KNOX Malcolm---SHANGRILA

19/10/2012 17:11 par livresentete

  • KNOX Malcolm---SHANGRILA

    KNOX Malcolm---SHANGRILA

    19/10/2012 17:11 par livresentete

KNOX Malcolm

SHANGRILA, Asphalte éditions, 2012, 509 pages

 

Un roman bien intéressant, un personnage pittoresque, bien intrigant, très solitaire, bien dans sa tête et troublant, champion d’un sport unique … le surf,  dans un pays fascinant à découvrir, l’Australie. Un roman dans un style de langue très moderne et de vocabulaire jeune genre …ouais…nan….

« Tu faisais que surfer.

T’entendais dire « Dennis Keith laisse son surf parler pour lui. »

Tu te souviens même plus le nombre de fois où t’a lu ça.

Le seul truc vraiment juste qu’on a jamais dit sur toi dans la presse surf.

Plus important, t’en a pas parlé à M’man. » page193

 

Gilles lagrois, Auclair, Québec

 

Pour en savoir davantage :

 

« Shangrila est le premier roman traduit en français de l'australien Malcolm KNOX. La traduction est parfois un véritable parcours du combattant. Pour ce livre, le premier point qu'il est important de soulever est le travail extraordinaire de Patricia Barbe-Girault. De par DK, le personnage atypique, et ce flot d'événements, le roman traduit prend tout son sens, et le moment de lecture est un vrai plaisir. Par ailleurs, la quatrième de couverture, bien écrite, est un assez bon aperçu du roman : 

Dennis Keith, alias DK, cinquante-huit ans, cent quinze kilos, vit camouflé derrière ses Ray-Ban et retiré dans un village de retraités avec sa vieille mère, ses troubles obsessionnels compulsifs et sa paranoïa. L’arrivée d’une jeune journaliste vient perturber sa routine : elle compte écrire sa biographie pour faire enfin le jour sur son passé et sa carrière mythique. Car DK, jeune prodige de la Gold Coast et premier champion du monde de surf, était une légende dans les années 1970. Bon gré, mal gré, il accepte de se replonger dans ses souvenirs : la succession de compétitions, sa dépendance aux drogues, la rivalité avec son frère, sa petite amie assassinée… 
Shangrila est un roman sur la culture surf, sa médiatisation progressive, mais aussi un grand livre sur l’ambition et la célébrité.

 

L'écriture de Malcolm Knox est, dans ce livre, divertissante - au sens étymologique du terme - et on ne peut plus vivante. Cette écriture, semée d'embûche sémantiques et textuelles révèle ainsi un véritable talent de traducteur. En effet, le personnage principal du roman - qui est aussi le narrateur - a une écriture parlée. Ses phrases sont ponctuées de fautes d'orthographes, de mots tronqués, d'oubli de négation, etc. ce qui, ajouté à un univers au vocabulaire aussi technique que le surf. La complexité narrative vient s'ajouter à ce souci de compréhension. En effet, à certains moments, la voix de DK est floue - il parle parfois à la troisième personne -  et le lecteur pourrait croire qu'il ne s'agit pas de lui.

 

Ce même personnage de Dennis Keith est une personnalité intéressante à lire. Il pourrait être rapproché de Lennie, dans Des souris et des hommes de John Steinbeck. Insaisissable, niant l'identité, renfermé dans son cocon, le lecteur ne parvient pas réellement à l'approcher au fil des 509 pages. De plus, un nouvel univers s'ouvre aux néophytes, celui du surf. Le lecteur suit DK dans ses compétitions, et suit en parallèle son évolution, découvre son cadre de vie, etc. Très riche thématiquement, brisant ainsi l'ennui, Shangrila s'identifie comme accessible au lecteur, quel qu'il soit.

 

Ce style, aux allures pataudes mais au final très maîtrisée, révèle un personnage et un roman qui pourrait être qualifier de bon roman. Le lecteur est emporté dans l'histoire et se laisse happer par DK, caractéristiques non négligeables pour que la lecture soit un plaisir."

 

Shangrila, Malcolm KNOX, Asphalte, mai 2012

www.actulitteraire.canalblog.com

BROUILLET Chrystine---LA CHASSE EST OUVERTE, polar ****

14/10/2012 16:40 par livresentete

  • BROUILLET Chrystine---LA CHASSE EST OUVERTE, polar ****

    BROUILLET Chrystine---LA CHASSE EST OUVERTE, polar ****

    14/10/2012 16:40 par livresentete

BROUILLET Chrystine

LA CHASSE EST OUVERTE, la courte échelle, 2012, 333 pages

 

Bon roman du genre policier-polar de Chrystine Brouillet qui avec ses qualités d’auteure nous entraîne dans une enquête complexe et enrichissante avec la détective Maud Graham qui enquête sur la mort  d’un personnage qui a réussit dans sa vie professionnelle et sociale mais qui avait beaucoup d’ennemis ou de rancunes parmis ses connaisssances.

Gilles Lagrois, Auclair, Québec

 

Pour en savoir davantage :

 

« Tout le monde au Québec le connaît. Il fait la une régulièrement. Il est envié et détesté à la fois. Il est richissime, puissant, sans pitié en affaires. Et coureur de jupons, en passant. Mais son règne est terminé.

La nouvelle sera vite relayée par les médias : celui qu’on surnomme l’empereur, Bernard Saucier, vient d’être assassiné dans son domaine, après une fête bien arrosée. Une balle en plein coeur.

 

C’est le point de départ de La chasse est ouverte. L’inspectrice de Québec Maud Graham mène l’enquête. Secondée par ses collègues habituels, évidemment. Et toujours aussi impatiente du résultat. Toujours aussi fébrile, instinctive, à l’affût.

 

Bien sûr qu’elle va finir par y arriver. Par dénouer les fils de l’affaire et mettre la main au collet du ou des meurtriers. Ça fait partie du jeu. Mais contrairement à ce qui se passe habituellement dans cette populaire série née il y a un quart de siècle sous la plume de Chrystine Brouillet, ce n’est pas seulement le comment qui est mis en avant ici.

 

Oui, on aura droit encore une fois à tout ce qui trotte dans la tête de l’enquêtrice, à ses interrogations, ses errements, ses éclairs de génie, tandis qu’elle avance, piétine, recule et résout finalement le tout. En soi, c’est captivant.

 

En parallèle, on aura aussi accès, comme de raison, aux pensées secrètes du ou des meurtriers, à leurs actions, à leurs motivations, à leur passé. Avec, en filigrane, comme toujours, cette question : comment, pourquoi en vient-on à tuer ?

 

Mais la nouveauté, c’est qu’on ne sait pas, cette fois, qui a tué. On n’en sait pas plus que Maud Graham là-dessus. On possède des informations auxquelles elle n’a pas encore accès, c’est vrai. On croit détenir les clés.

