DOSSIER 64, roman polar, Albin MICHEL, 2014, 602 pages, un pavé
13/02/2015 23:28 par livresentete
ADLER OLSEN Jussi
MISÉRICORDE, 2011
PROFANATION, 2012
DÉLIVRANCE, 2013
DOSSIER 64, roman polar. Albin Michel. 2014, 602 pages
Un polar impitoyable!!! Un régal!!! Vous aimez les romans du genre polar et grands frissons ? DOSSIER 64 vous fera dresser les cheveux et les poils des bras par son intensité, sa crudité, son sujet impitoyable: le sort de jeunes femmes abusées dès l'adolescence, emprisonnées dans des institutions pour femmes indésirables et arriérées, victimes d'hommes sans moral et humanité.
Un roman dont l'action se déroule au DANEMARK; nous y découvrons sa monnaie, ses villes, ses moeurs, ses lois sociales, ses services composites de police.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
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" Sa silhouette s'élevait au-dessus des autres tel un phare dans l'océan. Elle perçut l'intensité de ce regard jusqu'au fond de ses entrailles et sut que si elle ne réagissait pas très vite, toute sa vie allait s'écrouler en quelques secondes.
" Tu n'es pas meilleure que moi, disait son langage corporel."
" Il posa la main sur son bras et le froid qui s'en dégageait la traversa comme un électrochoc et l'arrêta au milieu de sa phrase... elle sentit des picotements glacés dans ses tempes et sa nuque se raidit."
" La tenancière d'une agence d'escort girls s'était fait agresser et arroser de soude caustique."
"L'amour qu'il y avait entre ces deux-là pesait à peu près aussi lourd qu'une aile de papillon."
" C'est parmi tes amis que se cachent tes pires ennemis, se dit CARL.
" NETE , elle réfléchissait maintenant à la façon dont elle allait se venger, et contre qui."
" ...en matière de recrutement de femmes dont nous pensons qu'il convient d'interrompre la grossesse et de stériliser par la suite."
" On leur enlevait tout! Excision et hystérectomie! C'est du délire! Être condamnée à pourrir sur une île déserte..."
" Porté par la rage, on pouvait déplacer des montagnes."
" La Lutte secrète! organisation politique qui stérilisait les femmes pauvres, immigrantes, prostituées. Le chef est un médecin de 88 ans, dr CURT WAD."
Pour en savoir davantage:
"À l’origine d’un véritable phénomène d’addiction chez les lecteurs, les enquêtes du Département V ont fait de Jussi Adler-Olsen, Grand Prix policier des lectrices de Elle et Prix polar des lecteurs du Livre de poche, une figure incontournable du thriller scandinave. La nouvelle enquête du trio formé par l’inspecteur Mørck et ses assistants Assad et Rose fait monter la tension d’un cran en nous plongeant dans le sombre passé politique du Danemark.
Copenhague. Une brutale agression dans les quartiers chauds de Vesterbro incite Rose à rouvrir un cold case sur la disparition inexpliquée d’une prostituée. Cédant à ses pressions, le Département V exhume une affaire macabre datant des années 50, dont les ravages dévoilent le visage d’une société danoise loin d’être exemplaire… " L'éditeur
"A la fin des années 80, quatre personnes disparaissent mystérieusement en l'espace de quelques jours. Jamais élucidée, l'affaire se retrouve sur le bureau du Département V. Carl Morck et ses improbables assistants, le réfugié syrien Assad et la pétillante Rose, ne tardent pas à remonter jusqu'aux années 50 où s'ouvre un sombre chapitre de l'histoire danoise : sur la petite île de Sprögo, des femmes sont internées et stérilisées de force sous la direction du docteur Curt Wad, obsédé par l'idée d'un peuple " pur ".
Plongé dans une terrible histoire de vengeance, Mørck enquête cette fois dans le milieu politique opaque d'une société danoise où l'influence des extrêmes se fait sentir. Jussi Adler-Olsen se surpasse en entremêlant passé et présent d'une main de maître, sans renoncer à son humour plus acéré que jamais."
http://www.decitre.fr/livres
"Hilarantes, pittoresques et déjantées les aventures de cette équipe du département V danois égrènent la liesse et la folie douce.
Loufoque, loup phoque même.
C'est ce vent de fraîcheur bienvenue, qui change drastiquement des polars scandinaves habituels (plutôt lourds et dépressifs même si souvent excellents) qui fait le charme de ce bouquin et probablement des précédents (pas encore lus).
Car c'est quand même à un trio de policiers bigarrés que nous avons affaire, de Carl Mørck, loser magnifique et désabusé, en passant par Assad son énigmatique assistant cintré et cette folle furieuse schyzo et mal-aimable de Rose qui les seconde ou les triconde (ils sont 3 après tout).
Le talent principal de Jussi Adler Olsen réside dans l'évocation de leur échanges iconoclastes quotidiens dont le rythme est soutenu et truculent. Un petit régal."
http://www.babelio.com/livres/Adler-Olsen
GALBRAITH Robert, alias J.K.ROWLING
LE VER À SOIE, polar, Grasset, 09.2014, 567 pages
Un roman du genre polar brillant mais surtout un pavé de plaisir. Un roman renversant autant par le style éclatant, imposant de l'auteure que par la façon de mener cette enquête aux labyrinthes et entrelacements insurmontables.
Deux personnages principaux nous éblouissent par leur capacité d'extrapolation et leur humanité: L'inspecteur unijambiste STRIKE, un homme d'un mètre 92 et son employée adjointe ROBIN, tous les deux impressionnants pour leur compétence respective et leur talent de déduction hors norme. Deux personnages attachants et accrocheurs qui nous entraînent dans une plongée perspicace, profonde de l'âme humaine.
