JOURNAL D'UN CORPS de Daniel PENNAC
21/01/2014 15:35 par livresentete
PENNAC Daniel
JOURNAL D'UN CORPS, Gallimard 2012, 381 pages
Dans son style d'écriture éclatant, touchant et profond Daniel PENNAC nous livre au jour le jour, tel un journal personnel et intime, le récit de la vie de son corps sur tous les plans que l'homme vit quotidiennement: le développement de son corps physique, morphologique, émotif, psychologique, intellectuel, social, professionnel, affectif et sexuel. Il est à l'écoute de son corps et vit son évolution comme un ami proche, un partenaire indissosiable. Il observe mais ne juge pas, ne fait que constater ce qui lui arrive ou nous arrive à tous, des changements progressifs et normaux de la naissance à la mort.
" La peur ne te garantit de rien elle t'expose à tout! Ce qui n'empêche pas d'être prudent. Papa disait: " La prudence est l'intelligence du courage."
" ...vit en amitié avec ton corps, c'est tout."
" Si nous arrivons à distraire l'esprit de la douleur, le blessé ne la ressent pas."
" C'est intéressant, quelqu'un qui croit tout savoir et qui comprend si peu les gens."
" On ne joue pas avec sa santé. Ton corps n'est pas un jouet."
" Seize ans. Je ne m'y reconnais pas! Ou, plus exactement, j'ai l'impression que quelqu'un a grandi en moi."
" Ma rapidité, ma souplesse, mon habileté, mes réflexes m'épatent au tennis...la certitude du coup juste à la microseconde."
" Confiez-moi cette virgule que j'en fasse un point d'exclamation."
" La mémoire est l'outil le moins fiable de ma panoplie."
" Ma peau supporte mal les points de sparadrap qui maintiennent la sonde contre ma cuisse..."
" Mon corps m'est devenu aussi indifférent qu'il l'était dans ma petite enfance."
" ...personne n'a jamais inscrit le médeccin à l'école de la douleur qu'il inflige."
Gilles Lagrois, Auclair, Québecc
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Pour en savoir davantage:
Résumé :
13 ans, 1 mois, 8 jours. Mercredi 18 novembre 1936
Je veux écrire le journal de mon corps parce que tout le monde parle d'autre chose.
50 ans et 3 mois. Jeudi 10 janvier 1974
Si je devais rendre ce journal public, je le destinerais d'abord aux femmes. En retour, j'aimerais lire le journal qu'une femme aurait tenu de son corps. Histoire de lever un coin de mystère. En quoi consiste le mystère ? En ceci par exemple qu'un homme ignore tout de ce que ressent une femme quant au volume et au poids de ses seins, et que les femmes ne savent rien de ce que ressentent les hommes quant à l'encombrement de leur sexe.
86 ans, 9 mois, 16 jours. Lundi 26 juillet 2010
Nous sommes jusqu'au bout l'enfant de notre corps. Un enfant déconcerté.
De 13 à 87 ans, âge de sa mort, le narrateur a tenu le journal de son corps. Nous qui nous sentons parfois si seuls dans le nôtre nous découvrons peu à peu que ce jardin secret est un teritoire commun. Tout ce que nous taisions est là, noir sur blanc, et ce qui nous faisait si peur devient souvent matière à rire.
L'ÉDITEUR
COX Michael
LE LIVRE DES SECRETS, la vie cachée d'Esperanza G., roman, Seuil, 2009, 581 pages
Roman remarquable autant par le style d'écriture ordonnée, intense de l'auteur que par le contenu littéraire du roman dans un genre " enquête " judiciaire, style 19ième siècle dont l'instrument principal est les documents professionnels, les lettres, les notes personnelles, le carnet intime, les compte-rendus légaux, les journaux. Tout est recherche de documents, de preuves écrites, notées.
Un roman captivant par l'époque concernée, 1855-1880, le monde riche, princier des nobles et des propriétaires terriens en Angleterre.
Ce roman est une dure traversée de la vie, de l'amour d'un père pour sa fille qu'il a abandonée. Le Grand Dessein d' Esperanza/Alice GORST est un projet de secrets et de vérité à dévoiler dont l'oeuvre de plusieurs vies concernées.
" C'est le problème de la succession qui est à l'origine de tout ."
" Ah, les secrets! En verrais-je jamais la fin ?"
" Mon Livre de Secrets, ce trésor de choses tues."
" Ce père qui m'a volé ma vie pour se l'approprier, ce fantôme en moi, ce maître implaccable de mon existence."
" Je plonge constamment le regard dans le miroir du temps, ce verre magique dans lequel les ombres changeantes des jours disparus passent et repassent devant l'oeil du souvenir."
