Fatou DIOME---IMPOSSIBLE DE GRANDIR, roman
10/08/2013 20:04 par livresentete
IMPOSSIBLE DE GRANDIR, roman,Flammarion, 2013, 405 pages
Un roman étonnant, intense, remarquable par son style éclairé, sa vision philosophique de la vie, particulièrement de sa vie, de nos sociétés humaines bouleversantes où la vie se fait à bout de bras, d'efforts personnels.
Un roman qui nous permet d'entrer dans l'intimité de sa vie au Sénégal, de sa vie personnelle et familiale sous la férule d'un Tonton tyran. Elle nous confie son besoin vital d'écrire, sa relation avec sa grand-mère, son père célibataire, sa mère jugée et condamnée par sa famille maternelle, sa détermination à survivre, à aider les membres de sa famille à s'en sortir,à s'instruire, à survivre.
"On gravit les montagnes avec son propre souffle."
"Chacun traverse les saisons de la vie à sa propre cadence, même en titubant: tada-tada-tadadan."
"Réfléchir, c'est toujours larguer les amarres...Je plongeai tout entière dans mes pensées et me laissai porter par les courants./ p. 399
"...c'est pour ça que j'écris, pour dire, dénoncer, combattre ce qu'on ne dit pas, mais qui bavarde en nous et nous tue à petit feu." p. 293
Un grand roman à découvrir, pour découvrir l'humain peu importe son image, son milieu, sa naissance sociale.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
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POUR EN SAVOIR DAVANTAGE:
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" Ce livre est un roman à tiroir. L’auteure sait comment ouvrir une parenthèse de 15 pages et retomber sur ses pattes comme un chat habile de la langue française. Le résumé du livre se concentre sur comment travailler les secrets d’une enfance pour devenir adulte. L’action à Strasbourg est entrecoupée de flashback sur une enfance sénégalaise. www.critiqueslibres.com |
Grégoire DELACOURT
LA PREMIÈRE CHOSE QU'ON REGARDE, roman, JCLattès, 2013, 263 pages
Après L'ÉCRIVAIN DE LA FAMILLE et LA LISTE DE MES ENVIES, un autre grand roman réussi de Grégoire DELACOURT. Un roman sensible, touchant révélant une sensibilité ne demandant qu'à éclater. Une histoire d'amour, une rencontre libératrice, deux êtres en mal d'aimer.
Deux personnages se méfiant de la vie, l'une par sa beauté physique, étonnante, plastique et trop évidente pour une seule personne. Lui, un garagiste solitaire, aimant la vie et son métier satisfaisant, discret.
Une écriture talentueuse, dynamique, active qui nous accompagne, nous tient compagnie, nous maintient la tête hors de l'eau. Un roman à découvrir si la vie de personnes authentiques à la recherche de soi, de la vie, de l'amour partagé t'intéresse.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
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POUR EN SAVOIR DAVANTAGE:
Le 15 septembre 2010, Arthur Dreyfuss, en marcel et caleçon Schtroumpfs, regarde un épisode des Soprano quand on frappe à sa porte.
Face à lui : Scarlett Johansson.
Il a vingt ans, il est garagiste.
Elle en a vingt-six, et quelque chose de cassé, Éditeur...
Quand la Somme rencontre Holywood...
DOROTHEE de FNAC Chambéry...ou quand Arthur Dreyfuss, garagiste dans la Somme, ouvre sa porte à une Scarlett Johansson cherchant refuge loin des projecteurs. Pour son 3e roman, G. Delacourt nous conte l'histoire de deux cabossés de la vie qui tentent de se réparer mutuellement. Un diamant brut plein d'émotions qui m'a fait rire et pleurer
.La première chose qu'on voit peut-être trompeuse.
TYPHAINE de FNAC Paris - Bercy VillageUn Ryan Gosling en mieux découvre une Scarlett Johansson maudite devant sa porte. L'auteur offre ici une jolie et mélancolique fable sur les apparences et l'émoi du début d'une histoire d'amour. L'écriture est belle, innocente, tragique. Une petite larme m'a trahie.