Um monde d'auteurs et d'éditeurs carriéristes prêts à tout pour vendre leur baratin donc des arrivistes sans morale et sans préoccupation humaine. Leur but unique est de publier et de s'enrichir en faisant trébucher tout adversaire encombrant.
Un roman habile et une auteure d'une écriture efficace, efficiente à découvrir, à priser.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
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" Tout bien considéré, chaque naissance était le fruit du hasard."
" Mes honoraires sont négociables si le client me plaît."
" Elles croient qu'il les comprend parcce qu'il écrit des bouquins."
" Leonara Quine, cette femme simple et modeste, qui semblait accepter sans broncher les coups de gueule d'un maru lunatique."
" Il n'est rien qui soit pour l'homme plus infinie torture que ses pensées."
" Faire son boulot et bien le faire restait son credo, aujourd'hui comme hier."
" Le voir souffrir me donnerait du plaisir."
" La bonne solution était souvent la plus évidente, ce qui crevait les yeux, et pour y parvenir, il suffisait parfois de cocher des cases."
" Un crime littéraire, par son inspiration, mais impitoyable dans son exécutuion."
" ROBIN voulait accompagner STRIKE dans le Devon, lâcher un peu son ordinateur- et se mettre à enquêter. Était-ce trop demander?"
" Dans la vie réelle, il y a toujours des impondérables."
" On ne planifie pas un meurtre comme on écreit un roman."
" Mais à trop fignoler les détails, on finit par se trahir."
" SRIKE était capablle de détester et de repousser des attaques, mais comme on avait affaire à un malade à l'esprit inventif....il fallait s'attendre au pire."
Pour en savoir davantage:
" Quand l’écrivain Owen Quine disparaît dans la nature, sa femme décide de faire appel au détective privé Cormoran Strike. Au début, pensant qu’il est simplement parti s’isoler quelques jours – comme cela lui est déjà arrivé par le passé –, elle ne demande à Strike qu’une seule chose : qu’il le retrouve et le lui ramène.
Mais, sitôt lancée l’enquête, Strike comprend que la disparition de Quine est bien plus inquiétante que ne le suppose sa femme. Le romancier vient en effet d’achever un manuscrit dans lequel il dresse le portrait au vitriol de presque toutes ses connaissances. Si ce texte venait à être publié, il ruinerait des vies entières. Nombreux sont ceux qui préféreraient voir Quine réduit au silence.
Lorsque ce dernier est retrouvé assassiné dans de mystérieuses circonstances, la course contre la montre est lancée. Pour mettre la main sur le meurtrier – un tueur impitoyable, tel qu’il n’en a encore jamais rencontré dans sa carrière –, Strike va devoir d’abord percer à jour ses motivations profondes.
Roman policier haletant, rythmé par une véritable cascade de coups de théâtre, Le Ver à soieest le deuxième opus des enquêtes de Cormoran Strike et de sa jeune et intrépide assistante, Robin Ellacott."
http://grasset.fr/le-ver-soie
"Roman policier haletant, rythmé par une véritable cascade de coups de théâtre, Le Ver à soie est le deuxième opus des enquêtes de Cormoran Strike et de sa jeune et intrépide assistante, Robin Ellacott."
Après l'Appel du coucou, je retrouve avec plaisir Cormoran Strike et son assistante Robin dans une seconde aventure.
J'ai aimé cette nouvelle intrigue, quoique plus glauque que la précédente. Beaucoup de personnages, attention à ne pas perdre le fil... Le personnage de Robin est plus présent." http://www.critiqueslibres.com/
" Après les récents remous qu'a provoqué sa résolution du meurtre de Lula Landry, Cormoran Strike se voit propulsé au rang de star des détectives privés et chouchou de la presse. C'est ainsi que la femme de l'écrivain Owen Quine se retrouve un beau matin dans le bureau de Strike, à lui demander de retrouver son mari disparu. C'est l'occasion pour Cormoran de renoué avec ce qu'il aime le plus dans son travail, résoudre une affaire réellement intéressante, comprenez par là que les filatures de femmes supposément infidèles ne sont pas vraiment sa tasse de thé...
Mais cette affaire en apparence toute simple, retrouver une énième fois l'écrivain fugueur, va s'avérer beaucoup plus complexe que ce qu'il avait prévu. Ajoutez à cela un roman qui cause du tort à beaucoup de personnes influentes dans le milieu littéraires ainsi que le cadavre éviscéré de Quine et voici donc Strike et Robin encore une fois plongés dans une affaire de meurtre sordide à résoudre."
http://www.babelio.com/livres/Rowling-Le-ver-a-soie
MARTINEZ Carole
DU DOMAINE DES MURMURES, roman, Gallimard, 2011, 200 pages
Un second roman remarquable de Carole MARTINEZ, d'une écriture flamboyante. Le roman d'une époque révolue, celle des seigneurs dominants et d'une Église catholique omniprésente qui dicte ses règles au Régime féodal, à ses rois. ses seigneurs, ses vassaux.
Ce roman est l'histoire d'une jeune fille de quinze ans qui lorsque son père décide de la marier à un seigneur de son choix, refuse et dit "Non" à son mariage avec le seigneur Lothaire. Elle en subira les conséquences immédiates qui seront d'être emmurée dans une cellule de la chapelle qui lui servira de tombe.
Ce roman est celui d'une légende du X11è siècle, entremêlée de fables populaires et religieuses.
