UNE FEMME SIMPLE ET HONNÊTE , roman de Robert GOOLRICK
25/11/2013 19:19 par livresentete
GOOLRICK Robert
UNE FEMME SIMPLE ET HONNÊTE, roman, Éd. Anne Carrière, Paris, 2009, 410 pages
Un roman remarquable, émouvant, bouleversant autant par son histoire intriguante que par le style éloquent de l'auteur. Un grand roman à découvrir dont la lecture nous révèle à la fois un auteur de talent et une histoire humaine captivante par son authenticité touchante.
Wisconsin, automne 1907. Uh homme richissime, propriétaire terrien sans limites de terres et de ressources minières recherchées par les compagnies industrielles, veut combler sa vie en cherchant une épouse pour consolider sa vie de solitaire et sa vie sexuelle inexistante depuis la mort de son épouse et la disparition de son fils bâtard.
" C'était une femme seule qui avait répondu à une petite annonce personnelle dans un journal de ville. Elle n'était ni douce, ni romantique, ni simple ni honnête."
Cependant cette femme acceptait volontairement et par intérêt de marier cet homme riche dans le but d'hériter de sa fortune en l'empoissant d'une infime dose quotidienne de poison d'arsenic.
Ralph TRUITT pose cependant une condition essentielle non-négociable au mariage , il exige de sa jeune épouse de retrouver son fils disparu et de le ramener au domaine paternel familial.
Ralph avait été un enfant mal aimé , il restait persuadé qu'il ne serait jamais grand, ni beau, ni désiré.
" Son amour et sa peur des femmes, de sa mort et de la leur, se transforma en une haine qui ne s'apaisait jamais."
" C'était tellement loin à présent. Ils étaient tous morts, son frère, son père, Émilia, la petite fille à laquelle elle avait donné naissance... Tous morts, même, pour finir, son impitoyable mère, qui ne lui pardonna jamais."
" Si l'amour rendait fou, que pouvait engendrer le manque d'amour"
Catherine Land " Elle comprit que son coprs était sa banque: c'était tout l'argent dont elle disposait.Tout ce dont elle aurait jamais besoin."
Antonio Morelli " C'était l'histoire d'un fils qui croyait qu'il était de son droit légitime de tuer son père. L' histoire d'un père incapable de défaire la moindre de ses actions passées, en dépit de l'immense compassion qui animait son coeur."
" C'était l'histoire de gens qui ne faisaient le choix de la vie contre la mort que lorsqu'il était trop tard pour faire la différence entre les deux."
" Elle avait attiré le malheur sur lui."
"Il est des choses qui attendent. Tout ne meurt pas. Vivre prend du temps. Ces choses-là arrivent."
Un grand roman et un auteur de talent à découvrir.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
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Pour en savoir davantage:
Il ne faut pas se fier aux titres des livres : Une femme simple et honnête raconte en fait l’épouvantable machination ourdie par une femme au tournant du XXe siècle, dans un petit village du Wisconsin. Un premier roman écrit par un auteur plus si jeune, mais qui ne manque pas de ressource.
Tout commence par une petite annonce postée par un riche manufacturier de 54 ans qui souhaite refaire sa vie après vingt années de veuvage. Une femme de la ville lui répond, convenable et humble. L’affaire semble faite, le mariage sur les rails. Mais personne n’est vraiment qui il prétend être dans cette histoire.
L’homme, hanté par la chair et les plaisirs qu’il ne s’octroie plus, porte un passé lourd et mystérieux. La femme, elle, dissimule sous ses robes strictes une vie de débauches dans les lupanars de Saint-Louis. Il n’y a que des tragédies dans ces campagnes du Wisconsin où les habitants semblent pourtant de sages citoyens. Mais le climat, l’époque, la dureté ambiante les conduisent à commettre des actes violents, meurtres, suicides, sur fond d’un quotidien tranquille.
A 50 ans, Robert Goolrick, un américain « simple et honnête » lui aussi, a abandonné son métier de publiciste pour l’écriture. Il signe un roman quasi victorien, mélange sans illusions de Thackeray et Jane Austen, qui rappelle beaucoup Pétrole ! d’Upton Sinclair, écrit en 1927, et plus encore sa version cinématographique, There will be blood, signée Paul Thomas Anderson. Goolrick ne fait pas dans les bons sentiments.