Un grand roman dans le genre historique et enquêtes judiciaires de l'époque, un grand auteur à découvrir, une écriture divine, fignolée, impeccable.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
www.livresentete.vip-blog.com
Pour en savoir davantage:
Résumé de l'éditeur :
A Paris, en 1876, Esperanza Gorst, jeune orpheline de 19 ans, est élevée par une mère adoptive française et un précepteur anglais. Elle est envoyée à Evenwood pour y devenir la femme de chambre de la baronne Emily Tansor. Elle doit aussi y découvrir les secrets de sa nouvelle maîtresse, au sujet d'une injustice commise vingt ans plus tôt, à laquelle elle serait elle-même liée.
Quatrième de couverture:
Evenwood est une sombre bâtisse victorienne. Ce qui ne paraît pas gêner la baronne Tansor, établie dans ce manoir où son fiancé fut tué. La jeune Esperanza est moins sensible au charme du lieu : devenue femme de chambre de la baronne afin de découvrir les noirs secrets qu'elle dissimule, elle ne peut ouvrir un placard sans y trouver un cadavre...
Biographie de Michael Cox (tiré du site EVENE)
Vers douze ans, Michael Cox découvre et se passionne pour le monde victorien de 'David Copperfield', de 'Great Expectations' et de Dickens en général. Après avoir obtenu son diplôme à l'université de Cambridge en 1971, il se lance dans la musique comme parolier et chanteur, avec trois albums à son actif. En 1977, il rejoint la maison d'édition Thorson Publishing Group, avant de devenir, en 1989, éditeur de livres de référence chez Oxford University Press. Après son premier livre, une biographie de l'érudit M.R. James, Michael Cox publie nombre d'anthologies dont 'The Oxford Book of English Ghost Stories' (1986) et 'The Oxford Book of Victorian Ghost Stories' (1991). En 1991, il compile 'A Dictionary of Writers and Their Works' et en 2002, il publie un livre de référence 'The Oxford Chronology of English Literature' avec 30 000 titres et 4000 auteurs de 1474 à l'an 2000. En 2004, une cécité naissante suite à un cancer, déclenche chez Michael Cox l'écriture d'un livre qu'il portait en lui depuis trente ans et qu'il rédige en dix-huit mois : 'La nuit de l'infamie, une confession' (2007), son premier roman, mélange de thriller et de roman historique situé dans l'Angleterre des années 1850.
Mon avis :
J'ai reçu ce livre dans le cadre d'un partenariat dont je remercie aujourd'hui le forum Partage Lecture ainsi que l'éditeur POINTS.
En commençant ce livre, je n'ai pu m'empêcher de faire un rapprochement avec les romans écrits par d'illustres auteurs tels Charles Dickens ou Jane austen. C'est alors que j'ai lu la biographie de l'auteur Michael Cox et découvert qu'il était un passionné du monde victorien et ... de Charles Dickens.
Ce roman thriller m'a captivé dès les premières lignes et pourtant je n'avais pas lu le premier volet de l'histoire, la vie d'Edwin Gorst, le père d'Esperanza dans "La Nuit de l'infamie". Nul besoin de ce premier tome pour comprendre "Le Livre des secrets", entrer dans les intrigues de cette superbe bâtisse victorienne, Evenwood, et s'attacher aux personnages : à celui d'Esperanza mais également (pour ma part) à celui de la 26ème baronne Tansor, Emily, pourtant emplie de félonie mais tellement éperdue d'amour pour son fiancé jadis assassiné qu'on arrive à lui pardonner...
Toute la trame de l'intrigue est dévoilée au fur et à mesure (quand même 743 pages!). De rebondissements en surprises le lecteur comprend la machination machiavélique des personnages d'antan et les retombées sur ceux du présent.. L'auteur ne nous laisse pas contempler leurs vies mais nous fait participer aux éclaircissements des mystères de la vie des personnages et de ce qui les relient. Il nous fait voyager de Madère à Londres, puis Florence pour revenir finalement dans ce lieu envoûtant et irremplaçable qu'est Evenwood.
L'histoire pourrait paraître compliquée et longue mais il n'en est rien tellement le style de Michael Cox, d'ailleurs particulièrement bien traduit, est remarquable, simple, limpide et bien écrit donnant un rythme captivant au déroulement des évènements qui s'enchainent.
Je l'ai tout simplement dévoré, de la première à la dernière ligne et le recommande vivement à toutes celles et ceux qui aiment les intrigues, les secrets de famille ainsi que pour tous les amoureux du 19ème siècle, et particulièrement de l'époque victorienne.