Un roman éclatant et une auteure d'une écriture émérite à découvrir.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
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" En cet an 1187, Esclarmonde, Damoiselle des MURMURES, prend le party de vivre en recluse à Hautepierre, enfermée jusqu'à sa mort dans la petite cellule scellée aménagée pour elle par son père contre les murs de la Chapelle qu'il a bâtie sur ses terres en l'honneur de sainte Agnès, morte en martyre à treize de n'avoir pas accepté d'autre époux que le Christ."
" Le mariage n'était pas chose légère. Pas de choix, pas même celui de Lothaire en fait, le double consentement exigé par l'Église n'était que celui des familles."
" Je suis l'ombre qui cause.
Je suis celle qui s'est volontairement clôturée pour tenter d'exister.
Je suis la vierge des MURMURES,
À toi qui peux entendre, je veux parler la première, dire mon siècle, dire mes rêves, dire l'espoir des emmurées."
" Je suis Esclarmonde, la sacrifiée, la colombe, la chair offerte à Dieu, sa part."
" Une fois mariée, il deviendrait seigneur à son tour."
" Ma matrice, le projetterait dans l'avenir."
" Comment échapper à cette destinée sinon avec l'aide du Christ?"
"J'aurais tant aimé ne pas déplaire à mon père."/
" Désormais, il haïssait sa fille autant qu'il haïssait DIEU,"
" On nous assomme de règles et de fables pour nous tenir en place, alors que le monde est le même au-delà du grand calvaire. L'horizon ne cache aucun démon."
" Les filles forcées perdaient leur honneur, mieux vaut dissimuler ces outrages.Aux yeux de tous, je resterai pucelle!"
" Seuls les hommes sont assez cruels pour rendre les mères responsables des tares de leurs enfants.Et puis DIEU sait ce qu'il fait."
" N'est pas mauvais qui veut."
" Une mère, un fils.Quelle étrange expérience que d'apprendre à vivre chacun pour soi!"
" J'ai forcé Esclarmonde au matin de sa réclusion et percé les paumes de notre fils avec une masse et un gros clou le jour de sa naissance."
" La douleur est une saison en soi."
Pour en savoir davantage:
" En 1187, le jour de son mariage, devant la noce scandalisée, la jeune Esclarmonde refuse de dire «oui» : elle veut faire respecter son vœu de s'offrir à Dieu, contre la décision de son père, le châtelain régnant sur le domaine des Murmures. La jeune femme est emmurée dans une cellule attenante à la chapelle du château, avec pour seule ouverture sur le monde une fenestrelle pourvue de barreaux. Mais elle ne se doute pas de ce qui est entré avec elle dans sa tombe...
Loin de gagner la solitude à laquelle elle aspirait, Esclarmonde se retrouve au carrefour des vivants et des morts. Depuis son réduit, elle soufflera sa volonté sur le fief de son père et ce souffle l'entraînera jusqu'en Terre sainte.
Carole Martinez donne ici libre cours à la puissance poétique de son imagination et nous fait vivre une expérience à la fois mystique et charnelle, à la lisière du songe. Elle nous emporte dans son univers si singulier, rêveur et cruel, plein d'une sensualité prenante."
http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Folio/Folio/Du-domaine-des-Murmures
FOENKINOS David
CHARLOTTE, roman, Gallimard, 2014, 220 pages, Prix Goncourt des Lycéens.
Un roman très réussi de Foenkinos autant pour le sujet que par le style de son écriture remarquable. Ce roman se lit d'une façon très agréable par une présentation textuelle de phrases courtes disposées sous forme de poèmes.
Charlotte est une jeune fille qui vient d'un milieu aisé, le père est médecin et chercheur médical déterminé d'origine juive, la mère vient également d'un milieu bien nanti dont l'obstacle majeur vient du fait que du côté maternel plusieurs parents ont une obsession suicidaire: la mère de sa grand-mère s'est suicidée, sa tante Charlotte, sa mère, son oncle également. C'est un phénomène omniprésent et dérangeant qui plane constamment sur la famille lors d'un événement bouleversant majeur.
Foenkinos nous livre un roman d'une grande qualité d'écriture sur un sujet qui a marqué l'humanité entière lors de la dernière guerre mondiale de 1939-1945, l'extinction de la nation juive en Europe.
Charlotte veut devenir et devient une peintre reconnue pour son immense talent.
Elle tombe amoureuse du professeur de chant de sa célèbre tante Paula qui est une chanteuse d'opéra au talent incontesté.
Une histoire d'amour impossible, bouleversante et un avenir menacé par une guerre dévastatrice.
Un beau roman et une histoire poignante qui nous est livrée par un auteur au talent d'écriture incontestable.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
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" Elle tombe dans l'eau glaciale, faisant de sa mort un supplice."
" Le regard des autres est à fuir,"
" Certains la jugent courageuse. Elle n'a simplement plus peur de la mort."
" Ces soirées, Albert les aime. Elles sont sa délivrance. Franziska se met au piano."
" Elle apprivoise sa mélancolie. Est-ce ainsi qu'on devient artiste? En s'accoutumant à la folie des autres. "
" Charlotte peut sourire et souffrir en même temps."
" Car Alfred est un personnage immense. Il est étrange et fantasque, mais son talent est immense comme professeur de chant."
" Barbara a tout, sauf ce qu'est Charlotte."
" On peut tout quitter, sauf ses obsessions."
" Si l'on me brusque, je ne peux rien donner,"
" Son avis demeure plus important que sa vie."
" Est-ce bien là le privilège des artistes: vivre dans la confusion "
" Son dessin dit ce qu'elle est."
" Si tu m'oppresses, tu me perds."
" La seule attitude judicieuse consiste à s'accommodeer de l'état des choses."
" Les arrestations ont visé avant tout les élites. Les intellectuels, les artistes, les professeurs, les médecins."
" La véritable mesure de la vie, est le souvenir."
