KEPLER Lars---LE PACTE
09/09/2012 21:00 par livresentete
KEPLER Lars
LE PACTE, Actes Sud, Actes Noirs, 2011, 505 pages
« Julie Malaure, Le Point
« Le Pacte, c’est l’art de vendre son âme au Diable, quel qu’il soit. »
« Polar politique et social mettant en scène un trafic d’armes à destination de dictatures corrompues en Afrique, Le Pacte joue avec nos nerfs et avec notre âme. Chaque protagoniste a ses raisons, plus ou moins avouables, chacun a ses faiblesses physiques, morales, mentales… et le grand manipulateur l’a bien compris. »
« Après L'Hypnotiseur (125 000 exemplaires), l'inspecteur Joona vient mettre son nez dans une sombre affaire de suicide impossible, qu'il ne peut s’empêcher de lier à une autre mort suspecte, doublée d'une double disparition… Le diabolique duo Lars Kepler continue son exploration de la face sombre de la Suède avec ce nouveau thriller haletant, sur fond de trafic d'armes et d'embargo international contre le Soudan »
« Une jeune femme est retrouvée morte à bord d un bateau dérivant dans l'archipel de Stockholm. Ses poumons sont remplis d'eau de mer, pourtant il n y a pas une seule goutte d'eau sur ses vêtements. La soeur de la victime, une célèbre militante pour la paix, est quant à elle poursuivie par un tueur implacable. Le même jour, un corps est découvert pendu à une corde à linge dans un appar tement à Stockholm. Il s'agit de Carl Palmcrona, le directeur général de l Inspection pour les produits stratégiques, l'homme chargé de valider les contrats d armement de la Suède.
Tout semble indiquer un meurtre car la pièce est vide et rien n a pu lui permettre de grimper jusqu au noeud coulant qui l'a étranglé.Pourtant l'inspecteur Joona Linna est persuadé qu'il s agit d'un suicide... En menant de front ces deux enquêtes,Joona Linna ignore qu'il entre de plain-pied dans un univers trouble fait de commissions secrètes, d' ententes tacites et de pactes diaboliques.
Un univers où les desseins machiavéliques le disputent aux pires cauchemars. Un univers où les contrats ne peuvent être rompus, même par la mort.Après L'Hypnotiseur, Lars Kepler signe encore une fois un thriller haletant et continue d explorer la face sombre de la Suède. »
« On ne lâche pas le livre facilement même si la traque est longue et où les personnages principaux s'en sortent de façon incroyable. L'intrigue est suffisamment menée pour ne pas savoir quelles sont les raisons et qui est à l'origine de tous ces meurtres.
Les meurtres sont étranges, et perturbent plus d'un policier sauf l'inspecteur Joona Linna qui comprend assez vite qu'il n'a pas affaire avec un simple criminel. On se retrouve pris dans un important trafic politique. »
« L’intrigue démarre sur les chapeaux de roues. Kepler jette à la face des lecteurs une véritable orgie de malheurs, un tourbillon d’accidents mortels qui n’ont en apparence aucun lien les uns avec les autres. Il n’y a pas cent pages d’écoulées que nous avons assisté à un suicide, un assassinat déguisé en noyade, à une poursuite à travers bois, l’agression d’un policier (Joona Linna) et d’un technicien de la police judiciaire, un incendie criminel, un meurtre camouflé en sinistre, et que deux bombes sont prêtes à exploser! Pour le plus grand plaisir des lecteurs!
L’inspecteur Linna identifie les personnages sur une photographie et parvient à dater le cliché. Le polar bascule alors et les liens deviennent évidents. Maillon après maillon, Joona Linna dénoue le fil des événements et met à jour les complots et machinations ourdis par le puissant trafiquant d’armes, Raphael Guidi. Un trafiquant qui exploite les faiblesses des hommes en leur faisant signer un pacte Paganini, véritable alliance avec le diable: il réalisera leur vœu le plus cher mais, en cas de traîtrise, leur fera vivre leur drame le plus craint.