 

On se dit même que c’est un peu facile, un peu trop évident, cette fois. Mais tout cela pourrait bien nous amener à faire fausse route, finalement. Astucieuse, Chrystine Brouillet. Avis aux habitués de la série : on sort de notre zone de confort, ici. C’est un plus, il va sans dire.

 

On ne saura qu’à la toute fin ou presque qui a assassiné l’empereur. Entre-temps, on aura fait le tour, deux fois plutôt qu’une, de tous les suspects potentiels identifiés par Maud Graham et son équipe. Et il y en a une pelletée.

 

Bernard Saucier avait tellement d’ennemis. Pas seulement dans le milieu des affaires, où, en plus de se montrer impitoyable, il ne marchait pas toujours droit. Les écolos l’avaient aussi dans leur mire : il s’apprêtait à ériger un énième complexe hôtelier au bord d’une rivière sans se soucier des ravages pour l’environnement ni du sort des personnes expropriées.

 

Sans compter la maîtresse qu’il venait de rabrouer. Au téléphone. Sans avertissement préalable. Du jour au lendemain, ouste. Terminées les galipettes avec cette femme mariée qui en était venue à se renier pour lui, par amour pour lui.

 

Ce n’est pas tout. Il y a ceux et celles qu’il a humiliés au fil des ans, pour toutes sortes de raisons, dans toutes sortes de situations. Il y a son aversion pour les gais, en particulier.

 

Du genre à se croire tout permis, ce type, de son vivant. Le genre d’homme détestable au possible. Comment avoir la moindre sympathie pour un mort tel que lui ?

 

Ça aussi, c’est rare, dans les Maud Graham : qu’on ne se mette pas à la place de la victime. Mieux : que la victime apparaisse plus odieuse, d’une certaine façon, que son ou ses assaillants. À première vue.

 

Et puis, au-delà de la vengeance pure et simple, il y a la question d’argent qui pourrait très bien jouer un rôle dans ce meurtre. À qui profite le crime ? Aussi bien chercher une aiguille dans une botte de foin.

 

Bernard Saucier, divorcé trois fois, était père de nombreux enfants, dont certains dans la vingtaine. Sans compter les membres de sa famille élargie, ses protégés, tous ceux qui escomptaient se partager son héritage.

 

Bienvenue dans l’univers des gens riches et célèbres. L’auteure décrit tout ce beau monde à merveille. Avec, parfois, un sourire en coin. À elle seule, la description des trois ex de l’homme d’affaires, toutes trois sur le même modèle de la Barbie blonde, vaut le détour.

 

D’ailleurs, les personnages, dans l’ensemble, sont assez typés, chacun à sa façon. C’est dans les petits détails que ça se passe. Les petits détails grossis, parfois jusqu’à frôler la caricature. Mais ça aussi, ça fait partie du jeu.

 

On s’interroge en cours de route sur ce qui apparaît comme des invraisemblances. Mais la fin nous réserve une vraie surprise. Même si l’on sent que l’auteure force un peu la note, on assiste à un revirement de situation inattendu.

 

Plus fort, donc, côté suspens, ce Maud Graham. Mais tout aussi savoureux, du fait même de la personnalité de l’enquêtrice. Rien à voir avec les enquêteurs solitaires, dépressifs, alcoolos qu’on retrouve très souvent dans les polars en général.

 

Maud Graham est toujours aussi gourmande, bonne vivante, amoureuse. Et angoissée, à sa manière. Outre la spécificité de son métier, outre son habileté et sa ténacité sur le terrain, elle est tout ce qu’il y a de plus ordinaire, somme toute, dans le quotidien. Et cet « ordinaire » fait sa spécificité.

 

Quand on la voit vivre entourée de sa tribu, cela nous donne des moments de répit. On ne reste pas collé au sordide tout le temps, on alterne entre deux univers contrastés. Et c’est ce contraste qui est intéressant.

 

Si Maud Graham continue d’être obsédée par ses enquêtes une fois rendue à la maison, elle ne se pose pas moins de questions sur le couple, sur la féminité, sur la famille, sur l’amitié. Ces questions ne réinventent pas la roue. Mais elles ont le mérite de faire aussi partie de notre quotidien à nous. »www.ledevoir.com

JE SUIS UN GRAIN DE SABLE

07/10/2012 19:22 par livresentete

Je suis un grain de sel ou de sable

Peu importe c’est peu.

Je ne suis qu’un grain

Bien qu’il soit  énergie atomique

Car je suis là pour durer

Et resplendir par ma vitalité.

Ce grain peut nourrir un oiseau

Ou alimenter en sel au besoin.

Les choix sont multiples.

 

Je suis peu

Face à l’immensité

De cette marée humaine

Puissante et dominante.

 

Il me reste des projets,

 Des désirs à concrétiser.

Tout est possible en pensée,

Il suffit d’y croire, de se  réaliser.

Suis-je  la concrétisation

D’un rêve de mes céateurs ?

Suis-je moi-même un rêve

Ou un rêveur actif?

Le rêve est possible

Car il vient d’un désir inassouvi

Ou d’une appétence inavouable.

Peu importe j’en suis l’origine :

Une pensée spontanée intense,

Une source d’énergie incontrôlable.

 

Nous sommes faits de rêves,

Les rêves sont faits de nous.

S’il fait beau dans tes rêves,

Il fait beau dans ta vie

Sinon tu as un obstacle

À vaincre ou à éviter.

 

Les rêves,

Les réaliser ou

Les laisser passer

Sans les combattre ?

Il ne faut pas résister,

Il suffit de les éviter,

De les oublier sans leur accorder

L’importance qu’ils n’ont pas

Sinon ils prennent racine

Et nous accablent.

 

Le rêve fait aussi partie

De nos ambitions,

De nos vœux non réalisés.

 

Les rêves ont l’importance

Que je leur accorde.

Ils sont menaçants,

Je les laisse passer.

J’évite d’y penser,

De les entretenir

Car comme le jardin

Les rêves prennent racine

Et survivent

Sauf si je les néglige,

Oublie de les arroser

De mon énergie active.

 

Je n’entretiens pas

Ce que je ne souhaite pas,

Y penser c’est déjà

Lui accorder l’importance

Que ce rêve n’a pas

Comme ce puits

Qui peut être

Une terreur enfantine

Ou une source intarrissable

De vie.

J’ai le choix,

Je suis responsable de mes choix,

À moi de les assumer,

D’en faire un projet ou un rejet.

La liberté commence

Où j’en suis rendu dans ma vie.

À moi de décider

Ou de passer, de nier

Ce mauvais choix

Car personne n’imagine

Qu’il ne sera pas heureux.

Personne ne projette volontairement

De ne pas être heureux.

Voilà mon véritable choix.

