L'EFFET PAILLON, roman polar****, Albin Michel, 2015, 645 pages
06/03/2015 17:36 par livresentete
Jussi ADLER OLSEN
L'EFFET PAPILLON, roman polar, Albin Michel, 2015, 645 pages
La cinquième enquête du Département V de Copenhague, Danemark. Un autre roman du genre polar, enquête policière, très réussi autant par le style vibrant de l'auteur que par l'intérêt manifeste de l'intrigue éclabouissante du roman.
Un personnage important s'ajoute à l'équipe, MARCO, un jeune homme de quinze ans qui se sort des griffes de ses traqueurs qui contraint les jeunes sans papier à voler. Marco s'enfuit et est entremêlé à son insu aux enquêtes de l'inspecteur Carl MORCK, de son indispensable coéquipier, ASSAD, et de son incontournable employée de bureau, ROSE avec son allure de punk extravagant.
Un roman apprécié pour qui recherche les enquêtes raffinées, disjonctées sans oublier la notion humaine qui y est intrinsèque.
Des sans papiers abusés, déshumanisés, des sans nom-sans pays, contraints de survivre.
Un roman remarquable et un auteur remarqué à suivre pour ses qualités d'écriture.Un pavé cotée *****.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
ww.livresentete.vip-blog.com
" MARCO n'avait plus peur. On ne ressent la peur et l'appréhension que si on tient à la vie, et si on a foi en l'avenir et si on est attaché aux gens qui vous entourent et qu'on ne veut pas perdre. Mais quand la haine a remplacé l'amour, la peur s'en va."
" Indirectement, il était responsable de la mort de son père, parce que ses actes et sa présence l'avaient obligé à faire un choix entre sa loyauté envers Zola, son frère, et son désir de protéger son fils."
" Et il ne pourrait considérer l'avenir à nouveau que lors qu'il aurait accompli cette vengeance."
" Laissez la honte à ceux qui ont des raisons d'avoir honte."
" Personne n'a mérité de mourir."
Pour en savoir davantage:
"Marco, un adolescent de quinze ans, a passé toute sa vie au sein d’une bande de jeunes voleurs exploités par son oncle Zola. Un jour, alors qu’il essaie de sortir de la clandestinité, il découvre le cadavre d’un homme, lié à des affaires de corruption internationale, dans le bois derrière les maisons de son ancien clan, et doit fuir, poursuivi par son oncle qui veut le faire taire.
Parallèlement, l’enquête du Département V sur la disparition d’un officier danois, piétine.
Du moins, jusqu’à ce que Carl Morck ne découvre qu’un jeune voleur, Marco, pourrait avoir des informations pour résoudre ce cold case. Déjà traqué par la bande de Zola, Marco déclenche malgré lui un tsunami d’événements et se retrouve avec des tueurs serbes et d’anciens enfants soldats sur le dos. Aucun moyen ne sera épargné pour l’éliminer et gagner le département V de vitesse. Encore une fois, Jussi Adler-Olsen a réussi à nous surprendre.
Dans ce cinquième tome de la série, Carl Morck et ses assistants s’engagent dans une course-poursuite au suspense haletant qui, des rues de Copenhague, les amène jusqu’en Afrique"
" Ah les enquêtes du département V et du trio Carl/Assad/Rose aussi improbables que comiques et compétents.
C'est toujours avec gourmandise et envie que je me plonge dans un thriller de Jussi Adler Olsen.
Et ce n'est pas cette 5è enquête, "l'effet papillon", qui me fera changer d'avis!
Même si... on y reviendra plus loin il y a quelques bémols.
A nouveau un gros et beau pavé (quasiment 650 pages) découpé en 43 chapitres, un prologue et un épilogue. Ce dernier vaut d'ailleurs le détour et conclut sympathiquement cette enquête.
Sans surprise, j'ai dévoré le livre et eu beaucoup de mal à le lâcher dans ses 2 derniers tiers.
Comme les précédentes enquêtes, on découvre à nouveau un petit peu plus sur l'équipe (les premiers pas opérationnels de Rose, les déboires amoureux de Carl ainsi que ces crises d'angoisse récurrentes, quelques indices supplémentaires sur le passé trouble de Assad) ainsi que sur l'évolution de Hardy et des colocataires de Carl.
Mais comme d'habitude aussi, Adler Olsen se renouvelle et n'utilise pas la trame de l'enquête déjà employée dans les précédentes enquêtes.
Ici on voit Rose sur le devant de la scène mais c'est
surtout l'histoire de Marco qui est mise en avant. Je n'irai pas jusqu'à dire que l'enquête du département V passe au second plan, mais pas loin.
Point négatif: le début poussif et assez désordonné... La première enquête prend beaucoup de places pour... pas grand chose:(
L'écriture de Adler Olsen fait toujours mouche. J'ai souvent rigolé (et pourtant c'est un thriller!) aux blagues (les fameux dromadaires et chameaux de Assad) et aux problèmes de langues de Assad. Je me suis attaché au petit Marco. L'auteur arrive à faire passer de l'émotion et de la tendresse au travers des
pages pour ce jeune homme. Et il sait surtout nous tenir en haleine! On se doute que le petit va s'en sortir mais ce n'est pas les rebondissements qui manquent!
Point négatif: on doit quand même reconnaître pas mal d'incohérences sur la façon dont Marco s'en sort à chaque fois... C'est aussi un peu le style des enquêteurs mais là l'auteur y va un peu fort quand même...
Enfin, on retrouve des thèmes politiques encore dans cette enquête. Ici il s'agira de corruption au plus haut niveau de l'Etat et du monde financier par des détournements d'aide au développement au Cameroun, d'enfants
sans papiers, de milieux mafieux... Tout s'enchaîne et et se complète parfaitement.
En résumé, j'ai apprécié cette 5e enquête malgré un début un peu poussif.
Vivement la 6e enquête!
www.decitre.com.
Jussi ADLER OLSEN
L'EFFET PAPILLON, roman polar, Albin Michel, 2015, 645 pages
La cinquième enquête du Département V de Copenhague, Danemark. Un autre roman du genre polar, enquête policière, très réussi autant par le style vibrant de l'auteur que par l'intérêt manifeste de l'intrigue éclabouissante du roman.
Un personnage important s'ajoute à l'équipe, MARCO, un jeune homme de quinze ans qui se sort des griffes de ses traqueurs qui contraint les jeunes sans papier à voler. Marco s'enfuit et est entremêlé à son insu aux enquêtes de l'inspecteur Carl MORCK, de son indispensable coéquipier, ASSAD, et de son incontournable employée de bureau, ROSE avec son allure de punk extravagant.
Un roman apprécié pour qui recherche les enquêtes raffinées, disjonctées sans oublier la notion humaine qui y est intrinsèque.
Des sans papiers abusés, déshumanisés, des sans nom-sans pays, contraints de survivre.
Un roman remarquable et un auteur remarqué à suivre pour ses qualités d'écriture.Un pavé cotée *****.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
ww.livresentete.vip-blog.com
" MARCO n'avait plus peur. On ne ressent la peur et l'appréhension que si on tient à la vie, et si on a foi en l'avenir et si on est attaché aux gens qui vous entourent et qu'on ne veut pas perdre. Mais quand la haine a remplacé l'amour, la peur s'en va."
