur le bien et le mal, et les questions éthiques posées par les progrès de la science.
On reconnaît dans ce roman la «marque de fabrique» d’Isaka Kôtarô : création d’un univers original, à la croisée du roman policier, du fantastique et du manga, et mise en place d’un puzzle auquel on peut être assuré que pas une pièce ne manquera lors du dénouement surprenant. »
par Bernard Quiriny
« Y aurait-il une sorte d’« école Murakami » en train d’éclore parmi les écrivains japonais ? À lire ce deuxième roman traduit de Kôtarô Isaka (42 ans aujourd’hui, mais le livre date de 2003), on en a l’impression : univers volontiers étrange, livre en forme de quête initiatique, digressions existentielles et métaphysiques sur le bien et le mal, la science, l’art… Mais Isaka reste avant tout un amateur de polar, et c’est sa trame policière qui donne à ce ‘Pierrot-la-Gravité’ (titre français peu engageant : en anglais, c’est ‘Gravity-Clown’) son rythme et son efficacité. Les deux héros sont frères, ils s’appellent Haru et Izumi. Izumi, l’aîné, bosse dans une boîte de génomique, spécialisée dans les tests ADN. Haru, le cadet, vend ses services comme effaceur de graffitis (tout en étant un grand amateur de cet art).
Un jour apparaissent sur les murs de la ville des tags nouveaux, assez semblables entre eux, et immédiatement suivis d’un incendie dans un immeuble du voisinage. Pyromane en série ? Tagueur fou ? Les deux frères mènent l’enquête, et le romancier tire avec beaucoup d’habileté des fils qui, comme par magie, se rassemblent à la fin. Si l’on pense à Murakami, c’est à la fois pour le style et pour l’ambiance, avec une espèce d’étrangeté qui brouille le réalisme attendu (il y a une petite touche de manga dans l’univers d’Isaka, voire de fantastique, sans compter les autocitations avec la référence à son précédent roman, ‘La prière d’Audubon’), et aussi pour la quête initiatique qui court sous l’histoire policière (la naissance d’Haru, la recherche de ses origines, la vengeance contre son « mauvais » père).
La partie polar, elle, est menée rondement, avec un code secret à décrypter, basé sur les quatre lettres de l’ADN (G, C, A, T) et leurs combinaisons… Un roman prenant et attachant qui a connu un immense succès de l’auteur au Japon, où il a été porté à l’écran en 2009 par Junichi Mori »
DIEU, MA MÈRE ET MOI, Gallimard 2012, 187 pages
Peu importe si on croit, ce livre nous décrit Dieu sous ses formes les plus connues, ses prophètes, ses Saints, ses défenseurs les plus nobles. L’auteur analyse chacun en particulier et les compare selon leurs influences les uns sur les autres. À lire sans faute pour faire de belles découvertes sur la foi et les religions.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
Citations :
« Ne nous racontons pas d’histoires. Moïse, c’est Gengis Khan. Mais il fallait peut-être un psychorigide de cette trempe pour sauver Israël. Mahomet, c’est un chef de guerre de la même espèce, du moins si on en croit le Coran. Mieux vaut ne pas trop lire leur littérature. Sinon, on risque de perdre la foi. » p. 24
« Il y a des LES CONFESSIONS une force qui emporte le lecteur très loin et très haut, comme si le Berbère d’Algérie avait écrit ce livre face à Dieu lui-même. » p. 26
« Son grand malheur est sans doute d’être arrivé au christianisme par saint Paul. Du stratège génial, moitié prophète, moitié chef de guerre, qui a inventé l’Église, Augustin a hérité d’une haine de la fornication et du désir qui prête à sourire. » p. 27
« Voilà où mène la conception du Dieu Créateur barbu et autoritaire, celui que ma mère appelait le Dieu de tableau. Elle rabaisse le Seigneur, elle le rapetisse, jusqu’à en faire un vieillard irritable, voire acariâtre, qui ne souffre pas la contradiction. » p. 36
« La bible, c’est le dernier endroit où vous pourrez trouver Dieu. Il est dehors, dans la vie, dans la nature, il suffit d’ouvrir les yeux pour tomber dessus. »
« Les preuves de l’existence de Dieu, il suffit de se baisser pour les ramasser. Ou bien de lever les yeux et de regarder le ciel » p. 40
« Saint Augustin a dit que Dieu s’est fait homme afin que l’homme devienne Dieu.