" Charlotte peint en chantant."
Pour en savoir davantage:
"Ce roman retrace la vie de Charlotte Salomon, artiste peintre morte à vingt-six ans alors qu'elle était enceinte. Après une enfance à Berlin marquée par une tragédie familiale, Charlotte est exclue progressivement par les nazis de toutes les sphères de la société allemande. Elle vit une passion amoureuse fondatrice, avant de devoir tout quitter pour se réfugier en France.
Exilée, elle entreprend la composition d'une œuvre picturale autobiographique d'une modernité fascinante. Se sachant en danger, elle confie ses dessins à son médecin en lui disant : «C'est toute ma vie.» Portrait saisissant d'une femme exceptionnelle, évocation d'un destin tragique,Charlotte est aussi le récit d'une quête. Celle d'un écrivain hanté par une artiste, et qui part à sa recherche." http://www.gallimard.fr/
Une autre facette de David Foenkinos
Connu pour son humour et son rythme, David Foenkinos signe ici une oeuvre très différente. On est d'abord gêné par ses phrases courtes, l'absence de descriptions, et les événements qui s'enchaînent très vite. On dirait presque qu'il s'essouffle quand il écrit. Mais ensuite on comprend. On comprend à quel point l'auteur est bouleversé par l'histoire de Charlotte Salomon, à quel point il a eu besoin d'écrire ce livre, à quel point il lui est impossible d'écrire autrement.
http://www.senscritique.com/livre/Charlotte
LOBE Max
LA TRINITÉ BANTOUE, Éd.ZOE, 2014, 199 pages
Roman intéressant et révélateur car nos connaissances sur le peuple Africain de BANTOULAND sont limitées. Nous faisons connaissance avec la famille de Nwàna dans son pays d'origine puis leur vie individuelle en Helvétie, aujourd'hui la Suisse.
Les Bantous ont trois dieux, d'où la Trinité, qui sont: Nzambé, Elôlombi et Bankòko.
Dieux qui sont souvent évoqués dans maintes circonstances surtout par leur mère.
Nwàna est en Helvétie car il y a fait son université et est à la recherche d'un emploi permanent leur permettant de vivre et d'aider la partie de sa famille toujours en Afrique.
L'auteur a une écriture colorée, imaginative surtout en utilisant des expressions et des maximes bantoues.
Un peuple à faire la connaissance et un auteur prometteur à découvrir.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
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" La poule qui fouille ne dort jamais affamée."
" Ni putes, ni soumises."
" Je sais très bien que maman est une dramatiseuse. Une exagéreuse."
" Maman est toujours à la rigolade."
" Même à sec, la rivière doit conserver son nom."
" Est-ce-que la neige lave le ventre ?"
" Je me fiche de savoir sur quoi il s'assied"
" ...depuis les années soixante, le tribalisme est resté intact dans le Bantouland."
" ...que l'homme est dehors comme son sexe et que la femme est dedans."
" ...la hyène qui passe son temps à hurler n'aura jamais sa proie."
" Moi, je vis une vie de Mouton noir"
" Qui vient d'ailleurs doit attendre."
" Il y a tellement de bouches ouvertes que ce n'est jamais assez pour maintenir tout le monde debout."
" ...la sorcellerie peut faire du mal pour rien."
" Aussi haut que parvienne une chose lancée, c'est toujours ici là par terre qu'elle va finir par tomber."
Pour en savoir davantage:
Résumé :
" Mwána vit dans un pays au cœur de l’Europe, avec ses cousins blancs qu’il connaît bien. Certains parmi eux sont décidés à chasser les moutons noirs de leur territoire. La traque est lancée, les esprits s’échauffent. C’est dans ce contexte que Mwána cherche un emploi. Et rien n’est gagné.
Le jour où il décide de dépenser ses derniers centimes pour entendre la voix de sa mère restée là-bas, au Bantouland, sa vie se fige dans une parenthèse douloureuse. Mwána ne la reconnaît plus. Ah Nzambé ! Il traverse des moments cailloux dont il sait malgré tout savourer le sel. Grâce à son esprit vif et profondément joyeux, grâce à Ruedi le rouquin, à Madame Bauer la passionaria, ou encore grâce à Kosambela, sa sœur très catholique.
Avec La Trinité bantoue, Max Lobe précise et approfondit cette écriture inventive, chatoyante et visuelle initiée dans 39, rue de Berne qui l’a révélé comme un auteur prometteur."
" Que faire quand on s'appelle Mwana, qu'on vient du Bantouland et qu'on vient de perdre son travail ? Il faut en chercher un autre. Absolument. Mais la chose n'est pas aisée quand on est immigré et que certains se lancent à la chasse aux moutons noirs. Heureusement que Mwana est un optimiste, qu'il a son ami Ruedi ainsi que sa famille pour mettre un peu de joie dans sa vie.
Ce livre m'a fait penser à Harare Nord de Brian Chikwava, une écriture simple parsemée de quelques mots bantous donnant un ensemble savoureux et plein d'humour. Il aborde la question de la discrimination avec beaucoup de tact. Quand il arrive à dénicher un petit stage de trois mois, il ne sent pas impliqué dans cette lutte contre le parti des « anti-moutons noirs ». Ce qu'il souhaite, lui, c'est avoir un travail stable pour pouvoir manger à sa faim et vivre sans aides.