" Indirectement, il était responsable de la mort de son père, parce que ses actes et sa présence l'avaient obligé à faire un choix entre sa loyauté envers Zola, son frère, et son désir de protéger son fils."
" Et il ne pourrait considérer l'avenir à nouveau que lors qu'il aurait accompli cette vengeance."
" Laissez la honte à ceux qui ont des raisons d'avoir honte."
" Personne n'a mérité de mourir."
Pour en savoir davantage:
"Marco, un adolescent de quinze ans, a passé toute sa vie au sein d’une bande de jeunes voleurs exploités par son oncle Zola. Un jour, alors qu’il essaie de sortir de la clandestinité, il découvre le cadavre d’un homme, lié à des affaires de corruption internationale, dans le bois derrière les maisons de son ancien clan, et doit fuir, poursuivi par son oncle qui veut le faire taire.
Parallèlement, l’enquête du Département V sur la disparition d’un officier danois, piétine.
Du moins, jusqu’à ce que Carl Morck ne découvre qu’un jeune voleur, Marco, pourrait avoir des informations pour résoudre ce cold case. Déjà traqué par la bande de Zola, Marco déclenche malgré lui un tsunami d’événements et se retrouve avec des tueurs serbes et d’anciens enfants soldats sur le dos. Aucun moyen ne sera épargné pour l’éliminer et gagner le département V de vitesse. Encore une fois, Jussi Adler-Olsen a réussi à nous surprendre.
Dans ce cinquième tome de la série, Carl Morck et ses assistants s’engagent dans une course-poursuite au suspense haletant qui, des rues de Copenhague, les amène jusqu’en Afrique"
" Ah les enquêtes du département V et du trio Carl/Assad/Rose aussi improbables que comiques et compétents.
C'est toujours avec gourmandise et envie que je me plonge dans un thriller de Jussi Adler Olsen.
Et ce n'est pas cette 5è enquête, "l'effet papillon", qui me fera changer d'avis!
Même si... on y reviendra plus loin il y a quelques bémols.
A nouveau un gros et beau pavé (quasiment 650 pages) découpé en 43 chapitres, un prologue et un épilogue. Ce dernier vaut d'ailleurs le détour et conclut sympathiquement cette enquête.
Sans surprise, j'ai dévoré le livre et eu beaucoup de mal à le lâcher dans ses 2 derniers tiers.
Comme les précédentes enquêtes, on découvre à nouveau un petit peu plus sur l'équipe (les premiers pas opérationnels de Rose, les déboires amoureux de Carl ainsi que ces crises d'angoisse récurrentes, quelques indices supplémentaires sur le passé trouble de Assad) ainsi que sur l'évolution de Hardy et des colocataires de Carl.
Mais comme d'habitude aussi, Adler Olsen se renouvelle et n'utilise pas la trame de l'enquête déjà employée dans les précédentes enquêtes.
Ici on voit Rose sur le devant de la scène mais c'est
surtout l'histoire de Marco qui est mise en avant. Je n'irai pas jusqu'à dire que l'enquête du département V passe au second plan, mais pas loin.
Point négatif: le début poussif et assez désordonné... La première enquête prend beaucoup de places pour... pas grand chose:(
L'écriture de Adler Olsen fait toujours mouche. J'ai souvent rigolé (et pourtant c'est un thriller!) aux blagues (les fameux dromadaires et chameaux de Assad) et aux problèmes de langues de Assad. Je me suis attaché au petit Marco. L'auteur arrive à faire passer de l'émotion et de la tendresse au travers des
pages pour ce jeune homme. Et il sait surtout nous tenir en haleine! On se doute que le petit va s'en sortir mais ce n'est pas les rebondissements qui manquent!
Point négatif: on doit quand même reconnaître pas mal d'incohérences sur la façon dont Marco s'en sort à chaque fois... C'est aussi un peu le style des enquêteurs mais là l'auteur y va un peu fort quand même...
Enfin, on retrouve des thèmes politiques encore dans cette enquête. Ici il s'agira de corruption au plus haut niveau de l'Etat et du monde financier par des détournements d'aide au développement au Cameroun, d'enfants
sans papiers, de milieux mafieux... Tout s'enchaîne et et se complète parfaitement.
En résumé, j'ai apprécié cette 5e enquête malgré un début un peu poussif.
Vivement la 6e enquête!
www.decitre.com.
THÙY Kim
À TOI, ÉD. LIBRE EXPRESSION, 2011, 166 pages
Ce livre est le recueil des écrits d'une correspondance entre deux écrivains, KIM THÙY et PASCAL JANOVJAK, qui se sont rencontrés à Monaco et qui ont décidé de garder le contact et de s'écrire par courriel Internet presque au jour le jour.
Ce recueil contient leur correspondance intimiste d'une période de trois mois: d'octobre à décembre.
Kim THÙY vit à Montréal et Pascal JANOVJAK vit en Palestine.
C'est un échange de souvenirs personnels, de villes et d'amis visités, de confidence de leur vie personnelle réciproque, de leurs voyages, de leur famille immédiate,de leurs lectures, des artistes dont ils aiment les oeuvres, leur passé dans leur pays natal.
On voyage avec eux du Vietnam, de la Slovaquie, de la Suisse, de Rome, de Monaco, de la France, de Rimouski, de Turin et de bien autres villes dont leur carrière les amène à visiter, à y donner des conférences et entrevues.
Un livre intéressant qui nous livre les pensées spontanées de deux artistes-écrivains qui se livrent tels qu'ils sont dans leur vie personnelle, familiale et professionnelle.
Un bel échange de leur parcours, de leur vécu, de leurs pensées et de leurs regards sur la vie.
Gilles Lagrois, Auclait, Québec
www.livresentete.vip-blog.com
" Nos vies se résument à l'intensité de nos désirs." Pascal JANOVJAK
" Le corps a des pouvoirs qui dépassent l'entendement.! Kim THÙY
" En fait, depuis mes deux enfants, j'ai l'impression de vivre trois vies.Chacune tourne autour d'un axe différent. Chacune avance à sa vitesse. Chacune cherche sa direction. On compare souvent les parents aux jongleurs."
" Ensemble, nous avons parlé de ses vies multiples, de ces indicibles instants où il avait été le témoin de la métamorphose de l'humain en monstre, ou inversement du monstre en humain."
Kim." J'ai un correspondant allemand à qui j'écris depuis vingt-sept ans. La première fois que je suis allée lui rendre visite, c'était il y a presque vingt ans."
" Au Vietnam, les chaussures se vendaient sans boîte.Nous conservions donc nos trésors dans des boîtes à biscuits danois en métal bleu."
" J'ai quitté le Vietnam trop jeune..."
" Les mots ont un pouvoir réel: il faut simplement attendre le bon moment pour les dire."
Pour en savoir davantage:
" Que doit-on espérer de la rencontre entre une écrivaine québécoise d'origine vietnamienne vivant à Montréal et un écrivain franco-suisse vivant à Ramallah, en Palestine? Rien de moins qu'un livre, évidemment. Le recueil À toi, de Kim Thuy et Pascal Janovjak, est le résultat d'un coup de foudre littéraire et amical qui n'a rien d'éphémère.
