DICKER Joël---LA VÉRITÉ SUR L'AFFAIRE HARRY QUEBERT

27/11/2012 03:22 par livresentete

  • DICKER Joël---LA VÉRITÉ SUR L'AFFAIRE HARRY QUEBERT

    DICKER Joël---LA VÉRITÉ SUR L'AFFAIRE HARRY QUEBERT

    27/11/2012 03:22 par livresentete

Dicker Joël

LA VÉRITÉ SUR L’AFFAIRE HARRY QUEBERT, Éditiobns de Fallois/L’âge de l.Homme, 2012, 663 pages

 

Roman du genre polar-enquête judiciaire remarquable par son  style fluide, coulant, des personnages complexes, fascinants  mais tellement invraisemblables, des événements qui nous entraînent  dans deux époques inter reliées par la douleur, la sincérité et l’amour qui enchaînent des êtres complètement indéfinissables mais liés les uns aux autres par la vie spontanée,  incontrôlable de chacun.

Un grand roman. L’impression de vivre trois romans dans un seul roman bouleversant. J’ai eu l’impression d’en être un participant passif.Tout s’enchaîne dans un mouvement de tourbillon entraînant.

 Un tourne-page sans contredit.Un immense talent d’auteur à découvrir.

 Grand Prix du Roman de l’Académie française 2012.

 

Gilles Lagrois, Auclair, Québec

 

Pour en savoir davantage :

 

 Résumé :

« À New York, au printemps 2008, lorsque l'Amérique bruisse des prémices de l'élection présidentielle, Marcus Goldman, jeune écrivain à succès, est dans la tourmente : il est incapable d'écrire le nouveau roman qu'il doit remettre à son éditeur d'ici quelques mois.

Le délai est près d'expirer quand soudain tout bascule pour lui : son ami et ancien professeur d'université, Harry Quebert, l'un des écrivains les plus respectés du pays, est rattrapé par son passé et se retrouve accusé d avoir assassiné, en 1975, Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans, avec qui il aurait eu une liaison.

Convaincu de l'innocence de Harry, Marcus abandonne tout pour se rendre dans le New Hampshire et mener son enquête. Il est rapidement dépassé par les événements : l'enquête s'enfonce et il fait l'objet de menaces. Pour innocenter Harry et sauver sa carrière d écrivain, il doit absolument répondre à trois questions : Qui a tué Nola Kellergan ? Que s'est-il passé dans le New Hampshire à l'été 1975 ? Et comment écrit-on un roman à succès ?

Sous ses airs de thriller à l'américaine, La Vérité sur l'Affaire Harry Quebert est une réflexion sur l'Amérique, sur les travers de la société moderne, sur la littérature, sur la justice et sur les médias. »

www.babelio.com

 

« Attention… risques d'insomnie ! Entre fausses pistes, coups de théâtre et rebondissements en chaîne, Joël Dicker nous offre un roman captivant qu'il est très difficile, voire impossible, de lâcher une fois commencé. Vous voilà prévenus ! J'ai dévoré ces 670 pages savamment maîtrisées en 2 jours…
Marcus Goldman a écrit un premier roman au succès retentissant.

Mais depuis, c'est la page blanche. Il appelle à l'aide son mentor, Harry Quebert, grand romancier américain qui lui a tout appris. Cependant, Quebert est arrêté pour le meurtre d'une adolescente, Nola Kellergan, disparue trente ans plus tôt et avec laquelle il entretenait une liaison secrète. Malgré le scandale, Goldman se rend sur place pour soutenir et faire innocenter son ami. Son éditeur, à qui il devait rendre un nouveau manuscrit, l'oblige à écrire sur cette juteuse histoire au succès assuré.

L'Affaire Harry Quebert prend donc forme sous nos yeux. Un manuscrit dangereux pour l'auteur, car non seulement il risque de lui faire perdre un ami, mais encore parce qu'il se retrouve menacé par un habitant d'Aurora (New Hampshire) où le drame s'est déroulé. Qui a intérêt à ce que la vérité reste cachée ? Et, quelle est cette vérité ? le roman alterne entre la vie à Aurora aujourd'hui, au cœur de l'enquête, et trente ans plus tôt, en revenant sur la genèse de cette tragique disparition.

La vérité sur l'affaire Harry Quebert est une fiction remarquablement bien construite où le lecteur assiste à la naissance d'un roman dans un autre roman. Au-delà de l'intrigue au suspense incroyable, l'auteur révèle une peinture des moeurs de l'Amérique, une analyse sans complaisance de la nature humaine, une réflexion sur le métier d'écrivain et sur la création littéraire. Ce livre nous parle de la vie, de nous, de nos contemporains. Tout y est dit : les travers, les secrets, les démons, les personnalités aussi diverses que torturées, le rôle dictateur des médias, la pompe à fric du monde éditorial, les affres de l'écriture. Il nous parle aussi d'amour et d'amitié.

Autant dire que Joël Dicker est un sacré bon raconteur d'histoires ! Certes, tout n'est pas parfait, et si on cherche la petite bête, on peut reprocher à l'auteur le côté caricatural (mais franchement drôle) de certains personnages secondaires (l'éditeur, la mère...). Il y a quelques passages répétitifs, des pièces du puzzle qui s'assemblent trop parfaitement pour qu'on ne flaire pas un peu l'artifice. Mais qu'importe, ce sont des défauts mineurs comparés au plaisir de lecture que procure à chaque instant ce roman, car
"Un bon livre, Marcus, est un livre qu'on regrette d'avoir terminé."

www.babelio.com   une lectrice

COELHO Paulo---BRIDA

21/11/2012 23:15 par livresentete

  • COELHO Paulo---BRIDA

    COELHO Paulo---BRIDA

    21/11/2012 23:15 par livresentete

COELHO Paulo

BRIDA, Flammarion, 2010, 297 pages

 

Roman basé sur la spiritualité venant des traditons des Ancêtres depuis la naissance de l’homme à la recherche de la magie, du plaisir, de l’amour, des forces divines en l’homme même d’aujourd’hui.

« Quand tu voudras connaître quelque chose, plonge dedans. » p. 11

« Il est plus difficile de changer ce qui se trouve à l’extérieur que ce qui est à l’intérieur. » p. 154

« … il est plus facile de livrer son âme que sa façon de s’habiller. » ...en changeant à l’extérieur, elle s’était transformée intérieurement…

« garder toujours ouvert le pont entre le visible et l’invisible… »

« Le sexe, c’était les retrouvailles avec le sens de la vie. »

« Sexe…phénomène qui atteint son intensité que  lorsque l’on perd le contrôle »

« …chercher peut être ausssi intéressant que trouver… »

« Ce qui pousse vers cette extase, se sont les cinq sens. Plus ils sont stimulés, plus forte sera l’excitation. Et plus ton extase sera profonde.»