Avec une puissance étonnante, il dénude l’âme humaine qu’il montre avec ses taches et ses vilaines blessures. Mais il veut aussi prouver que les damnés eux aussi se rédiment, à travers ce qu’ils n’osent appeler l’amour et qui est peut-être un pansement au désespoir.www.lecteurs.com
BRUCKNER Pascal
LA MAISON DES ANGES, roman, Grasset, 2013, 314 pages
Un autre roman remarquable de Pascal BRUCKNER qui nous présente un homme bon, normal qui travaille comme agent immobilier, qui mène une vie ordinaire et solitaire. Cependant dans chaque humain se cache une façade de notre être, de notre personnalité, une anomalie, une obsession saisissante qui parfois refait surface: Antonin ne peut supporter la médiocrité, la déchéance d'un être humain au point de survivre dans des conditions inhumaines, dégradantes pire que des animaux ABANDONNÉS. Les sans-abris, les SDF l'horripilent, le désorientent, lui font perdre le contrôle de ses émotions et de ses actes.
Il fait la rencontre d'ISOLDE, qui à son contraire, à son opposé est une "humanitaire ". Elle lui propose un travail, une responsabilité dans son refuge pour SDF, LA MAISON DES ANGES. Las de son travail d'agent immobilier , il accepte cette proposition, y voyant une façon de contrôler sa démangeaison d'élinimer les indésirables sociaux, sexe confondu.
Un roman émouvant, troublant par sa psychologique humaine et son réalisme social.
L'auteur dans son style éloquant parfois brutal nous amène à cotoyer des humains répugnants, réels souvent victimes de notre société de surconsommation où la richesse et l'économie sont rois et dictateurs. Un roman choc par un auteur éclaté.
"Il restait un puceau de l'assassinat même s'il avait tué un homme par mégarde et un chien par colère."
"Il était sexuellement désactivé, cela ne l'intéressait plus.Le malheur, c'est que, travaillant pour le bien de l'humanité, il devait cacher la grandeur de sa croisade."
" Il en conçut un sentiment de toute puissance. Il était joyeux, il allait vidanger Paris."
"Antonin opta donc pour un costume de bonne coupe. Il devait redoubler de coquetterie quand il en finissait avec ces êtres en perdition, opposer le dandysme à la répugnance."
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
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RÉSUMÉ DU LIVRE
Antonin Dampierre, la trentaine soignée, est un garçon normal. Ou presque. Il travaille dans une agence immobilière de luxe jusqu'au jour où, ratant une vente à cause de deux ivrognes, il rosse l'un deux à mort.Illumination !
Notre purificateur commence alors sa quête hallucinée dans le Paris des naufragés où il croise la route d'Isolde. Cette héroïne de l'humanitaire parviendra-t-elle à le sauver de lui-même ? La Maison des Anges est un polar du bitume qui nous emporte avec effroi et jubilation dans le grand ventre de Paris. L'éditeur
Michel JEAN
LE VENT EN PARLE ENCORE, roman, Libre Expression, 2013, 238 pages
Un roman à base historique très d'actualité tant au Canada qu'au Québec car il touche une population directement impliquée dans nos sociétés depuis nos origines car il s'agit des peuples fondateurs du Canada et d'Amérique du nord, les Amérindiens, ici les Innus dans la présente histoire vécue.
Le sujet bombe est les traitements faits aux enfants innus dans les persionnats du Québec, tout particulièrement celui de Fort George dans le nord du Québec géré par des religieux et religieuses catholiques.
Ce roman d'une écriture rigide, saisissante, sensible, documentée nous décrit la situation avilissante, dégradante imposée aux enfants qui par une loi du Canada impose aux parents le devoir d'envoyer leurs enfants dans des pensionnats afin d'en faire de bons citoyens canadiens, mieux préparés à jouer un rôle dans nos sociétés. Les traitements qui leur sont réservés dénoncent un véritable génocide de la population améridienne, autochtone.
Un roman touchant d'un réalisme déconcertant qui nous décontenance
en tant que directement concernés comme peuple découvreur.
" Le pensionnat catholique de fort George a ouvert ses portes en 1936 et les a fermées seize ans plus tard, en 1952.
On ne connaît pas avec certitude le nombre de pensionnats ayant existé au Canada. De la fin du X1Xe siécle à la fin du XXe siécle, la Convention de règlement relative aux pensionnats indiens en a répertorié cent trente-neuf , dont dix au Québec. Le dernier pensionnat a fermé ses portes en 1996, en Saskatchewan.