Ils ne se connaissaient pas, n'avaient rien lu l'un de l'autre. Ils étaient finalistes au prix Prince Pierre de Monaco en 2009. Elle pour son roman Ru, lui pour son roman L'invisible, tous deux à leurs premiers pas en littérature. C'est Kim Thuy qui la première a remarqué Pascal Janovjak. Elle voulait absolument lui parler. Savoir quelle histoire d'amour devait se cacher derrière la décision de cet écrivain franco-suisse d'aller s'installer à Ramallah, en Palestine. Elle l'a harcelé pendant deux jours avant qu'il accepte de déjeuner avec elle, juste avant que chacun prenne son avion pour d'autres destinations. Bref, Kim Thuy a quelque peu forcé ce coup de foudre amical et littéraire qui donne aujourd'hui À toi, le recueil de leur correspondance qui paraît chez Libre Expression.
Comment résister à Kim Thuy? Son enthousiasme, sa chaleur et sa joie de vivre sont contagieux. Pascal Janovjak en sait quelque chose: à peine sorti de l'avion et malgré le décalage horaire, il se dit happé par la tornade Kim, devenue son guide personnel à Montréal - il loge ainsi «chez l'habitant». «Ce qui m'a frappé chez elle, c'est sa sensibilité, se rappelle-t-il. L'impression d'un insecte avec de longues et très fines antennes qui captent la moindre chose.» Et cette drôle de «bibitte» éclate de rire sous le regard amusé de son ami.
«Il y avait de la fiction dans ses réponses par courriel, jamais de banalités, dit-elle. Et comme j'ai toujours l'impression de vivre dans un monde parallèle, j'ai trouvé qu'il venait me rejoindre dans mon monde.»
À toi n'est pas seulement un coup de foudre, c'est aussi un coup de tête de Kim Thuy. Ce projet de livre est né dès les débuts de leur correspondance.
«Je lui ai dit: «on le fait, et on va réfléchir après». Pour moi, c'était jouissif de faire ça, mais ma maison d'édition était inquiète. Mon éditeur avait les cheveux dressés sur la tête parce que je ne respectais pas les délais pour la suite de Ru en me lançant dans ce projet pour lequel je voulais aller jusqu'au bout. C'est quelque chose qui, comme pour Ru, m'enchantait, c'est tout.»
www.lapresse.ca
LAHENS YANICK
BAIN DE LUNE, roman, 2014, Sabine Wespieser éditeur, 260 pages, Prix Fémina 2014
Avec ce roman l'auteure, qui vit en Haïti, porte le grand roman de la terre haïtienne.
Ce roman est l'histoire de quatre générations Haïtiennes et de deux familles de l'ANSE BLEUE: celle d'Orvil Clémestral et d'Ermancia Dorival et celle Tertulien Mésidor.
Tertulien Mésidor devait avoir dans les cinquante-cinq ans et la jeune femme convoitée à peine seize ans, Olmène Dorival, fille cadette d'Orvil.
Tertulien possédait les trois-quarts des terres de l'autre côté des montagnes. Il était un don* ( propriétaire terrien). Un grand don.
Cette histoire se déroule pendant les dictatures des Duvalier et même du président Aristide,ancien prêtre, aussi profiteur et dictateur que ses prédécesseurs requin.
La narratrice, Cétoute Florival, est la petite fille d'Olmène, fille d'Ermancia et d'Orvil.
Nous côtoyons un peuple haïtien vivant au seuil de la pauvreté et de la misère au quotidien, sauf les riches propriétaires terriens et les hommes en uniformes bleus, les militaires.
Dans ce roman nous sommes en contact avec des Haïtiens qui vivent de leur jardin et de la mer. Nous partageons leurs croyances, leurs rituels, leurs obsessions, leurs valeurs, leurs cérémonies aux ancêtres; la vie à la dure sublimée par leur mer, leur terre, leur nature. Apprivoisés mais sans terre.
L'écriture de ce roman est raffinée, éloquente parfois suave et souvent lumineuse.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
www.livresentete.vip-blog.com
" Sous ce nom de Tertulien couvaient des légendes invérifiables et des vérités tenaces.
On disait qu'il avait volé, tué."
" Olmène. Non des vaincus, des défaits comme elle. Comme nous. Pauvres comme sel, maléré, infortunés."
" Les Mésidor, avaient depuis toujours convoité la terre, les femmes et les biens."
" La terre, mon fils, c'est ton sang, ta chair, tes os, tu m'entends!"
" La peur, un coeur à elle toute seule."
"Celui du paysan toutes dents dehors, abruti par la faim et des divinités obscures. Qui ne sait rien, ne voit rien et ne dit jamais non."
" Le peuple haïtien est un enfant, je vous dis,"
" Sur ce qui était grand et ce qui ne l'était pas. Ce qui était fort et ce qui était faible. Sur le chasseur et la proie. Sur celui qui écrase et celui qui est broyé."
" Sous l'insulte partagée, sous la fierté fouettée, sommeillait la méfiance et la peur. Celles de toujours.
" L'enchantement que provoque l'attention d'un homme aussi puissant, et la crainte des conséquences souvent néfastes d'un tel pouvoir sur nos vies."
" La route menait jusqu'à ANSE BLEUE. Un monde sans école, sans juge, sans prêtre et sans médecin. Ces hommes que l'on dit de l'ordre, de la science, de la justice et de la foi."
" La nuit, ils honoraient les lwas, les Invisibles et les Mystères dans des rituels discrets, secrets, des danseurs hallucinés."
" Port-au-Prince a donc un tel pouvoir. Et qui sait, par chance, si certains ne porteront pas bientôt l'uniforme bleu? En terre haïtienne il fallait savoir retourner sa veste. Vite. Très vite."
Pour en savoir davantage:
«Yanick Lahens montre dans son quatrième roman toute l’étendue de son talent. Sans prétention aucune. Mais avec l’assurance d’une romancière passée maître dans la peinture des ombres sur ses fresques solaires du vivre haïtien. Elle conte ici un siècle d’amour-haine entre deux familles, les Lafleur et les Mésidor, dans le village vraiment imaginaire d’Anse Bleue. Une histoire forcément tragique. Dont on ressort la tête pleine d’images sublimes. Comme celle-ci, brossant le début de la dictature : “La mort saigna aux portes et le crépitement de la mitraille fit de grands yeux dans les murs.”www.liberation.fr
Bain de lune
Yanick Lahens
Après trois jours de tempête, un pêcheur découvre, échouée sur la grève, une jeune fille qui semble avoir réchappé à une grande violence. La voix de la naufragée s’élève, qui en appelle à tous les dieux du vaudou et à ses ancêtres, pour tenter de comprendre comment et pourquoi elle s’est retrouvée là. Cette voix expirante viendra scander l’ample roman familial que déploie Yanick Lahens, convoquant les trois générations qui ont précédé la jeune femme afin d’élucider le double mystère de son agression et de son identité.
Les Lafleur ont toujours vécu à Anse Bleue, un village d’Haïti où la terre et les eaux se confondent. Entre eux et les Mésidor, devenus les seigneurs des lieux, les liens sont anciens, et le ressentiment aussi. Il date du temps où les Mésidor ont fait main basse sur toutes les bonnes terres de la région.