« Le diable se cache dans les détails. » proverbe allemand

« Ne pas changer la volonté des autres. » p. 206

« Ne pas écarter les autres devant lui. Ni les obliger à marcher pour lui. »

 

« N’aie jamais honte, accepte ce que la vie t’offre… »

« Que ton chemin soit de Paix dans les moments de Paix, et de Combat dans les moments de Combat. Ne confonds jamais un moment avec l’autre. »

« L’amour est la liberté »

 

Gilles Lagrois, Auclair, Québec

 

Pour en savoir davantage :

 

« Brida, une jeune Irlandaise à la recherche de la Connaissance, s'intéresse depuis toujours aux différents aspects de la magie, mais elle aspire à quelque chose de plus. Sa quête l'amène à rencontrer des personnes d'une grande sagesse, qui lui font découvrir le monde spirituel : un mage habitant la forêt lui apprend à vaincre ses peurs et à croire en la bonté de l'univers ; une magicienne lui explique comment danser au rythme du monde et invoquer la lune. Brida part alors à la rencontre de son destin. Parviendra-t-elle à réconcilier sa vie amoureuse et son désir de tout quitter pour devenir sorcière ?
Ce roman enchanté renoue avec des thèmes chers aux lecteurs de Paulo Coelho : le conteur y tisse un récit qui mêle amour, passion, mystère et spiritualité. »www.babelio.com

 

« "Brida" est une jeune femme irlandaise, face à son destin, et qui s'interroge sur le choix du bon chemin parmi ceux qui se présentent à elle. Elle rencontre un magicien qui l'initie à l'introspection au cours d'une étrange cérémonie, une nuit, au milieu des bois. Il sera aussi un intermédiaire qui lui permettra de rencontrer Wikka qui deviendra son professeur en sorcellerie...
Au cours de ce cheminement initiatique, Brida finira par découvrir que la grande quête de tout être humain n'est autre que la recherche de l'autre partie de soi même, de son alter ego : le Grand Amour.
Attachement à la nature, écoute de ses intuitions, éveil des sens... Il n'en a pas fallu plus à la critique pour parler de "Brida" comme le roman New-age de Paulo Coelho. Peu importe, New-age ou non, la question principale de ce roman reste : Et si la recherche du partenaire n'était rien d'autre que la recherche de soi ? On le voit : du Coelho, et du grand... » www.babelio.com un lecteur

 

« C'est le premier livre de Paulo Coehlo que je lis. Personnellement, je trouve que l'histoire est simple, empreinte de poésie et quelque peu banale... Mais reste que la lecture de ce livre est très agréable et cela se lit d'une traite.
Donc on découvre l'histoire d'une jeune irlandaise qui souhaite découvrir son Don et être initiée à la magie, pour cela elle part à la découverte un vieux Magicien, le magicien de Folk qui va l'initier à la Tradition du Soleil (qui enseigne les secrets à travers l'espace et tout ce qui nous entoure, tandis que la Tradition de la Lune, enseigne les secrets à travers le temps), le vieux magicien lui fera découvrir la Nuit obscure.
Elle ne sait pas encore que le vieux magicien est son Autre Partie, ce qu'elle découvrira bien plus tard. Toute l'histoire se base sur ce concept capital : l'Autre Partie. Qu'est-ce que l'Autre Partie ? C'est simple, l'âme se divise en deux, et chacun a le devoir de retrouver son Autre Partie et ces retrouvailles se nomment "amour".
Ainsi on découvre les différentes étapes de son initiation grâce à sa maîtresse, Wicca et on partage ses doutes, ses angoisses ou encore ses quelques rares visites au Magicien.
Et puis on remarque que l'auteur puise dans ses souvenirs pyrénéens ; où il est question dans un bref chapitre de l'histoire des cathares.
Bref, ce roman rassemble tous les ingrédients d'un roman new age. » www.babelio.com Lazaro : un lecteur

Arto PAASILINNA---LE POTAGER DES MALFAITEURS AYANT ÉCHAPPÉ À LA PENDAISON *****

19/11/2012 20:22 par livresentete

  • Arto PAASILINNA---LE POTAGER DES MALFAITEURS AYANT ÉCHAPPÉ À LA PENDAISON *****

    Arto PAASILINNA---LE POTAGER DES MALFAITEURS AYANT ÉCHAPPÉ À LA PENDAISON *****

    19/11/2012 20:22 par livresentete

PAASILINNA Arto

 

LE POTAGER DES MALFAITEURS AYANT ÉCHAPPÉ À LA PENDAISON, Denoël & d’ailleurs, 2010,342 pages

 

Un bon roman par son contenu, son style, son originalité de sujet  «  est-ce que la justice est vraiment rendue » pour les non condamnés…qui le méritent pourtant par leur décadence et méfaits sociaux. Un roman intéressant et bien mené par son auteur.

Gilles Lagrois, Auclair, Québec

 

Pour en savoir davantage :

 

« Le héros du Potager des malfaiteurs ayant échappé à la pendaison, l’inspecteur principal de la sécurité nationale finlandaise Jalmari Jyllänketo, est envoyé en mission dans un centre de culture biologique, l’« étang aux rennes ». Pour ce faire, il se fait passer pour un contrôleur biologique, stratagème qui lui permettra de découvrir un mode de fonctionnement un peu particulier : vu le prix de la main-d’oeuvre, et pour faire donner son plein rendement à une champignonnière située au fond d’une mine, les responsables du centre font travailler comme esclaves des malfaiteurs divers qu’ils séquestrent. Loin d’être choqué par le procédé, l’inspecteur principal va faire prospérer ce système d’exploitation, et ce d’autant plus volontiers qu’il n’est pas insensible au charme de l’horticultrice Sanna Saarinen.

On retrouve dans ce roman très drôle la fluidité narrative habituelle de Paasilinna. Certains de ses procédés comiques sont devenus familiers à ses lecteurs : toujours faire précéder le nom complet de ses héros de leur fonction, ou raconter de la façon la plus plate et la plus neutre possible les situations les plus extravagantes. Le ton, lui, change. Comme ceux du Cantique de l’apocalypse joyeuse ou ceux du plus amer Un homme heureux , les héros du Potager sont pris dans des aventures qui les amènent à un changement total de vie, lequel correspond souvent à une plus grande fusion avec la nature. Mais, de livre en livre, les romans sont de plus en plus moqueurs, comme si Paasilinna lui-même prenait aussi de moins en moins au sérieux cette capacité de refaire sa vie. Et paradoxalement grandit, en même temps que leur drôlerie, le nihilisme de ces romans uniques, nihilisme que même une « conscience » écologique très clairement affirmée parvient de plus en plus mal à masquer. » www.magazine-litteraire.com

    de la fantaisie et de l'humour à revendre....