Cent cinquante milles enfants autochtones, de six à seize ans, ont fréquenté ces établissements. Plus de quatre mille y sont morts."
p. 237
"C'est une chose d'entendre des hitoires d'horreur, cela en est une autre de les voir incarnés dans des êtres vivants et supposément civilisés." p. 209
" Il est interdit de vous appeler autrement que par le numéro qui vous a été attribué. Compris ? Et je ne supporterai aucun écart aux règles." p. 91
Un grand roman et un grand auteur innu à découvrir.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
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À quatorze ans, Virginie, Marie et Thomas sont arrachés à leurs familles sur ordre du gouvernement canadien. Avec les autres jeunes du village, ils sont envoyés, par avion, dans un pensionnat perdu sur une île à près de mille kilomètres de chez eux pour y être éduqués. On leur coupe les cheveux, on les lave et on leur donne un uniforme. Il leur est interdit de parler leur langue. Leur nom n'existe plus, ils sont désormais un numéro.
Soixante-dix ans plus tard, l'avocate Audrey Duval cherche à comprendre ce qui s'est passé à Fort George, l'île maudite balayée par l'impitoyable vent du large, et ce qu'il est advenu des trois jeunes disparus mystérieusement, sans laisser de trace.
Une histoire où l'amour et l'amitié offrent parfois les seuls remparts contre les agressions et la violence. www.editions-libreexpression.com
Dans son quatrième roman, l'écrivain et journaliste innu MICHEL JEAN expose l'histoire méconnue de ces jeunes Amérindiens envoyés de force dans des pensionnats éloignés. Avec un style sobre et senti, l'auteur lève le voile sur une des pages sombres de notre histoire.
Un livre puissant et d'une indéniable actualité au moment où la Commission de vérité et réconciliation du Canada cherche à réparer les blessures du passé chez les anciens pensionnaires. L'Éditeur
JEAN, Michel
UN MONDE MORT COMME LA LUNE, roman, Libre Expression, 2009, 253 pages
Un premier roman réussi de l'écrivain et journaliste innu Michel JEAN dans un style d'écriture descriptif élevé et perçant. L'auteur nous fait connaître la capitale d' Haïti Port- au- Prince et tout particulièrement le quartier de Cité Soleil, le plus pauvre des bidonsvilles d'Haïti et repaire des plus violents gangs du pays: trente-quatre quartiers divisés en secteur, chacun dirigé par un chef entouré de sa cour.
Jean-Nicolas Legendre, grand reporter pour la télévison québécoise nous entraîne dans une enquête qui a pour but primordial de trouver le lien qui unit les dealers de drogue de Montréal au cartel colombien de la drogue qui transite par Haïti pour le Québec par bateau et avion privé.
Son enquête découvre des preuves évidentes , accablantes de la collaboration et contrôle de la drogue genre cocaïne par le président d' Haïti, Jean-Bertrand Aristide.
Une enquête endiablée qui a l'envergure d'une bombe dont les relents poursuivent notre enquêteur jusqu' à Montréal.
Un roman qui nous tient hors d'haleine jusqu'à son dénouement .
" Jean-Nicolas se sentait comme une lame, dure, acérée et redoutable. Il était une lame, désormais insensible à la chaleur et au froid, assoiffée de sang, dangereuse, mortelle."
" Pendant la convalescence de Jean-Nicolas, la situation du président Aristide avait continué à se détériorer."
Un roman audacieux qui dévoile un lien puissant entre le peuple haïtien et le peuple québécois par des ressemblances individuelles insoupçonnables qui les unient.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
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Résumé:
"Jean-Nicholas Legendre, grand reporter pour la télévision québécoise, se rend en Haïti pour y suivre la trace des narcotrafiquants colombiens et enquêter sur leurs liens avec les gangs de rue de Montréal et le régime du président haïtien. Pendant son séjour, il s'attache à Bia, une jeune prostituée qui passe ses soirées au bar de son hôtel. Troublé, il reste cependant fidèle à sa belle Marie, qui l'attend à Montréal avec leur fille, Sydney. Son enquête sera couronnée de succès, mais la diffusion de son reportage au Québec aura des conséquences dramatiques qu'il n'aurait jamais pu imaginer.
Un monde mort comme la lune commence par une mission journalistique et débouche sur la quête d'un homme qui s'interroge sur le sens de sa vie.
Le journaliste Michel Jean, coanimateur de l'émission J.E. au réseau TVA, a couvert plusieurs sujets aux quatre coins du monde, dont la guerre en Iraq et la crise en Haïti. En 2006, il a reçu le prix Judith-Jasmin pour un reportage réalisé pendant la guerre au Liban.