Lars Kepler enchaîne les faits à travers un roman policier au rythme soutenu, haletant, palpitant. Une rareté dans le polar: tous les services de police collaborent à l’enquête sans se nuire, présentant une organisation sans faille. À travers le réseau des enveloppes cachées, des comptes en banque outremer et des pots-de-vin, on apprendra qu'il suffit d’un individu courageux pour démonter le système.
Le pacte, de Lars Kepler, pour emprunter une expression connue, est un véritable «page-turner». La qualité du polar scandinave continue à surprendre et à ravir »fr.aol.ca
RABAUDY Martine
ÉLECTROCHOCS, Flammarion, 2012, 181 pages

L'auteure raconte sa vie avec une mère maniaco-dépressive. Un témoignage choc.
M. de Rabaudy fait le récit de sa vie passée auprès de sa mère souffrant de psychose maniaco-dépressive et montre comment elle a cherché à comprendre cette maladie en étudiant des personnages comme Virginia Woolf, Winston Churchill ou Louis Althusser pour enfin accepter cet ennemi qui a dévasté son enfance.
Électrochocs
« Avec les années cahin-caha, je m'étais habituée aux embardées de cette femme, dépressive permanente et mère intermittente. Jusqu'au jour où elle voulut m'étrangler. Ses nerfs craquèrent. Pas mes cartilages. Se méfiant d'elle-même, elle m'avait fabriquée en dur. J'avais dix ans, je voyais mon enfance chavirer. »
Il faudra à la petite fille attendre l'âge adulte pour découvrir que cette tentative de meurtre maquillait une tentative d'amour. Un amour dévoyé par la psychose maniaco-dépressive qui cannibalisait sa mère. Pour comprendre cette maladie soignée dans des cliniques psychiatriques à coup d'électrochocs, l'auteur part à la recherche d'autres parmi ces malheureux élus que furent Virginia Woolf, Louis Althusser, Sylvia Plath, ou encore Winston Churchill. Des compagnons de route qui lui permettront d'apprendre à résister sans se dérober, à accepter sans capituler face à un ennemi qui dévasta son enfance. Jusqu'au bout elle s'acharnera à ramener vers la rive cette mère candidate récidiviste à la noyade.
Une écriture tenue sanglée par l'humour fait de ce récit non un traité du désespoir mais un hymne à la vie. »
www.laprocure.com
Véronique OVALDÉ
LA SALLE DE BAINS DU TITANIC, J’ai lu, 2012, 72 pages
Roman plein d’une belle écriture, d’une réflexion approfondie sur l’enfance d’une petite fille devenue adulte imprégnée de ses expériences d’enfant parfois obsessionnel. On retrouve l’écriture profonde et touchante de Véronique Ovaldé.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
Pour en savoir davantage :
« Comment Vienna, une enfant blonde et calme, sent-elle que tout a changé autour d'elle, qu'elle est en train de grandir ? Pourquoi Gorka est-il sur cette plage en train de manger des œufs de saumon en pensant aux petites filles avec lesquelles il s'est montré « équivoque » ? Quel mot prononce-t-on au moment de mourir dans sa baignoire ? Véronique Ovaldé pose toujours des questions saugrenues ou graves. Ici, elle s'interroge sur les filles et leurs mères, le temps qui passe et les Martiens qui n'ont pas de nombril... Passant de l'insouciance à la terreur, elle offre trois textes qui se répondent, trois moments de la vie mélancolique, tragique et merveilleusement déroutante. »
« Le résumé m’a tout de suite plu et j’étais très curieuse de connaitre le lien entre ce dernier et le titre. Puis hier matin, j’ai lu une chronique assassine (mais vraiment assassine) de ce roman et j’ai alors eu très « peur » de ce que j’allais découvrir.
Et bien, pour ma part, j’ai été tout à fait séduite par ce « roman » aussi court que singulier. Parce que oui, certains lecteurs parlent de 3 nouvelles, mais je préfère parler d’un roman, divisé en 3 instants, comme le dit très justement la quatrième de couverture.