Quand, au marché, Tertulien Mésidor s’arrête comme foudroyé devant l’étal d’Olmène (une Lafleur), l’attirance est réciproque. L’histoire de ces deux-là va s’écrire à rebours des idées reçues sur les femmes soumises et les hommes prédateurs.
Mais, dans cette île également balayée par les ouragans politiques, des rumeurs de terreur et de mort ne tardent pas à s’élever. Un voile sombre s’abat pour longtemps sur Anse Bleue.
Pour dire le monde nouveau, celui des fratries déchirées, des déprédations, de l’opportunisme politique, Yanick Lahens s’en remet au chœur immémorial des paysans : eux ne sont pas dupes, qui se fient aux seules puissances souterraines.
Leurs mots puissants, magiques, donnent à ce roman magistral une violente beauté. http://www.swediteur.com/
LAHENS YANICK
BAIN DE LUNE, roman, 2014, Sabine Wespieser éditeur, 260 pages, Prix Fémina 2014
Avec ce roman l'auteure, qui vit en Haïti, porte le grand roman de la terre haïtienne.
Ce roman est l'histoire de quatre générations Haïtiennes et de deux familles de l'ANSE BLEUE: celle d'Orvil Clémestral et d'Ermancia Dorival et celle Tertulien Mésidor.
Tertulien Mésidor devait avoir dans les cinquante-cinq ans et la jeune femme convoitée à peine seize ans, Olmène Dorival, fille cadette d'Orvil.
Tertulien possédait les trois-quarts des terres de l'autre côté des montagnes. Il était un don* ( propriétaire terrien). Un grand don.
Cette histoire se déroule pendant les dictatures des Duvalier et même du président Aristide,ancien prêtre, aussi profiteur et dictateur que ses prédécesseurs requin.
La narratrice, Cétoute Florival, est la petite fille d'Olmène, fille d'Ermancia et d'Orvil.
Nous côtoyons un peuple haïtien vivant au seuil de la pauvreté et de la misère au quotidien, sauf les riches propriétaires terriens et les hommes en uniformes bleus, les militaires.
Dans ce roman nous sommes en contact avec des Haïtiens qui vivent de leur jardin et de la mer. Nous partageons leurs croyances, leurs rituels, leurs obsessions, leurs valeurs, leurs cérémonies aux ancêtres; la vie à la dure sublimée par leur mer, leur terre, leur nature. Apprivoisés mais sans terre.
L'écriture de ce roman est raffinée, éloquente parfois suave et souvent lumineuse.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
www.livresentete.vip-blog.com
" Sous ce nom de Tertulien couvaient des légendes invérifiables et des vérités tenaces.
On disait qu'il avait volé, tué."
" Olmène. Non des vaincus, des défaits comme elle. Comme nous. Pauvres comme sel, maléré, infortunés."
" Les Mésidor, avaient depuis toujours convoité la terre, les femmes et les biens."
" La terre, mon fils, c'est ton sang, ta chair, tes os, tu m'entends!"
" La peur, un coeur à elle toute seule."
"Celui du paysan toutes dents dehors, abruti par la faim et des divinités obscures. Qui ne sait rien, ne voit rien et ne dit jamais non."
" Le peuple haïtien est un enfant, je vous dis,"
" Sur ce qui était grand et ce qui ne l'était pas. Ce qui était fort et ce qui était faible. Sur le chasseur et la proie. Sur celui qui écrase et celui qui est broyé."
" Sous l'insulte partagée, sous la fierté fouettée, sommeillait la méfiance et la peur. Celles de toujours.
" L'enchantement que provoque l'attention d'un homme aussi puissant, et la crainte des conséquences souvent néfastes d'un tel pouvoir sur nos vies."
" La route menait jusqu'à ANSE BLEUE. Un monde sans école, sans juge, sans prêtre et sans médecin. Ces hommes que l'on dit de l'ordre, de la science, de la justice et de la foi."
" La nuit, ils honoraient les lwas, les Invisibles et les Mystères dans des rituels discrets, secrets, des danseurs hallucinés."
" Port-au-Prince a donc un tel pouvoir. Et qui sait, par chance, si certains ne porteront pas bientôt l'uniforme bleu? En terre haïtienne il fallait savoir retourner sa veste. Vite. Très vite."
Pour en savoir davantage:
«Yanick Lahens montre dans son quatrième roman toute l’étendue de son talent. Sans prétention aucune. Mais avec l’assurance d’une romancière passée maître dans la peinture des ombres sur ses fresques solaires du vivre haïtien. Elle conte ici un siècle d’amour-haine entre deux familles, les Lafleur et les Mésidor, dans le village vraiment imaginaire d’Anse Bleue. Une histoire forcément tragique. Dont on ressort la tête pleine d’images sublimes. Comme celle-ci, brossant le début de la dictature : “La mort saigna aux portes et le crépitement de la mitraille fit de grands yeux dans les murs.”www.liberation.fr
Bain de lune
Yanick Lahens
Après trois jours de tempête, un pêcheur découvre, échouée sur la grève, une jeune fille qui semble avoir réchappé à une grande violence. La voix de la naufragée s’élève, qui en appelle à tous les dieux du vaudou et à ses ancêtres, pour tenter de comprendre comment et pourquoi elle s’est retrouvée là. Cette voix expirante viendra scander l’ample roman familial que déploie Yanick Lahens, convoquant les trois générations qui ont précédé la jeune femme afin d’élucider le double mystère de son agression et de son identité.
Les Lafleur ont toujours vécu à Anse Bleue, un village d’Haïti où la terre et les eaux se confondent. Entre eux et les Mésidor, devenus les seigneurs des lieux, les liens sont anciens, et le ressentiment aussi. Il date du temps où les Mésidor ont fait main basse sur toutes les bonnes terres de la région.
Quand, au marché, Tertulien Mésidor s’arrête comme foudroyé devant l’étal d’Olmène (une Lafleur), l’attirance est réciproque. L’histoire de ces deux-là va s’écrire à rebours des idées reçues sur les femmes soumises et les hommes prédateurs.
Mais, dans cette île également balayée par les ouragans politiques, des rumeurs de terreur et de mort ne tardent pas à s’élever. Un voile sombre s’abat pour longtemps sur Anse Bleue.
Pour dire le monde nouveau, celui des fratries déchirées, des déprédations, de l’opportunisme politique, Yanick Lahens s’en remet au chœur immémorial des paysans : eux ne sont pas dupes, qui se fient aux seules puissances souterraines.
Leurs mots puissants, magiques, donnent à ce roman magistral une violente beauté. http://www.swediteur.com/
LAHENS YANICK
BAIN DE LUNE, roman, 2014, Sabine Wespieser éditeur, 260 pages, Prix Fémina 2014
Avec ce roman l'auteure, qui vit en Haïti, porte le grand roman de la terre haïtienne.
Ce roman est l'histoire de quatre générations Haïtiennes et de deux familles de l'ANSE BLEUE: celle d'Orvil Clémestral et d'Ermancia Dorival et celle Tertulien Mésidor.
Tertulien Mésidor devait avoir dans les cinquante-cinq ans et la jeune femme convoitée à peine seize ans, Olmène Dorival, fille cadette d'Orvil.