"Un monde mort comme la lune" est son premier roman et son troisième livre." L'Éditeur
GARCIA Tristan
FABER, roman, Gallimard, 2013, 461 pages
Roman psycho-socio dramatique remarquable. C'est l'histoire bouleversante de trois amis qui deviennent inséparables grâce à Faber, le dernier qui se joint au trio. Basile est malmené et soumis aux jeunes garçons dominants de son école dès les premières années scolaires ainsi que Madeleine qui elle aussi se tient en retrait des autres élèves. Ils se sont vite découverts des affinités surtout à cause de leur marginalité mais parce que Faber devient le protecteur de ses nouveaux amis qui étaient faibles, vulnérables et victimes des
chefs de gang.
Faber est un personnage haut en couleur, impressionnant et plein de ressources.
Il connaît l'âme et les pensées des hommes même muets. Il lit dans les pensées, découvre les états d'âme, les intentions de chacun par son simple regard pénétrant. C'est un exalté, un fonceur, un protecteur voire un personnage exubérant, un destructeur en mission diabolique.
" Pas un merci. Il ne pouvait supporter d'être en dette et n'avait qu'une idée en tête: reprendre l'initiative, être le chef."
Délire. Crises de démence ou de lucidité. Fascination, un monstre à l'appétit grandissant sinon la déception de ses amis.
"Il errait sans mémoire à la recherche de son âme."
"Puis j'ai regardé Faber. J'ai su qu'il ne reconnaîtrait jamais ces vérités plates, décevantes et paisibles. Celles qui nous font admettre qu'il existe un réel hors de portée de notre volonté. Le fil du temps. Le quotidien, l'ordinaire. Les occasions réussies, les occasions ratées. Un peu de tombe dans notre berceau. L'idée que ce l'on attend n'arrivera jamais vraiment. Le sentiment que nous ne sommes la capitale de rien, simplemenet la province d'un royaume que nous ne connaîtrons jamais". p.176
"Je vous ai laissé dormir des années. Moi! Je vous ai attendus. La révolution, c'est fini. Il faut détruire maintenant. Il faut que je vous dise ce que je suis....Je ne suis pas humain.
Je suis le diable et on m'a donné la forme d'un gosse. Je souffre énormément. Mais je suis coincé dans un trou. Je veux êtrre un homme. S'il vous plaît. Je cherche une âme."
Un roman bouleversant car cette aventure nous dépeint comme des êtres qui deviennent non pas ce que l'on souhaite mais ce que l'on vit et subit.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
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D'un côté Basile et Madeleine, de l'autre Faber. Tous les trois sont devenus inséparables dès l'âge de 8 ans, lorsque Faber, jeune Maghrébin sorti de la Ddass et adopté par deux retraités, débarque dans la cour de l'école et prend sous son aile le timide à lunettes et la fille aux allures de garçon manqué. Très vite, Faber s'impose à tous.
Surdoué en classe, mais aussi en charisme. On l'adule. Le collège, puis le lycée sont à ses pieds. Bientôt la ville entière et, pourquoi pas, le pays... Il est de ceux qui dénoncent la dictature de la tristesse, résistent à la broyeuse sociale et entendent se forger un destin, dans ce coin de France -Mornay, double littéraire de Chartres- où il ne se passe jamais rien. Faber les fait rêver, ces ados déboussolés. Trop, peut-être. Fascinés par ce grand frère que rien ne semble arrêter, Basile et Madeleine se noient peu à peu, rattrapés par une vague -une déferlante- que l'on nomme Réalité et qui dévaste les illusions de la jeunesse dès que l'on sort de l'adolescence.
Tristan Garcia ne signe pas seulement, avec Faber, un récit générationnel sur les trentenaires de la classe moyenne d'un pays moyen d'Occident. Loin de là. Réflexion sur le désir d'exister, sur le mécanisme de l'imposture, sur la fascination et son revers (l'inévitable déception), sur la création littéraire, Faber est un roman magistral. D'une redoutable efficacité. Qu'il faut lire de toute urgence si l'on veut comprendre ce qui se passe dans ce pays." www.lexpress.fr
MAALOUF Amin, de l'Académie française
LES DESORIENTÉS, roman, Grasset&Fasquelle, 2012, 519 pages
chroniques d'un retour au pays natal
Roman à base sociale touchant d'une écriture adroite, habile, talentueuse qui nous entraîne dans un monde d'amis universitaires ayant un passé commun qui tentent de se retrouver à la suite du décès d'un d'entre eux après vingt ans de séparation et de coupure sociale.