 

Gilles Lagrois, Auclair, Québec, SEPTEMBRE 2012

SÉGUIN MARC---HOLLYWOOD

07/10/2012 19:00 par livresentete

  • SÉGUIN MARC---HOLLYWOOD

    SÉGUIN MARC---HOLLYWOOD

    07/10/2012 19:00 par livresentete

MARC SÉGUIN, auteur du Québec

HOLLYWOOD, Leméac, 2012, 182 pages

 

Dans ce roman le sytle, le genre, le présent, le passé, l’amitié, l’amour, le doute se marient avec un bien-être et un confort éloquent. L’histoire est touchante par sa réalité, son actualité, ses possibilités au quotidien. L’auteur décrit nos vécus sans honte et comme un miroir c’est à chacun de nous d’y voir sa réalité. « …ne faire confiance qu’à celui qui doute. » « De tous les gestes, c’est l’aveu qui commande le plus d’efforts et de courage. » «  Les limites sont souvent celles de nos corps. »

Gilles Lagrrois, Auclair, Québec

 

Pour en savoir davantage :

 

« Tragégie aux excès de pathos et de fatum hollywoodien, hyper-drame américain de peu de personnages que ce roman nouveau de Marc Séguin. Le narrateur, amoureux fou de sa Branka survivante aux snipers de Sarajevo, enceinte de lui jusqu’aux oreilles, la voit mourir d’une balle inexplicablement perdue un 24 décembre 2009 à Jersey City. Il sauvera le bébé à l’arraché, avant de fuir dans une course contre sa douleur. Aspirant à sombrer dans le contraire de la mémoire, il plongera plutôt dans une spirale de souvenirs qui deviennent, récit oblige, le chemin presque sacré d’un destin improbable. Il se gardera pour la fin un retournement à la fois subtil et hénaurme.

 

L’histoire est dure: tout y finit, rien n’y recommence. Les ficelles sont grosses. Les coïncidences tragiques s’atomisent sur cinq personnages, façon Wajdi Mouawad où le malheur s’abat de pire en pire sur chacun. On pense au film Magnolia de Paul Thomas Anderson où Los Angeles — tiens, tiens! — est réduit à une dizaine de personnages qui vivent tous un drame à l’exact même moment. www.ledevoir.com

 

« Son premier roman, La foi du braconnier, était campé dans l'univers de la chasse et imprégné d'une spiritualité atypique. Marc Séguin fait un revirement à 180 degrés avec Hollywood, roman mettant en scène une héroïne athée qui cherche à prouver que Dieu n'existe pas, après avoir été atteinte par une balle perdue dans les rues du New Jersey. Artiste visuel, il a aussi exploré l'imagerie du 11 septembre (terroristes, écrasements d'avions, édifices en ruine) dans son œuvre picturale. 
 
Branka Svetidrva est une jeune femme croate violée par des soldats serbes, qui tombe amoureuse d'un garçon qui travaille dans une agence s'employant à effacer les traces numériques de cet événement. 
 
Les femmes, dans ce roman de Marc Séguin, traversent les épreuves avec une force inouïe et s'en sortent presque intactes. « Je l'avoue, dit-il, je déifie les femmes. Je trouve qu'elles sont encore trop souvent placées dans une position hypersexualisante ou qu'elles sont emprisonnées dans une image restrictive. Du moins aux États-Unis, sauf dans quelques États plus progressistes. » 
 
- Hollywood, de Marc Séguin, Leméac


www.radio-canada.ca

 

« « Pendant la guerre d’ex-Yougoslavie, j’étais gardien de sécurité à l’hôpital Sacré-Cœur de Montréal. Je me souviens d’une nuit où des membres d’organismes présents sur le terrain sont venus nous montrer une vidéo tournée là-bas sur laquelle ils avaient mis la main, ce qui n’était pas aussi évident en 90 ou 91 qu’aujourd’hui. On voyait les atrocités que l’armée perpétrait. Ça m’avait profondément marqué de voir des gens qui pillaient des maisons et des villages, décimaient des familles au complet », répond Marc Séguin, en marge de la parution de son deuxième roman, Hollywood, quand on lui demande pourquoi il a choisi de faire orbiter son histoire se déployant sur plusieurs décennies et plusieurs continents autour d’une survivante de Sarajevo et pas d’une autre guerre (le choix est tristement vaste, lui fait-on remarquer).

« Cette guerre-là condense l’hypocrisie de son époque. Pendant les Jeux olympiques de 1984, Sarajevo, c’était un modèle, les querelles ethniques étaient cachées sous des paravents. »

Avec sa prémisse en forme d’ode à la rédemption dont la Mecque du cinéma dégoulinant de beurre ferait ses choux gras, Hollywood revendique d’abord sans ironie son titre (mais pas pour longtemps). Branka, réfugiée vivant désormais au New Jersey, doit incessamment donner naissance à un enfant. Sur le pas de la porte de son immeuble, une balle fauche la jeune femme qui avait jusque-là esquivé les nombreux tirs la visant précisément. Sous le choc, son amoureux (le narrateur) part à la dérive dans les rues de New York, en ressassant chaque instant de sa courte relation avec cette libre-penseuse qui, avec la conviction de la survivante, pimentait ses conversations de réflexions lumineuses sur la fragilité de l’existence et l’élasticité des convictions.

Au même moment, l’ami d’enfance du narrateur, l’astronaute Stan, fait la manchette pour s’être détaché de sa capsule spatiale dans un geste suicidaire que la planète peine à interpréter avec justesse. « J’ai relu le roman en mai, confie Séguin, et j’ai trouvé ça très, très dur. Les gens qui l’ont lu depuis m’appellent, bouleversés. À ce compte-là, ma job est peut-être faite comme artiste, parce que je crois que n’importe quelle bonne œuvre de fiction devrait être un obstacle pour les gens. Un roman ne devrait pas nous rassurer sur notre condition. »

Armé d’un radical désir de ne pas sombrer dans les eaux édulcorées du divertissement béat, le célèbre peintre vomit, dans Hollywood, cette Amérique qui aurait troqué l’hégémonie morale des religions pour celle plus abrutissante de la culture de masse. Pas de réponses toutes faites ici, plutôt une kyrielle de phrases suspendues par des points d’interrogation ainsi que des attaques frontales contre le lent travail de sape que la télévision et le cinéma opéreraient sur l’imaginaire collectif.