ISABELLE de FNAC Paris - TernesJe l'avoue, j'ai pleuré car Ryan Gosling "en mieux" et Jeanine, dite Scarlett Johansson vivent l'espace d'un souffle un amour d'une rare beauté. Ce troisième roman de G. Delacourt est touchant, pudique, délicat sans mièvrerie, violent sans brutalité si triste et tellement lumineux.
"Attiré depuis sa plus tendre enfance par les grosses poitrines, Arthur Dreyfuss, 20 ans, garagiste de son état, fantasme sur la célèbre actrice américaine Scarlett Johansson. Un dimanche, alors qu'il regarde la télévision, on sonne à la porte. Quelle ne fut pas sa surprise de se retrouver nez à nez avec Scarlett Johansson en personne.
Bâtie sur cette rencontre quasi abracadabrante, l'histoire qui nous est contée ici se base sur deux fondements. D'un côté, nous avons l'histoire d'amour naissante entre nos deux personnages et de l'autre le mal être de la « star », victime de son physique et du regard des hommes."
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SALMERON Fanny
LES ÉTOURNEAUX, roman, Stéphane Million Éditeur, 2013, 109 pages
Roman frais, jeune, spontané dans un style d'écriture éclatant, ouvert sur une vision bruyante de la vie moderne. Des êtres jeunes à la découverte de soi, d'une raison de vivre, des autres. Des jeunes découvrent la vie, se permettent de vivre des émotions, d'expérimenter des avenues nouvelles de leur vie parfois monotone. Roman jeune, frais, spontané comme la danse, l'amour, l'amitié, la vie à la nano-seconde. Un roman, une auteure à découvrir.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
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"Le sexe, c'était comme la mort pour elle: une abstraction. Elle n'y accordait pas plus d'importance qu'à une autre religion." p. 67
"Quand les lumières se sont allumées, Lodka Place est apparue, et tout de suite Brune a senti les larmes lui monter aux yeux. La beauté de Lodka. Sa voix de boisson chaude.Sa grâce de léopard. Ses petits grains de beauté dans le cou, dispersés comme des étoiles sur une nuit de mois d'août." p. 75
"Lodka est devenue l'obsession de Brune Farrago, une obsession au-delà du simple désir, rien d'adolesccent. Brune voulait exister pour Lodka. Elle était persuadée de pouvoir apporter quelque chose de nouveau et de beau dans sa vie." p. 76
POUR EN SAVOIR DAVANTAGE:
"Après une série d’attentats à Paris, trois amis, Lodka Place, Brune Farrago, Ari Saint-Thomas et leur chien Ferdinand Griffon vont se réfugier dans une maison de campagne. Alors que le chaos menace. Au début de l’exode, il avoua à Lodka qu’il possédait une petite maison de campagne à quelques heures d’ici, qu’il fallait y aller, se mettre à l’abri de cette folie. Vivre à la campagne tous les deux, emmener le chien, s’installer dans la maison vide et s’y aimer totalement.
Lodka s’était surprise à lui répondre « Je ne pars pas sans Brune ».
Alors Ari demanda à Brune si elle était prête à tout quitter pour venir se cacher avec eux.
Et Brune était tellement heureuse qu’elle n’a pas du tout pensé à dire « Je ne pars pas sans Navel ». Navel Senza était déjà absent depuis longtemps des journées de Brune Farrago, des journées toutes occupées par les yeux doux de Lodka Place, toutes sublimées par le savoir sans faille d’Ari Saint-Thomas.
Dire à Navel de venir, elle y a pensé après, plus tard, mais les choses étaient déjà, irrémédiablement, totalement foutues."
Auteur(s) :
Fanny Salmeron vit à Paris avec un chat étrange qui porte le nom d’une chanson de Bjork, et, tous les deux, ils sont bien contents de s’être trouvés. Son travail à plein temps, c’est de tomber amoureuse. Elle écrit dans la revue Bordel et lit en robe partout où on l’écoute.
Déjà parus : Si peu d’endroits confortables (Stéphane Million Éditeur - J’ai lu), Le travail des nuages (Stéphane Million Éditeur).
www.livre.fnac.com
" Les étourneaux, c’est une fable des temps modernes avec un parfum de notalgie, un hymne à la vie, à faire aujourd’hui ce qui est essentiel, viscérale,avant que tout s’arrête. Aimer démesurément, vivre intensément.