Je pense d'ailleurs acquérir "La Nuit de l'infamie" pour connaitre mieux le personnage d'Edwin Gorst et surtout retrouver cet auteur qui m'a tout simplement envoûté et dont je regrette sa disparition récente (mars 2009) qui nous prive de son talent.
www.partagelecture.com
COX Michael
LE LIVRE DES SECRETS, la vie cachée d'Esperanza G., roman, Seuil, 2009, 581 pages
Roman remarquable autant par le style d'écriture ordonnée, intense de l'auteur que par le contenu littéraire du roman dans un genre " enquête " judiciaire, style 19ième siècle dont l'instrument principal est les documents professionnels, les lettres, les notes personnelles, le carnet intime, les compte-rendus légaux, les journaux. Tout est recherche de documents, de preuves écrites, notées.
Un roman captivant par l'époque concernée, 1855-1880, le monde riche, princier des nobles et des propriétaires terriens en Angleterre.
Ce roman est une dure traversée de la vie, de l'amour d'un père pour sa fille qu'il a abandonée. Le Grand Dessein d' Esperanza/Alice GORST est un projet de secrets et de vérité à dévoiler dont l'oeuvre de plusieurs vies concernées.
" C'est le problème de la succession qui est à l'origine de tout ."
" Ah, les secrets! En verrais-je jamais la fin ?"
" Mon Livre de Secrets, ce trésor de choses tues."
" Ce père qui m'a volé ma vie pour se l'approprier, ce fantôme en moi, ce maître implaccable de mon existence."
" Je plonge constamment le regard dans le miroir du temps, ce verre magique dans lequel les ombres changeantes des jours disparus passent et repassent devant l'oeil du souvenir."
Un grand roman dans le genre historique et enquêtes judiciaires de l'époque, un grand auteur à découvrir, une écriture divine, fignolée, impeccable.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
www.livresentete.vip-blog.com
Pour en savoir davantage:
Résumé de l'éditeur :
A Paris, en 1876, Esperanza Gorst, jeune orpheline de 19 ans, est élevée par une mère adoptive française et un précepteur anglais. Elle est envoyée à Evenwood pour y devenir la femme de chambre de la baronne Emily Tansor. Elle doit aussi y découvrir les secrets de sa nouvelle maîtresse, au sujet d'une injustice commise vingt ans plus tôt, à laquelle elle serait elle-même liée.
Quatrième de couverture:
Evenwood est une sombre bâtisse victorienne. Ce qui ne paraît pas gêner la baronne Tansor, établie dans ce manoir où son fiancé fut tué. La jeune Esperanza est moins sensible au charme du lieu : devenue femme de chambre de la baronne afin de découvrir les noirs secrets qu'elle dissimule, elle ne peut ouvrir un placard sans y trouver un cadavre...
Biographie de Michael Cox (tiré du site EVENE)
Vers douze ans, Michael Cox découvre et se passionne pour le monde victorien de 'David Copperfield', de 'Great Expectations' et de Dickens en général. Après avoir obtenu son diplôme à l'université de Cambridge en 1971, il se lance dans la musique comme parolier et chanteur, avec trois albums à son actif. En 1977, il rejoint la maison d'édition Thorson Publishing Group, avant de devenir, en 1989, éditeur de livres de référence chez Oxford University Press. Après son premier livre, une biographie de l'érudit M.R. James, Michael Cox publie nombre d'anthologies dont 'The Oxford Book of English Ghost Stories' (1986) et 'The Oxford Book of Victorian Ghost Stories' (1991). En 1991, il compile 'A Dictionary of Writers and Their Works' et en 2002, il publie un livre de référence 'The Oxford Chronology of English Literature' avec 30 000 titres et 4000 auteurs de 1474 à l'an 2000. En 2004, une cécité naissante suite à un cancer, déclenche chez Michael Cox l'écriture d'un livre qu'il portait en lui depuis trente ans et qu'il rédige en dix-huit mois : 'La nuit de l'infamie, une confession' (2007), son premier roman, mélange de thriller et de roman historique situé dans l'Angleterre des années 1850.
Mon avis :
J'ai reçu ce livre dans le cadre d'un partenariat dont je remercie aujourd'hui le forum Partage Lecture ainsi que l'éditeur POINTS.
En commençant ce livre, je n'ai pu m'empêcher de faire un rapprochement avec les romans écrits par d'illustres auteurs tels Charles Dickens ou Jane austen. C'est alors que j'ai lu la biographie de l'auteur Michael Cox et découvert qu'il était un passionné du monde victorien et ... de Charles Dickens.