« Ça s’appelle Hollywood, parce qu’on sait que le narrateur contrôle l’information qu’il nous fournit. Le narrateur revit lui-même sa relation avec Branka en flash-back, de manière hollywoodienne. C’est sa job dans la vie, en plus : contrôler ce que les gens sauront ou ne sauront pas. » www.lelibraire.org

SÉGUIN Marc---LA FOI DU BRACONNIER

04/10/2012 19:46 par livresentete

  • SÉGUIN Marc---LA FOI DU BRACONNIER

    SÉGUIN Marc---LA FOI DU BRACONNIER

    04/10/2012 19:46 par livresentete

SÉGUIN Marc

 

LA FOI DU BRACONNIER, Leméac, 2009, 149 pages

 

Il y a longtemps que je n’avais rencontré dans un roman, un personnage masculin aussi typé, avec ses projets, ses visions de la vie, des croyances, des relations mâle-femmelle tant humaines qu’animales, une attitude positive sur la vie animale et son environnment. Un grand roman touchant par sa spontanéité, sa franchise, l’acceptation de ses limites et la reconnaissance de ses capacités et qualités personnelles. Un auteur à découvrir pour son authenticité, sa vision humaine et planétaire.

Un style de roman touchant que l’on poursuit telle une tâche importante à réaliser.

Gilles Lagrois, Auclair, Québec.

 

Pour en savoir davantage :

 Description
Prix littéraire des collégiens 2010

Marc S. Morris est un chasseur. À demi Mohawk, dans son sang coule une amertume brûlante nourrie de désillusion et, s’il tue les bêtes, c’est pour éviter de tuer les hommes. Pourtant, Marc S. Morris a la Foi, aimerait avoir la Foi. Devenir pape, par exemple. Ou aimer une femme. Dédier sa vie.

C’est le lendemain d’un suicide raté que le narrateur raconte, comme dans un ultime sursis, les dix dernières années au cours desquelles il a silloné en pick-up le continent à la recherche de cette grandeur qui l’aurait transporté. Vu du ciel, son parcours dessine des kilomètres de mots rageurs qu’il trace minutieusement sur les veines mêmes de cette Amérique qui le déçoit.

Ce récit a la texture de la terre dans laquelle on a planté un couteau, la lumière des tabeaux du Titien, une narration ponctuée de références à Nirvana comme à saint Augustin, et pour trame de fond des événements majeurs, joués par des acteurs plus ou moins anonymes, témoignages décapants de ce tournant du millénaire.

Ce que nos libraires en pensent
Dans son premier roman, l’artiste visuel de réputation internationale frappe très fort. Son personnage, métis, parcourt les routes du nord du continent afin de sublimer une révolte face à lui-même et à un monde en déliquescence. Dans son périple transfrontalier, les sursauts de l’âme de Marc S. Morris ont la violence de plaques tectoniques qui s’entrechoquent. Cette catharsis veut ébranler une certaine mythologie nord-américaine. Un roman minéral, végétal, bestial, passant par la virulence d’un affrontement tant avec la nature qu’avec une certaine « civilisation », avant de se conclure dans la rédemption du personnage avec l’acceptation de l’amour enfin trouvé. Un roman absolument pas banal, qui a le mérite de nous absorber entièrement et qui pose d’existentielles questions. Tout comme dans ses tableaux, Séguin affirme ici un style percutant et très personnel.
Yves Guillet, Le Fureteur

 

La Foi du braconnier. Éd. Leméac, 2009, 150 p.

Pont entre soi et l’Amérique

Issu d’un métissage blanc et mohawk, Marc S. Morris cherche sa voie dans cette Amérique qui le déçoit tant. Sans cesse éperonné par ses pensées identitaires, il mène, pendant dix ans, une quête épuisante, qui le décide à rendre l’âme. Son acte manqué l’oblige à s’accrocher à une bouée qu’il trouve en Emma.

Quête amoureuse, précédée d’une quête spirituelle menée au séminaire de Montréal afin de se consacrer à la prêtrise sous le patronage d’un évêque avec lequel il entretient des liens amoureux. Cet éminent prélat lui indique le sentier à suivre dans une lettre qu’il lui envoie avant de mourir. Avoir la foi du charbonnier, en l’occurrence du braconnier, mettrait fin à ses tourments. C’est ce qu’il croit, mais le chasseur en lui l’amène ailleurs « pour ne pas tuer des hommes ». La chair des caribous et des canards ira mijoter dans les chaudrons du restaurant qu’il ouvrira pour subvenir aux besoins de sa femme et de sa fille. La cynégétique sert d’ailleurs de toile de fond à ce roman instructif sur l’art de dépecer le gibier et de l’apprêter. Quel délice que « les tripes de chevreuil mijotées avec des bébés choux de Bruxelles à la menthe » !

Homme entier, il fonce dans la vie pour satisfaire ses impulsions primaires, qui le conduisent aux quatre coins de l’Amérique en parcourant avec son pick-up le trajet qu’il a tracé sur une carte géographique. Trajet marqué par un fuck you qu’il avait écrit pour se soulager de son mal de vivre. Le f se trouvant quelque part dans l’Ouest canadien et le u, situé en particulier entre Maniwaki et la Baie James, où il se rend pour chasser. Road novel qui s’effectue au rythme de la musique de Cohen et de réminiscences littéraires. Cette course calme sa conscience devant le combat de la vie qu’on ne peut livrer sans aimer. Aimer une femme « comme une prière qui se serait réalisée. ». Aimer pour ne pas se sentir comme le fruit d’un continent corrompu.

En somme, sans palliatifs comme les religions, ce héros à moitié autochtone veut se construire un pont entre son monde intérieur et son américanité. Pas l’Amérique de Joe Dassin avec « tous les sifflets des trains, toutes les sirènes des bateaux » qui chantent « la chanson de l’Eldorado ». Son discours lyrique est frappé à l’effigie de la testostérone. Sans la puissance évocatrice d’une langue crue et d’une écriture vive, le roman serait un buffet présenté sans liens entre les mets. Mais il gagne en crédibilité avec la révolte authentique d’un homme conscientisé, qui développe sa résilience en dépit de la mort parce qu’il a entrevu la beauté du monde à travers une toile de Titien. » www.litteraturequebecoise.com/critique

 

CARRISI Donato---LE TRIBUNAL DES ÂMES: thriller

01/10/2012 22:56 par livresentete

  • CARRISI Donato---LE TRIBUNAL DES ÂMES: thriller

    CARRISI Donato---LE TRIBUNAL DES ÂMES: thriller

    01/10/2012 22:56 par livresentete

DONATO CARRISI

LE TRIBUNAL DES ÂMES, calmann-lévy, 2012, 459 pages

Roman du genre thriller-grands frissions très réussi par sa dramaturge, le style prenant de l’auteur, les nombreux personnages incongrus mais attachants, les rituels impressionnants et vraisemblables. Tout dans ce roman nous entraîne vers une connaissance approfondie  de l’homme et de ses limites temporelles.  