Le roman n'est pas très long, à peine 200 pages, mais je me suis attachée à Mwana, à son ami Ruedi, à sa sœur et à sa mère. Sa relation avec sa famille est assez forte, dès qu'une personne réussit à l'étranger, elle doit aider toute sa famille restée au pays. D'autres thèmes sont abordés avec pudeur, ce qui donne toute sa puissance à ce roman. L'auteur a concocté une intrigue originale sur la difficulté de trouver un emploi quand on est différent avec beaucoup d'humour. Certains moments m'ont touché car ils m'ont rappelé ma recherche d'emploi en période de crise…
Les personnages de Max Lobe sont haut en couleurs, l'écriture joliment exotique, on passe un très bon moment. J'ai vraiment envie de relire cet auteur.
http://www.babelio.com/livres/Lobe-La-Trinite-Bantoue
MARTINEZ Carole
LE COEUR COUSU, Gallimard, 2007, 439 pages
Ce livre merveilleux est à la fois un livre de conte et une fable car il contient des éléments du fantastique, des faits, des aventures imaginaires, des récits allégoriques contenant chacun une moralité et une destinée propre.
C'est une histoire inventée de toutes pièces dont chaque personnage contient sa propre moralité grâce à un don reçu à la naissance qui forgera son existence et sa personnalité unique.
Des personnages uniques dus à une naissance symbolique doublée d'une apparence physique éclairant une prédestination hors du commun.
Un grand livre qui fait vibrer notre monde individuel de l'imaginaire et du fantastique qui nous côtoie à notre insu et que l'on redécouvre.
Une auteure explosive par son écriture et une imagination démesurée. Un livre de conte éblouissant de l'humain aux prises avec des talents et des pouvoirs occultes innés incontrôlables.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
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" Maman n'a jamais su écrire qu'à l'aiguille. Chaque ouvrage de sa main portait un mot d'amour inscrit dans l'épaisseur du tissu."
"Frasquita détestait son nouvel état, elle n'y voyait que des inconvénients et serait volontiers restée une enfant."
" ...vers cette initiation qui ferait d'elle une femme."
" ... la trajectoire du fil devint plus sûre, les points plus fins, le mouvement de la main plus rapide et l'oeil remarquable."
" Frasquita surpassait en lumière la Vierge bleue de Las Penas. Cette femme prenait corps dans ces volutes de tissu blanc. La splendeur venait de l'exacte adéquation de la robe aux formes de cette jeune femme."
" Elle parlait à son homme lointain, assis parmi les poules."
" Les choses contre nature laissent des traces, croyez-moi !"
" Anita, comme sa mère l'avait fait avant à vouloir ainsi braver les convenances."
" ...tout le monde s'est tu. Ce silence nous plaît. Ce silence et le mystère qui l'accompagne."
Pour en savoir davantage:
Le coeur cousu.
Dans un village du sud de l'Espagne, une lignée de femmes se transmet depuis la nuit des temps une boîte mystérieuse... Frasquita y découvre des fils et des aiguilles et s'initie à la couture. Elle sublime les chiffons, coud les êtres ensemble, reprise les hommes effilochés. Mais ce talent lui donne vite une réputation de magicienne, ou de sorcière.
Jouée et perdue par son mari lors d'un combat de coqs, elle est condamnée à l'errance à travers une Andalousie que les révoltes paysannes mettent à feu et à sang. Elle traîne avec elle sa caravane d'enfants, eux aussi pourvus - ou accablés - de dons surnaturels. Carole Martinez construit son roman en forme de conte : les scènes, cruelles ou cocasses, témoignent du bonheur d'imaginer. Le merveilleux ici n'est jamais forcé : il s'inscrit naturellement dans le cycle de la vie.
«Écoutez, mes soeurs ! Écoutez cette rumeur qui emplit la nuit ! Écoutez... le bruit des mères ! Des choses sacrées se murmurent dans l'ombre des cuisines. Au fond des vieilles casseroles, dans des odeurs d'épices, magie et recette se côtoient. Les douleurs muettes de nos mères leur ont bâillonné le coeur. Leurs plaintes sont passées dans les soupes : larmes de lait, de sang, larmes épicées, saveurs salées, sucrées.
Onctueuses larmes au palais des hommes !» Frasquita Carasco a dans son village du sud de l'Espagne une réputation de magicienne, ou de sorcière. Ses dons se transmettent aux vêtements qu'elle coud, aux objets qu'elle brode : les fleurs de tissu créées pour une robe de mariée sont tellement vivantes qu'elles faneront sous le regard jaloux des villageoises ; un éventail reproduit avec une telle perfection les ailes d'un papillon qu'il s'envolera par la fenêtre ; le coeur de soie qu'elle cache sous le vêtement de la Madone menée en procession semble palpiter miraculeusement...
Frasquita a été jouée et perdue par son mari lors d'un combat de coqs. Réprouvée par le village pour cet adultère, la voilà condamnée à l'errance à travers l'Andalousie que les révoltes paysannes mettent à feu et à sang, suivie de ses marmots eux aussi pourvus ? ou accablés ? de dons surnaturels... Le roman fait alterner les passages lyriques et les anecdotes cocasses ou cruelles. Le merveilleux ici n'est jamais forcé : il s'inscrit naturellement dans le cycle tragique de la vie.
http://livre.fnac.com/Carole-Martinez-Le-coeur-cousu
- Prix Renaudot des lycéens 2007
- Prix Ulysse 2007
- Prix Emmanuel-Roblès 2007
- Prix Ouest-France / Étonnants Voyageurs 2007
- Premier prix du Festival du Premier Roman de Chambéry - 2007
SCHMITT Éric-Emmanuel
LE POISON D'AMOUR, roman, Albin Michel, 2014, 165 pages
Roman qui nous relate les relations,les confidences intimes de quatre grandes amies de filles de seize ans qui se sont jurées une amitié véritable, sincère et durable. Le pacte est de tout se dire, de ne rien cacher aux autres filles du groupe tels les quatre Mousquetaires vivant un objectif commun. Pour elles, c'est devenir une femme en trouvant celui qui va leur faire connaître l'amour.