Tertulien possédait les trois-quarts des terres de l'autre côté des montagnes. Il était un don* ( propriétaire terrien). Un grand don.
Cette histoire se déroule pendant les dictatures des Duvalier et même du président Aristide,ancien prêtre, aussi profiteur et dictateur que ses prédécesseurs requin.
La narratrice, Cétoute Florival, est la petite fille d'Olmène, fille d'Ermancia et d'Orvil.
Nous côtoyons un peuple haïtien vivant au seuil de la pauvreté et de la misère au quotidien, sauf les riches propriétaires terriens et les hommes en uniformes bleus, les militaires.
Dans ce roman nous sommes en contact avec des Haïtiens qui vivent de leur jardin et de la mer. Nous partageons leurs croyances, leurs rituels, leurs obsessions, leurs valeurs, leurs cérémonies aux ancêtres; la vie à la dure sublimée par leur mer, leur terre, leur nature. Apprivoisés mais sans terre.
L'écriture de ce roman est raffinée, éloquente parfois suave et souvent lumineuse.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
www.livresentete.vip-blog.com
" Sous ce nom de Tertulien couvaient des légendes invérifiables et des vérités tenaces.
On disait qu'il avait volé, tué."
" Olmène. Non des vaincus, des défaits comme elle. Comme nous. Pauvres comme sel, maléré, infortunés."
" Les Mésidor, avaient depuis toujours convoité la terre, les femmes et les biens."
" La terre, mon fils, c'est ton sang, ta chair, tes os, tu m'entends!"
" La peur, un coeur à elle toute seule."
"Celui du paysan toutes dents dehors, abruti par la faim et des divinités obscures. Qui ne sait rien, ne voit rien et ne dit jamais non."
" Le peuple haïtien est un enfant, je vous dis,"
" Sur ce qui était grand et ce qui ne l'était pas. Ce qui était fort et ce qui était faible. Sur le chasseur et la proie. Sur celui qui écrase et celui qui est broyé."
" Sous l'insulte partagée, sous la fierté fouettée, sommeillait la méfiance et la peur. Celles de toujours.
" L'enchantement que provoque l'attention d'un homme aussi puissant, et la crainte des conséquences souvent néfastes d'un tel pouvoir sur nos vies."
" La route menait jusqu'à ANSE BLEUE. Un monde sans école, sans juge, sans prêtre et sans médecin. Ces hommes que l'on dit de l'ordre, de la science, de la justice et de la foi."
" La nuit, ils honoraient les lwas, les Invisibles et les Mystères dans des rituels discrets, secrets, des danseurs hallucinés."
" Port-au-Prince a donc un tel pouvoir. Et qui sait, par chance, si certains ne porteront pas bientôt l'uniforme bleu? En terre haïtienne il fallait savoir retourner sa veste. Vite. Très vite."
Pour en savoir davantage:
«Yanick Lahens montre dans son quatrième roman toute l’étendue de son talent. Sans prétention aucune. Mais avec l’assurance d’une romancière passée maître dans la peinture des ombres sur ses fresques solaires du vivre haïtien. Elle conte ici un siècle d’amour-haine entre deux familles, les Lafleur et les Mésidor, dans le village vraiment imaginaire d’Anse Bleue. Une histoire forcément tragique. Dont on ressort la tête pleine d’images sublimes. Comme celle-ci, brossant le début de la dictature : “La mort saigna aux portes et le crépitement de la mitraille fit de grands yeux dans les murs.”www.liberation.fr
Bain de lune
Yanick Lahens
Après trois jours de tempête, un pêcheur découvre, échouée sur la grève, une jeune fille qui semble avoir réchappé à une grande violence. La voix de la naufragée s’élève, qui en appelle à tous les dieux du vaudou et à ses ancêtres, pour tenter de comprendre comment et pourquoi elle s’est retrouvée là. Cette voix expirante viendra scander l’ample roman familial que déploie Yanick Lahens, convoquant les trois générations qui ont précédé la jeune femme afin d’élucider le double mystère de son agression et de son identité.
Les Lafleur ont toujours vécu à Anse Bleue, un village d’Haïti où la terre et les eaux se confondent. Entre eux et les Mésidor, devenus les seigneurs des lieux, les liens sont anciens, et le ressentiment aussi. Il date du temps où les Mésidor ont fait main basse sur toutes les bonnes terres de la région.
Quand, au marché, Tertulien Mésidor s’arrête comme foudroyé devant l’étal d’Olmène (une Lafleur), l’attirance est réciproque. L’histoire de ces deux-là va s’écrire à rebours des idées reçues sur les femmes soumises et les hommes prédateurs.
Mais, dans cette île également balayée par les ouragans politiques, des rumeurs de terreur et de mort ne tardent pas à s’élever. Un voile sombre s’abat pour longtemps sur Anse Bleue.
Pour dire le monde nouveau, celui des fratries déchirées, des déprédations, de l’opportunisme politique, Yanick Lahens s’en remet au chœur immémorial des paysans : eux ne sont pas dupes, qui se fient aux seules puissances souterraines.
Leurs mots puissants, magiques, donnent à ce roman magistral une violente beauté. http://www.swediteur.com/
LAHENS YANICK
BAIN DE LUNE, roman, 2014, Sabine Wespieser éditeur, 260 pages, Prix Fémina 2014
Avec ce roman l'auteure, qui vit en Haïti, porte le grand roman de la terre haïtienne.
Ce roman est l'histoire de quatre générations Haïtiennes et de deux familles de l'ANSE BLEUE: celle d'Orvil Clémestral et d'Ermancia Dorival et celle Tertulien Mésidor.
Tertulien Mésidor devait avoir dans les cinquante-cinq ans et la jeune femme convoitée à peine seize ans, Olmène Dorival, fille cadette d'Orvil.
Tertulien possédait les trois-quarts des terres de l'autre côté des montagnes. Il était un don* ( propriétaire terrien). Un grand don.
Cette histoire se déroule pendant les dictatures des Duvalier et même du président Aristide,ancien prêtre, aussi profiteur et dictateur que ses prédécesseurs requin.
La narratrice, Cétoute Florival, est la petite fille d'Olmène, fille d'Ermancia et d'Orvil.
Nous côtoyons un peuple haïtien vivant au seuil de la pauvreté et de la misère au quotidien, sauf les riches propriétaires terriens et les hommes en uniformes bleus, les militaires.
Dans ce roman nous sommes en contact avec des Haïtiens qui vivent de leur jardin et de la mer. Nous partageons leurs croyances, leurs rituels, leurs obsessions, leurs valeurs, leurs cérémonies aux ancêtres; la vie à la dure sublimée par leur mer, leur terre, leur nature. Apprivoisés mais sans terre.
L'écriture de ce roman est raffinée, éloquente parfois suave et souvent lumineuse.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
www.livresentete.vip-blog.com
" Sous ce nom de Tertulien couvaient des légendes invérifiables et des vérités tenaces.
On disait qu'il avait volé, tué."
" Olmène. Non des vaincus, des défaits comme elle. Comme nous. Pauvres comme sel, maléré, infortunés."