Vienna aimerait redevenir une toute petite fille. Juste avant l'été de ses six ans. L'été où elle s'est perdue dans les dunes. Et où un homme l'a finalement ramenée à ses parents. Elle voudrait revenir avant. Juste avant. Avant l'été où. Et où le monde a changé sa révolution. Trois instants où s'est joué le destin de Vienna.
Et je ne vous en dirai pas plus car parler davantage de ce qui se déroule dans cette histoire serait prendre le risque de vous gâcher le plaisir tant le roman est court.
On ne peut parler de « La Salle de Bains du Titanic » sans évoquer son style tout à fait singulier. Il émane tellement de choses de ces mots que si je m’étais écoutée, j’aurais, dans ce billet, recopié des dizaines de citations. En un mot, une phrase, une page, Véronique Ovaldé créé une atmosphère ou nous décrit une scène, qui aurait nécessité 10 pages à d’autres. C’est à la fois envolé, et à la fois lourd de sens. C’est empreint de poésie mais c’est aussi tout à fait moderne dans la langue. Les mots s’envolent, mais ce qu’ils impliquent vous cloue au sol.
L’auteure a un talent certain pour jouer avec le non-dit, l’allusif, l’implicite et l’indicible, qui sont au cœur de la narration. Pas besoin de décrire l’horreur, pas besoin de palabrer : l’horreur se dessine d’elle-même dans les blancs du texte. Un mot, une phrase et le ciel nous tombe sur la tête tant l’image évoquée est forte, puissante, voire insoutenable. Puis il y a toutes ces parenthèses qui sont tour à tour amusantes, étonnantes, éclairantes, et qui amènent une force supplémentaire à l’histoire. On peut dire que les mots sont aussi légers que l’histoire est pesante. Et j’ai trouvé ce mélange très heureux !
« Tous ceux qui n’ont pas de nombril sont des martiens. C’est ce que nous avions décrété Jules et moi quand Jules avait neuf ans et moi six. » Voici les premiers mots de ce roman. Deux phrases qui suffisent à nous laisser entendre les rires des enfants, à percevoir l’insouciance et l’émerveillement face au monde. Et cette impression de puissance évocative des mots, je n’ai cessé de la ressentir tout au long de ma lecture.
Les thèmes abordés par l’histoire de Vienna sont variés, tantôt légers, tantôt lourds, parfois insoutenables. L’enfance, la maladie, l’abus, ou encore les cicatrices indélébiles.
Quant au titre, on en comprend le sens dans la dernière partie. Vienna n’a pas croisé de monstre de glace sur la mer, Vienna l’a rencontré dans les dunes et elle est, elle aussi, devenue naufragée de la vie.
Je sais que certains sont tout à fait imperméables au style d’Ovaldé, mais en ce qui me concerne, même si la fin m’a laissée tout à fait dubitative (huh ???), je me suis régalée de ses mots et de sa plume, malgré l’histoire dramatique qui nous est contée. »
« Vienna rêve de revenir sur cette plage ensoleillée. Elle avait six ans et passait des vacances sereines. Tout semblait couler comme dans un conte de fées, mais les choses ont pris une autre tournure, tout a soudain basculé, tout s’est métamorphosé en cauchemar. Vienna se bat contre un destin qui s’acharne. Alors que sa mère se consume dans une lente agonie, Vienna sonde les âmes de ceux qui l’entourent, ceux qui l’entraîneront dans un naufrage. 
Des années plus tard Vienna se souvient … Elle repense au désarroi qui l’envahissait lorsque, petite fille, elle a disparu dans la dune. À présent elle vit une solitude morbide, se claquemure dans le silence car elle n’a pas d’interlocuteur à qui confier ses secrets, qu’elle garde scellés à jamais dans son cœur. Même le lecteur voudrait se montrer complice mais il ne sait pas grand-chose des drames du passé, ce qui a réellement consumé la vie de Vienna. En cela, l’auteure laisse libre cours aux divagations, imprègne subtilement le récit d’une atmosphère suggestive où le lecteur tient les rênes de l’énigme à sa guise et s’égare un peu.