On apprend laquelle est devenue femme la première en faisant l'amour avec un étudiant du Lycée, laquelle devrait être la deuxième selon les confidences de chacune. Nous avons accès au journal intime de chacune, ce qui nous met à jour dans leur évolution de jeune fille, leurs expériences,leur correspondance intime.
On suit chaque jeune fille dans ses projets scolaires et personnels, ses rencontres, ses courriels, surtout ses désirs intimes. Nous sommes témoins de leur amitié, de leur projet amoureux,de leur cachotterie, de leur jeu de poker amoureux entre elles.
Un moment de lecture en douceur, sans frissons, sans prise de conscience mais avec le talent d'écriture de l'auteur qui nous surprendra toujours.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
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" Dire "oui" à un garçon, c'est facile. Se dire "oui" à soi-même, ça coûte."
" Je préfère frapper. Je préfère provoquer."
" Oui, il y aura peut-être un jour un garçon débile qui me trouvera potable...Mais me plaira-t-il ce crétin ?
" J'ai le visage bouffi de chagrin et demain je serai plus grosse qu'une vache."
" J'exige que ce soit moi qui décide. Je tiens à dominer, sinon mon partenaire,au moins ma personnalité."
J'ai résisté car, chez moi, l'honneur l'emporte sur la curiosité, il faut que je sois d'accord."
" Une fille de première ne doit pas sortir avec un garçon de terminal, et vice versa...cela signifierait qu'elle trahit, quitte son groupe et perd ses amis."
" Il n'y a qu'avec les garçons que je parviens à me montrer rosse; en face d'une fille, je me mets à sa place."
" Je ne me sens pas une vocation de gibier." " Je n'agirai jamais en briseuse de ménage."
" On ne choisir pas en amour, on est choisi par l'amour."
Pour en savoir davantage:
" Avec ce roman, qui clôt le diptyque sur la passion amoureuse ouvert avec L’Elixir d’amour, Eric-Emmanuel Schmitt poursuit son exploration du sentiment amoureux, un terrain sur lequel je le trouve particulièrement brillant, et s’intéresse à cette période trouble qu’est l’adolescence.
Julia. Anouchka. Colombe. Raphaëlle. Quatre adolescentes de 17 ans, les meilleures amies du monde. Elles viennent d’entrer en première, et c’est à travers leurs journaux intimes que nous allons suivre cette année où elles vont découvrir la passion amoureuse, pour le meilleur et pour le pire.
L’adolescence, quatre jeunes filles qui découvrent l’amour, le thème peut sembler éculé, il est vrai, mais le talent d’Eric-Emmanuel Schmitt est de parvenir à renouveler la réflexion à travers le fil rouge de Roméo et Juliette, à la fois réinterprété et réécrit. Ce qui est en jeu, c’est la folie de l’amour, dans un lycée qui ne s’appelle sans doute pas Marivaux pour rien, mais où les jeux finiront en tragédie. Comme chez Shakespeare, mais pour d’autres raisons. Il est question de perte de repères : le corps qui change et auquel on ne se fait pas, mais aussi cette question épineuse : comment croire à l’amour alors que tous les couples autour se délitent et se séparent ?
Tous, sauf les grands-parents de Raphaëlle, petite lumière dans l’obscurité, mais lumière fragile et douloureuse. Alors, nos adolescentes apprennent : elles apprennent la séduction, le pouvoir qu’elles ont sur les garçons ; elles apprennent aussi la manipulation, la jalousie, la trahison. Dans le secret de leur journal, elles ne s’épargnent pas les unes les autres. Elles deviennent des femmes.
Quoique je l’ai trouvé moins profond dans l’analyse que le précédent, j’ai été émue par bien des pensées sur cette découverte du sentiment amoureux. Néanmoins, j’ai un bémol : je ne sais pas quel est le degré de fréquentation des adolescents par Eric-Emmanuel Schmitt, mais pour les côtoyer au quotidien, j’ai eu un peu de mal à croire au ton et au style de ces journaux : trop bien écrits, trop littéraires, trop lyriques pour être totalement crédibles… mais du coup, c’est plus agréable à lire ! "
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ROB SMITH Tom
LA FERME, récit, Belfond, 2014, 330 pages
Un récit bouleversant dont le sujet est une femme souffrant d'une psychose, d'une maladie mentale qui se dévoile d'une façon inattendue par un comportement paranoïde.
Dans ce cas, il faut faire confiance à la personne et surtout continuer à l'aimer, ne pas couper la relation qui nous relie car la personne souffre profondément.
Si la solution ou la réponse ne se trouve pas dans le présent, elle peut se trouver dans son passé, dans une souffrance qui est restée ancrée au fond de son être, une cicatrice intérieure qui fait des dommages, des ravages tel un tsunami.
L'auteur nous dépeint avec une écriture magistrale l'état d'esprit et la souffrance intérieure d'une femme, sa mère qui cesse de croire aux personnes qui l'entourent, même son mari de trente ans de vie commune, de son fils à qui elle se confie et qui est l'auteur de ce livre remarquable.
Tout laisse des traces en nous, tout ce qui nous bouleverse, laisse des sillons profonds dans notre esprit, dans notre conscience. Notre cerveau enregistre tous nos actes et expériences sans les analyser. À chacun de nous de réagir, d'analyser, d'accepter ou de refuser ce qui nous est imposé par amour, par la force ou par intérêt.
Il faut se confier, car se taire équivaut à accepter ce qui nous arrive, surtout en tant que victime aimante.
