TU ME MANQUES, roman polar**** de Harlan COBEN, 2015, 410 pages
23/04/2015 21:39 par livresentete
COBEN Harlan
TE ME MANQUES,roman, polar, BELFOND NOIR,2015, 410 pages
Un roman du genre polar, enquête policière, fracassant, essouflant, un halètement sans fin, du début à la fin en apnée. HALAN COBEN dans un style déconcertant nous prend en otage, nous rend témoin et complice d'un drame qui comprime depuis dix-huit ans et fermente dans l'âme de la policière Kat DONOVAN.
Un auteur auteur à suivre de près pour la qualité de son écriture et de ses romans audacieux.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
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" Une seule personne suffit pour changer ta vie: TOI"
" Les imbéciles sont ceux qui se cramponnent à leurs certitudes."
" JEFF. En réponse à son subtil /Advienne que pourra/ elle lui balançait /Tu me manques/.Elle effaça, remplaça par : Tu me manques pas du tout, une plaisanterie récurrente entre JEFF et KAT "
"Jeff ne se souvenait pas d'elle sur son portable, ne la reconnaissait pas, son visage ne lui évoquait aucun souvenir."
" C'était un plan parfait à tout point de vue. On dégote des filles déjà malmenées par la vie, en cavale, peut-être même victimes d'abus sexuels. Des gazelles blessées, quoi. On les brutalise. On leur fait peur. On les rend accros à l'héroïne...
TITUS surgit pour les sauver."
POUR EN SAVOIR DAVANTAGE:
« Coben, tout simplement l'un des plus grands auteurs de tous les temps. »
Gillian Flynn, auteur des Apparences.
" Dix-huit ans que Kat a perdu son père, flic abattu dans une rue de New York. Et que son petit ami, Jeff, l'a quittée sans explication.
Aujourd'hui, Kat est flic à son tour. Toujours célibataire.
Sa meilleure amie l'inscrit sur un site de rencontres. Là, un visage. Le sien. Jeff, son premier amour.
Un contact. Froid. Étrange.
Le doute s'installe. Qui est-il ?
Et puis, cet adolescent aux révélations troublantes.
Pour Kat, c'est le début de l'enquête la plus effroyable, la plus sordide, la plus risquée de sa carrière.
Des femmes piégées sur le net ; un tueur sadique en liberté ; des événements sanglants déterrés du passé.
Les mensonges qui nous lient peuvent-ils aussi nous tuer ? Machiavélique, obsédant, terrifiant, le nouveau séisme du maître de vos nuits blanches."
http://www.belfond.fr/site/tu_me_manques
CHATTAM Maxime
LA PATIENCE DU DIABLE, roman thriller,Albin Michel, 2014, 488 pages
Un roman du genre thriller, grands frissons très réussi, un pavé d'horreurs, d'hallucinations car le DIABLE est au rendez-vous. Le DIABLE est omniprésent et se manifeste dans des endroits inattendus: centre d'achat, campagne, en plein coeur de la ville de PARIS, petite banlieue. Le DIABLE a des ADEPTES, des serviteurs, des prophètes partout, dans tous les milieux. Il est annoncé et se manifeste comme une épidémie sociale, un tsunami dévastateur.
Un roman au style d 'écriture éclaté, pénétrant car Chattam maîtrise l'écriture et l'humain d'une main péremptoire . L'humain se dévoile sous nos yeux dans un éclat visionnaire.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
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" LA PLUS BELLES DES RUSES DU DIABLE EST DE VOUS PERSUADER QU'IL N'EXISTE PAS" Charles Baudelaire
" LUDIVINE,inspecteure, personnage principal, avait repris les sports de combat de plus belle... pour devenir une parfaite arme de guerre, invulnérable, décisive."
" Elle venait de consacrer un an et demi à étudier la psyché des pires pervers."
" Pour comprendre les démons du monde, il fallait explorer leurs ténèbres."