À la lecture de ce récit – il s’agit de bouts de vie sous la forme de minis nouvelles – mon cœur a été secoué de soubresauts, à la fois de frayeur, mais aussi d’émois. Et secouée je l’ai été encore davantage lorsque la fin a sonné à la manière d’un gong, inattendue mais aussi un peu précipitée…
Un roman court mais lourd d’émotion … Une plume imprégnée de délicatesse et de poésie qui donne du baume à l’âme mais qui remue aussi à l’intérieur.
Un bémol tout de même, puisqu’il y a un et de poids, pourquoi cette fin si irascible, si brusque ? » www.livrogne.com
HYLAND M.J.
C’EST AINSI, Actes Sud, 2012, 428 pages
L'histoire d'un ratage qui pourrait être fatal. Patrick, jeune mécanicien très doué, fuit un chagrin d'amour, ainsi que sa mère étouffante, et se réfugie dans une petite station balnéaire de la côte anglaise. Il s'installe dans une pension, trouve un emploi dans un garage, tente de se faire des amis et se persuade qu'une vie meilleure l'attend. Mais rien ne va se passer comme il l'espère. Les autres pensionnaires l'horripilent, sa logeuse le trouble sans qu'il s'en rende compte, son nouveau patron l'ignore, la belle Georgia le repousse.
Qu'est-ce qui ne va pas chez Patrick ? Le problème c'est qu'il ne se pose pas la question dans ses termes. Un jour, il laisse exploser sa rage d'impuissance de manière tragique. Ce portrait de "chien perdu" bouleverse totalement. Dès les premières lignes on sent l'inadaptation de Patrick à la réalité. On comprend que cela va mal tourner pour lui, on guette le faux pas et il en fait plein... Il y a quelque chose de poignant et d'attendrissant dans sa tentative à vouloir changer les choses, à croire à une vie autre.
Il se berce d'illusions sur tout et surtout sur les relations affectives. Patrick est incapable de voir les gens tels qu'ils sont, il projète sur les autres ses rêves de bonheur. Et pourtant il finira par ouvrir les yeux, mais à quel prix. Merveilleux roman sur la vraie solitude, celle qui empêche de communiquer, coupe de l'autre et fabrique de douloureux incompris que notre société condamne sans état d'âme. La construction du roman, essentiellement autour dexcellents dialogues, souligne ce sentiment d'incapacité à s'exprimer, à comprendre et être compris. L'auteur met le doigt avec force et finesse sur l'injustice faite à ceux que le manque affectif a rendu inapte aux autres. Bouleversant du début à la fin. A lire absolument !!!
C'est ainsi, M.J.Hyland, Actes Sud. Traduit de l'anglais par Emily Borgeaud. 432 p, 22 €. En vente sur mon blog.
J'ai adoré : l'entêtement de Patrick parce que j'ai fini par y croire aussi, le portrait psychologique passionnant sans entrer jamais dans aucune analyse psy, la fin qui laisse naître un peu d'espoir.
M.J.Hyland, ancienne avocate vit à Londres où elle anime des ateliers d'écriture à l'université de Manchester. Ses deux précédents romans Le voyage de Lou (2005 Actes Sud) et Dans tes yeux (2006 Actes Sud) exploraient également avec talent les chemins de la solitude. »
www.leslivresquejaime.net
OATES CAROL JOYCE
NOUS ÉTIONS LES MULVANEY, 1998, 596 pages, édition Stock,
Roman convenable du genre socio-historique des années 1950 à 1998 qui se déroule à Mont-Ephraim, petite ville de l’Étatt de New York. Nous faisons connnaissance avec tous les éléments d’une famille dont le personnage principal est le père Michael Mulvaney, d’origine modeste qui a su, à force de travail, à obtenir sa place au soleil et se faire accepter par la bonne société de la ville. Grâce à sa femme, qu’il adore, la ferme qu’ils habitent est un coin de paradis, au milieu d’une nature spendide et d’immensément d’amour, où leurs trois fils et leur fille Marianne vivent une enfance inoubliable.