Gilles Lagrois, Auclair, Québec

 

Pour en savoir davantage :

« Le tribunal des âmes de Donato Carrisi - Les crimes commencent par des aveux

 

Lecture d'un premier mai de PP - A Rome, Marcus a perdu la mémoire et est pourtant le seul à pouvoir élucider la disparition d'une jeune étudiante kidnappée. Il croise la route de Sandra, enquêtrice photo pour la police scientifique. Elle a perdu son mari tombé du haut d'un immeuble mais ne croit pas à la version de l'accident. Ils devront choisir entre la vengeance et le pardon.

 

Rome. Sa dolce vita, son Capitole, ses foules de pèlerins, ses hordes de touristes. Sa pluie battante, ses sombres ruelles, ses labyrinthes souterrains et ses meurtriers insaisissables. Marcus est un homme sans passé. Sa spécialité : analyser les scènes de crime pour déceler le mal partout où il se terre. Il y a un an, il a été grièvement blessé et a perdu la mémoire. Aujourd'hui, il est le seul à pouvoir élucider la disparition d'une jeune étudiante kidnappée. Sandra est enquêtrice photo pour la police scientifique. Elle aussi recueille les indices sur les lieux où la vie a dérapé. Il y a un an, son mari est tombé du haut d'un immeuble désaffecté. Elle n'a jamais tout à fait cru à un accident. Leurs routes se croisent dans une église, devant un tableau du Caravage. Elles les mèneront à choisir entre la vengeance et le pardon, dans une ville qui bruisse encore de mille ans de crimes chuchotés au coeur du Vatican. À la frontière de la lumière et des ténèbres.

 

 

Le tribunal des âmes

Auteur : Donato Carrisi

traduit de l'italien par Anaïs Bokobza

Éditeur : Calmann-Lévy, Paris

 

 

Vous vous souvenez du Chuchoteur de Donato Carrisi. Les plus fins observateurs verront ici une affirmation car ce livre, que nous avions aimé, donc conseillé, et qui a reçu deux prix (notamment le prix SNCF du polar européen et le prix des lecteurs du Livre de Poche 2011), a marqué les esprits des lecteurs du genre. Tout le monde pourra se réjouir cependant car, que vous le connaissiez ou non, son dernier roman,  Le tribunal des âmes (Calmann-Lévy), est un vrai petit bijou de suspens.


A juste titre, on pourrait croire que le FBI est le plus grand bureau d’archives criminelles du monde, mais beaucoup l’ont réfuté pour tourner tous les regards vers le Vatican. Info ou intox ? Donato Carrisi sème le doute.


Deux personnages apparaissent en alternance, mais tout porte à croire que l’intrigue va bien au-delà, vers un ou plusieurs individus qui se cachent dans le noir pour ne pas nous dévoiler trop tôt le mystère qui règne tout au long de cette histoire.


David est mort depuis deux mois, mais Sandra ne veut pas récupérer ses affaires au commissariat car cela confirmerait sa disparition et elle n’est pas prête. Pourtant, un agent d’Interpol va la convaincre et l’amener à rouvrir l’enquête sur ce qui pourrait s’avérer être un meurtre et non un accident. Les seuls indices sont des photographies – noires ou incompréhensibles – prises avec un vieil appareil.


De son côté, Marcus a perdu la mémoire, mais il est le seul agent – le seul pénitencier – à pouvoir résoudre une affaire de disparition alors que le coupable est déjà identifié, mais dans le coma à l’hôpital. Où séquestre-t-il cette fille qui appartient à une longue liste de disparues ? Cette question va l’amener bien plus loin qu’il l’aurait imaginé et lui permettre de résoudre d’autres énigmes jusqu’à maintenant non élucidés.


Vous l’aurez compris, plusieurs enquêtes se dissimulent au cœur d’une même enquête, mais jamais on ne perd de vue l’objet principal de ce roman, à savoir l’implication du Vatican dans toutes les affaires de meurtres ou de péchés mortels. Donato Carrisi nous a fait l’honneur de dire quelques mots à notre caméra. Son discours est inquiétant et soulève beaucoup de questions… »

www.philippepoisson.com

 

Le tribunal des âmes de Donato Carrisi

POBI Robert---L'INVISIBLE: thriller

18/09/2012 22:05 par livresentete

  • POBI Robert---L'INVISIBLE: thriller

    POBI Robert---L'INVISIBLE: thriller

    18/09/2012 22:05 par livresentete

POBI Robert

L’INVISIBLE, Sonatine Éditions, 2012, 425 pages

 

Très bon roman  du genre polar-thriller car les grands frissons sont présents du début à la fin dans un style immuable, inaltérable d’écriture et l’élaboration de la succession des événements  est complètment démentielle. Les personnages sont intenses, concevables mais complexes, insaisissables tant ils sont hors de portée de notre dimension de vie réelle. Un grand roman, un auteur à découvrir, à garder en mémoire et à escorter.

Gilles Lagrois, Auclair, Québec  

 

Pour en savoir davantage :

 

« Montauk, Nouvelle-Angleterre. Jack Cole revient pour la première fois depuis près de trente ans dans la maison où il a grandi. Son père, Jacob Coleridge, un peintre reconnu et célébré dans tout le pays à lÂ’égal de Jackson Pollock, y vit reclus depuis des années, souffrant de la maladie dÂ’Alzheimer. Son état a récemment empiré et une crise de démence lÂ’a conduit à lÂ’hôpital. Si ses jours ne sont pas en danger, ses moments de lucidité sont rares. Jack, qui a le corps entièrement tatoué dÂ’un chant de LÂ’Enfer de Dante, souvenir dÂ’une jeunesse perturbée, est lui aussi un artiste en son genre.

Travaillant en indépendant pour le FBI, il possède un don unique pour lire les scènes de crime et entrer dans lÂ’esprit des psychopathes. Alors quÂ’un terrible ouragan sÂ’approche des côtes, Dan Hauser, le shérif de la ville, profite de la présence de Jack pour lui demander de lÂ’aider à résoudre un double assassinat, celui dÂ’une femme et dÂ’un enfant dont on ignore les identités.

 Devant la méthode employée par le tueur, Jack ne peut sÂ’empêcher de faire le lien avec un autre crime, jamais résolu, le meurtre de sa mère lorsquÂ’il avait 12 ans. Alors que le village est bientôt coupé du monde par la tempête, les meurtres se succèdent et Jack est bientôt convaincu que son père connaît lÂ’identité de lÂ’assassin.