"...le diable n'était pas finalement un mythe mais bien une réalité...l'incarnation absolue du mal, si fascinante, si puissante, promise à un règne inéluctable et imminent."
" HPL, Howar Philipps LOVECRAFT, l'écrivain qui aurait soi-disant inventé la légende de NICRONOMICON."
" Il suffisait que la société soit fragile pour être contaminée."
" On sait pas expliquer ce qui transforme un HOMME en TUEUR EN SÉRIE. L'ADN des meurtriers, de la violence, ça n'existe pas.
Des machines de guerre, des brutes de l'évolution...leur désir de domination est obsédant. Ils savent mieux se défendre, mieux détruire."
" Nous avons été les prédateurs les plus redoutables."
" Ils ne sont que le reflet de nos excès de groupe...le déséquilibre de notre développement fou.La violence grandit tel un virus, elle s'apprête à exploser.La violence est l'avenir de l'homme."
" Une pulsion négative primaire."
Pour en savoir davantage:
"Suite immédiate de La Conjuration primitive, La Patience du Diable met en scène les survivants de la tuerie canadienne, Ludivine et Segnon, associés à un nouvel enquêteur Guilhem, ne vont pas avoir beaucoup de temps pour se remettre de cette incroyable plongée dans la folie meurtrière qui a fait se réunir un groupe de psychopathes. Maintenant, ce sont des faits disparates et d'une incroyable violence qui vont échoir à cette brigade spéciale de la gendarmerie, et la cellule de crise 666 se met vite en place car Ludivine a la conviction, aussi incroyable soit-il, que tous ces faits sont liés. Deux gamins qui massacrent les passagers d'un TGV, un tireur isolé qui abat tous les clients d'un restaurant, des ballons d'acide lâchés dans un supermarché, une salle de cinéma qui explose... comment pourrait-on organiser la folie explosive d'âmes en peine ?
Nouvelle variante de la folie humaine, comme une épidémie de pétage de plomb meurtriers, Maxime Chattam met l'accent dans La Patience du Diable sur l'intime et le psychiatrique plus que sur les horreurs gore de sa Conjuration primitive, mais cela n'en est pas moins angoissant. Il maintient tout au long du récit la possibilité du diable, qui s'insinue en chacun et vient troubler les esprits les plus sains. Car à un certain degré de folie meurtrière gratuite, au-delà de la démence, la réponse de l'implication du Diable est la plus cohérente, quoi qu'on en ai. Le diable qui viendrait parmi les hommes pour son avènement.
"Il sait qu'il a pour lui notre nature versatile, nos doutes, et la direction qu'a prise notre société. Tout ce qu'il a à faire, c'est semer ses graines et attendre. La patience du diable, mademoiselle, c'est sa meilleure arme contre nous !"
"Malgré une faiblesse d'écriture un peu gênante quand on s'attache à la qualité de la phrase, et son incapacité à finir ses romans, le rythme est prenant et Maxime Chattam prouve son métier de raconteur d'histoires. Son imagination incroyablement fertile (même si l'on retrouve dans ce roman plusieurs idées déjà utilisées dans ses précédents romans) ne peut qu'emporter le lecteur à sa suite et faire naître les frissons propices à quelques bonnes nuits blanches. "
Loïc Di Stefano
http://salon-litteraire.com/fr/maxime-chattam
TOEWS Miriam
PAUVRES PETITS CHAGRINS, roman, Boréal, 2015, 367 pages
Roman touchant, réussi autant par le sujet que par l'écriture flamboyante de l'auteure.Un roman rempli de phrases et d'idées émouvantes sur la vie, phrases qui parfois peuvent nous sembler excessives mais pourtant tellement réalistes; leur réalité nous rattrape.
Deux soeurs, ELFE et YOLI, deux réalités, deux visions de la vie, une mère de soixante et quinze ans au vécu de l'époque des hippies; une tendresse et un amour inconditionnel les lie.