Ce roman thriller m'a captivé dès les premières lignes et pourtant je n'avais pas lu le premier volet de l'histoire, la vie d'Edwin Gorst, le père d'Esperanza dans "La Nuit de l'infamie". Nul besoin de ce premier tome pour comprendre "Le Livre des secrets", entrer dans les intrigues de cette superbe bâtisse victorienne, Evenwood, et s'attacher aux personnages : à celui d'Esperanza mais également (pour ma part) à celui de la 26ème baronne Tansor, Emily, pourtant emplie de félonie mais tellement éperdue d'amour pour son fiancé jadis assassiné qu'on arrive à lui pardonner...
Toute la trame de l'intrigue est dévoilée au fur et à mesure (quand même 743 pages!). De rebondissements en surprises le lecteur comprend la machination machiavélique des personnages d'antan et les retombées sur ceux du présent.. L'auteur ne nous laisse pas contempler leurs vies mais nous fait participer aux éclaircissements des mystères de la vie des personnages et de ce qui les relient. Il nous fait voyager de Madère à Londres, puis Florence pour revenir finalement dans ce lieu envoûtant et irremplaçable qu'est Evenwood.
L'histoire pourrait paraître compliquée et longue mais il n'en est rien tellement le style de Michael Cox, d'ailleurs particulièrement bien traduit, est remarquable, simple, limpide et bien écrit donnant un rythme captivant au déroulement des évènements qui s'enchainent.
Je l'ai tout simplement dévoré, de la première à la dernière ligne et le recommande vivement à toutes celles et ceux qui aiment les intrigues, les secrets de famille ainsi que pour tous les amoureux du 19ème siècle, et particulièrement de l'époque victorienne.
Je pense d'ailleurs acquérir "La Nuit de l'infamie" pour connaitre mieux le personnage d'Edwin Gorst et surtout retrouver cet auteur qui m'a tout simplement envoûté et dont je regrette sa disparition récente (mars 2009) qui nous prive de son talent.
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HAGE Rawi
CARNAVAL, roman, alto, 2013, 375 pages
Un autre roman remarquable de Rawi HAGE autant par le sujet, le contenu que par le style élégant et éloquent de l'auteur.Nous pénétrons dans une autre vision et dimension du monde, de l'homme planétaire, de l'homme différent par son milieu de vie, son mode de vie, sa survie inévitable peu importe les conditions qui la forment, l'influencent au jour le jour.
La vie est un carnaval représentant le mardi gras, un temps de réjouissances profanes, bals, cortèges, mascarades, mannequins grotesques personnifiant le carnaval. Mais pour certains la vie est un carnaval continuel , les hommes des personnages burlesques, outrés, ridicules, des guignols au quotidien absurde.
Un roman touchant, poignant qui ne peut pas nous laisser indifférents sinon d'apprendre à vivre avec nos différences intrinsèques, inhérentes.
Un roman de l'humain par un grand auteur de l'amour. Nul n'échappe à son sort car la vie nous rattrappe, nous retient , nous perd et nous regagne.
°Comme je l'ai dit, c'est un béotien, et il ne saisit jamais l'humour de mon style littéraire sardonique. Sa machine à vitesse lui a fait perdre tout intérêt pour l'histoire et l'humanité."
"Après le départ de mon père et la mort de ma mère, j'ai été laissé au cirque , où je traînais entre les chev illes des gentils géants, les mains brèves des nains et la nature aimante des phénomènes."
" Je tire fierté du service que j'offre parce que mes semblables et moi, nous sommes porteurs de ce monde..."
" Je ne juge pas ceux qui sont incapables de rêver, ceux qui ont besoin de se trouer les bras pour créer d'autres mondes sous leur peau, parce que je suis veinard en matièrre d'instruments d' évasion."
"Ces dames veulent danser, sentir des cuisses et des biceps."
" Un petit pas pour l'homme du nord, un bond de géant pour les chiens affamés."
" Nous sommes tous des produits et les victimes de notre éducation."
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
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Pour en savoir davantage:
" Il y a deux espèces de chauffeurs de taxi : les araignées et les mouches. Les araignées attendent patiemment les appels. Les mouches sillonnent les rues à la recherche d’une main levée dans la nuée humaine.
Fly est de ceux qui dérivent et observent le manège de la ville, à la fois monstrueuse et fascinante. Élevé dans un cirque, fils d’une mère trapéziste et d’un père pilote de tapis volant, il embarque des criminels, des magiciens, des prostituées, des saltimbanques de tout acabit, des révolutionnaires déguisés en gens ordinaires et des gens ordinaires en route vers des lieux extraordinaires. Amoureux des livres, il est aussi un justicier à sa manière, au centre d’une piste où vivants et morts font un dernier tour.