« Une « thérapie » par le travail forcé !

La fantaisie et l'humour sont toujours aux postes de commande chez Arto Paasilinna et ce dernier roman est une cerise sur le gâteau.
Des justiciers organisés décident de faire appliquer la loi à leur manière ...Il ne s'agit pas d'exécuter des malfrats mais de leur « offrir » un cadre social où ils puissent réparer les torts causés.
C'est ainsi qu'une femme volontaire et énergique décide de lutter en bâtissant un « centre d'éducation moral expérimental »....
Grâce à cette main d'œuvre bénévole, un domaine agricole moderne et écologique peut vivre, prospérer et servir de modèle....
Il suffit « d'embaucher » sous la contrainte, mais souvent avec ruse des délinquants et des malheureux « égarés du bon chemin » !

En haut lieu, la sécurité nationale finlandaise décide d'enquêter sur cet ancien kolkhoze reconverti en exploitation agricole performante.
Elle dépêche donc sur place un inspecteur principal qui va mener une enquête sérieuse et minutieuse, clandestinement par infiltration dans cette entreprise située à l'ouest de la Laponie....
Notre inspecteur, devenu contrôleur du ministère de l'agriculture, arrivé sur place, découvre le pot aux roses...Il observe, médusé, des champignonnières géantes implantées dans le sous sol d'une ancienne mine de fer, exploitée autrefois par des communistes autorisés à mettre en pratique les principes communistes.
Le projet initial ayant avorté, le projet actuel est d'une toute autre nature puisqu'il s'agit d'un camp de travail où des a-sociaux de toutes conditions contractent un CDD ou même un CDI !
D'innombrables crapules trouvent ainsi à l'étang aux Rennes « un nouveau sens à leur vie, plus pur et plus honnête »....
Le lecteur ne s'ennuie pas un instant. Il est invité à suivre l'histoire extravagante de cet inspecteur et de ses nouveaux amis, à la recherche de nouveaux clients....
Non adepte, et de loin à la justice dite populaire et surtout à l'utilisation de milices privées, j'ai pourtant bien ri et parfois-je l'avoue humblement- apprécié le sort réservé à certains délinquants économiques comme ces PDG qui, prisonniers vont se retrouver, eux aussi, dans la mine :
« Grâce à leurs bonus, les patrons des grandes entreprises empochaient chaque année des millions, et tout cela pour jeter l'argent par les fenêtres et mener une politique qui avait conduit le pays entier au bord de la ruine ».

J'ai alors déposé quelques minutes mon livre et j'ai pensé un court instant que cette histoire pouvait inspirer de nouvelles pratiques :
Si un jour on pouvait contraindre tous ces affameurs à travailler et à suer comme font tant d'autres !

Mais ce n'est qu'un rêve et l'histoire, une fiction plaisante, poétique, voire même un peu morale !

Jean-François Chalot, www.critiqueslibres.com

FERRARI Jérôme---LE SERMON SUR LA CHUTE DE ROME

19/11/2012 18:57 par livresentete

  • FERRARI Jérôme---LE SERMON SUR LA CHUTE DE ROME

    FERRARI Jérôme---LE SERMON SUR LA CHUTE DE ROME

    19/11/2012 18:57 par livresentete

FERRARI Jérôme

LE SERMON SUR LA CHUTE DE ROME, Actes Sud, 2012, 201, Gagnant du Goncourt 2012

 

Ce roman m’a touché par le style de l’auteur, sa maîtrise des mots, des émotions prolongées, des phrases envoûtantes rendant ainsi hommage aux personnages vivant dans l’austérité de la vie.

Gilles Lagrois, Auclair, Québec

 

Pour en savoir davantage :

 

« Dans « Le sermon sur la chute de Rome », l’auteur nous offre une variation sur le déclin du monde. Yves Simon a été conquis par son roman magnifique et ambitieux. »  

paru dans Match

 

« Début du roman : une photographie prise en 1918, fin historique du XIXe siècle. Elle montre une famille : la mère, cinq frères et sœurs ; manque Marcel, le dernier. La raison est simple, Marcel ne va naître qu’en 1919 lorsque son père sera rentré de la guerre. C’est sa vie fragmentée qui va se dérouler à notre lecture durant le XXe siècle et servir de toile de fond au livre de Jérôme Ferrari.

Fin du roman : un texte d’une lucidité aveuglante écrit à Hippone en 410 après J.-C. par saint Augustin. « Dieu a-t-il promis que le monde serait éternel ? » Non. L’homme ne bâtit que sur du sable, du vent, de l’éphémère. La chute de Rome n’est pas seulement la fin d’une ville et des Romains, mais celle d’une civilisation remarquable. Entre ces deux instants de l’histoire du monde se déroule un texte, une longue ­séquence qui chevauche les XXe et XXIe siècles, où deux jeunes gens, Matthieu et Libero, promis à un brillant avenir, vont finalement se déterminer tout autrement : l’argent, la sensualité, le sexe vont devenir leurs maîtres à penser. Ils s’établissent sur les lieux mêmes de leurs vacances de jeunesse, la Corse, pour y faire revivre un bar de montagne et tenter d’y bâtir, comme les a initiés Leibniz, « le meilleur des mondes possibles ». Matthieu et Libero sont notre actualité. La chute de Rome et la vie de Marcel, le grand-père de Matthieu, représentent le déroulement du temps, comme les rêves humains, inassouvis, qui croient que le monde est à leurs ordres et peut durer comme ils l’entendent : éternellement.

Superbe architecture pour ce livre puissant. Il y a là trois temps de l’Histoire : celui d’une civilisation, celui d’un siècle, celui d’une vie d’homme. C’est Fernand Braudel, le grand historien de la Méditerranée, qui nous a appris cela, ces trois temps pour penser l’Histoire et ses connexions entre les êtres et des temporalités qui les dépassent. Matthieu et Libero rejettent le monde où ils sont nés pour se mettre à vénérer celui dans lequel ils ont choisi de vivre. Nous sommes au cœur du roman. Le monde se rétrécit, et tout va se dérouler autour d’un bar où des filles recueillies dans des établissements glauques vont venir ornementer le lieu, de même qu’un chanteur, plutôt beau gosse, qui va distraire l’auditoire avec sa guitare et sa voix du Sud. Les clients affluent, du village, puis des environs, puis de la ville. L’argent, le vin, la peau des filles vont être le matériau enivrant de ce bar perdu où chacun entre pour tenter de se trouver une raison de vivre comme de survivre. Super feeling ! On s’alcoolise, on oublie, on se perd. Quoi de meilleur ?