Et l’homme s’est pris au jeu. Il a créé le plastique, le néon, le goudron, les gratte-ciel et j’en passe. » p. 42
« Dans l’ancien Testament, Yahvé ne cesse de maudire ceux qui lui résistent. Dans le Coran, Allah répète tout le temps, en écho : »Crains Dieu! »
Les deux sèment la terreur pour récolter la foi. » p. 47
« Il m’a toujours semblé logique que Yahvé ou Allah fussent des hommes. Ils en ont toutes les particularités. L’égo, la colère et, surtout, l’organe : le Dieu Créateur aime donner de la voix, qu’il a forte et grave. C’est un machiste ramenard, toujours monté sur ses grands chevaux, à faire son quelqu’un. D’où ses imprécations, le sang versé, les guerres de religion. »/ p. 54
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Franz-Olivier Giesbert ne croit ni au Dieu créateur ni en la divinité de Jésus ; il se dit bouddhiste, musulman, taoïste, giordaniste, manichéen, etc. Et pourtant, écrit-il, «je suis chrétien par toutes mes fibres et heureux de l'être».
C'est paradoxal, comme tous les mystères, mais c'est ainsi. C'est sa mère, tendrement aimée, qui lui a transmis sa foi. Dans son livre, il se rappelle avec émotion leurs dialogues piquants sur Dieu et la philosophie. Elle était cartésienne et lui spinoziste! Giesbert préfère les saints aux philosophes. Pour lui, saint François d'Assise qui prêche aux oiseaux est le plus grand. Saint Augustin l'exaspère mais il l'admire. Les Confessions sont sur sa table de nuit, à côté des textes autobiographiques des saintes Marguerite-Marie et Thérèse de Lisieux, du Pamphlet contre les catholiques de France de Julien Green, des Pensées de Pascal, de La Pesanteur et la Grâce de sa chère Simone Weil, qu'il cite avec émerveillement: «En toute chose, seul ce qui nous vient du dehors, gratuitement, par surprise, comme un don du sort, sans que nous l'ayons cherché, est joie pure.»
Ce texte dessine un bel autoportrait de l'auteur. À certaines pages, il ressemble à ces figures d'Innocents propres à la littérature russe, avec sa foi naïve et grave comme l'enfance, son humilité, son profond sentiment d'intimité avec la nature. À d'autres, il se métamorphose en une sorte de Neveu de Rameau, libertin et railleur. Lequel de ses deux personnages écrit: «Je suis bête et je me sens bête et j'en suis fier parce que c'est la meilleure façon de recevoir pour mieux donner»? Quoi qu'il en soit, c'est tout lui. »www.lefigaro.fr
POITRAS Marie-Hélène
SOUDAIN LE MINOTAURE, roman, Triptyque, 2009, 152 pages
Deux situations de vie d’agression, l’une par un agresseur, un violeur de femmes et la seconde par une victime refusant de passer sa vie en étant associée à une pauvre victime qui se fait plaindre et dorloter.