La clé réside-t-elle dans les 5 000 mystérieux tableaux quÂ’il a peints inlassablement ces dernières années et qui semblent constituer une sorte dÂ’étrange puzzle ? CÂ’est dans lÂ’esprit de son père que Jack va cette fois devoir entrer, comme il entre dÂ’habitude dans celui des criminels, pour trouver une vérité complètement inattendue.
Dans ce premier roman impressionnant, Robert Pobi sÂ’intéresse à un trait commun que partagent artistes, médecins et policiers, celui dÂ’interroger obsessionnellement les apparences afin dÂ’atteindre, peut-être, la vérité qui se cache derrière. Avec une efficacité et une maîtrise dignes des plus grands auteurs de thrillers, il tient le lecteur en haleine de la première à la dernière page, au fil dÂ’une intrigue machiavélique, jusquÂ’au coup de théâtre final, qui place le livre au niveau des plus grandes réussites du genre. »

www.babelio.com

 

·« Christelle, 2012

 

« Voilà le type de lecture que j'aime et qui me pousse à dévorer chaque page. Pour un premier roman, Pobi excelle dans cet écriture parfaitement maîtrisé et tenir en haleine le lecteur. Les personnages ont une personnalité attachante, l'intrigue montante sans jamais redescendre et les crimes qui peuvent choqués nous invitent dans une intimité avec ce tueur presque malsaine mais qui ne m'a pas dérangé.
Je ne dévoilerais rien mais la fin est un revirement auquel on ne s'attend pas et qui fait de ce thriller, un petit bijou. Le suspens est bien construit qui me rappelle un genre Seven ou le silence des agneaux. On est simplement bluffé et ce sera mon coup de coeur du

           mois. »www.babelio.com

 

« Avec son premier thriller, le Canadien Robert Pobi nous amène dans la ville de Montauk (Nouvelle-Angleterre) qui se prépare à "accueillir" un ouragan d'une force brutale et quasi sans précédant . L''agent spécial du FBI Jake Cole, acteur central de cette intrigue, est un homme au corps entièrement tatoué du 12ème chant de L'Enfer de Dante, réminiscence d'un passé tortueux qui n'a pas de mal à se rappeler à lui en la personne de son vieux père Jacob atteint de la maladie d'Alzheimer et qui vient de frôler la mort : celui qu'il a fui pendant trente-trois ans a besoin d'être maintenu en maison de repos quand débute l'action, soit trois jours avant le déchaînement des éléments et... de la "vraie" folie.

 Ce difficile retour dans la maison familiale, jonchée de détritus mais également des peintures de Jacob Coleridge, créateur visionnaire à l'égal de Jackson Pollock ou de Francis Bacon, ne serait rien si un appel à la collaboration de Mike Hauser, le shérif du coin, ne rappelait pas Jake à de sombres souvenirs de jeunesse.

 La macabre découverte de deux corps écorchés vifs fait alors écho à l'assassinat non résolu de la mère de cet agent fédéral, retrouvée dépecée de la même terrifiante manière en 1978, sans qu'aucun suspect ne soit appréhendé.

 A l'instar de ce père honni mais célèbre, Jake a développé un don particulier d'observation très développé pour lire les scènes de crime, comme si lui-même pouvait en reconstituer les moindres nuances à partir des indices laissés par la palette du meurtrier : "je peins les morts", résume-t-il justement.

Fort de cette acuité exceptionnelle et malgré les mises en garde de son père, Jake ne tarde pas à identifier cette nouvelle affaire à son propre traumatisme qui l'a conduit à exercer ce métier, à tomber comme son père dans l'alcool et la drogue, puis à s'échapper à New York. Et si le fil invisible, la pièce manquante de ce puzzle sanglant se nichait dans l'héritage des milliers de portraits du même "homme sans tête" exécutés par ce père halluciné et abandonnés à l'intention de Jake, tel un vaste code à déchiffrer ? Pourquoi Jérémy, le fils de Jake venu avec sa mère le retrouver à Montauk avant l'imminence de la tempête, parle-t-il d'un mystérieux individu qu'il nomme "l'homme du sol" et qui ressemble étrangement à cet "homme de sang" (Bloodman est le titre original du roman) reproduit tant de fois par Jacob ?


Quand le lecteur croit détenir une piste, deviner l'identité de l'écorcheur, sachez que vous n'êtes pas du tout au bout de vos surprises avec ce thriller machiavélique qui n'est pas sans rappeler, monde de l'art oblige, le premier roman de Jesse Kellerman, Les visages.

Car la fin déjoue toutes les hypothèses échafaudées même si elle aussi n'est pas sans rappeler celle d'un excellent polar…

L'ouragan qui touche terre insuffle alors une forte tension, les éléments se déchaînent, c'est tout le roman qui sombre dans la folie et le chaos, tandis que se multiplient les crimes sordides. Le rythme devient aussi frénétique que l'action, nous précipitant vers un dénouement aussi glauque qu'impitoyable »

www.babelio.com

SAVOIE Jacques---UNE MORT HONORABLE

15/09/2012 15:09 par livresentete

  • SAVOIE Jacques---UNE MORT HONORABLE

    SAVOIE Jacques---UNE MORT HONORABLE

    15/09/2012 15:09 par livresentete

SAVOIE Jacques :

LES SOUPES CÉLESTES, Fides, 2005, 264 pages + recettes.

 

Très bien. J’ai beaucoup aimé. Rebondissements continus. Philosophie économique intéressante. À lire sans faute, une gâterie.

 

UNE MORT HONORABLE, Libre Expression, Expression noire, 2012, 309 pages

 

Roman du genre polar-enquête policière québécois très réussi : pas de carnage, de violence spectaculaire mais une enquête subtile, sensée, accrochée. Le style de l’auteur coule et nous entraîne dans sa quête obsessionnelle avec sa mère malade et un congé salutaire. Un bon roman à découvrir.

Gilles Lagrois, Auclair, Québec

 

Pour en savoir davantage :

 

«Description du livre

« À la fin de Cinq secondes, l'enquêteur Jérôme Marceau est victime d'un violent coup de bâton de baseball. Huit mois plus tard, il s'apprête à partir au volant d'un minivan acheté d'occasion à un certain Sanjay Singh Dhankhar.

En inspectant son véhicule, Jérôme découvre du sang coagulé. Il suit une piste qui le mène tout droit à un crime d'honneur… mais il n'y a pas de corps. Il apprend aussi que les jours de sa mère sont comptés.

Les notions de crime d'honneur et de mort honorable s'entrecroisent là où Jérôme Marceau aura à faire la part des choses. Il élucidera le crime d'honneur tout en accompagnant sa mère dans les derniers moments de sa vie. »www.edlibreexpression.com

 

La mort aux trousses

Le polar Une mort honorable est dans la lignée de la retentissante affaire Shaf Danielle Laurin

 

L’auteur Jacques Savoie

À retenir

Une mort honorable

Jacques Savoie

Libre Expression

Montréal, 2012, 312 pages

Et de deux. Après Cinq secondes (Libre Expression), qui lui a valu le prix Saint-Pacôme du roman policier 2010, Jacques Savoie poursuit sa série mettant en scène l’inspecteur atypique Jérôme Marceau, mulâtre manchot. Celui que ses collègues surnomment Aileron, à cause de son « petit bras » surmonté d’un moignon, va montrer à tous de quel bois il se chauffe. » www.ledevoir.com

 

« L'auteur des Lavigueur, la vraie histoire nous arrive avec une intrigue policière. C'est l'enquêteur Jérôme Marceau qui, bien malgré lui, est en convalescence suite à une sauvage agression, nous guidera à travers une histoire d'honneur, de traditions et de mensonges.