Le père est très fier de sa réussite et de sa situation sociable prospère et enviable et tous doivent se conformer à ses ambitions et en aucun cas nuire à son image sociale dont il s'en fait une fierté et un hommage personnel à sa réussite.
Mais le jour de la Saint-valentin 1976, un drame survient qui met un terme à cette existence idyllique, fait voler la famille en éclats et marque de manière indélébile chacun de ses membres et particulièrement Michael le père et sa fille unique Marianne.
Judd Mulvaney, le benjamin qui est devenu journaliste, retrace l’histoire des siens, avec humilité puis raconte la désagrégation de la famille, la dureté de la société à l’égard des perdants et le parcours long, douleureux, émouvant, que suivront les Mulvaney avant de parvenir, chacun à sa façon, à retrouver l’amour et la sérénité.
Un roman touchant, parfois injuste surtout à cause de l’attitude orgueilleuse et inconditionnelle du père où quand le bonheur vire au cauchemar.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
Pour en savoir davantage :
« Gros pavé à l'écriture dense et pour moi heureuse découverte, de cet écrivain.
L'histoire est racontée par le plus jeune fils de la famille, Judd; vie insouciante et heureuse d'une famille unie dans une petite ville de l'état de New York.
Le père a une entreprise florissante et accéde enfin à une certaine notoriété en temps que membre du Club local...
La mère, Corinne, fantasque, s'occupant de la ferme et antiquaire du dimanche .
Les 3 fils et la fille Mariane sont epanouis,entourés de chiens, chats et chevaux ...
Toute cette harmonie éclate après le premier bal de Mariane qui finit en drame. Et plutot que de faire front, la famille se disloque, le père ne supporte pas le deshonneur de sa fille, celle ci bien qu'étant victime se comporte en coupable et l'opprobe d'une société de province fait le reste, trop contente de voir s'effondrer l'orgueil du "clan Mulvaney".
Chaque membre de la famille va finalement se battre seul chacun à sa façon, et en particulier Mariane la préférée du père qu'il rejette et renie ,declenchant de ce fait la chute inexorable de la famille,c'est sans doute cela qui m'a le plus marqué, le poids du regard des autres et des prejugés dans cette société si puritaine, tout éclate et c'est terrible. Cela ne peut finir qu'avec la mort du père ...
C'est intense, bien écrit, les personnages sont attachants et on ne lache le bouquin qu'à regret.
La fin peut paraitre un peu à l'eau de rose, mais on peut aussi en conclure qu'on peut finalement se reconstruire, recréer les liens familiaux et croire au bonheur. »
« Oates nous propose une histoire d'une noirceur parfois difficilement soutenable. Son regard aigu et sans pitié décortique les moindres faiblesses et les pires bassesses dont les êtres humains sont capables, nous montrant ce qui se cache derrière le bonheur de carte postale et les politesses. J'avais beaucoup aimé ce parti-pris dans "Les chutes" ; cela m'a nettement plus gênée dans ce roman.
En effet, non seulement les souffrances de Marianne m'ont énormément touchées mais le comportement de sa mère m'a heurtée. Face à cette mère si faible et qui lâche sa fille au profit de son mari, j'ai ressenti quelque chose qui ressemble à de la haine. Cela peut paraître invraisemblable puisqu'il ne s'agit après tout que d'un personnage de roman mais c'est sans compter le talent de Oates pour vous impliquer dans une intrigue.
Je n'ai que très moyennement apprécié ce livre, notamment à cause de toute la souffrance qui le traverse et le gâchis qui ressort de cette histoire, sans compter la fin désespérément américaine… » www.babelio.com
Le scribouillard
En regardant l’épervière orangée
Et le bruant à couronne blanche
Ça m’amène à oublier
Mon âge et le temps.
J’ai de nouveau l’âge
Où le monde est
Une énigme merveilleuse.
Je cherche dans le guide photo
Des oiseaux du Québec
Une sorte de paruline
Alors que mon voisin
M’apprend que c’est
Un roitelet à couronne rubis
Que j’ai vu sur la branche
Charnue du tilleul.