Leur pays d'origine est arabe, un état d'Asie dans le Moyen-Orient et plusieurs se sont dispersés au quatre coins de la terre pour des raisons sociales, politiques et personnelles. Certains ont décidé de rester, d'autres de partir pour fuir des conditions de vie difficile suite à des événements politiques et civiles menaçantes et même dangereuses pour leur sécurité.
La difficulté est de réussir à faire coincider les carrières , les disponibilités de chacun dans un temps déterminé et propice aux déplacements de chacun. Dix personnes étaient prévues, huit étaient là à l'heure.
Nous vivons les liens intenses qui ont soudés certains mais également les failles et faiblesses qui ont fait partir les autres. Leur amitié est solide et inconditionnelle mais le passé ne peut pas être efffacé sans ajustement et acceptation d'une époque passée ambiguë voire nébuleuse pour des raisons politiques bouleversantes.
Un grand roman qui nous démontre les liens puissants de l'amitié, de la force de l'attachement à son pays d'origine qui nous marque inconditionnellement.
Un roman à découvrir pour son authenticité , son réalisme et un auteur pour son message humain, politique et historique. La vie est ce que nous avons vécu et nous devons l'accepter car nous pouvons seulement changer le présent.
" Oui, ça marche. Mes émotions sont anesthésiées. Je vois tout, j'entends tout, mais je ne sens plus rien." p. 378
" Oui je le crois. Tes amis servent à te préserver tes illusions le plus longtemps possible. Mais tu finis quand même par les perdre, tes illusions. Mais il vaut mieux que ça n'arrive pas trop tôt. Sinon, tu perds aussi le courage de vivre." p. 500
" Il est vrai qu'au début, Adam ne croyait pas trop aux chances de ce projet. Les premières lettres d'invitation, il les avair surtout écrites pour consoler la veuve de Mourad, et pour apaiser ses propres remords. Il avait été surpris de l'enthousiasme des amis, et de la rapidité avec laquelle ils avaient pris leurs dispositions pour venir.
Que ces personnes éparpillées par la guerre comme les aléas de la vie, qui se trouvaient à présent sur quatre continents différents, qui évoluaient dans diverses sphères professionnelles, politiques ou spirituelles, et qui ne s'étaient plus réunies depuis un quart de siècel, se soient toutes montrées prêtes à convergerr ainsi, sur un signe de lui, vers cet hôtel de montagne- a posteriori, on peut trouver la chose compréhensible; mais au moment de rédiger ses lettres, il ne s'y attendait pas." p. 514
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
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Un quart de siècle plus tard, un homme retrouve le pays qui l'a vu naître. Il tente de reconstituer sa bande d'amis. Une chimère ?
Il y a des romans qui continuent de résonner fort en vous longtemps après que vous les ayez fermé.Les Désorientés d'Amin Maalouf est de ces livres-là. On garde à l'esprit des phrases entières - «De la disparition du passé, on se console facilement ; c'est de la disparition de l'avenir qu'on ne se remet pas.» Ou encore: «Le pays dont l'absence m'attriste et m'obsède, ce n'est pas celui que j'ai connu dans ma jeunesse, c'est celui dont j'ai rêvé, et qui n'a jamais pu voir le jour.»
Adam est le personnage principal de ces Désorientés, il est exilé à Paris depuis un quart de siècle et reçoit un appel téléphonique provenant de son pays natal. C'est la femme de son meilleur ami d'enfance qui lui parle: «Ton ami va mourir. Il demande à te voir.» Il hésite, prend l'avion, et lorsqu'il pose les pieds sur le sol, il apprend que l'ami vient de mourir. Il finit par rester seize jours dans le pays qui l'a vu naître. Ce sont ces jours qu'Amin Maalouf raconte.
Dans les 520 pages du roman, le mot Liban n'est jamais prononcé, ni Beyrouth, car là n'est pas l'essentiel, et c'est l'universalité de ces destins qui prédomine. Les Désorientés, superbe titre, est un projet de vaste ampleur - brosser le portrait d'une génération de désenchantés. Depuis Léon l'Africain ou Le Rocher de Tanios (prix Goncourt 1993) ou ses essais Les Identités meurtrières ou Le Dérèglement du monde, on savait Amin Maalouf habitué à mener ce genre de projet en grand conteur. Adam lui ressemble sans doute un peu.