" Les Mésidor, avaient depuis toujours convoité la terre, les femmes et les biens."
" La terre, mon fils, c'est ton sang, ta chair, tes os, tu m'entends!"
" La peur, un coeur à elle toute seule."
"Celui du paysan toutes dents dehors, abruti par la faim et des divinités obscures. Qui ne sait rien, ne voit rien et ne dit jamais non."
" Le peuple haïtien est un enfant, je vous dis,"
" Sur ce qui était grand et ce qui ne l'était pas. Ce qui était fort et ce qui était faible. Sur le chasseur et la proie. Sur celui qui écrase et celui qui est broyé."
" Sous l'insulte partagée, sous la fierté fouettée, sommeillait la méfiance et la peur. Celles de toujours.
" L'enchantement que provoque l'attention d'un homme aussi puissant, et la crainte des conséquences souvent néfastes d'un tel pouvoir sur nos vies."
" La route menait jusqu'à ANSE BLEUE. Un monde sans école, sans juge, sans prêtre et sans médecin. Ces hommes que l'on dit de l'ordre, de la science, de la justice et de la foi."
" La nuit, ils honoraient les lwas, les Invisibles et les Mystères dans des rituels discrets, secrets, des danseurs hallucinés."
" Port-au-Prince a donc un tel pouvoir. Et qui sait, par chance, si certains ne porteront pas bientôt l'uniforme bleu? En terre haïtienne il fallait savoir retourner sa veste. Vite. Très vite."
Pour en savoir davantage:
«Yanick Lahens montre dans son quatrième roman toute l’étendue de son talent. Sans prétention aucune. Mais avec l’assurance d’une romancière passée maître dans la peinture des ombres sur ses fresques solaires du vivre haïtien. Elle conte ici un siècle d’amour-haine entre deux familles, les Lafleur et les Mésidor, dans le village vraiment imaginaire d’Anse Bleue. Une histoire forcément tragique. Dont on ressort la tête pleine d’images sublimes. Comme celle-ci, brossant le début de la dictature : “La mort saigna aux portes et le crépitement de la mitraille fit de grands yeux dans les murs.”www.liberation.fr
Bain de lune
Yanick Lahens
Après trois jours de tempête, un pêcheur découvre, échouée sur la grève, une jeune fille qui semble avoir réchappé à une grande violence. La voix de la naufragée s’élève, qui en appelle à tous les dieux du vaudou et à ses ancêtres, pour tenter de comprendre comment et pourquoi elle s’est retrouvée là. Cette voix expirante viendra scander l’ample roman familial que déploie Yanick Lahens, convoquant les trois générations qui ont précédé la jeune femme afin d’élucider le double mystère de son agression et de son identité.
Les Lafleur ont toujours vécu à Anse Bleue, un village d’Haïti où la terre et les eaux se confondent. Entre eux et les Mésidor, devenus les seigneurs des lieux, les liens sont anciens, et le ressentiment aussi. Il date du temps où les Mésidor ont fait main basse sur toutes les bonnes terres de la région.
Quand, au marché, Tertulien Mésidor s’arrête comme foudroyé devant l’étal d’Olmène (une Lafleur), l’attirance est réciproque. L’histoire de ces deux-là va s’écrire à rebours des idées reçues sur les femmes soumises et les hommes prédateurs.
Mais, dans cette île également balayée par les ouragans politiques, des rumeurs de terreur et de mort ne tardent pas à s’élever. Un voile sombre s’abat pour longtemps sur Anse Bleue.
Pour dire le monde nouveau, celui des fratries déchirées, des déprédations, de l’opportunisme politique, Yanick Lahens s’en remet au chœur immémorial des paysans : eux ne sont pas dupes, qui se fient aux seules puissances souterraines.
Leurs mots puissants, magiques, donnent à ce roman magistral une violente beauté. http://www.swediteur.com/
LAHENS YANICK
BAIN DE LUNE, roman, 2014, Sabine Wespieser éditeur, 260 pages, Prix Fémina 2014
Avec ce roman l'auteure, qui vit en Haïti, porte le grand roman de la terre haïtienne.
Ce roman est l'histoire de quatre générations Haïtiennes et de deux familles de l'ANSE BLEUE: celle d'Orvil Clémestral et d'Ermancia Dorival et celle Tertulien Mésidor.
Tertulien Mésidor devait avoir dans les cinquante-cinq ans et la jeune femme convoitée à peine seize ans, Olmène Dorival, fille cadette d'Orvil.
Tertulien possédait les trois-quarts des terres de l'autre côté des montagnes. Il était un don* ( propriétaire terrien). Un grand don.
Cette histoire se déroule pendant les dictatures des Duvalier et même du président Aristide,ancien prêtre, aussi profiteur et dictateur que ses prédécesseurs requin.
La narratrice, Cétoute Florival, est la petite fille d'Olmène, fille d'Ermancia et d'Orvil.
Nous côtoyons un peuple haïtien vivant au seuil de la pauvreté et de la misère au quotidien, sauf les riches propriétaires terriens et les hommes en uniformes bleus, les militaires.
Dans ce roman nous sommes en contact avec des Haïtiens qui vivent de leur jardin et de la mer. Nous partageons leurs croyances, leurs rituels, leurs obsessions, leurs valeurs, leurs cérémonies aux ancêtres; la vie à la dure sublimée par leur mer, leur terre, leur nature. Apprivoisés mais sans terre.
L'écriture de ce roman est raffinée, éloquente parfois suave et souvent lumineuse.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
www.livresentete.vip-blog.com
" Sous ce nom de Tertulien couvaient des légendes invérifiables et des vérités tenaces.
On disait qu'il avait volé, tué."
" Olmène. Non des vaincus, des défaits comme elle. Comme nous. Pauvres comme sel, maléré, infortunés."
" Les Mésidor, avaient depuis toujours convoité la terre, les femmes et les biens."
" La terre, mon fils, c'est ton sang, ta chair, tes os, tu m'entends!"
" La peur, un coeur à elle toute seule."
"Celui du paysan toutes dents dehors, abruti par la faim et des divinités obscures. Qui ne sait rien, ne voit rien et ne dit jamais non."
" Le peuple haïtien est un enfant, je vous dis,"
" Sur ce qui était grand et ce qui ne l'était pas. Ce qui était fort et ce qui était faible. Sur le chasseur et la proie. Sur celui qui écrase et celui qui est broyé."
" Sous l'insulte partagée, sous la fierté fouettée, sommeillait la méfiance et la peur. Celles de toujours.
" L'enchantement que provoque l'attention d'un homme aussi puissant, et la crainte des conséquences souvent néfastes d'un tel pouvoir sur nos vies."
" La route menait jusqu'à ANSE BLEUE. Un monde sans école, sans juge, sans prêtre et sans médecin. Ces hommes que l'on dit de l'ordre, de la science, de la justice et de la foi."
" La nuit, ils honoraient les lwas, les Invisibles et les Mystères dans des rituels discrets, secrets, des danseurs hallucinés."
" Port-au-Prince a donc un tel pouvoir. Et qui sait, par chance, si certains ne porteront pas bientôt l'uniforme bleu? En terre haïtienne il fallait savoir retourner sa veste. Vite. Très vite."