Pour apprendre
Il suffit parfois
D’avoir de l’ouverture
Sur les choses
Et les personnes
Qui nous côtoient.
Il suffit de changer notre regard
Pour en savoir
Davantage qu’hier.
Pour en apprendre davantage,
Il suffit parfois
De renouveler nos certitudes.
Comme il est difficile
De voir ce que j’ai
Là sous les yeux.
Je donne à ma vie
Le droit de me tromper,
D’apprendre ce que j’ignorais
Faute de seulement d’avoir regardé.
Avec ça dirait ma sœur
« Ma journée est faite ».
Voir, regarder, oublier
Ce que j’ai vu
Puis le retrouver, magiquement
C’est le redécouvrir.
Il suffit à me faire sourire
Et heureux d’être moi et curieux.
Quand je suis affolé et distrait
Je perds l’intelligence
Des choses qui m’habitent.
Pour mémoriser mes découvertes
Et mes pensées,
Je les écris et
Deviens scribouillard.
La sagesse passe
Par la volonté
De se connaître,
De vouloir créer
Une vie meilleure
Car tous les êtres de la nature
Sont créés de la même substance :
La vie, la cellule vitale en commun.
Il faut parfois tomber
Sur la tête pour voir
Ou outre-passer ses limites.
Une certaine forme de résignation
Et d’humilité m’est demandée.
Il faut me résigner à penser
Et écrire comme ça vient
Car mes idées de la veille
En ont d’ordinaire peu
Avec celles du lendemain
Comme celle du nom de l’oiseau
Que j’ai appris grâce à un ami.
Nous avons tous besoin de l’autre
Pour se compléter, s’améliorer
Et non s’embrouiller.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec, 15 mai 2012
Le pire est le silence.
Pourtant le silence
Est la propreté de l’esprit.
Le silence est la mutité passagère,
Un arrêt de réticence,
La tranquilité, la sénérité
En option désirée.
J’aime profiter de la solitude
Comme j’aime la compagnie
De bons amis
Car j’aime le plaisir
Sous ces deux formes de vie.
La solitude ne me déplaît pas
Pour autant qu’elle est libre.
La solitude s’apprivoise
Mieux qu’une personne
Même connue sauf une intime.
La solitude est nécessaire
Au solitaire comme au grégaire
Car il faut se retrouver
Avant de s’abandonner.
Le silence c’est la clarté,
Un moment salubre,
Un abandon nécessaire,
Dans la netteté de la vie.
Le pire est le manque de silence.
Sauf si je souffre de surdité
Car pour moi il est souhaité
Et pour le sourd imposé.
Rien n’est jamais définitif.
Tout peut varier
Selon ma condition,
Ma fébrilité ou fatiguabilité.
Silence ou musique.
Silence avec musique.
Tout est possible,
Tout est choix
Ou capacité du monent
Et désir instantané.
Rien n’est définitif sinon l’éternité…
Gilles Lagrois, Auclair, Québec, 13 mai 2012
« Je vais devoir vous laisser. »
Il faut parfois se résigner
À le dire quand le besoin
Se fait sentir
Surtout si on se sent blessé
Ou avoir un désir de s’éclipser.
Maman le disait, après avoir fêté,
Lorsqu’elle voulait partir.
Moi également
Lorsque j’ai quitté la maison
Pour découvrir ma liberté.
« Je vais devoir vous laisser. »
Il faut le dire quand on en a assez
Et ça arrive plus souvent
Que l’on aurait souhaité.
« Je vais devoir vous laisser »
Quand on est
Avec un couple amoureux
Et leur besoin d’intimité,
Moment où il faut le dire, s’absenter.
« Je vais devoir vous laisser. »
C’est aussi une séparation,
Un changement d’employeur,
Un déménagement, une coupure.
« Je vais devoir vous laisser »
Seront sans doute mes dernières paroles
Avant de vous quitter définitivementt
Car ça sera le moment
Où la vie me quittera à jamais.
Je vais devoir vous laisser,
C’est aussi le moment
Où j’en ai trop ou assez.