Avec le souffle unique, l’humour, la lucidité et la rage qu’on lui connaît, l’auteur de Parfum de poussière emmène le lecteur dans une folle randonnée par les rues de la ville livrée au carnaval." alto, éditeur
FOENKINOS David
LES SOUVENIRS,roman, Gallimard 2011, 265 pages
Après nous avoir offert les romans d'une grande qualité d'écriture de LA DÉLICATESSE, LE POTENTIEL ÉROTIQUE DE MA FEMME, JE VAIS MIEUX, Foenkinos nous offre un grand roman sur un sujet très d'actualité à notre époque en ébullition, LES SOUVENIRS.
Les souvenirs sont ce qui nous reste après avoir quitté notre enfance, une relation amoureuse, des êtres chers, des rencontres de voyage, des moments magiques de notre vie.
Les souvenirs sont ce qui nous a ébloui, ce qui nous a manqué, ce qui nous remet en question face à notre vie passée, oubliée, heureuse ou malheureuse.
Un moment clé et marquant de ce roman est la visite du narrateur et de sa grand-mère à l'école de son enfance, qui passe une journée avec une classe d'enfants du cours élémentaire. À la suite de cette visite éblouissante, elle a un malaise et décède.
" La vie est une machine à explorer notre insensibilité. On survit si bien aux morts. C'est toujours étrange de se dire que l'on peut continuer à avancer, même amputés de nos amours."
" J' allais me tromper tant de fois sur les gens, dans ma vie"
Grand-mère " était une actrice jouant pour moi la comédie de la vie."
" Il faut se méfier de la premiêre impression, elle est souvent bonne" Fitzgerald
D'autres souvenirs importants ou marquants:
Un souvenir de Francis Scott Fitzgerald, un souvenir de Gaston Martinez ex-boxeur, de De Gaulle, un souvenir de Serge Gainsbourg, un souvenir de Sonia Senerson, un souvenir du peintre du tableau à la vache, un souvenir de Friedrich Nietzsche, un souvenir de Charlotte Salomon artiste-peintre des années 1940, un souvenir de Saint Lazare, un souvenir de Claude Lelouch, un souvenir d'Alois Alzheimer, un souvenir de Marcello Mastroianni , un souvenir de mon premier baiser avec Louise et bien d'autres.
On choisit, sélectionne les souvenirs qui nous manquent ou qui nous ont marqué telle une gifle et un baiser ardent.
" Pendant des années, je m'étais senti seul: et je découvrais maintenant qu'il faut être deux pour ressentir réellement la solitude."
Un roman digne de l'écriture éloquente, singulière de David Foenkinos
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
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Pour en savoir davantage:
«Je voulais dire à mon grand-père que je l'aimais, mais je n'y suis pas parvenu. J'ai si souvent été en retard sur les mots que j'aurais voulu dire. Je ne pourrai jamais faire marche arrière vers cette tendresse. Sauf peut-être avec l'écrit, maintenant. Je peux le lui dire, là.» David Foenkinos nous offre ici une méditation sensible sur la vieillesse et les maisons de retraite, la difficulté de comprendre ses parents, l'amour conjugal, le désir de créer et la beauté du hasard, au fil d'une histoire simple racontée avec délicatesse, humour, et un art maîtrisé des formules singulières ou poétiques."
Le narrateur, apprenti romancier, prend conscience à l’occasion du décès de son grand-père de tout ce qu’il n’a pas su vivre avec lui. Il comprend que le seul moyen de garder l’amour vivant est de cultiver la mémoire des instants heureux. Dans le même temps, frappée par le deuil, sa grand-mère semble perdre la tête. Il assiste aux manœuvres des proches pour la placer en maison de retraite et vendre à son insu son appartement. Ce qu’il n’a pas su vivre avec son grand-père, il décide alors de le vivre avec elle. Il va la voir souvent, parvient à égayer sa solitude, à la faire rire de tout. Mais elle finit par apprendre que son appartement a été vendu, et fait une fugue…
Le narrateur va partir à sa recherche, et la retrouver pour lui offrir ses derniers moments de bonheur. Le hasard lui fait en même temps rencontrer Louise, qu’il va aimer, et qui le quittera. Les souvenirs, nourris de joies, de douleurs et de mélancolie, lui offrent désormais la possibilité d’écrire son roman – et peut-être son avenir.
David Foenkinos nous offre ici une méditation sensible sur le rapport au temps et sur la mémoire. Les rapports entre générations, les sentiments enfouis, les déceptions de l’amour, le désir de créer, la tristesse du vieillissement et de la solitude, tout cela est exprimé avec une grande délicatesse, un humour léger et un art maîtrisé des formules singulières et poétiques.
www.livre.fnac.com
Michel JEAN
ELLE ET NOUS, récit, Libre Expression, 2012, 237 pages
Récit qui grâce à son authenticité, à ses sources ancestrales devient pour nous un conte qui nous propulse dans un monde que nous semble inconnu bien que nous l'ayons cotoyé comme société importante de notre pays.