L'auteur écrit en virtuosela fin d'un monde occidental

Libero et Matthieu foncent vers l’abîme mais n’en disent rien. Repus d’onguents illusoires qui les aseptisent et où ils se vautrent comme dans une kermesse d’apocalypse joyeuse, ils savent que les mondes sont des entités finies, avec un début et une fin. Tout en feignant une nonchalance calculée, ils savent qu’un jour viendra où il ne restera rien de cette caverne des ombres dans laquelle ils sont les maîtres du jeu. Ils avancent en aveugles vers des gouffres de décadence où ils ne peuvent que se briser. Un pistolet fait son entrée, dans un tiroir, sous le bar; une arme de la dissuasion, disent-ils. Arme incongrue par laquelle une tragédie, façon grecque antique, va se nouer.

Comment ne pas retrouver de sombres coïncidences avec le volcan décadent sur lequel nous sommes en train de danser ? Alors que nous parlons de droits acquis, une civilisation – la nôtre – est en train de mourir sous nos yeux, espérant qu’elle survive et renaisse, alors que tous les ingrédients de sa mort sont programmés. Fin de la beauté, fin d’une majesté, fin d’une époque, fin des savoirs et des civilités où tout allait de soi alors que tout allait survenir d’ailleurs, d’ailleurs de soi. Les autres, cet enfer. C’est la fin de la confiance, de la parole donnée ; c’est croire encore que l’autre est fiable, aimant, amoureux, qu’il ne peut trahir, quand la dissidence sourd de tous côtés, que les excès de toutes sortes – désinvolture, cynisme, sexe – balisent notre quotidien et le dégradent.

Jérôme Ferrari écrit en virtuose cette apocalypse corse, cette fin d’un monde occidental où chacun s’est cru éternellement l’empereur des destins. Pour ces raisons, « Le sermon sur la chute de Rome » est ce qu’il y a de plus abouti, de plus beau, de plus universel en cette rentrée littéraire. Il décrit la finitude et l’impermanence des choses pour laisser à saint Augustin le devoir d’en expliquer la chute inexorable.  »

www.parismatch.com

 

Un lecteur : litolff, le 21 septembre 2012

 

Tragédie classique aux accents apocalyptiques dans un petit village corse.
Jérôme Ferrari m'avait enchantée dans son précédent roman, « Où j’ai laissé mon âme », et cette fois-ci encore son écriture m'a enthousiasmée : ses phrases peuvent faire une page comme une demi-ligne et dans tous les cas, il vise juste et il captive.
J'ai beaucoup aimé cette histoire, assez sordide, il faut le dire, d'ambitions et de rêves effondrés, cette histoire pathétique de jeunes types immatures, incapables d'affronter la réalité et de percevoir l'inanité de leurs rêves.
Matthieu, jeune corse « parisien » autocentré, étudiant en philosophie s'associe à Libero, jeune corse « local » étudiant en lettres, pour reprendre le bar du village et redonner vie à la région… beau projet, oui mais, quand l'alcool, le sexe et la bêtise s'en mêlent, les choses peuvent se gâter. Parallèlement au parcours chaotique de Matthieu, on suit celui de Marcel, son grand-père, un rescapé du siècle qui a vu ses mondes s'effondrer.
Et puis il y a
Saint-Augustin, son sermon, la chute de Rome, et c'est là où j'ai trouvé que la comparaison était certes audacieuse, mais quand même pas mal tirée par les cheveux ! Avait-on besoin de Saint-Augustin pour décrypter le message et ses retombées philosophiques ? Je n'ai pas trouvé que les références augustines ( ?) étaient indispensables et elles ne m'ont pas particulièrement parlé …
Il n'en reste pas moins un texte magnifique pour raconter une histoire pathétique et universelle
 » www.babelio.com

DILLARD François -Xavier---UN VRAI JEU D'ENFANT, polar

19/11/2012 18:14 par livresentete

  • DILLARD François -Xavier---UN VRAI JEU D'ENFANT, polar

    DILLARD François -Xavier---UN VRAI JEU D'ENFANT, polar

    19/11/2012 18:14 par livresentete

DILLARD François-Xavier

UN VRAI JEU D’ENFANT,polar

 

Roman du genre polar relant une complicité qui devait être UN VRAI JEU D’ENFANTmais dans le fait trois destins vont se croiser place Vendôme dans le but de ramasser un butin de bijoux.

Trois vies sur le point de basculer. L’auteur écrit sa propre version des faits.

Gilles Lagrois, Auclair, Québec

 

Pour en savoir davantage :

 

« Résumé :

Et si le coup du siècle était aussi simple qu'un jeu d'enfant ?
Une étudiante fauchée accepte un job facile et bien payé : convoyer incognito la nouvelle collection d'un bijoutier de la place Vendôme.Personne ne pourra deviner qu'elle transporte des millions dans son sac à dos.
Ce sera un jeu d'enfant.

Un ex-taulard accepte un dernier coup avant de se ranger : intercepter une gamine dont le sac à dos est rempli de diamants. Une affaire sans risque et sans violence.
Un vrai jeu d'enfant.

Un flic en mal de reconnaissance se voit confier un dossier en or : un indic a parlé d'un sale coup qui se prépare place Vendôme.
Intervenir sera pour lui un jeu d'enfant.
Trois destins vont se croiser place Vendôme. Trois vies, sur le point de basculer...

www.babelio.com

 

· Cassy, 2012

 

 

« Un grand bijoutier de la place Vendôme recherche une jeune fille banale, qui se fond bien dans la masse afin de transporter ses dernières créations dans un sac chez un photographe. Emma est une étudiante qui a besoin d'argent, elle accepte immédiatement ce poste très spécial, pour elle cela ne présente aucun risque et puis, il faut le dire, l'idée est bonne et Emma passera totalement inaperçu. En parallèle, trois malfrats, au courant de cette histoire vont tout tenter pour intercepter les diamants Sauf que Marc, un policier, est lui aussi au courant…
Le gros point fort de l'histoire à mes yeux, ce sont les chapitres courts qui alternent les points de vue de tous les personnages de l'histoire. On se met à leur place, dans leurs têtes et on en apprend parfois plus sur leur passé. J'ai remarqué une grande qualité d'écriture car celle-ci s'adapte à chaque personnage, leur vocabulaire et la syntaxe des phrases diffèrent selon le type de personne. Exemple, un français très mauvais chez Ben qui vient des quartiers chauds…
On sait d'avance que rien dans l'histoire ne se déroulera comme prévu ce qui fait qu'on est tenu en haleine, on souhaite absolument savoir comment les choses vont tourner et on les redoute beaucoup. Les pages se succèdent à grande vitesse et il n'y a pas d'éléments inutiles ni de longueurs. Le passé des personnages nous aide à comprendre comment ils en sont arrivés là et il est vrai qu'on ne voit pas ça très souvent dans les thrillers. Chacun possède une personnalité bien définie et des réactions qui leur sont propres. J'ai eu l'impression de lire un vrai thriller, totalement plausible et non pas un thriller surfait avec des surhommes et beaucoup de bagarres spectaculaires.
Un vrai jeu d'enfant a été à la hauteur de mes attentes, d'autant plus qu'il s'agit du premier livre de Monsieur Dillard. Je lui souhaite une bonne continuation tout en attendant avec impatience son prochain roman ! »