Fanny Salmeron saisit avec un oeil poétique, juste et émouvant le moment du basculement, la déchirure de la vie. Fuir pour survivre. Un air de fin du monde, avec cette question omniprésente: et si c’était nous? Mais le chaos n’est il pas déjà à nos portes? Ne faudrait il pas commencer à revenir aux fondamentaux avant d’atteindre le point de non retour?
On traverse la vie de ces personnages hauts en couleur, Lodka, Brun et Ari auxquels inévitablement on s’attache tout en s’identifiant, leurs sensibilités en proie aux délires des hommes. Un roman intemporel qui pose, mine de rien, avec discrétion, des questions essentielles.
Un ton décalé (qu’est-ce que ça fait du bien!), loin du consensuel où tout est suggéré avec pudeur et retenue. Pas besoin de prendre le lecteur par la main, de tout lui montrer, la suggestion est plus forte. La violence effleurée est redoutable.
La valse folle des étourneaux vous emporte ailleurs, sans bien savoir où et comment mais on se laisse guider ! Un roman intemporel et saisissant!
Etonnant, original, donc à découvrir!
www.insatiablecharlotte.wordpress.com
FRENCH Tana
LES LIEUX INFIDÈLES, polar, Calmann-Levy, 2011, 496 pages
Résumé :
"Au cours d’une vie,seuls quelques instantssont décisifs.L’existence de Frank Mackey bascula par une nuit de décembre 1983. Il avait dix-neuf ans et attendait Rosie Daly au bout de sa rue, à deux pas du halo brumeux et jaune du réverbère. L’air était froid comme du verre, chargé d’un délicieux parfum de houblon brûlé venu de la brasserie Guinness. Ils avaient prévu de fuir ensemble leur quartier natal dublinois, pour vivre d’amour et de musique à Londres. Mais cette nuit-là, Frank patienta en vain. Rosie ne le rejoignit pas.Vingt-deux ans plus tard, devenu flic spécialisé dans les missions d’infiltration, Frank vit toujours à Dublin. Il a coupé les ponts avec sa famille et n’a jamais eu de nouvelles de son premier amour. Puis un jour, sa sœur l’appelle, affolée : on a retrouvé la valise de Rosie dans un immeuble désaffecté de Faithful Place. Forcé de revenir chez les siens, Frank revisite son passé, ses blessures de jeunesse, et toutes ses certitudes : Rosie est-elle jamais partie ?"
"Frank et Rosie : un projet de fuite … fuir Dublin et ce quartier minable de Faithful Place. Mais Rosie ne vient pas au rendez-vous ….
22 ans plus tard, on retrouve sa valise derrière le manteau d'une cheminée d'un vieil immeuble désaffecté, lieu de rendez-vous des jeunes de l'époque !
Je ne dévoilerai rien – le lecteur l'a compris avec « la valise » - en vous disant que le corps de la jeune fille sera découvert dans le sous-sol de l'immeuble : elle a été étranglée et a le crâne fracassé ….
Pour moi, ce roman n'est pas un thriller, il est davantage un roman social et psychologique. Ainsi, il m'a fait découvrir le Dublin « pauvre » des années 80 ; une famille marquée par l'alcool, la violence, la rancœur ; les relations entre parents et enfants, entre frères et sœurs.
Cependant, lorsque je lis un roman portant la mention « thriller », je m'attends à plonger dans un livre qui va me tenir en haleine …. et là, ce ne fut pas le cas. Arrivée au tiers du livre, je me demandais ce que l'auteure allait pouvoir bien raconter dans la suite et j'attendais qu'elle relance mon intérêt qui commençait à faiblir ! ….. Et un second meurtre arrive « à point » ! ….. mais ne relance pas vraiment le suspense : en effet, c'est là que j'ai compris avec certitude – je m'en doutais depuis un moment – qui était le coupable ! Un peu tôt pour un polar …..