L'auteur nous fait aussi le cadeau d'un conte enchanteur pour enfants ayant comme personnages des animaux tels la belette, le vison, la mouffette, le carcajou l'espiègle et le filou de la forêt.
Elle, c'est l'arrière grand-mère et nous sont les générations de femmes qui ont suivi. Tous les descendants sont mentionnés, personne n'est oublié jusqu'à nos jours où leur langue, leur mode de vie, leurs coutumes, leur territoire ont presque disparu par la société moderne.
L'arrière grand-mère étaient d'origine Irlandaise donc ses enfants Métis et la plupart des Siméon ont connu le métissage par les femmes. Avant 1985, une Blanche qui se mariait à un Indien s'appropriait également ses droits ainsi que ses enfants mais une Indienne qui mariait un Blanc perdait tous ses droits d'Indien et devenait une honte pour sa race et sa famille.
" Les Blancs vivent constamment dans la craine de l'avenir. L'Indien ne vit pas dans l'avenir. Il vit dans le présent."
"L'argent amassé pour la famille allait à la famille. La même force et la même sagesse tranquille de ceux qui savent assurer le bien-être des leurs me rassuraient et m'apaisaient."
"Mon père, comme son père avant lui, n'en a jamais bu une goutte d'alcool."
"Quand d'autres manquaient de nourriture, nous partagions."
"Un Innu ne laissse pas souffrir un homme encore moins refuser d'aider quiconque. Même un Blanc."
" Il faut que tu ailles à l'école, ma petite Shasshuan
Un beau livre qui nous concerne autant que les Innus autrefois appelés les Montagnais.
"... mais on n'échappe pas à ce que l'ont est. Ni à d'où l'on vient.".
" Rien de qui vit ne dure. Sauf l'amour.
Un livre et un auteur à découvrir.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
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Pour en savoir davantage:
« Michel, l'indien, tu l'as en toi. »
Elle a prononcé ces mots dans un murmure, comme une confidence. Comme on dit un secret. Et ses mots me troublent.
Ma grand-mère parlait peu de ses origines innues. Pourtant, cette femme toujours vêtue et coiffée avec soin a vécu la vie des chasseurs et des trappeurs de la forêt boréale jusqu'à sa rencontre avec celui qui allait transformer son existence. Sa nombreuse famille réunie à l'occasion de ses funérailles ignore un large pan de son histoire. Jusqu'au nom qui lui fut donné par son père il y a un siècle : Shashuan Pileshish.
Dans Elle et nous, une grand-mère et son petit-fils remontent les sentiers de leurs vies respectives. Les chemins se croisent, tressant peu à peu le portrait d'un monde d'ombres et de lumière où rien n'est tout à fait blanc ni tout à fait noir.
INDRIDASON Arnaldur
ÉTRANGES RIVAGES, polar, Métaillé Noir, 2013, 300 pages
Un autre roman très réussi d'INDRIDASON. Un roman du genre polar hors du commun par l'écriture serrée, le vocabulaire adapté à chaque situation, la démarche d'investigation d'une minutie, précision technique d'un spécialiste de l'enquête, d'une intelligence de la psychologie humaine approfondie renversante.
Erlendur, notre commissaire de police islandais nous entraîne, nous propulse dans une enquête déchirante dans son pays nordique en nous révélant un indice à la fois de sa recherche par chapitre avec un total de soixante. À chaque chapitre nous respirons à peine tant nous devenons impliqués, témoins de la démarche de penser de notre commissaire de police.
Enfant, il se perd en forêt avec son jeune frère qui y trouve la mort puis une femme disparaît entre la mer et la forêt nordique. Elle est déclarée morte de froid pendant son voyage par la forêt pour retourner chez sa mère. Elle n'est jamais retrouvée.
Une enquête bouleversante qui nous fait connaître les limites et les excès des êtres humains face au drame, à la mort.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
www.livresentete.vip-blog.com
Pour en savoir davantage:
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Etranges rivages |
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Arnaldur INDRIDASON |
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Titre original : Furðustrandir |
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Traduit de l'islandais par Eric Boury |
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Erlendur revient ! |
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Arnaldur INDRIDASON |
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Portrait par Sabrina Champenois, LIBERATION - juillet 2010 Arnaldur Indridason est né à Reykjavík le 28 janvier 1961. Diplômé en histoire, il est journaliste et critique de films pour le Morgunbladid, puis il se consacre à l’écriture. Il vit avec sa femme et ses trois enfants à Reykjavík. |
Jean-Christophe RUFIN
IMMORTELLE RANDONNÉE, Compostelle malgré moi, récit, Guérin, Démarches, 2013, 258 pages
Récit intègre de l'auteur qui par conviction et aspiration personnelles nous raconte son voyage de façon spontanée, sans notes de voyage. Il nous relate son parcours à partir du pays Basque français, de Hendaye puis San Sebastian, Bilbao, Santander, Gijon, Oviedo, Lugo et finalement Compostelle par son unique voie d'accès pour pélerins.