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Daniel PENNAC
COMME UN ROMAN, essai, Gallimard, 1992
"Ce livre est une excellente étude qui nous donne des pistes pour amener les plus jeunes à la lecture. Des vieilles idées comme "ne pas aimer lire" ou "ne pas avoir le temps de lire" sont effacées par l'auteur. Un texte très plaisant à découvrir et très instructif qui pourra en réconcilier certains avec les livres et confortera les lecteurs les plus assidus à assouvir leur passion. Cet essai est vraiment un livre à découvrir et à mettre entre toutes les mains, surtout celles de personnes qui sont un peu tièdes vis à vis de la lecture" www.babelio.com
Daniel PENNAC nous révèle, décrit dans son livre toutes les possibilités que nous pouvons rencontrer lorsque nous lisons, incitons à lire ou tout simplement apprenons à lire. L'histoire de la lecture et ses mondalités en un livre qui se lit COMME UN ROMAN. Adultes ou enfants nous découvrons tous des situations qui nous incitent à lire et d'autres à boycotter les moments de lecture.
À tour de rôle nous sommes enfants, parents, éducateurs, enseignants, auteurs de B.D, écrivains, éditeurs et découvrons les moments qui font de chacun de nous un lecteur émerveillé, conquis ou un illettré désillusionné et résigné.
La lecture comme de nombreuses aptitudes et métiers s'apprivoisent selon les bons moments passés en sa présence, par les plaisirs découverts par l'art de lire.
La lecture est magique ou hors d'atteinte selon les circonstances , les occasions qui se présentent pour nous émerveiller, nous conquérir ou tout simplement nous intéresser en touchant nos intérêts, nos émotions, nos sentiments.
Un livre pour celui et celle pour qui la lecture est utile, agréable, complémentaire ou tout simplement un guide et un compagnon de vie.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
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"Comme un roman est un essai de Daniel Pennac paru en 1992 aux éditions Gallimard . Cet essai se veut à la fois un hymne et une désacralisation de la lecture, ainsi qu'une invitation à réfléchir à la manière pédagogique de l'appréhender. Il constitue ainsi une critique des techniques, exigences et recommandations de l' éducation nationale. Comme un roman est découpé en quatre parties: Daniel Pennac raconte d'abord la détresse et le dégoût face à un livre d'un adolescent et les raisons que trouve sa famille pour se rassurer eux mêmes et excuser leur garçon. Puis il fait un retour en arrière dans la vie de l'enfant pour trouver les raison de cette aversion présente. Il montre d'abord les parents enchantés de faire la lecture à leur enfant et celui-ci, avec un appétit insatiable de lire. Il nous décrit alors la fatigue des parents au bout d'un moment et l' amour de la répétition chez l'enfant.
L'entrée à l'école est décrite tout d'abord comme un émerveillement pour le maternelle et comme un soulagement pour les parents qui délaisse la lecture du soir car après tout il peut lire tout seul. Et quand les parents reprennent la lecture à leur enfant,ce n'est pas pour le faire dormir mais pour qu'il analyse et comprenne le texte. Daniel Pennac dresse alors un portrait péjoratif des parents qui passe de la lecture sans aucune contrepartie à la lecture de compréhension. Il décrit alors la détresse des enfants face à ce changement si brusque et leur perte du goût de la lecture dû à celui-ci et écrit les manières de le faire renaître notamment par la lecture à haute voix. Daniel
Pennac nous conte à sa façon l'apprentissage progressif de la lecture et de la fascination. Il émet ensuite des hypothèses sur la diminution du plaisir de lire chez les adolescents. Dans la forme, Pennac décrit tout cela avec sensibilité et humour afin de toucher chaque lecteur dans son histoire personnelle. Voulant inciter les adolescents à la lecture, il tente de montrer que la lecture est avant tout un plaisir."
fiches,lexpress.fr
Paulo COELHO
LE ZAHIR, roman, Flammarion, 205, 360 pages
Roman éclatant sur les principes de vie spirituelle de l'auteur qui fait le point sur sa vie d'homme, de couple, d'auteur: des leçons de vie très variées et adaptées au développement de chacun. Rien n'est définitif, il faut constamment se remetttre en question tant sa vie professionnelle que personnelle comme ma façon de penser, mes idées acquises, ma façon de voir les choses, mes intérêts, mes croyances, mes perceptions.
" Je sais que la liberté coûte très cher, aussi cher que l'esclavage; la seule différence, cest que vous payez avec plaisir et avec le sourire, même quand c'est un sourire mouillé de larmes."
"...à une époque où j'ai compris que je pouvais tout, sauf forcer l'autre à me suivre dans ma folie et ma soif de vivre."