« Je vais devoir vous laisser »
Est l’expression de ma liberté.
Gilles Lagrois, Auclair, 2 mai 2012
Je suis
Où j’en suis rendu
Rien de moins
Rien de plus.
Je suis
Ce que j’ai vécu
Familiallement parlant,
Mais aussi en amitié, au travail,
Aux études et même
Aux différents lieux où j’ai vécu.
Je suis
La somme de mes expériences
De vie, de plaisir, de joie
Autant que de mes peines, tritesses et malheurs.
Je suis tout cela
À la fois, un être à part
Que je nomme moi.
Je fus. Je suis. Je serai
Par tous les temps que j’ai vécus.
Je ne suis pas ce que je suis,
Je suis en devenir.
En société on est ce que l’on fait.
Quand on ne fait plus rien,
On n’est plus rien.
Il en est de même
Pour le couple et l’amour,
On est un palliatif de l’autre
Rarement le contraire,
Ce que je refuse
De moi et de l’autre.
Je suis pensée, imagination
Pulsion, folie et création.
Je suis différent d’hier
Et encore davantage demain.
Je suis l’importance, la dimension,
La grandeur, l’intérêt, la portée
Le prix, la valeur que je me suis accordés.
Je suis bien quand je me vois bien,
Je suis mal quand je ne me vois plus.
La vie est ce que je pense
Si c’est ce que je vis.
La vie n’est pas ce que je suis
La vie est ce que je pense.
Plus encore la vie est
Ce que je fais de ma vie
Avec et sans les autres
Car la vie c’est savoir s’exprimer
Pour vivre de l’intérieur d’abord.
Je suis où je suis rendu.
Gilles Lagrois, Auclair, 17 avril 2012
Heureux celui qui m’abandonne,
Il me rend à moi-même.
Je suis depuis très souvent seul
Et je m’y habitue.
Il n’y a plus de place
Dans notre société
De consommation
Pour les lents, les trouillards,
Les peureux, les non agressifs,
Dans un monde blessé, déchiré
Par la vie accélérée au quotidien
Comme moi qui suis une taupe
Par son aspect solitaire
De survivant autocratique.
Ce que je veux
C’est de n’être que moi.
Je ne veux pas être plus ou moins,
Seulement un être à part
Qui décide pour lui-même
Et choisit de vivre autrement.
Je préfère attendre
Plutôt que d’être encombré
Ou soumis par habitude.
Je préfère ne rien dire
Et continuer par choix
Que de tarir une relation
Qui me convient par besoin
Et malgré tout a ses avantages.
Le plaisir est un choix à deux
Sinon je deviens dépendant,
Obéissant, repu, saturé
De l’autre qui devient ma source,
Mon plaisir, ma drogue.
Trop c’est comme pas assez
Et ça dans tous les domaines.
La terre est en danger,
Je refuse de me mettre en danger
Pour le plaisir de ta présence continue.
Par sa nature même,
Chaque esprit est condamné
À souffrir et à jouir en solitude.
Les sensations, les sentiments,
Les intuitions, les imaginations,
Tout cela est privé
Et, sauf au moyen de symboles,
De mots, et de seconde-main,
Incommunicables aux autres.
Nous voir nous-mêmes
Comme les autres
Nous voient ou perçoivent
Est un don fort salutaire et rare.
Trop est pas assez sont deux excès.
L’abondance et la famine
Sont donc deux fléaux.
Je ne veux pas être
Ni l’un ni l’autre
Seulement un participant
Et un observateur de l’âme.
Je n’aspire à aucune gloire,
À aucun bonheur et amour éternel.
Âme d’ambitieux, assez lucide,
Assez séparé des autres
Ou assez malade
Pour mépriser tous les objets convoités
De son ambition, de ses désirs
Et son amition même.
Telle est sans doute ma condition.
Ce que je souhaite surtout
C’est de pouvoir vivre
Ma vie à ma manière
Parfois de solitaire parfois d’être aimé.
Je recherche avant tout
Ta présence et ton amitié partagée.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec, 12 juin 2012