Je dirais que c'est un roman intéressant dans le sens sociologique : le poids d'un milieu, d'une famille, la difficulté de s'en sortir ……. dans ce sens, ce roman « sonne juste » dans les scènes, les dialogues, etc……mais de « thriller », il ne porte que l'étiquette ! " www.babelio.com
RAHIMI Atiq
SYNGUÉ SABOUR, Pierre de patience, roman, P.O.L., folio, 2008, pages 137
Un premier roman touchant d'un moment intense de la guerre en Afghanistan d'une femme aux prises avec des situations de victime impuissante d'une guerre déchirante, qui doit pourtant survivre avec ses deux jeunes filles et un mari blessé et impotent. Un drame inimaginable, bouleversant, inhumain.
Un roman d'une écriture réaliste, profonde, émouvante. Un auteur à découvrir pour sa dramaturgie, sa perception de la vie intérieure de l'humain. Un premier roman écrit directement en français bien réussi.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
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POUR EN SAVOIR DAVANTAGE:
En persan, Syngué sabour est le nom d’une pierre noire magique, une pierre de patience, qui accueille la détresse de ceux qui se confient à elle. Certains, dans ce livre en tout cas, disent même que c’est elle qui est à La Mecque, et autour de quoi tournent les millions de pèlerins. Le jour où elle explosera d’avoir ainsi reçu trop de malheur, ce sera l’Apocalypse. Mais ici, la Syngué sabour, c’est un homme allongé, comme décérébré après qu’une balle se soit logée dans sa nuque sans pour autant le tuer.
Sa femme est auprès de lui. Elle lui en veut de l’avoir sacrifiée à la guerre, de n’avoir jamais résisté à l’appel des armes, d’avoir été un héros, et pour ce résultat : n’être plus à la suite d’une rixe banale qu’un légume. Pourtant elle le soigne, et elle lui parle. Elle lui parle même de plus en plus. Tandis que dans les rues les factions s’affrontent, tandis que des soldats pillent et tuent alentour, elle parle, elle dévide sa litanie sans jamais savoir si son mari l’entend et la comprend. Et c’est une extraordinaire confession sans retenue par quoi elle se libère de l’oppression conjugale, sociale, religieuse, allant jusqu’à révéler d’impensables secrets dans le contexte d’un pays semblable à l’Afghanistan.
À la fin du livre cette Syngué sabour explosera... Avec ce roman, directement écrit en français, Atiq Rahimi retrouve une forme de réalisme très proche de Terre et cendres avec une écriture qui, sèche et précise, sait aussi devenir par moments lyrique, emportée. Cependant, plus directement que dans ses précédents livres, et comme de l’intérieur, il décrit avec beaucoup d’audace, la réalité oppressante, au quotidien et plus précisément au quotidien féminin, d’une certaine conception de l’Islam.
www.fiches.lexpress.fr
LENOIR Frédéric
L'ÂME DU MONDE, NiL, 2012, 188 pages
Livre remarquable sur un sujet à la fois délicat, touchant, très individuel, la spiritualité des hommes. Ce livre d'une grande qualité d'écriture s'adresse aux hommes peu importe leur cheminement, leur croyance, leur religion, leur implication sociale et spirituelle. Nous sommes des êtres physiques, émotifs et spirituels peu importe la façon dont nous le vivons ou même le nions.