Il voyage en solitaire, couche dans une tente de toile et à l' occasion dans un modeste refuge pour pélerins. Il fait des rencontres de tous les genres qu'il nous fait connaître en quelques phrases. Son but premier est de se découvrir lui-même, de faire le point sur sa vie, sur sa spiritualité, de faire face à la vie sans artifices, seulement lui-même, un projet précis avec les valeurs personnelles de sa vie.
Un livre captivant car il nous révèle non pas une aventure, un pays mais un homme face à lui-même.
" Cette expérience n'était pas la coquetterie d'un week-end mais bien un nouvel état, qui allait durer."
" Je comprenais combien il était utile de tout perdre, pour retrouver l'essentiel."
" Avec un entraînement physique minimum, il est assez facile d'affronter les journées du pélerin. Les nuits, c'est autre chose."
" Aussi ai-je gagné mes premiers galons dans l'ordre de Compostelle: en observant une scrupuleuse solitude pendant les premiers jours."
" Le vrai Jacquet ne connaît que la marche et dédaigne tout le reste."
" Jour après jour, le marcheur a appris à connaître son vieux copain de Chemin. Il sait qu'il est humble, discret, bousculé par le monde moderne."
Un roman qui nous permet de se découvrir soi-même, de se repenser, de repenser son avenir à partir d'une expérience spirituelle en solitaire.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
www.livreentete.vip-blog.com
Pour en savoir davantage:
V oici un livre que vous ne le quitterez pas avant la dernière page. Et ce, même si le sujet Compostelle vous indiffère.Le récit de Jean-Christophe Rufin est simplement irrésistible. L'écrivain voulait faire une grande randonnée, mais un concours de circonstances lui a fait emprunter le chemin du Nord qui mène à Compostelle. Ainsi, du 26 mai au 28 juin 2011, il a marché 850 km d'Hendaye à Saint-Jacques en passant par San Sebastian, Bilbao et Lugo. Il a couché sous la tente, parfois dans des auberges, fait des rencontres et vécu de nombreuses expériences qu'il relate dans une trentaine de courts chapitres associés à autant d'étapes.
C'est un récit de voyage exceptionnel et une épopée pleine d'humanisme. Faisant preuve d'autodérision, d'humour et d'émerveillement, l'auteur a su trouver la bonne distance par rapport à l'expérience spirituelle. Au fil des chapitres, on voit le temps faire son oeuvre sur le marcheur.
«En partant pour Saint-Jacques, je ne cherchais rien et je l'ai trouvé», écrit-il. Rufin, qui est membre de l'Académie française et habitué des grandes maisons d'édition parisiennes, a confié cette fois son manuscrit aux éditions Guérin de Chamonix, spécialisées dans l'alpinisme.www.lapresse.ca
MEYER Deon
7 JOURS, roman, Policiers Seuil, 2013, 474 pages, avec lexique Africaner
Roman incisif du genre policiers, une grande enquête d'équipes très réussie, dans un style éclatant, d'une écriture minutieuse à l'extrême dans un contexte qui nous fait découvrir une vie tumultueuse et intense en Afrique du Sud .
Une avocate de prestige assassinée, trois enquêteurs chevronnés, une jeune collègue noire ambiteuse, brillante et dévouée, un monde d'affaires infernal dans un pays en vue surtout pour ses richesses naturelles très recherchées par des pays étrangers puissants et riches économiquement. Un roman de prestige par son rythme, son effervescence, son enthousiasme, sa lecture assidue et prenante.
Un monde où se mêle la politique, les conflits raciaux et une vie économique en pleine débâcle. Un grand roman polar à découvrir, un auteur qui se dévoile être un maître dans le genre.
"Hanneke était une championne. Unique. Une telle concentration, inflexible, un tel travail, une telle soif d'apprendre."
" Ce salopard va continuer à tirer sur des policiers jusqu'à ce que tu aies résolu l'affaire."
" Espèce de lâche, tu nous fais marcher, tu mens, tu te caches derrière des e-mails anonymes et des photos mystérieuses, tu rôdes dans une putain de Kia et tu tires sur des policiers qui essaient de faire leur travail ingrat."
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
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Pour en savoir davantage:
" Un mystérieux imprécateur menace, dans un mail délirant, d’abattre un policier par jour tant que le meurtrier de la belle avocate d’affaires Hanneke Sloet n’aura pas été arrêté.