Un grand roman, un auteur à découvrir. Ce récit est une confidence sur ce qui est arrivé à un être cher, ici une mère qui a perdu le contrôle de sa vie.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
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" Sans le tableau complet, tu me croiras folle. Tu me conduiras dans un asile."
" Consciente du pouvoir que tu détiens sur moi, c'est moi qui devrais avoir peur de toi. Et regarde-moi, Daniel, regarde-moi! J'ai peur."
" Qu'est-ce qu'un scélérat? Quelqu'un que rien n'entrave dans la volonté de réaliser ses désirs."
" Tenir ce carnet m'a aidée à comprendre ce qui se passait autour de moi."
" ... un enfer d'amoralité et de déshonneur."
" La beauté passe facilement pour de l'innocence."
" Parler, être entendue, et ne pas être crue."
" Il se sert de ces trolls en bois comme des médailles, des récompenses qu'il remet à ses fidèles alliés...affichés telle une déclaration d'allégeance,"
" Une femme sans plaisir. Le travail, c'était sa distraction. Elle a choisi de vivre un mensonge."
" Cet homme veut tout s'approprier. Un danger extrême la menaçait."
" On change quand on est désespéré."
" La folie, la folie véritable, m'entourait de toute part et j'étais terrifiée."
" Impossible d'y échapper. Il s'agit là de méchanceté et la méchanceté se moque des preuves. Il faut faire sa valise et fuir."
" Maman, s'il te plaît, parle-moi. Mais elle ne voulait plus. C'était le signe qu'en dépit de sa maladie, ses capacités de perception demeuraient intactes."
"Moi, je suivais mon instinct et mes émotions, qui me disaient que le récit de ma mère contenait une part de vérité."
" Pour lui, l'amour est synonyme de pouvoir."
" La peur était une réaction logique."
Pour en savoir davantage:
" L'auteur britannique Tom Rob Smith s'est fait remarquer avec Enfant 44en 2009, une série de trois polars qui l'a rendu célèbre. Son nouveau roman, La Ferme, est un suspense psychologique qui prend ses racines dans la propre vie de l'auteur. Comme quoi l'existence, parfois, n'est pas si monotone!
Le narrateur, Daniel, reçoit un appel de son père. Ses parents ont quitté Londres pour une ferme en Suède. Le coup de téléphone déclenche une angoisse qui va habiter Daniel pour le reste du roman. Son père lui apprend que sa mère, Tilde, est psychologiquement instable et qu'il a dû la faire interner. Quelques minutes plus tard, il reçoit un autre appel, de sa mère cette fois, qui accuse son époux d'être un criminel.
Tom Rob Smith, en grand écrivain, parvient à soutirer le maximum de tension et d'effets dramatiques avec un sujet un peu éculé : une psychose passagère causée par des réminiscences d'événements traumatisants remontant à l'adolescence. Il entraîne son lecteur dans la tête du narrateur du roman, coincé entre ses parents, incapable de discerner lequel dit la vérité et lequel veut du mal à l'autre
http://quebec.huffingtonpost.ca/
DESAI Kishwar
TÉMOIN DE LA NUIT, polar , Éd. de l'Aube, 2013, 228 pages
Ce roman est davantage qu'un roman polar, c'est un roman touchant, bouleversant de la condition inégale, injustifiée de la femme en INDE surtout de bébés-petites-filles qui sont éliminées à la naissance au profit des héritiers mâles souhaités.
Simran, le personnage principal, est une travailleuse sociale qui veut venir en aide à une jeune fille de 14 ans qui est accusée d'avoir empoisonné les membres de sa famille.
Ce roman dénonce " ce mode de vie patriarcal, cette façon de traiter en INDE ses filles, la négation de leur sexualité..."
Un grand roman à découvrir et une auteure incontestablement douée, dotée d'une écriture ferme, précise dans sa documentation impressionnante. Une écriture poignante, sensible.
Une auteure à découvrir, un premier roman de haut niveau à se délecter.
" La police, le système judiciaire, le monde politique, les médias et la société incivile se font tous complices de la corruption qui règne en INDE."
Kishwar DESAI , née en INDE en 1956, elle écrit son premier roman TÉMOIN DE LA NUIT, en 2009. Il remporte le Costa First Novel Award en 2010, publiée pour la traduction française en 2013.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
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"... la plupart d'entre eux rêvaient seulement de se venger de ce monde qui leur avait volé la seule chose dont ils ne jouissaient plus: l'enfance."
" Sa maladie l'avait peut-être fragilisée mais elle était capable de prononcer les paroles les plus cruelles."
" Ma peine pour Durga, jeune fille de quatorze ans, mon désir de la sauver et de venir en aide à tous les enfants comme elle."
" Simran, idiote, idiote de Simran. Tu n'arrêteras jamais de te mêler des affaires des autres. Ton intelligence te perdra."
" Mais tu sais, ce sont des gens très ambitieux et cette affaire fait beaucoup de bruit."
" Étrange comme la prison détruisait tout comportement normal en matière d'acquisition et de consommation."
" Cette enfant avait appris à cacher ses larmes, à pleurer en secret."
" Elle ne voulait pas que le monde sache qui était vraiment mon père, derrière le masque qu'il portait tous les jours. L'ignominie les aurait détruits."
" Je fis avec Sharda le serment éternel de permettre à nos filles de vivre et d'aimer."
"Apparemment, nous avons le même destin, Didi et moi. À peine nées, on nous a sauvées de la mort pour nous faire vivre un véritable enfer. Avec un peu de chance, j'entrerai bientôt dans les ténèbres."
" Il suffisait souvent de graisser quelques pattes un peu plus bas dans la hiérarchie."
"...il se servait de ses émotions et de sa sexualité pour la manipuler."