"Être libre c'est aussi ne pas agir en fonction du regard d'autrui." p. 98
Nous avons tous besoin de reconnaissance, nous ne supportons pas qu'on nous critique et qu'on nous insulte." p. 100
"C'est nécessaire à la quête de la sagesse, parce que chaque famille et chaque groupe humain transmettent des croyances et des valeurs qui lui sont propres, mais qui ne sont ni sans préjugés ni sans a priori." Certaines d'entre elles sont erronnées, d'autres inadaptées aux défis du temps présent, d'autres limitées, d'autres encore inappropriées au caracctère ou au destin de certains individus." p. 102
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
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POUR EN SAVOIR DAVANTAGE:
"Dans son dernier ouvrage, L’Âme du monde, Frédéric Lenoir nous offre un conte initiatique : à la veille d’une catastrophe apocalyptique, un jeune moine tibétain et une jeune Européenne reçoivent l’enseignement de huit sages, issus des diverses religions et spiritualités. Captivant." www.psychologies.com
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Un conte initiatique lumineux qui touche le coeur autant que l'intelligence. |
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Quelle force mystérieuse a poussé sept sages – un lama tibétain, un moine chrétien américain, une mystique indienne, un kabbaliste israélien, une philosophe néerlandaise, un maître soufi africain, une chamane de Mongolie, un maître taoïste chinois – à se réunir à Toulanka, monastère perdu du Tibet ? |
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Frédéric Lenoir est philosophe et historien des religions. Il est chercheur associé à l'EHESS et directeur du magazine Le Monde des religions. Ses ouvrages sont traduits dans une vingtaine de langues. Ses deux derniers livres sont Petit traité de vie intérieure (Plon, 2010) et Dieu (avec Marie Drucker, 2011). |
www.nil-editions.fr
JOUBERT Bianca
LE BRODEUR, roman, Éditions Marchand De Feuilles, 2012, 159 pages
Un premier roman intéressant par son sujet, les fugitifs, les sans-papiers qui fuient leur pays d'origine en général gouverné par des dictateurs, des chefs de tribus, des usurpateurs, des imposteurs qui s'accrochent au pouvoir pour s'enrichir aux dépens des populations pauvres, inoffensives, sans défense.
Le style d'écriture est brillant, lustré, libre penseur, fidèle à sa prose et à la poésie des pays africains franchis de part et d'autre.
Une auteure à découvrir, un sujet à faire face pour sa réalité, son humanisme, ses populations prises en otage.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
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POUR EN SAVOIR DAVANTAGE:
Journaliste pigiste et grande voyageuse, Bianca Joubert écrit de la fiction depuis longtemps, même si Le brodeur est son premier roman publié. Éclairé par la lumière crue du Sahel et rempli des mystères et légendes d'un continent, ce court livre qui ressemble à une série d'instantanés nous fait pénétrer au coeur de l'Afrique.
«Ce livre est le résultat de tout ce que j'ai vécu en Afrique, des lieux que j'ai vus, des gens que j'ai rencontrés.» Bianca Joubert a fait quatre séjours là-bas, le premier au Burkina Faso, où se déroule Le brodeur. Elle est aussi allée au Sénégal où, comme journaliste, elle s'est intéressée aux immigrants illégaux. «C'est devenu un texte de fiction, pour lequel j'ai remporté le prix de la nouvelle de Radio-Canada en 2008. Mais la romancière en moi avait encore beaucoup à dire.»
Le brodeur est d'abord le récit d'une Occidentale qui observe d'un oeil naïf le monde dans lequel elle débarque, le temps d'un programme de coopération internationale, mais qui peu à peu s'en imprègne. On est «dans la fiction à 90%», mais aussi pas très loin de l'auteure et de sa manière de concevoir l'Afrique, où elle s'est toujours sentie comme chez elle. «Je n'ai jamais vraiment vécu de choc culturel là-bas.» Son secret? «Il ne faut pas arriver avec de gros sabots. On donne, mais on reçoit beaucoup. Moi, j'ai pris et appris.»
En résultent un abandon, une ouverture et une absence de jugement qui se reflètent dans son personnage principal. Pas question de se poser en moralisatrice devant la polygamie, par exemple: Bianca Joubert préfère mettre en contexte. «Je ne dis pas que je suis pour. Je dis juste qu'ici, les couples éclatent, les gens ont des maîtresses, des amants... Là-bas, ils n'ont pas la même conception de l'individualité. Les gens forment une équipe, parce que ça va mieux en gang.»
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J.K. ROWLING
UNE PLACE À PRENDRE, roman, Grasset, 679 pages, 2012
Un roman qui relate la vie ordinaire d'une société quelconque qui pourrait nous concerner ou nous ressembler. Nous sommes observateurs, non participants car les décisions et les gestes posés les concernent sinon certains qui en sont les exclus: les cas, les différents, les rejets, les manipulés.