" La liberté. La liberté d'être misérablement seul."
" Je veux croire qu'il est merveilleux d'être libre."
" ..la liberté n'est pas l'absence d'engagement, mais la capacité de choisir."
" L'être humain a deux grands problèmes: le premier est de savoir quand commencer, le second est savoir quand s'arrêter."
" ...ce qui existe, c'est la liberté de choisir et ensuite d'être engagé par sa décision."
" Quand je n'ai plus rien à perdre, j'ai tout reçu. Je me suis trouvé."
Un roman très éloquent sur nos choix de vie: devenir et être suffisamment adulte pour ne pas continuer à se tromper, à se mentir, à voir clairement la réalité et en supporter les conséquences.
Un grand roman sur l'homme en devenir par la voie, la vie de l'amour car l'amour modifie les lois de la nature et l'effort de séduire nous oblige à donner le meilleur de soi-même.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
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Pour en savoir davantage:
« J’obtiens ce que je désire, mais je découvre que la stabilité tant rêvée s’accompagne d’un profond ennui »
Un écrivain célèbre raconte la disparition de sa femme,Esther, correspondante de guerre. Elle devient son Zahir, son idée fixe, son obsession, sa seule raison de vivre. Au fil d'un périple qui le conduira de Paris jusqu'en Asie centrale, il traversera la steppe, son désert, sa magie et ses légendes pour retrouver celle qui donne un sens à sa vie. Un récit, à contenu autobiographique, sur l'état du monde moderne, sur l'amour, la liberté et la solitude, sur l'avenir de l'homme en quête de repères, d'amour et de spiritualité.L'éditeur.
Paulo COELHO est né en 1947 à Rio de Janeiro. Adolescent rebelle dans une famille conservatrice et étudiant contestataire plusieurs fois emprisonné, il devient parolier d'une des plus grandes stars du rock des années 70 au Brésil.
L'ALCHIMISTE, paru en 1988, s'impose comme un best-seller mondial. Ses livres, traduits dans 59 langues, se sont venus dans 150 pays. Reçu à l'Académie brésilienne des lettres en 2002, Paulo Coelho signe une chronique qui est publiées chaque semaine dans le monde entier.
L'éditeur.
Jacques SAVOIE
CINQ SECONDES, roman, Libre Expression, 2010, 311 pages
Un roman du genre psychologique-polar de haute qualité, d'une écriture concise, efficace,frappante, profonde. Un personnage hors norme, une personnalité remarquée par son allure physique, c'est un enquêteur mulâtre, manchot car victime de la thalidomide et d'un amour éphémère racial; un être doté d'une grande intuition et d'un talent remarquable de déduction. Un mélange d'humain et d'un cérébral clairvoyant.
Jérôme Marceau se doit de remplacer sa supérieure hiérarchique aux prises avec un état de santé requerrant un congé prolongé.
Brigitte Leclerc, une accusée se présente devant la cour et par une gestuelle étudiée, spontanée, précise abat succinctement le policier escorte, le juge, l'avocat et un témoin en quatre secondes synchronisées, mortelles.
Quelle est la véritable raison ou cause de ses quatres meurtres spontanés, imprévisibles ? Seule la lecture de ce roman vous en dévoilera les causes multiples, personnelles et rationnelles.
Un roman d'une grande subtilité, d'un cheminement audacieux vers l'inconnu, le non-dit, le non plausible. Pourquoi un tel geste fatal, quels sont les liens entre Brigitte Leclerc et les quatres victimes ?
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
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"Cinq secondes, c’est le temps qu’il a fallu à Brigitte Leclerc, alias Julie Sanche, pour tuer le juge, l’avocat et le témoin, ainsi que le garde de sécurité du Palais de Justice, qu’elle avait désarmés, avant de retourner cette arme contre elle-même.
Cinq secondes, c’est tout le temps qu’elle a eu pour voir sa vie défiler devant elle et tenter d’en trouver le sens, les tenants et aboutissants, avant l’échéance fatale.
Ces cinq secondes fatidiques de conscience extrême d’une vie mal barrée qui s’est mal terminée s’étalent sur les 300 pages d’un roman palpitant, captivant et troublant de Jacques Savoie, intitulé, on l’aura deviné, Cinq secondes.
«J’écris toujours mes romans sur des valeurs qui leur servent de thème, explique l’auteur. Le thème de Cinq secondes, c’est le pardon.» Un pardon qui était au-dessus des forces de l’héroïne, qui meurt au tout début du roman, mettant fin à une vie marquée par le mensonge, la duperie, la trahison.