un lecteur sur  www.babelio.com

FLYNN Gillian---***** LES APPARENCES

10/11/2012 19:27 par livresentete

  • FLYNN Gillian---***** LES APPARENCES

    FLYNN Gillian---***** LES APPARENCES

    10/11/2012 19:27 par livresentete

FLYNN Gillian

LES APPARENCES, Sonatine, 08.2012

 

Un excellent roman du genre polar-thriller par lequel l’auteure devient une référence. Ce roman de cinq étoiles ou cinq sur cinq est écrit avec un style doux, régulier, captivant, palpitant.

 Les personnages sont des êtres qui pourraient exister n’importe où sur la planète, car qui sait qui nous sommes et qui nous devenons. Amy le personnage principal est d’un raffinement rare car elle  peut prévoir ce qu’elle souhaite obtenir chez les autres et surtout leur faire exécuter ses moindres désirs et ainsi en devenir des victimes. Une grande auteure avec un style d’écriture imposant par ses qualités et ses capacités de rythme de l’intrigue à un jour près. Un «  must 

« »  à lire, un indéfectible du genre.

Gilles Lagrois, Auclair, Québec

 

Pour en savoir davantage :

 

«Résumé :

« À quoi penses-tu ? Comment te sens-tu ? Qui es-tu ? Que nous sommes-nous fait lÂ’un à lÂ’autre ? QuÂ’est-ce qui nous attend ? Autant de questions qui, je suppose, surplombent tous les mariages, tels des nuages menaçants. »

Amy, une jolie jeune femme au foyer, et son mari Nick, propriétaire dÂ’un bar, forment, selon toutes apparences, un couple idéal. Ils ont quitté New York deux ans plus tôt pour emménager dans la petite ville des bords du Mississipi où Nick a grandi. Le jour de leur cinquième anniversaire de mariage, en rentrant du travail, Nick découvre dans leur maison un chaos indescriptible : meubles renversés, cadres aux murs brisés, et aucune trace de sa femme. Quelque chose de grave est arrivée. Après quÂ’il a appelé les forces de lÂ’ordre pour signaler la disparition dÂ’Amy, la situation prend une tournure inattendue. Chaque petit secret, lâcheté, trahison quotidienne de la vie dÂ’un couple commence en effet à prendre, sous les yeux impitoyables de la police, une importance inattendue et Nick ne tarde pas à devenir un suspect idéal. Alors quÂ’il essaie désespérément, de son côté, de retrouver Amy, il découvre quÂ’elle aussi cachait beaucoup de choses à son conjoint, certaines sans gravité et dÂ’autres plus inquiétantes. Si leur mariage nÂ’était pas aussi parfait quÂ’il le paraissait, Nick est néanmoins encore loin de se douter à quel point leur couple soi-disant idéal nÂ’était quÂ’une illusion.

Considérée par une critique unanime comme lÂ’une des voix les plus originales du thriller contemporain, Gillian Flynn dissèque ici dÂ’une main de maître la vie conjugale et ses vicissitudes et nous offre une symphonie paranoïaque aux retournements multiples, dans un style viscéral dont lÂ’intensité suscite une angoisse quasi inédite dans le monde du thriller. » www.babelio.com

« « --- THRILLER SCOTCHANT, INTRIGUE DIABOLIQUE !!
« Nick et Amy sont mariés depuis quatre ans lorsqu'ils perdent leurs postes de journalistes à New-York. C'est l'occasion d'aller s'installer dans la petite ville natale de monsieur, dans le Missouri, d'autant que sa mère vit ses derniers mois, atteinte d'une maladie incurable. Un an après leur installation, le jour de leur 5e anniversaire de mariage, un drame survient dans le couple... 

Deux récits en alternance : le journal intime d'Amy et les témoignages de Nick après le drame, jour après jour. Peu à peu se dessinent les vrais visages des époux, les défauts et les bassesses de chacun l'un envers l'autre (mensonges, secrets, rivalités, trahisons...) sous "Les Apparences". Mais ne vous y fiez pas ! On se fait ballotter entre les événements, les coups de théâtre. On peut s'installer dans une certaine passivité à la limite de l'ennui après une centaine de pages, recherchant désespérément sur la couverture si on est vraiment dans un thriller, se sentant vaguement floué... Puis l'intrigue rebondit et repart de plus belle, nous rendant cette fois véritablement accro, frénétique, très curieux de comprendre, de connaître le fin mot.

Après deux thrillers autour de trentenaires paumées, traumatisées par leur jeunesse, l'auteur change de thématique dans ce dernier ouvrage (même si...), disséquant férocement un couple, égratignant au passage la justice, les médias et l'opinion publique... Sa plume est toujours aussi acérée et jubilatoire, son humour subtil et grinçant, ses réflexions et les personnages centraux sont brillants, redoutables. Un régal de lecture avec ce roman diabolique. »

Un lecteur : www.babelio.com « « 

KEPLER Lars--- L'HYPNOTISEUR ****

04/11/2012 19:33 par livresentete

  • KEPLER Lars--- L'HYPNOTISEUR ****

    KEPLER Lars--- L'HYPNOTISEUR ****

    04/11/2012 19:33 par livresentete

KEPLER Lars

L’HYPNOTISEUR, Actes Sud, 2010, 509 pages

 

Très bon roman du genre polar-psychologique proche de la psychiâtrie comme science humaine. Un roman de 509 grammes d’une situation progressive poignante par son drame, ses relations humaines et intimes qui  dévoilent un gramme à la fois par page son  intensité.

Un drame humain bouleversant qui se vit autant de l’intérieur que par le réalisme de cette tragédie  familiale accrocheuse, opiniâtre.