L'écriture est lente, dans les mêmes teintes que le rythme de l'histoire de cette société greffée mais autonome et dirigeante. Le style de l'écriture est celui d'une dentellière dont l'important est la qualité du produit fini. Elle fait dans la dentelle par son raffinement, sa précision, son jeu, son innovation.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
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POUR EN SAVOIR DAVANTAGE:
"Bienvenue à Pagford, petite bourgade anglaise paisible et charmante : ses maisons cossues, son ancienne abbaye, sa place de marché pittoresque… et son lourd fardeau de secrets. Car derrière cette façade idyllique, Pagford est en proie aux tourmentes les plus violentes, et les conflits font rage sur tous les fronts, à la faveur de la mort soudaine de son plus éminent notable. Entre nantis et pauvres, enfants et parents, maris et femmes, ce sont des années de rancunes, de rancœurs, de haines et de mensonges, jusqu’alors soigneusement dissimulés, qui vont éclater au grand jour et, à l’occasion d’une élection municipale en apparence anodine, faire basculer Pagford dans la tragédie. Attendue de tous, J.K. Rowling revient là où on ne l’attendait pas et signe, avec ce premier roman destiné à un public adulte, une fresque féroce et audacieuse, teintée d’humour noir et mettant en scène les grandes questions de notre temps."www.fiches.lexpress.fr
Bienvenue à Pagford, petite bourgade en apparence idyllique. Un notable meurt. Sa place est à prendre...
Comédie de moeurs, tragédie teintée d'humour noir, satire féroce de nos hypocrisies sociales et intimes, ce premier roman pour adultes révèle sous un jour inattendu un écrivain prodige.
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" D'un côté, Yarvil, ville mère avec son journal, son centre commercial, ses cinémas, ses immeubles, ses cités sociales… de l'autre, le petit bourg de Pagford, niché au pied de l'abbaye, avec ses maisons bourgeoises, ses villas aux jardins bien entretenus, son unique épicerie, son salon de thé, son Conseil paroissial (presque aussi important qu'un gouvernement fédéral)… Entre les deux, la cité sociale des Champs appartenant à Yarvil mais construite sur des terres de Pagford, usurpées par traitrise selon certains, et Bellchapel, la clinique de désintoxication, sise dans l'église désaffectée.
Administrativement, Pagfrod dépend de Yarvil – il n'y a pas de maire à Pagford – mais le bourg jouit d'une certaine indépendance dans divers domaines. Howard Mollison, le président du Conseil paroissial, voudrait se débarrasser une bonne fois pour toutes de la tutelle de la cité des Champs et de la clinique, qu'il voit comme deux abcès purulents sur la face lisse de « sa » ville. Il n'a que faire des parias, des parasites et des drogués qui y pullulent et menacent la tranquillité de Pagford !
Le charismatique Barry Fairbrother est son plus grand opposant au Conseil. Mais voilà qu'il décède d'une rupture d'anévrisme et laisse une place vacante. La petite bourgade paradisiaque va alors révéler son vrai visage.
Dans ce roman, JK Rowling nous dépeint un monde qu'elle connait bien. Même si Pagford n'existe pas, il s'est nourri de ses souvenirs d'enfance et d'un passé encore proche qu'elle ne renie pas. La pauvreté, la misère, elle a fait plus que les côtoyer. Elle les a vraiment vécues. Cela se sent dans le portrait très fin qu'elle dresse des habitants des Champs. Malgré un regard impitoyable sur leurs travers, leurs bassesses et leurs fêlures, on sent aussi beaucoup de tendresse dans ses propos. Pour Krystal notamment.
L'histoire -et le milieu dans lequel elle s'inscrit- n'est pas sans rappeler les films de Ken Loach (Sweet sixteen, Looking for Eric) ou encore « Billy Elliot » ou « Full Monty ». Même ambiance, même fond de crise économique et sociale, même décor. Mais là où « Billy Elliott » ou « Full Monty » laissait espérer une vie meilleure, une possibilité d'échapper à son destin et de se prendre en mains, JK Rowling a choisi de nous montrer le rude côté des choses, d'une vie qui ne se passe pas toujours comme on l'a rêvée." www.babelio.com
Chrystine BROUILLET
SACCAGES, roman, Une enquête de Maud Graham, la courte échelle, 2013, 319 pages
Notre auteure prolifique québécoise nous présente une autre enquête de Maud Graham très réussie qui se déroule dans un contexte de rivalité entre deux villages qui défendent leur droit de s'affirmer, de maintenir leur pouvoir de propriété, leur tradition et leur caractère particulier hérité de leur droit ancestral.