Si Jacques Savoie insiste que «ceci n’est pas un roman policier», Cinq secondes en a cependant toutes les apparences. C’est qu’il y a une logique, organique, qui préside au développement d’un tel roman.
«Pour traiter du pardon, il me fallait un geste impardonnable. Un meurtre est un geste impardonnable. Mais un meurtre appelle inévitablement un policier, qui va vouloir le tirer au clair.»
Ce n’est pas un roman policier donc, sauf que c’est l’histoire d’un flic qui enquête sur un meurtre. Le flic, Jérôme Marceau, travaille très fort à comprendre pourquoi Brigitte a voulu tuer le juge, son avocat et son ex-amant. Mais le lecteur n’a pas vraiment besoin de lui : la meurtrière nous raconte toute son histoire, à mesure qu’elle la revit, en accéléré, juste avant de mourir. Leurs récits s’entrecroisent.
Ce qui fait l’intérêt soutenu de ce roman, c’est d’abord la maîtrise avec laquelle Savoie nous mène à travers cette histoire compliquée, qu’il nous révèle, une tranche à la fois, comme on pèle un oignon.
Savoie joue avec le temps en virtuose, à travers les souvenirs hachurés de l’assassin et les projections intuitives du détective. Son flic est intéressant. Il est mulâtre. Il est aussi infirme. Pas très sûr de lui, ni de l’ascendant qu’il a sur ses collègues et ses patrons. Un solitaire, aussi maladroit avec les femmes que dans les intrigues politiques.
Et il y a plein de trucs accessoires qui donnent de l’étoffe, de la couleur au récit. L’enquête se déroule durant une grosse tempête de neige et de verglas à Montréal. La météo devient un personnage. La ville souterraine, et ses nombreux passages secrets, inconnus du public, jouent un gros rôle aussi.
De nombreuses intrigues secondaires viennent brouiller les cartes: magistrat corrompu, avocat pourri, police politique, racket de cartes de crédit, usurpation d’identité. C’est comme dans la vraie vie, quoi: pas évident de savoir ce qui se passe pour vrai.
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LA FEMME NUE HABILLAIT LA NUIT, récit, nouvelles historiettes de la bohème, Éditions Hurtubise, L'arbre, 2010, 179 pages
JEAN-CLAUDE GERMAIN est un artiste, un auteur, un homme d'art comme il existe des hommes orchestre. C'est avant tout un historien, un raconteur, un conteur, un témoin important de son siècle, de son époque comme participant surtout car il était dans un monde à sa mesure.
Il a été un acteur important de l'époque artistique des années 1950 à Monréal et au Québec. Il a été un acteur principal dans la plupart des domaines artistiques car tout ce qui était de l'art l'attirait, le métamorphosait, l'impressionait, l'ennivrait.
Par lui et avec lui, on surplombe la vie artistique de la société complète de la vie culturelle de la ville de Montréa, une véritable métropole de la culture.
Il nous fait connaître la vie culturelle de jour comme de nuit car les nuits de Montréal sont très actives et recherchées. On découvre le Mocambo, un avant-poste du Red Light, "la lumière rouge ne s'éteignait jamais au Mocambo, à six heures du matin, elle y accueillait les travailleurs avec le dernier spectacle de la veille et le premier de la nouvelle journée."
L'auteur nous dévoile le rôle culturel important néfaste qu'a joué Mgr Bourget. " Désormais, sous peine d'excommunication, il sera défendu à tous les catholiques pratiquants d' appartenir à l'Institut canadien de Montréal.
"Le coup boutoir de Bourget va s'avérer funeste pour la liberté de pensée et d'expression."
Jean-Claude Germain nous présente tous les aspects de la vie culturelle de son époque:
les Clubs de nuit, la place et la vie du théàtre québécois, le théâtre de Variétés, le burlesque. Avec lui nous faisons le tour des galeries d'art, des librairies de la ville tant de l'est que de l'ouest car il les fréquente toutes. Il nous fait connaître lesMusées, la musique classique, les Beaux-Arts, la scène du Gayety, Lili St-Cyr et son spectacle de La Baignoire, le cinéma Alouette, le Théâtre Impérial, l'émergence de la photographie.
LA FEMME NUE HABILLAIT LA NUIT nous fait découvrir une vie culturelle qui fait surface, se dévoile, se manifeste à nous dans toute son activité et sa splendeur.
Un livre à découvrir si la vie culturelle d'époque vous intéresse; vous serez comblés.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
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