Gilles Lagrois, Auclair, Québec

 

Pour en savoir davantage :

 

«    L'ouvrage:
Stockholm.
Une famille est sauvagement massacrée. Joseph, l'un des enfants, est retrouvé. Ce n'est plus qu'une plaie vivante. L'inspecteur Joona Linna souhaite l'interroger au plus tôt, car il a peut-être vu l'assassin. Celui-ci va peut-être tenter de retrouver la soeur aînée de Joseph, qui n'était pas à la maison. L'enfant restant inconscient, Joona fait appel à Erik Maria Bark, un hypnotiseur. Celui-ci refuse: voilà dix ans, il a juré de ne plus pratiquer l'hypnose. Cependant, il sera obligé d'obtempérer.

Critique:
Voilà un thriller comme je les aime! Il commence avec ce que nous croyons être une enquête banale. Mais le lecteur sera déboussolé tout au long du livre. L'auteur le promènera à sa guise. Il sera impossible de prévoir le prochain événement. Par exemple, nous savons très vite qui est l'assassin de la famille. Cela perturbe le lecteur qui s'attendait à être traîné d'une piste à l'autre. Cette façon de faire m'a fait penser aux meilleurs thrillers de Serge Brussolo. Le début n'est qu'un prétexte pour ouvrir tout un tas de tiroirs, et emporter le lecteur dans un tourbillon d'événements qui le dépassent.

D'autre part, dans tout roman policier, il y a des ficelles plus ou moins grosses, destinées à faire patienter le lecteur ou à l'égarer. Ici, les procédés sont utilisés très subtilement. Par exemple, on nous conduit bien sur une fausse piste, à un moment, mais elle peut s'expliquer. Bien sûr, quand le lecteur connaît la vérité, il se dira qu'il était évident qu'Erik s'est fourvoyé, alors qu'il n'aurait pas dû. Cette ficelle est un peu expliquée par le fait que l'hypnotiseur est soumis à une forte pression, et doit exhumer des souvenirs qu'il s'est efforcé d'enfouir au fond de sa mémoire. Il est tout de même invraisemblable que l'hôpital n'ait pas enquêté sur chaque patient afin de mieux prévoir leurs actes, avant de les accepter dans un groupe expérimental.
Il y a une autre chose que j'ai trouvée un peu grosse sur le moment, mais l'auteur finit par l'expliquer de manière satisfaisante.
Seule, une chose reste floue, mais on peut trouver une explication. En bonne maniaque, j'aurais préféré que l'auteur l'explicite clairement.

Par ailleurs, Lars Kepler explore un thème aussi étrange et mystérieux que l'hypnose. Je ne sais pas si les théories d'Erik ont été émises un jour, ou si le romancier les a inventées, mais tout est très intéressant. On se rend compte qu'on ne connaît pas grand-chose à l'hypnose. En outre, une personne hypnotisée peut-elle garder son libre arbitre? Erik faisait cela pour aider ses patients, mais qu'en serait-il si cette arme était maniée par une personne mal intentionnée? Jusqu'où peut-on violer l'intimité d'une personne grâce à l'hypnose? L'auteur pose toutes ces questions de manière assez délicate.

Lars Kepler laisse entrevoir à son lecteur une espèce de société souterraine, composée d'enfants caïds qui édictent leurs lois aux autres enfants. Et personne ne voit rien... C'est assez effrayant, et malheureusement, cela semble réaliste.

Comme dans certains romans de Lisa Gardner, on s'attache davantage aux personnages qui ne font que passer plutôt qu'à celui de l'inspecteur. (C'est ce qui m'arrive avec DD Warren chez Lisa Gardner.) Si Joona fait bonne impression sur le lecteur, il n'est pas très épais, comparé à Erik et à Simonne.
On peut admirer la pugnacité de Joona, mais elle est la même que celle d'autres policiers rencontrés dans d'autres romans. On peut déplorer le fait qu'il soit complètement pris par son métier, et n'ait pas le temps d'avoir une vie. Mais on retrouve également ce thème dans beaucoup de romans policiers. Le lecteur peut peut-être mieux comprendre cela grâce à l'anecdote ayant trait à l'enfance de Joona.
Il se distingue tout de même par sa propension à avoir toujours raison, et à bien le faire remarquer. ;-)

Erik a un certain charisme. J'ai aimé sa capacité à s'analyser, notamment lorsqu'il se rend compte qu'il a été poussé à une certaine chose par la vanité. Il navigue entre deux eaux: il veut sauver son mariage, mais fait tout pour laisser les malentendus s'installer. Il se sait accro aux analgésiques, mais ne veut pas l'admettre. Et pourtant, lorsqu'une vie est en jeu, il se soumet à un sevrage draconien. Il a une conscience professionnelle, il tente d'oublier sa prétendue erreur, et pourtant, on la retrouve dans tous ses gestes: sa promesse, l'oubli facile procuré par les cachets, etc. Bref, un personnage très intéressant dont il est assez difficile de parler davantage sans évoquer des points clés du roman. »

   www.lalivrophile.net

ZAFON Carlos Ruiz---LE PRINCE DE LA BRUME

30/10/2012 15:37 par livresentete

  • ZAFON Carlos Ruiz---LE PRINCE DE LA BRUME

    ZAFON Carlos Ruiz---LE PRINCE DE LA BRUME

    30/10/2012 15:37 par livresentete

ZAFON Carlos Ruiz

PRINCE DE LA BRUME, 2011, 209 pages

Roman du genre fantastique dont les principaux personnages sont trois adolescents dont la vie et le sort sont  liés au PRINCE DE LA BRUME. Un roman ou plutôt un récit que l’auteur écrit dans un style propre à ce genre d’épopée, de narration avec talent.

Gilles Lagrois, Auclair, Québec

 

Pour en savoir davantage :

 

« Max Carver a 13 ans en 1943 quand il quitte la ville pour aller emménager dans un village côtier avec ses deux sœurs. C'est pour fuir la guerre que son père horloger met toute sa petite famille à l'abri. L'installation se fait dans une villa autrefois occupée par un éminent chirurgien dont le fils Jacob est mort noyé. Dès l'arrivée dans la gare du village, Max n'en finit d'accumuler des phénomènes insolites. Entre une pendule dont les aiguilles tournent à l'envers, un jardin derrière la maison qui enferme des statues évoquant un cirque qui semble vivant, un chat imposant qui lit dans vos pensées, Max se demande ce qui se cache derrière toutes ces bizarreries.

Il fait la rencontre de Roland, un adolescent de dix-sept ans, le petit-fils adoptif du gardien du phare. Ils deviennent amis et vont ensemble régulièrement plonger à la recherche de vestiges dans l'épave de l'Orpheus, un cargo échoué quelques années auparavant, dont le seul survivant est le grand-père adoptif de Roland.