Un roman efficace, une enquête raffinée dans un style d'écriture habile.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
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POUR EN SAVOIR DAVANTAGE:
Résumé :
"Dans sa maison d'une rue paisible de Québec, un homme est retrouvé mort, poignardé. Tout le voisinage est sous le choc.
Pourquoi ce comptable, si dévoué et si tranquille, a-t-il été tué ? Mais cet homme était-il si innocent? C'est ce que la détective Maud Graham se demande.
Elle ne tardera pas à découvrir que Jean-Louis Carmichaël a fait beaucoup de victimes sur son passage. Des vies brisées, saccagées, détruites.
Pendant ce temps, ailleurs dans la ville, une jeune femme est bouleversée par cette mort qui réveille en elle de douloureux souvenirs.
Pour elle qui se débat pour reconstruire sa vie, c'est la descente aux enfers. Mais autour d'elle, les vautours rôdent?Une enquête troublante où la détective Maud Graham sonde encore une fois le côté sombre du coeur des hommes" la courte échelle
L'INTRIGUE
" Contrairement aux polars classiques, il y a beaucoup d'information dès les premiers chapitres de Saccages, qui commence avec le meurtre à l'arme blanche d'un homme apparemment sans histoire. On apprend ainsi rapidement que Jean-Louis Carmichaël était loin d'être un ange, que plusieurs de ses voisins avaient des raisons de lui en vouloir, et qu'une jeune femme, Rebecca, tente d'oublier le passé douloureux qui la relie à lui.
«On sait beaucoup de choses dès le début du livre parce que je trouvais important d'expliquer pourquoi une victime d'agression peut souhaiter ne rien dire, explique l'auteure. Oui, la parole peut être salvatrice, mais ça peut être légitime de se taire. Les victimes ont droit à leur intimité, entre autres parce qu'elles ne veulent pas être considérées seulement comme des victimes.»
Difficile d'en dire plus sans révéler les ficelles de Saccages - disons seulement que si on comprend le choix de Rebecca, le silence des victimes et de leur entourage a aussi été bénéfique pour l'agresseur. Chrystine Brouillet est d'accord, mais ne veut pas ajouter à la culpabilité des gens et refuse de se poser en juge ou en donneuse de conseils. «Mon propos est d'abord de montrer le désarroi des victimes.»
" LE PLAN
Le fait de connaître si bien Maud Graham permet à Chrystine Brouillet de créer des structures de plus en plus compliquées. «Elle me simplifie l'existence. Saccages se déroule sur deux intrigues, et je réussis à faire ça depuis quelques années parce que je ne suis plus obligée d'expliquer tout depuis le début.»
Chrystine Brouillet se décrit comme une «psychorigide angoissée». Impossible de commencer à écrire un livre sans avoir un plan précis - elle l'enferme même dans un coffre-fort lorsqu'elle part pour une fin de semaine! «Je peux faire des plans très compliqués; à la fin, ça ressemble à une toile d'araignée!»
Chaque roman de Chrystine Brouillet a sa structure: cercles qui s'emboîtent, zigzags, vagues...Saccages est en escalier, son prochain roman sera «saccadé», La chasse est ouverte était circulaire et Le collectionneur était une montée qui se terminait avec un précipice. «Mais souvent, je peux décrire la structure seulement quand j'ai fini d'écrire.» www.lapresse.ca
LAPLANTE ALICE
ABSENCES, Robert Laffont, 2011, 406 pages
Un polar psychologique remarquable, soulevant une situation d'ordre psychiatrique touchante traitant d'une maladie de plus en plus présente dans nos sociétés, la maladie d'Alzheimer. Un roman d'une grande qualité d'écriture dans un style magistral, d'une écriture précise, d'un thème magistral: la culpabilité d'un meurtre possible commis par une malade atteint de cette maladie dégénérative. Une malade est soupçonnée d'avoir tué une voisine et amie. Évidemment elle n'en conserve aucun souvenir compromettant. Un drame familial, un drame social, un drame personnel pour une médecin à la retraite pour cause de maladie.