En fait tout part de la nouvelle voiture qu'il achète d'un certain Sanjay Singh Dhankhar.. En inspectant sa nouvelle acquisition, il découvre une tache de sang. Envers et contre tous, il suit une piste qui le mène à un crime d'honneur. Mais un crime d'honneur présumé puisqu'il ne parvient pas à localiser le corps de la victime.

J'arrête de trop en dire, parce que c'est un bonheur de lire le dénouement de cette histoire. Dès les premières pages du roman, Jacques Savoie sait comment nous accrocher, nous titiller et éveiller nos sens. Une lecture qui passe trop vite »

www.montreal.rougefm.ca

PLAMONDON Éric---MAYONNAISE

10/09/2012 15:42 par livresentete

  • PLAMONDON Éric---MAYONNAISE

    PLAMONDON Éric---MAYONNAISE

    10/09/2012 15:42 par livresentete

 PLAMONDON Éric

MAYONNAISE, Le Quartanier, Montréal, 2012, 200 pages

Roman  envoûtant  avec ses cent-treize fragments qui se succèdent au rythme des

personnages,  des récits et des pensées profondes de trois hommes acolytes : l’auteur, le principal personnage Gabriel Rivages dont le destin se mêle ici à celui de Richard Brautigan, l’écrivain qui a changé sa vie.

Un auteur à découvrir, un roman passionnant par ses retours sur le passé et sur les  inventeurs américains qui ont transformé la vie des consommateurs de la planète.

Le jeu de rôle de chacun est entraînant, intimiste, attachant.

J’ai le goût de faire une recherche sur l’existence et l’œuvre de Richard Brautigan, écrivain et poète américain très particulier et sympathique.

 

Gilles Lagrois, Auclair, Québec

 

Pour en savoir davantage :

 

« Éric Plamondon connaît le secret de la mayonnaise.

Je me suis réveillé en nage, comme un enfant émerge d’un cauchemar de loup-garou. Dans le rêve dont je venais d’être expulsé, Éric Plamondon et Richard Brautigan participaient à l’émission du Cuisinier rebelle. Un épisode sur la préparation d’une mayonnaise parfaite. Pendant que Plamondon et l’animateur tatoué comparaient leurs tournemains, Brautigan, écrivain américain mythique, confiné à l’extrémité gauche du cadre, éclusait whisky par-dessus whisky.

Dernière scène vue: avant de passer à une pause publicitaire, Monsieur Rebelle requiert la collaboration de Brautigan afin d’élire ze meilleure mayo. Le dernier des beatniks obtempère et trempe son pif aquilin dans chacun des bols, avant que son visage ne se fende d’un sourire équivoque, identique à celui qu’il affiche sur la couverture de son roman L’avortement.

Composé de 113 fragments, Mayonnaise, deuxième tome de la trilogie "1984" d’Éric Plamondon (Hongrie-Hollywood Express avait l’an dernier libéré Johnny Weissmuller des limbes du showbiz), est d’abord l’histoire de Gabriel Rivages et de son obsession pour Brautigan, miroir de ses propres carences et de ses propres angoisses. Mayonnaise est aussi une jubilatoire manière d’envisager la narration comme un incessant zapping entre différents sujets (la pêche, le divorce des parents de Rivages, l’invention de la machine à écrire, les menus détails de la vie de Brautigan, son suicide), différentes époques et différents genres (un bout de poème peut suivre une revue de presse). Avec la désinvolture des chefs maniaquement minutieux, Plamondon découpe et ordonne des fragments dont la complémentarité n’est pas toujours d’emblée évidente. Et pourtant… Josée di Stasio parlerait sans doute d’une "cuisine de produits".

Zapping entre différents sujets, donc, mais toujours ce ton quasi encyclopédique, qui répudie tout lyrisme. Si bien que lorsque Plamondon s’abandonne à un élan vaguement émotif, l’effet saisit: "Sur Internet, j’ai trouvé un exemplaire de La pêche à la truite en Amérique dédicacé de la main de Brautigan qui date de 1971. Il est à vendre pour sept cent cinquante dollars. C’est bien mieux qu’une télé couleur." »www.voir.ca/livres

 

« Ce blog

 

 

Ce blog

 

 

 

 

 

 

mercredi 4 avril 2012

La citation de la semaine - Éric Plamondon (Mayonnaise)

 

Éric Plamondon
Photo: Le Quartanier Rodolphe Escher

 

 

L'année dernière, à pareille date, on aurait pu me décerner le titre de Miss Hongrie-Hollywood Express tellement je me suis emballée, avec raison, pour ce livre. Cette année le titre de miss Mayonnaise me siéra  très bien.

Dans ce 2e tome de la trilogie 1984, on retrouve le style littéraire qui m'a tant plu dans ce que j'appelle affectueusement HHE. Des chapitres courts, des anecdotes, des regroupements surprenants comme la marque Remington qui a commencé par la fabrication de carabines et qui s'est spécialisé dans les machines à écrire, avec les lettres qui font tchac! comme une balle.

Mayonnaise rend hommage à Richard Brautigan tant par sa forme, en rappelant le style de cet auteur atypique, que par le texte, en relatant les moments importants dans la vie du dernier des beatniks. Pour m'aider à patienter avant la parution de Mayonnaise, j'ai relu un livre de Brautigan. Cet auteur est tellement important que j'espère que ce roman d'Éric Plamondon donnera envie à plusieurs personnes de le découvrir.

Le plus beau dans tout ça c'est que malgré l'influence évidente de Brautigan, Éric Plamondon a trouvé un style qui lui est propre. D'ailleurs, c'est pour ça, que j'ai déjà hâte de lire le prochain et dernier tome de la trilogie 1984, Pomme S qui portera sur Steve Jobs et la fameuse publicité pour le lancement du Macintosh.

 

«J'ai tiré sur un nuage. C'était le plus beau jour de ma vie. Mon père m'avait offert une carabine à plomb et je savais qu'on ne peut pas tuer un nuage.»

- Éric Plamondon, Mayonnaise, Le Quartanier, p.53

www.librairievaugeois.blogspot.ca

 

« Jubilatoire, malgré tout

Publié le 03 avril 2012

L’Oreille tendue a eu l’occasion — c’était le 6 janvier 2010 — de rendre compte du pamphlet de Jean-Loup Chiflet, 99 mots et expressions à foutre à la poubelle (2009). Parmi ces mots et expressions, il y avait jubilatoire :

Voilà, le nouveau ton de l’enthousiasme est donné. Plus question de se contenter de se réjouir avec réserve et discrétion. Non ! On se doit de commenter notre plaisir avec des cris plutôt qu’avec des chuchotements, des applaudissements et des vivats, qui peuvent même aller jusqu’à l’hystérie collective suivie de pâmoison (p. 79).