Pour en savoir davantage:
«Yanick Lahens montre dans son quatrième roman toute l’étendue de son talent. Sans prétention aucune. Mais avec l’assurance d’une romancière passée maître dans la peinture des ombres sur ses fresques solaires du vivre haïtien. Elle conte ici un siècle d’amour-haine entre deux familles, les Lafleur et les Mésidor, dans le village vraiment imaginaire d’Anse Bleue. Une histoire forcément tragique. Dont on ressort la tête pleine d’images sublimes. Comme celle-ci, brossant le début de la dictature : “La mort saigna aux portes et le crépitement de la mitraille fit de grands yeux dans les murs.”www.liberation.fr
Bain de lune
Yanick Lahens
Après trois jours de tempête, un pêcheur découvre, échouée sur la grève, une jeune fille qui semble avoir réchappé à une grande violence. La voix de la naufragée s’élève, qui en appelle à tous les dieux du vaudou et à ses ancêtres, pour tenter de comprendre comment et pourquoi elle s’est retrouvée là. Cette voix expirante viendra scander l’ample roman familial que déploie Yanick Lahens, convoquant les trois générations qui ont précédé la jeune femme afin d’élucider le double mystère de son agression et de son identité.
Les Lafleur ont toujours vécu à Anse Bleue, un village d’Haïti où la terre et les eaux se confondent. Entre eux et les Mésidor, devenus les seigneurs des lieux, les liens sont anciens, et le ressentiment aussi. Il date du temps où les Mésidor ont fait main basse sur toutes les bonnes terres de la région.
Quand, au marché, Tertulien Mésidor s’arrête comme foudroyé devant l’étal d’Olmène (une Lafleur), l’attirance est réciproque. L’histoire de ces deux-là va s’écrire à rebours des idées reçues sur les femmes soumises et les hommes prédateurs.
Mais, dans cette île également balayée par les ouragans politiques, des rumeurs de terreur et de mort ne tardent pas à s’élever. Un voile sombre s’abat pour longtemps sur Anse Bleue.
Pour dire le monde nouveau, celui des fratries déchirées, des déprédations, de l’opportunisme politique, Yanick Lahens s’en remet au chœur immémorial des paysans : eux ne sont pas dupes, qui se fient aux seules puissances souterraines.
Leurs mots puissants, magiques, donnent à ce roman magistral une violente beauté. http://www.swediteur.com/
Jussi ADLER OLSEN
PROFANATION, roman polar, Albin Michel, 2012, 532 pages
Si vous aimez les romans du genre enquête policière affinée, vous allez être ravis car notre auteur DANOIS se dépasse dans ce deuxième roman et nous invite à une longue valse meurtrière à la danoise dans un pavé considérable.
Longue mais lente, progressivement menée par des indices dévoilés à la sueur de l'inspecteur CARL Mörck et de ASSAD, son subtil adjoint aux maintes surprises efficaces.
Il ne faut pas négliger ROSE, sa récente employée de bureau et recherchiste hors pair.
Le personnage principal est KIMMIE, de son vrai nom Kirsten-Marie LASSEN.
Ce personnage me rappelle LISBETH SALANDER de Stieg LARSSON par son intensité, sa détermination, son endurance à la souffrance.
KIMMIE vit en itinérante car sa vie est menacée par quatre ex-étudiants et amis de son collège qui sont des tueurs, des bourreaux dont faire souffrir et voir souffrir est la jouissance quotidienne. Une délectation absolue. De méchants malades dangereux.
Des obsédés de la douleur, de la souffrance.
Un roman troublant et un auteur, haut de gamme, à découvrir.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
www.livresentete.vip-blog.com
Tine la rate. Junkie. " Tine était la seule personne au monde que KIMMIE pouvait encore supporter."
" Toute cette bande de sales gosses de riches." Ditlev Pram, Torsten Florin, Ulrik Dybbol- Jensen.
"Elle savait bien qu'elle parlait toute seule. Arrête ça Kimmie..."
" Torsten Florin...et pourtant, chaque fois qu'il entendait la voix de l'homme à qui il devait la vie, il se sentait comme un sale gosse, inférieur et indigne."
" Fascinés par les images du film, ils conclurent un PACTE. Ils allaient désormais devenir une version danoise des personnages d'ORANGE MÉCANIQUE. Ils allaient devenir je-m'en-foutistes et sans pitié."
"Jamais les mêmes masques, jamais les mêmes numéros. Impossibles à tracer. Trois coups au front et un à la gorge."
" Ce spasme provoquait chez ULRIK une jouissance à nulle autre pareille."
" Les deux MISTER HYDE pouvaient céder la place aux deux Docteur JEKYLL."
" Une femme avait été tabassée et ensuite avait été jetée dans un container à ordures."
" KIMMIE . Quand elle en eu fini avec lui, elle s'attaqua à des proies plus difficiles. Elle n'avait que l'embarras du choix. Elle n'avait peur de rien ni de personne."
" Le silence peut être une vertu. L'Omerta est un vice."
Kristian Wolf. Il leur avait appris à elle et aux autres, que la jouissance avait plusieurs visages, et aussi que la violence et le plaisir pouvaient aller de pair."
" Les puissants vivent de l'impuissance des faibles. Mais leur propre impuissance les gouverne parfois."
KIMMIE " IL FAUT FAIRE LES CHOSES PENDANT QU'IL EN EST ENCORE TEMPS."
Pour en savoir davantage:
" Véritable phénomène d’édition dans les pays où il a été publié,Miséricorde, le premier roman du Danois Jussi Adler Olsen, s’est imposé en France comme la découverte scandinave de 2011. Profanation, le deuxième tome de la série, ne décevra pas les fans du tandem atypique et attachant que forment le cynique inspecteur Carl Mørck et son mystérieux assistant syrien, Assad.
Sur le bureau de Mørck, le dossier d’un double meurtre impliquant une bande de fils de famille, innocentée par les aveux « spontanés » de l’assassin. Mais très vite l’inspecteur s’aperçoit que l’affaire, hâtivement bouclée, comportait des zones d’ombre. Quel rôle ont vraiment joué, il y a vingt ans, trois des hommes les plus puissants du Danemark ?
Cercles très fermés des milieux d’affaires, corruption au plus haut niveau, secrets nauséabonds de la grande bourgeoisie…
Adler Olsen mêle à la perfection suspense implacable et regard acerbe sur son pays./ www.albin-mmichel.fr
« Un duo jubilatoire et une nouvelle signature à ne rater sous aucun prétexte. » Le Point
"Après trois semaines de congés bien mérités, Carl Mørck retrouve le sous-sol de la préfecture de police, son bureau, son assistant et ses piles de dossiers. L'épilogue heureux de l'affaire Lyyngaard a attiré l'attention sur le département V et il s'apprête sans enthousiasme à accueillir une délégation norvégienne. Quand il découvre sur son bureau un dossier mis en évidence, il s'en désintéresse très vite.
Un double meurtre vieux de 20 ans dont l'assassin a avoué et purge actuellement sa peine, ce n'est pas une affaire pour son unité. Mais il découvre qu'une bande de jeunes privilégiés, élèves dans un pensionnat très select avait à l'époque était soupçonnés. Des six membres de ce groupe, l'un est décédé, un autre -le seul "pauvre"- est celui qui est en prison, l'unique fille a disparu et semble vivre dans la rue comme une clocharde et les trois autres sont devenus encore plus riches, puissants et influents.