Et s’empresse de joindre le geste à la parole.
La police du Cap, prise de panique, charge Benny Griessel, déjà rencontré dans Le Pic du diable et 13 Heures, de rouvrir l’enquête, au repos depuis plus d’un mois.
Pas d’indices, pas de mobile, pas de témoins, juste quelques photos où la victime posait nue, une forte pression venue du sommet de la hiérarchie, et un sniper insaisissable manifestement décidé à poursuivre sa mission.
Fragilisé par la piètre opinion qu’il a de lui-même, déchiré entre le désastre de sa vie privée et son exceptionnelle conscience professionnelle, Griessel va devoir repartir de zéro.
À l’arrière-plan se dessine bientôt un paysage urbain d’intérêts politiques et financiers, de compromission et de corruption, qui ouvre bien des perspectives et nous indique plus d’une fausse piste. Jusqu’au stupéfiant coup de théâtre final.
Né en 1958 à Paarl, en Afrique du Sud, Deon Meyer a grandi dans une ville minière de la Province du Nord-Ouest. Ancien journaliste, puis rédacteur publicitaire et stratège en positionnement Internet, il est aujourd’hui l’auteur unanimement reconnu de best-sellers traduits dans 15 pays. Il vit à Melkbosstrand.
Traduit de l’anglais par Estelle Roudet
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MONTMORENCY Chantal
LE CIRQUE D'ANNIE, roman érotico-libertin pour adultes, Michel BRÛLÉ, Québec, 2013, 178 pages
Roman émoustillant sans contredit, crû par son langage populaire direct et les actes spontanés du personnage principal féminin mais dans un contexte permissif rendu drôle par la fraîcheur de jeune fille mal aimée qu'est Annie.
Annie qui ne connaît ni sa mère, ni son père, est élevée par une grand-mère à principes et sans amour à donner, qui la battait.
Annie s'enfuit dans l'espoir de retracer le passé de ses parents. Annie croit retrouver les traces de ses parents dans un cirque. Annie qui a eu peu de contacts sociaux dans sa vie se retrouvent dans un milieu où chaque humain est un être à part, authentique et spectaculaire car tel est la vocation première, le rôle d'une amuseur public.
Annie découvre et vit sa sexualité d'une façon éclatée, sans barrière et limites.
" Je ne devrais pas faire ce que je ne voudrais pas qu'on me fasse. Je vis en accord avec ça car je faisais aux autres ce que je veux qu'ils me fassent."
" Tout le monde a quelque chose de bizarre, de pas clair. Je me plaisais déjà ici. Je me demandais où se cachait mon père."
" C'était bon et violent comme un coup de foudre. Transcendant. Je salivais et je mouillais à ne plus avoir quoi faire de tous ces fluides."
" J'ai atterri dans un de ces endroits où tout le monde se traite avec mépris."
" Me donner complètement, oser plus."
" J'ai toujours besoin d'être désirée, d'allumer quelqu'un. C'est mon problème."
Un roman audacieux, étonnant par ses réflexions humaines, sociales, érotiques et l'authenticité des personnages qui bien qu'inventés, nous ressemblent. La sexualité appartient à chacun qui peut bien en faire ce qu'il veut.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
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Pour en découvrir davantage:
LE LIVRE
" Annie n’est pas vraiment jolie et ne sait pas faire grand-chose. Elle est orpheline, un peu vierge et très naïve, et n’a pour amie que sa poupée, Bébé Laide. Sans ordre précis, elle veut : renier le bon Dieu, retrouver son père, baiser le plus possible. Et rencontrer le Prince Charmant, peut-être.
Elle s’enfuit de la maison de sa grand-mère pour se joindre au cirque. Là où tout le monde est pauvre et bizarre, Annie se sent enfin libre. Les artistes du cirque ont quelque chose de particulier, et elle multiplie les rencontres pour découvrir, parmi eux, lequel est son père et lequel est son prince. Est-ce l’un des nains équilibristes, le jongleur, le patenteux, le tatoueur, le poète, l’homme-loup ?
Un premier roman original, drôle et très cru.
Chantal Montmorency
Née dans le Faubourg à m’lasse, comptable, correctrice, militante, blogueuse, Chantal Montmorency ne se décide pas à terminer son certificat en création littéraire à l’UQAM. Elle est passionnée à temps plein, autodidacte à temps partiel et enragée à temps perdu. Elle s’intéresse à l’aspect absurde de notre réalité, au féminisme, aux enjeux humains dans les milieux socio-économiquement faibles, ainsi qu’à l’héritage historique, culturel et religieux de la société québécoise actuelle et future.
www.L'éditeur