Sans suivre Chiflet dans tous ses emportements, l’Oreille n’hésite pas à reconnaître que jubilatoire est beaucoup utilisé, voire trop.

C’est pourtant le mot qui lui vient à la bouche à la lecture des deux premiers titres de la trilogie romanesque 1984 d’Éric Plamondon, Hongrie-Hollywood Express (vol. I, 2011) et Mayonnaise (vol. II, 2012).

Pourquoi 1984 ? Parce que le nageur et acteur Johnny Weismuller, le «héros» du premier roman, meurt cette année-là, qui est aussi celle du suicide de l’écrivain Richard Brautigan, le héros du deuxième. 1984, c’est aussi l’invention du Macintosh : Pomme S (à paraître) mettra en scène Steve Jobs.

Pourquoi jubilatoire ? L’Oreille aime l’utilisation par Éric Plamondon des listes et des énumérations. Elle aime son érudition, cinématographique notamment, mais pas seulement : technique, scientifique, historique, japonaise.

Elle aime son refus de la linéarité. Elle aime l’Amérique qu’elle est invitée à parcourir (dans le temps, dans l’espace). Elle aime le choc entre eux des courts chapitres, prose ou vers, qui font les livres, et l’extravagance de leurs titres. Elle aime l’évident plaisir qu’a l’auteur à citer (des étiquettes aux textes littéraires), et sa croyance dans l’univers des correspondances. Elle aime qu’il ne tombe pas dans les travers linguistiques de l’époque (à quelques «au niveau de» près).

 Elle aime entendre la rumeur concrète du monde, mais sans souci exagéré de réalisme. Elle aime que la matière des mots soit matière à jeu («Détroit / Des trois, je préfère le dernier : / dessins, / des saints, / des seins», vol. I, p. 133). Elle aime que s’exprime, dans 1984, une humanité sans épanchement ni narcissisme. Elle aime le soin apporté aux tables des matières, qu’aimait lui aussi Richard Brautigan (vol. II, p. 124-125). Elle aime l’art de l’absurde («Francis Ford Coppola bouge les lèvres sur l’écran. J’en conclus qu’il doit être question de cinéma ou d’autre chose», vol. II, p. 126) et le sens du rythme (répétitions, variations, reprises — anaphores).

Dans Mayonnaise, Michel Braudeau est cité, au sujet de Tokyo-Montana Express, de Brautigan :

Cela tient du haïku et du croquis sur un bout de nappe, du vide-poche et de l’autoportrait de l’artiste en puzzle. Un long bouquet de ces feux d’artifice que Baudelaire appelait des fusées (p. 32).

Aussi bien, voilà qui pourrait décrire les deux romans d’Éric Plamondon.

Jubilatoire, donc, oui, malgré tout.

[Complément du 23 mai 2012] »

www.oreilletendue.com

R.J. ELLORY---LES ANGES DE NEW YORK...polar

10/09/2012 14:29 par livresentete

  • R.J. ELLORY---LES ANGES DE NEW YORK...polar

    R.J. ELLORY---LES ANGES DE NEW YORK...polar

    10/09/2012 14:29 par livresentete

R.J. ELLORY

LES ANGES DE NEW YORK, Sonatine, 2012, 551 pages

Très bon roman du genre polar de R.J. ELLORY. Roman bien construit qui nous entraîne, nous envahit par son rythme et sa profondeur. Un policier est aux prises avec les actes passés de son père également policier ayant une figure mythologique dans la police de New York. Un must à lire pour amateur du genre.

Gilles Lagrois, Auclair, Québec

Pour en savoir davantage :

« Avec Les Anges de New York, R.J. ELLORY s'attaque à une nouvelle figure de la mythologie américaine: la police de New York, une thématique déjà explorée par des auteurs comme Robert Daley (Le Prince de New York) et Ed McBain (toute la saga du 87e district).

Ça va mal pour Frank Parrish, inspecteur de police du NYPD, solitaire, alcoolique, obsédé par son métier! Son partenaire a été tué dans des circonstances horribles, il est l'objet d'une enquête des affaires internes, sa femme l'a quitté, ses enfants le boudent, ses relations avec la hiérarchie sont tendues et il doit consulter une psychologue de la police pour tenter de résoudre ses nombreux problèmes, dont celui (le plus épineux de tous) de sa relation passée avec son père, mort assassiné après avoir été une figure légendaire des Anges de New York, des flics d'élite réputés pour avoir nettoyé Manhattan de ses gangs.

Alors que Parrish se débat au milieu de ses problèmes existentiels se présente une affaire en apparence banale: le meurtre d'un jeune dealer, abattu en pleine rue. La routine, quoi! Mais quand la jeune soeur du voyou est retrouvée étranglée, ce qui aurait pu n'être qu'un simple fait divers devient une affaire plus complexe. Parrish est convaincu qu'un tueur en série est à l'oeuvre et se met en chasse.

En alternance avec les différentes étapes de cette enquête, riche en suspense, qui obsède et inquiète le personnage principal, nous avons droit à une série d'entretiens avec sa psychologue, au cours desquels il va lui raconter la véritable histoire des «anges». À travers ce récit tout à fait passionnant, c'est toute une partie de l'histoire de la ville qui est évoquée, notamment la construction de l'aéroport JFK et les incroyables transactions criminelles qui ont présidé au projet.

Les Anges de New York est une oeuvre paradoxale. À bien des égards, c'est un polar passionnant, où Ellory déploie avec brio ses multiples talents de conteur et de styliste, voire d'historien (les pages sur New York sont remarquables). Par ailleurs, soyons honnête, il n'y a pas grand-chose d'original dans cette histoire qui accumule sans vergogne les cas de figure les plus convenus du genre: le flic marginal, grand buveur, obsédé par son boulot, un tueur de jeunes femmes, etc.

Mais ce qui distingue le véritable écrivain du tâcheron de service, le chef du marmiton, c'est l'art subtil d'accommoder les restes. Malgré une impression parfois gênante de déjà-lu, un dénouement un peu précipité et quelques longueurs dans la deuxième partie, ce roman est bien plus qu'un banal récit de procédure policière. C'est le portrait flamboyant d'un homme sincère, malheureux, torturé, en quête de justice et confronté à un terrible dilemme: sachant que la vie d'une personne en dépend, un policier peut-il refuser d'obéir aux ordres et agir en dehors des règles, au risque de perdre son boulot? La réponse est dans les dernières pages... »

www.lapresse.ca