Il n'en faut pas plus pour éveiller l'intérêt de Mørck, surtout quand il reçoit l'ordre formel d'abandonner l'affaire. Avec son habituel esprit de contradiction, il décide de reprendre l'enquête, toujours secondé par le fidèle Assad et avec, en prime, la collaboration d'un nouveau membre du département : Rose, une jeune punkette, secrétaire de son état et réfractaire à l'autorité elle aussi."
www.babelio.com
DUPONT-MONOD Clara
LE ROI DISAIT QUE J'ÉTAIS DIABLE, roman, Grasset, 2014, 224 pages
Un roman touchant et intimiste à base historique. Le roi, c'est LOUIS V11 de France et la reine, c'est ALIÉNOR d'Aquitaine. Sa légende de reine libre, conquérante, sorcière par ses agissements, ses machinations, son entourage, ses frasques de reine indépendante.
Un roman remarquable pour la qualité de son écriture, sa façon d'aborder les vies de LOUIS V11 et d'ALIÉNOR d'Aquitaine, leurs confidences, leurs réflexions personnelles sur la vie de chacun en tant que personne et couple royal.
Deux mondes de penser et d'être à découvrir à une époque où la religion domine à la cour des Rois de France au X11ième siècle. L'ère des croisades pour reconquérir Jérusalem et la Terre Sainte.
LOUIS V11 est un être touché par la religion, sa formation initiale de prêtre lui sert de béquille, il puise sa force dans les textes bibliques.. Pour lui la religion et la foi doivent gérer nos vies, peu importe les rôles de chacun.
ALIÉNOR est une femme de haute noblesse, elle est dominante et est davantage une guerrière que le roi, son époux.
Ce roman à deux voix nous implique dans les rôles de chacun par la lecture de leur journal de vie personnelle, leurs pensées intimes, leur souffrance, leurs déceptions de couple avec une vie parallèle.
ALIÉNOR est une femme dominante, une reine dont l'action la fait vivre, de combat, de révolte, de décision.
LOUIS11 un homme pieux avec un caractère de moine même dans les vêtements. Il est souvent dans sa chapelle en prière et en méditation. C'est un homme dont la conduite est dictée par la religion et les lois établies.
Un roman à l'écriture humoristique, colorée, illustrée d'une auteure de grand talent.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
www.livresentete.vip-blog.com
" J'aime la colère parce qu'elle a toujours quelque chose à révéler.Avec la colère, le paysan devient roi, le puissant se fait pantin."
" Les gens du Nord ont les habits gris, le sourire faible et les mains jointes."
" On me dit jolie, turbulente, ambitieuse, de l'Espagne musulmane que mon AQUITAINE a toujours aimée. "
" Car la vérité m'apparaît: je vais épouser un moine. Moi, la valeureuse, la solitaire, qui tiens le pays dans la main, qui me fais obéir des barons, mate les révoltes, qui assure la richesse de l'AQUITAINE et du POITOU. Moi, la fille de Sud, j'épouse un homme qui récite les PATER NOSTER et se nourrit de pain et d'eau le samedi!
" ..ton château, j'ai senti qu'il était à ton image. Beau, isolé, imprenable. Une forteresse."
" On marie pas impunément le pouvoir et l'innocence."
" On te craint, on t'admire. Les ingérables seigneurs gascons t'obéissent."
" Mon défi, c'est de t'apprivoiser. De m'acclimater à ta terrible famille."
" Je ne suis pas un roi qui ordonne, mais qui répond. Je suis un être de mots."
" Le palais regorge de faibles qui rêvent de puissance."
" Abbé SUGER, qui crois-tu tromper?"
" Donnons-leur tous les droits, nos villes engrossent et rapportent."
" Ce sont des puissants. Des hommes chargés de la régulation d'un monde dont ils sont coupés. Ils ne savenr rien. Alors ils imaginent. Ils écrivent des lois, des règles dans la pénombre de leurs salles. Et ces hommes ont décidé pour moi.
Louis est avec eux. Pour cela, je lui en voudrai jusqu'au dernier jour. Il a sa place dans leurs rangs. LOUIS possède une arme redoutable. L' INNOCENCE. Elle le protège de moi.LOUIS porte un temps que j'ai perdu."
Pour en savoir davantage:
"Depuis le XIIe siècle, Aliénor d’Aquitaine a sa légende. On l’a décrite libre, sorcière, conquérante : « le roi disait que j’étais diable », selon la formule de l’évêque de Tournai…
Clara Dupont-Monod reprend cette figure mythique et invente ses premières années comme reine de France, aux côtés de Louis VII.
Leurs voix alternent pour dessiner le portrait poignant d’une Aliénor ambitieuse, fragile, et le roman d’un amour impossible.
Des noces royales à la seconde croisade, du chant des troubadours au fracas des armes, émerge un Moyen Age lumineux, qui prépare sa mue." www.grasset.fr
RENTRÉE LITTÉRAIRE - Dans son nouveau roman, Clara Dupont-Monod raconte l'union de la sulfureuse souveraine et du pieux Louis VII.
Aliénor d'Aquitaine ne fut pas une mauviette, mais une Mélusine mythique. Clara Dupont-Monod, férue de sujets musclés, nous dépeint la première époque de la vie de son héroïne turbulente aux côtés de Louis VII, plus méditatif. On a beaucoup glosé sur ces deux caractères si opposés. Louis a été arraché à sa vie monacale, il est faible, il a peur. Il n'aime pas la guerre mais le langage de la négociation, il est aux ordres de l'abbé Suger. Aliénor est d'une lignée sulfureuse et solaire qui a défié le pape. Elle adore l'épopée et la poésie, la conquête et les fleurs de style.
Clara Dupont-Monod lui fait dire: «J'aime la guerre car je suis du côté de la vie.» Aliénor nourrit un certain paganisme ondoyant, irrigué de sang. Louis respecte l'ordre du monde et de Dieu. La grande idée de l'auteur est de ne pas avoir évacué Louis VII d'une pichenette. Ce «roi de l'ennui. Ni corps ni passion.»«Une erreur.» Le roman orchestre, au contraire, un contrepoint d'opéra entre les deux visions, la parole de l'un et de l'autre. Leurs chants. Tous deux sont complexes. Louis amoureux amer, rejeté, divisé, sous l'emprise de la belle sorcière belliqueuse, jaloux du troubadour Marcabru qu'elle fait venir de son Sud et qui l'inonde de poèmes transis.
Aliénor aimera finalement Paris, le grouillement, la vitalité. Elle traverse la Grande Boucherie rutilante d'abats et de remugles. Ce dernier mot revient deux fois, olfactif et gustatif, comme engorgé du tumulte des cloaques, des bouges et des bêtes. Car le style est le nerf de ce roman épique, avec ses phrases tranchantes aux capillaires rouges, ses traits drus et fulgurants: «Avec leur basse brutalité, mes barons ont plus de prestance que le roi!», ou quand Aliénor accouche: «On pouvait donc s'ouvrir sans mourir.»www.lefigaro.fr