 

 En voulant comprendre quels liens relient tous ces mystères, les adolescents ont exhumé la force occulte d'un mage, un certain Mister Caïn, appelé également Prince de la brume qui attendait dans l'ombre qu'on le ramène dans le monde des vivants. L'aventure les engloutira dans des profondeurs lugubres dont ils ignoraient l'existence. Comme à son habitude l'auteur embarque son lecteur dans une fable nimbée d'insolite ou le bien et le mal s'opposent avec toujours l'amitié triomphante. Un scénario un peu juvénile mais captivant, il fascinera le lectorat adolescent friand de magie et de fantastique, avec un style d'écriture aux nombreuses descriptions visuelles facilitant l'accès à l'imaginaire. J'ai trouvé une certaine similitude avec son roman « Marina », cet auteur a un talent de conteur indéniable dont mon âme d'adolescente se délecte. « Le prince de la brume » est le 1er tome d'une trilogie, il s'agit en fait de son premier roman publié, son talent depuis s'est largement confirmé ! «  www.babelio.com

DJIAN Philippe----"OH..."

29/10/2012 14:30 par livresentete

  • DJIAN Philippe----

    DJIAN Philippe----"OH..."

    29/10/2012 14:30 par livresentete

 

DJIAN Philippe

« OH… », Gallimard, 2012, 236 pages

Roman intéressant et impartial  de DJIAN surtout par le principal personnage féminin Michèle épouse, mère et fille qui a une vie en dents de scie, qui assume pleinement les choix qu’elle doit faire dans les changements de sa vie et dans ses différents rôles. Elle va jusqu’au bout d’elle-même et vit au jour le jour sans tenir compte des opinions des membres de sa famille sinon sa vie serait humainement insoutenable.

Gilles Lagrois, Auclair, Québec

 

Pour en savoir davantage :

 

« Djian réussit très bien à se mettre dans la peau d'une femme de 50 ans. On oublie que c'est un homme qui écrit. "Oh …" est un roman qui parle des vivants. La filiation, l'amour, le sexe, la mort. Djian aborde toutes ces questions charnellement, à travers la vie et les péripéties de ses personnages. »

www.babelio.com

 

“Oh”, c'est l'histoire de Michèle, presque cinquantenaire, qui vient de se faire violer chez elle par un inconnu quand le livre s'ouvre. Elle vit séparée de Richard, son mari, scénariste raté, pendant que leur fils Vincent, sans vrai emploi, vient de se mettre en ménage avec Josie, enceinte d'un dealer en prison.
Sa mère Irène, soixante-quinze ans, a des amants trois fois plus jeune qu'elle et son père est en prison depuis trente ans après avoir commis un crime affreux.
Michèle a une liaison avec Robert, le mari d'Anna sa meilleure amie et son associée dans une boîte de production qu'elles gèrent ensemble. Richard, Lui, se console dans les bras d'Hélène, une standardiste qui pourrait être sa fille.
En dernier, il y a Patrick, un voisin de Michèle, au charme duquel elle n'est pas insensible.
Nous suivons les histoires de cette galerie invraisemblable de personnages une trentaine de jours pendant les fêtes de Noël.
Le viol est donc le point de départ de cette histoire et le premier d'un nombre d'événements qui vont déstabiliser Michèle et bouleverser le semblant d'équilibre qu'elle s'est construite depuis le massacre commis par son père alors qu'elle ne sortait à peine de l'adolescence.
Depuis cette époque, la vie est passée par là, et elle s'est mariée, a fait un enfant, a monté son entreprise, s'est séparée … C'est une femme résolument moderne, forte et indépendante, qui gagne bien sa vie et entretient sa famille, tout en dirigeant son entreprise et en gérant les égos surdimensionnés des un et l'inefficacité des autres.
Alors … comment se fait-il que, après ce viol, elle va se lever, ranger les bibelots, nettoyer le sol, prendre son bain … et continuer comme si rien n' était ? La famille vient dîner le soir même, il y a un pile de dossiers sur son bureau, la vie continue. Bien sûr, Michèle se pose mille questions, cherche à comprendre, à savoir comment faire … mais la vie n'est-elle pas ainsi ? Pendant qu'on se les pose, ces questions, le téléphone continue à sonner, le chat a faim, le loyer reste à payer, il y a les fêtes et les réunions à préparer.
C'est une des choses que j'ai bien aimé dans ce livre, ce mélange de drame (non seulement le viol, mais je ne vais pas révéler d'autres clés de l'histoire) et de quotidien … on ferme les volets, on allume les lumières, on débarrasse la table, le voisin coupe son bois … tout ça rythmé par ces évènements bouleversants qui se succèdent.
Car Michèle vit un véritable tourbillon pendant ces trente de jours, et nous sommes emportés avec elle. le style d'écriture y est pour énormément d'ailleurs. le texte se lit en un seul bloc. Il n'y a ni paragraphes, ni chapitres, pas de blancs. Comme explique Djian Lui-même dans un interview des Inrocks “…dans la belle littérature, il faut commencer la première phrase du premier chapitre cinq points après la marge, alors j'ai décidé dans “Oh…” de la coller à la marge.”
Et cet effet de “bloc” est bien efficace … on est plongé directement dans l'histoire, ça démarre tout de suite, on ne peut pas décrocher car rien ne lâche jusqu'à la fin. Cette fin prend la forme d'un court épilogue, agissant comme un grand bol d'air frais après l'ambiance presque asphyxiant du reste du roman. Et cet “Oh…” final qui, pour moi, est un vrai signe d'apaisement après tant de changements et de ruptures.
Certes, le rythme est un peu oppressant, avec des flashbacks, des trahisons, des mensonges et des révélations, créant parfois un véritable malaise, mais c'est tout à fait cohérent avec ce que vit Michèle. Et le plus gênant est peut-être le fait que nous ne savons pas vraiment pourquoi elle agit de telle ou telle façon. Elle fait souvent le mauvais choix, mais Djian ne fait pas dans la psychologie, et c'est à nous de trouver les réponses (s'il y en a) en s'interrogeant. Ce qui est, avec ce thème de viol comme fil conducteur, plutôt dérangeant, il faut le dire.


C'est le premier roman de Philippe Djian que je lis, donc je ne peux pas le comparer avec ses œuvres précédents. Par contre, j'ai appris que c'est la première fois que son narrateur est en fait une narratrice, et je trouve qu'il se glisse remarquablement bien dans la tête d'une femme.