" Je vois en elle toutes les soeurs et toutes les filles que ma famille a supprimées et enterrées."
Pour en savoir davantage:
"Aucun bon thriller (depuis Millénium) ne s'est révélée aussi érudit, audacieux et fascinant que TÉMOIN DE LA NUIT... Au coeur de ce roman à suspense captivant et complexe se trouvent deux héroïnes énigmatiques..." Huffington Post
En plus d'un excellent polar à l'intrigue – aux intrigues – complexe et diablement bien narrée, Témoin de la nuit est un violent réquisitoire à l'encontre du sort réservé aux femmes en Inde. Du moins celles qui ont eu l'immense chance de survivre aux avortements et à leur naissance. Mais ce n'est que pour être condamnées à un véritable enfer tout au long d'une existence où, seul, les hommes peuvent décider..
Simran est un cas à part, une rareté. Elle en profite pour aider celles qui n'ont pu gagner cette indépendance qu'elle revendique fièrement. Elle se présente comme Simran Singh. Singh (lion) étant traditionnellement le nom des hommes sikhs, les femmes étant nommées Kaur (princesse). Elle se comporte et négocie comme un homme, jouant sur leur terrain, pouvoir, argent, influences pour parvenir à ses fins.
L'affaire n'est point religieuse, le sikhisme étant une des rares religions, peut-être la seule, à accorder le même statut aux deux sexes. Cela n'empêche rien, le patriarcat impose, conduisant immanquablement à l'aberration démographique, à le ruine du destin et au martyre des femmes de ce continent.
Bien évidemment, l'élimination des petites filles crée un manque qu'il faut combler par le trafic de femmes bengali, encore plus pauvres, vendues quelques sous par leur famille et réduites à l'esclavage par leurs acheteurs.
Bien d'autres aspects de la vie locale impactés par cet eugénisme sont évoqués dans ce polar, habilement mêlés aux éléments de l'enquête de Simran.
Témoin de la nuit n'est pas un pamphlet, c'est un roman très sombre, fin, subtil comme les stratagèmes de Simran sans cesse obligée de ruser pour sauver ce qui peut l'être de l'avenir de Durga. Même si la colère de l'auteure est présente, sous-jacente, explosive parfois, le chemin de son enquête n'en pâtit pas.
Un témoignage bouleversant et passionnant dans un excellent polar."
VILLEMAIN Marc
ILS MARCHENT LE REGARD FIER, Les Éditions Du Sonneur, 2013, 88 pages
Un court roman sur les conflits de générations mais surtout sur les droits de chacun. Les vieux réclament le respect dû à leur âge, au rôle qu'ils ont joué dans la société et revendiquent leurs droits civils. Les jeunes veulent prendre la place des vieux, veulent les mettre au rancart. Dans un conflit, il y a immanquablement des victimes, parfois des personnes qui nous sont chères. C'est presque inévitable.
Un bon roman dans une écriture qui nous transporte dans une société genre de banlieue ou petit village rural avec son vocabulaire propre: le bourrichon, pétochard, t'chi, gouzi-gouzi, papouilles.
Un roman qui veut rapprocher les générations qui font valoir leurs droits et ambitions.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
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" Ce qui était beau était devant, pas derrière."
" Pas de contact avec les vieux, papi, mami,"
" À la fin de l'envoi, en vérité, ce qu'ils disaient, c'est qu'un vieux c'est la mort, et que la chose ne se montre point à un mioche."
" Moi c'est la terre et les bêtes. Les semailles, les engrais, la taille, l'élevage, le manger, la mise bas. Toute la paysannerie, quoi. La culture."
" Je suis homme d'un monde lent."
" Faut que j'éprouve la terre sous mes souliers."
" La colère fusait de tous côtés."
" ...une autre race d'hommes, une race à venir..."
" Le bonhomme était plus excité qu'une puce."
" ... que nous autres les vieux on coûtait cher, des vrais paniers percés."
" Alors ça vocifère, ça bouscule, ça cogne et ça violente."
" ... rapport qu'il n'y a jamais de vainqueur quand il y a du chagrin et des morts."
" ... comme on se chicane parce qu'on se ressemble trop."
Pour en savoir davantage:
"Et si la colère venait non pas des jeunes, mais des vieux ?
Et si les vieux décidaient un beau jour d’en finir avec un monde qui les marginalise et attend qu’ils s’éteignent en ruminant le passé devant leur poste de télévision ?
Et si les vieux se levaient et entreprenaient tout à coup de chambarder l’ordre du monde ?
Marie et Donatien — lui qu’on appelle « le Débris » —, sont de ces vieux qui vont mener la charge. Deux amants sages, las, pacifiques, n’éprouvant rien de l’antique peur de mourir mais bien désireux de partir la tête haute et de laisser derrière eux un monde pas trop ingrat. Julien, leur fils, a choisi son camp, celui d’une jeunesse en rupture d’histoire, pour entonner la rengaine de l’avenir. Entre eux, le fossé de la révolte.
Le narrateur, ami d’enfance de Donatien, raconte, avec ses mots arrachés à la terre, les minutes de cette improbable insurrection, de cette force tranquille que Donatien aura tenté de ragaillardir jusqu’à l’impensable — et jusqu’au drame.
Marc Villemain est né en 1968. Il est l’auteur de Le Pourceau, le Diable et la Putain (Quidam Éditeur), de Et que morts s’ensuivent (Le Seuil), Grand Prix SGDL de la nouvelle en 2009, de Et je dirai au monde toute la haine qu’il m’inspire (Maren Sell Éditeurs), et de Monsieur Lévy (Plon). Il est également critique littéraire.
http://www.editionsdusonneur.com/livre/ils-marchent-le-regard-fier-de-marc-villemain/