L'auteure nous décrit les effets et les changements quotidiens voire minutieux des moments de la vie d'une patiente atteinte.
Un roman bouleversant qui nous permet de vivre au quotidien l'évolution de la maladie chez une personne atteinte d'Alzheimer qui en plus est un médecin à la retraite.
Un premier roman très réussi et fracassant. Un roman à découvrir, un incontournable dans le genre roman polar psychologique.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
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"Un résultat est seulement une conclusion. Tu agis et tu obtiens un résultat. Une sortie pour une entrée." p. 151
"Je prenais pourtant les meilleures décisions selon les circonstances. Ce n'était pas des erreurs. Mais des décisions qui avaient des conséquences." p. 152
"Le chantage émotionnel ne m'a jamais atteint avant. Et malgré mon cerveau malade, je n'ai pas l'intention de changer." p. 154
"C'est drôle comme à la fin, les choses s'accélèrent à un rythme qui dépasse notre capacité à les traiter." p. 155
" Le passé n'a pas l'air d'être hier mais ajourdd'hui. Maintenant." p. 156
"Accepter ses actions passées. Accepter les visions. Patienter en leur compagnie. À la fin, c'est suffisant. " p. 407
POUR EN SAVOIR DAVANTAGE:
Résumé :
" Amanda O'Toole, soixante-quinze ans, a été retrouvée morte à son domicile, amputée de quatre doigts de la main droite. La police soupçonne la voisine et amie d'Amanda, le docteur Jennifer White – chirurgien orthopédiste à la retraite – d'être l'auteur de ce meurtre. Mais Jennifer est atteinte de la maladie d'Alzheimer et ne sait pas elle-même si elle est coupable. Elle partageait une relation extrêmement intime avec Amanda, même si ces deux femmes énergiques et orgueilleuses avaient été aussi par moments des adversaires redoutables.
Amanda entendait parfois régir la vie de son amie et, sous prétexte d'honnêteté, dévoiler certains secrets qui auraient dû rester enfouis, relatifs notamment au mari de Jennifer, James, avocat retors, décédé depuis peu. Sans enfant et marraine de Fiona, la fille de Jennifer, Amanda instaurait une rivalité et un rapport de forces constant avec son amie, plus brillante, plus gâtée qu'elle par la vie.
C'est la voix de Jennifer qui raconte cette amitié complexe et sa vie passée, de façon fragmentée, par des bribes, des souvenirs, des conversations, ou encore par le biais d'un journal qu'elle tient pour tenter de combattre la détérioration de son esprit et ou ses enfants et amis sont amenés à témoigner de temps à autre. Ils émergent également de ce brouillard de la conscience, tour à tour confuse et lucide, de Jennifer : Amanda, bien sûr, Fiona, mais aussi Mark, le fils de Jennifer, ambigu comme son père, ou encore Magdalena, la garde-malade dévouée mais qui a des secrets, elle aussi. Jennifer White finira-t-elle par retrouver dans sa mémoire malade des révélations sur le meurtre d'Amanda ? Est-ce elle qui l'a tuée et lui a ainsi mutilé la main ? Pour quelle raison ? Face à une personnalité aussi imprévisible et tourmentée, la vérité ne peut être simple"
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"Un livre policier ? Non ... Un thriller ? Encore moins... Il est difficile de classer ce livre tant le sujet abordé l'est d'une façon bien peu commune.
On a un meurtre et un suspect. On devrait donc se plonger dans une enquête policière. Pourtant, c'est loin d'être le sujet central du livre.
L'histoire est racontée à la première personne (du moins, pour une bonne partie de l'histoire), et pas par n'importe qui. Elle est racontée du point de vue de la suspecte, Jennifer White, ancienne chirurgienne atteinte de la maladie d'Alzheimer. Et c'est bien ça qui fait toute l'originalité de ce roman. Que peut-on demander à quelqu'un souffrant de cette maladie ? Quels souvenirs a-t-elle gardés ? Est-elle capable de dire ce qui s'est réellement passé ?"
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