Certains l'accuseront de relever des fantasmes masculins avec l'histoire de viol et comment Michèle agit quand elle apprend l'identité de son agresseur. Mais d'après les interviews de l'auteur que j'ai lu, je n'y crois pas, je le pense plus honnête que ça.
Pour conclure, je dirais, que malgré le côté invraisemblable de certains éléments de l'histoire, elle tient bien la route. Mieux que ça, elle est percutante, choquante, renversante et superbement humaine. J'ai passé un moment de lecture très intense, parfois dérangeant, j'en suis sortie sonnée mais tellement enchantée d'avoir vécu une telle expérience littéraire » www.babelio.com

DE MOULINS Xavier---CE PARFAIT CIEL BLEU

21/10/2012 17:03 par livresentete

  • DE MOULINS Xavier---CE PARFAIT CIEL BLEU

    DE MOULINS Xavier---CE PARFAIT CIEL BLEU

    21/10/2012 17:03 par livresentete

DE MOULINS Xavier

CE PARFAIT CIEL BLEU, Au diable vauvert, 2012, 202 pages

 

Roman touchant, réaliste, positif avec une écriture d’une grande justesse et sensibilité. Une histoire de famille qui souligne la relation intime d’un homme de quarante ans et de sa grand-mère de quatre-vingt-huit ans. La grand-mère seule et vivant dans une résidence confortable demande à son petit-fils de l’amener voir la mer pour une dernière fois. Celui-ci accepte avec plaisir car sa grand-mère est importante pour lui car  elle est une femme coquette, distinguée et aimant la vie. La fugue de ces deux coquains provoque la colère de son père mais le fils se contente d’en sourire car il est heureux de vivre ces derniers instants avec sa grand-mère qui le touche énormément par sa vison de la vie et de la famille.

Un roman qui nous porte à réfléchir sur soi,  sur l’importance de soi dans notre famille  hiérarchique. À lire sans faute pour approfondir la connaissance de la vie, de soi libre penseur et hédoniste.

 

« Il faut continuer à vivre dans se retourner. » p. 53

« La vraie famille est celle que l’on se construit accidentellement. » p. 109

« Je veux arrêter d’avoir mal quand je regarde en arrière, d’avoir peur quand je regarde en avant. » p. 109

« Malgré le temps, les rides et la mémoire qui flanche, les jolies choses restent intactes. » p. 122

 

Gilles Lagrois, Auclair, Québec

 

Pour en savoir davantage :

 

« On retrouve ici Antoine Duhamel le personnage du premier roman de l'auteur, Un coup à prendre. Il est désormais divorcé et père recomposé dans les bras de Laurence, mais peine toujours à se séparer d'Alice et ne se résout toujours pas à cesser d'hésiter entre deux femmes. comme entre regret et renoncement. Il va offrir à celle qui est finalement sa seule confidente, sa grand-mère Mouna, deux jours hors de la maison de retraite où elle a préféré finir ses jours. Un pèlerinage clandestin dans l'hôtel de leurs vacances passées, le temps d'une escapade sous le ciel bleu de la côte normande. Sous un parfait ciel bleu, c'est le face à face d'un homme de trente-sept ans qui a encore peur de vivre et d'une vieille dame qui a peur de mourir. Et c'est celle qui a pourtant tout connu du renoncement qui, au soir de sa vie, va lui donner le courage de choisir sa vie. » www.babelio.com

 

« Un grand merci à Babelio et aux éditions le Diable Vauvert pour ce très agréable moment de lecture !
Un journaliste qui écrit, pourquoi pas ? Pourtant, j'ai toujours cette appréhension que cela ne soit qu'une lubie parmi tant d'autres. Certains écrivent des bouquins comme d'autres achètent du pain. Facilement, rapidement, sans grande réflexion. Comme si cela avait été fait sur un coup de tête.
Mais ce livre est loin d'être comme ça. Ce livre a fait valser mes préjugés et ça fait du bien !
J'avoue que les premières pages m'ont tout de suite mise mal à l'aise. L'auteur nous parle d'une maison de retraite d'une manière un peu crue. du genre « je me moque de tout ». Et c'est tout à fait ce style d'écriture que j'appréhendais. Pourtant, ce sentiment s'estompe très rapidement.
Nous faisons alors la connaissance d'Antoine. Au tout début du roman, il assiste au mariage de son ex-femme, Alice. Difficile comme situation. Surtout qu'Antoine n'en a pas tout à fait fini avec cette histoire. Mais au fond, met-on vraiment un terme à une histoire avec celle qui nous a donné deux beaux enfants. Parce qu'Antoine n'est pas seul, il y a ses deux filles : Alma et Claire. Mais aussi, sa nouvelle compagne, Laurence. Sans oublier Mouna, sa grand-mère.
Antoine a donc du mal à se remettre de son divorce. Il n'oublie pas Alice. Alors il l'observe sur Facebook, regarde comme elle évolue sans lui. Pourtant, c'est l'idée du parfait amour qui semble lui manquer le plus. J'imagine qu'il est difficile de se séparer de celle à qui on avait promis de l'aimer toute la vie. Et puis, se quitter, tout recommencer. Ca prend du temps, ça crée des doutes.
Heureusement que sa nouvelle chérie est là. Pas jalouse, très proche de ses ex, qui sont les pères de ses enfants. Comme elle le dit si bien « Il suffit de savoir continuer à s'aimer même quand on est plus ensemble, il suffit de transmettre ça autour de nous et à nos enfants, la joie, l'amour, l'harmonie, un esprit de famille ».
Mais celle qui aidera Antoine à traverser cette épreuve, à mettre de la lumière au creux de ses doutes, c'est Mouna, sa grand-mère. Quelques temps avant son divorce, elle est devenue sa confidente. Petit à petit, tout en douceur. C'est ainsi que sur un coup de tête, il décide l'emmener à la mer. A l'endroit de leurs vacances passées, à l'endroit des souvenirs heureux.
On découvre qu'on ne connaît pas réellement ses grands-parents. Quand on naît, ils sont déjà vieux. On oublie parfois qu'ils ont une vie, des amours, des amis, un passé. En lisant ce roman, en vivant cette relation entre Antoine et Mouna, j'ai tenté d'imaginer ce qu'avait pu être la vie de « mes » Mouna.
Ce roman est empreint d'une jolie tendresse. Leur voyage à la mer aurait pu être « cliché », dans le sens où tout est beau, tout est gentil. Et pourtant, il est décrit avec sincérité.
Xavier de Moulins aurait pu vivre cette scène, peut-être l'a-t-il vécu. Moi-même, j'aurais pu vivre cette scène, ce roman. C'est doux, c'est frais. C'est triste, ça pique le cœur.
Concernant la forme du roman, elle est très appréciable. Les personnages sont d'une grande justesse. Je les croiserais demain dans la rue que je ne serais pas étonnée. Ils semblent vrais. L'écriture est simple et touchante.
Ce livre, c'est un concentré de sentiments, de vie. » wwww.babelio.com

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