« Tout à l’heure, j’ai senti combien l’agression m’avait fragilisée. »
« J’avais des fantasmes de violence : j’étais décidée à le faire payer, au nom de toutes les presque étranglées de la terrre. Tout s’est déroulé dans ma tête à l’intérieur d’une seule seconde.» p. 133
« À mon grand désarroi, je développe des réflexes territoriaux, un « sens de la propriété », dirait l’immoraliste d’André Gide. » p. 147
Un roman touchant qui parfois nous déstabilise par le contenu et le style spontané et blessé non pas d’une victime mais d’une témoin.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
Pour en savoir davantage :
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Les perceptions d'une victime et de son bourreau |
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4e de couverture : Novembre, un soir de neige et de violence. Dans un appartement de Montréal, une rencontre qui n'aurait jamais dû avoir lieu. Le quotidien bouleversé par l'arrivée d'un être venu apporter la peur en cadeau. Quelques mois plus tard, depuis le fond de sa cellule, Mino Torrès décharge son fiel. Quant à Ariane, c'est entre Munich et Berlin qu'elle renoue avec ses sens. Deux versions complémentaires d'un brusque corps-à-corps. |
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« Novembre, un soir de neige et de violence. Dans un appartement de Montréal, une rencontre qui n'aurait jamais dû avoir lieu. Le quotidien bouleversé par l'arrivée d'un être venu apporter la peur en cadeau.
Quelques mois plus tard, depuis le fond de sa cellule, Mino Torrès décharge son fiel. Quant à Ariane, c'est entre Munich et Berlin qu'elle renoue avec ses sens.
Deux versions complémentaires d'un brusque corps-à-corps. » Par l’éditeur.
[Extrait]
« Elles ouvraient les jambes. Eduardo et Leandro avaient gagé sur Manuel et moi. On prenait place avant le début de la course. Leandro était de mon côté. C'était l'équipe Leandro-Mino montée sur Conchita contre Eduardo-Manuel et leur jument Victoria. Je ne voulais pas être là. Manuel a atteint la ligne d'arrivée en moins d'une minute. Quant à moi, j'avais l'impression de m'engouffrer dans une blessure ouverte, de tomber dans une mer de chair tiède. Je regardais le volcan, les seins immenses de Conchita, les pétillements phosphorescents se précipitant hors de la bouche de l'Arenal, j'entendais les beuglements de Leandro, les gémissements de Conchita et faisais tout en mon possible pour ne pas voir ses yeux.
Tous mes muscles s'étaient raidis. Mes mouvements m'apparaissaient ridicules, répétitifs et dignes de colère. J'avais le sentiment que ce n'était pas exactement ce qu'il fallait faire. Que je m'exécutais comme un lézard, que je remuais du milieu du corps à la manière d'une balançoire tordue. Conchita était comme un animal abattu, qui expulse ses derniers jets d'air. Ce duvet à la gorge qu'elle m'offrait sans scrupule. Ses yeux révulsés, à faire peur. Et Maria qui devait encore vendre des fruits confits dans un parc bordélique. Je pensais à ces choses pour oublier mon sexe avalé par le ventre de Conchita. Il m'a semblé que j'avais atteint un point de non-retour.
Je continuais et n'allais nulle part. Je pensais à autre chose pour anesthésier ces sensations. C'était trop intime pour être étalé à la vue de Leandro, d'Eduardo, de Manuel et de Victoria qui replaçait sa jupe, tout près. Mon corps entier était gonflé, des fleuves de sang déferlaient dans mes veines, à grands flots, pour m'irriguer le sexe. Il m'a semblé que la scène se poursuivrait jusqu'à l'infini. J'allais être malade. »
La suite dans le livre….www.lactualite.com
UNE BONNE RAISON DE SE TUER, ÉD. JULLIARD, 2012, 321 pages
Un sujet de brouille voire de discorde et de dissension qu’est la mort par le suicide
en solitaire. La mort d’un proche est toujours douleureuse et bouleversante. Dans ce roman deux personnes ont à vivre ces situations par la mort d’un fils en peine d’amour et d’une mère qui n’en peut plus. Roman très touchant autant par le sujet que par le style impressionnant de l’auteur. UNE BONNE RAISON DE SE TUER nous met en relation avec un sujet qui nous touche mais qu’on aborde rarement sinon en solitaire.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
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