L'aînée est une pianiste classique au talent incontestable, une artiste reconnue, recherchée mais qui souffre d'un mal de vivre qui devient une obsession, celle de vivre à part des autres, qui réclame le droit de choisir le moment de sa mort.
Un choix obsessif qui entraîne sa soeur et sa mère dans une grande roue d'insécurité, de doute, de peur.
Une écriture illuminée, allumée, étincelante. Une vision de la vie, une acceptation de l'autre sans préjugé, sans barrière.Juste la réalité de la vie au jour le jour, d'une vie différente pour chacun selon ses choix.
Dès le début, on s'attache aux personnages d'ELFE et de YOLI. Leurs exigences de la vie sont minimales et authentiques.Elles sont différentes mais sympas.
Tout en ELFE était si vif, si précis, si tranchant.
ELFE vivait parfois comme une malade en phase terminale. La mort faisait partie de sa vie. Sa vie faisait partie de sa mort. Elle vivait une éternelle rémission.
" Le suicide exige de l'humilité et non de l'orgueil."
"C'est nul de risquer sa vie pour avoir une vie impeccable."
À lire, pour ceux qui connaissent ou ont vécu l'angoisse d'un être cher en état de détresse psychologique: une absence de joie, de plaisir, de beauté dans sa vie. Un être perdu, sans repère, un être à la débâcle, emporté par le courant incontrôlable de la misère de vivre. Une âme en perte de vitalité, une âme morte. Une vie avec un syndrome d'échec, un malaise de vivre constant, permanent.
Un roman bouleversant et une auteure à découvrir pour son écriture intransigeante.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
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MPPC, MES PAUVRES PETIS CHAGRINS, un monogramme.
" Ma soeur cesse parfois de parler."
"Elfe. Elle se jetait sur le piano tel un léopard sur un serpent, comme si l'instrument était à la fois son amant et son ennemi mortel."
" Elfe. Moi les morts, je les vois. Et je converse avec eux. Pour moi, ils sont aussi vivants que les vivants."
" Merde à la culpabilité."
"D'accord, Elfe, je vais arrêter de te mentir si tu arrêtes d'essayer de te tuer."
" Elle voulait mourir et moi je voulais qu'elle vive et nous étions des ennemis qui s'aimaient."
"...elle était toujours ma soeur aînée, sage mais inquiétante."
" Comment est-ce possible de nos jours que nous puissions cacher des tueurs secrets à l'intérieur de nous?"
" Nous avons tous des trous dans notre vie."
" Nous vivons dans un âge essentiellement tragique; aussi refusons-nous de le prendre au tragique."
" Pour survivre, on doit d'abord savoir à quoi on survit."
" Nous tournons les obstacles ou nous grimpons par-dessus."
Pour en savoir davantage:
"Elf et Yoli. Deux sœurs, deux amies. Elfrieda, pianiste de renommée mondiale mariée à un époux formidable, veut mettre fin à ses jours. Yolandi, divorcée, sans le sou, multipliant les aventures sans lendemain, fait tout son possible pour maintenir sa grande sœur en vie tout en tentant de gérer le chaos de sa propre existence.
Dans ce roman à la fois tendre et touchant, Miriam Toews propose une réflexion bouleversante sur l’amour et sur ses limites.
Miriam Toews mêle le rire et les larmes pour concocter un élixir qui est l’essence même de la vie.
Ron Charles, The Washington Post
Impossible de résister à Pauvres Petits Chagrins. Il s’agit d’un livre troublant. Comment un roman sur le suicide pourrait-il ne pas l’être ? Mais l’intelligence, la franchise et, surtout, la compassion qui s’y expriment apportent une sorte de baume, de réconfort, comme on pourrait en trouver en débouchant une bouteille de vin et en partageant une longue conversation avec un ami."
Curtis Sittenfeld, The New York Times
http://www.editionsboreal.qc.ca/catalogue/livres/pauvres-petits-chagrins
CONNELLY Michael
CEUX QUI TOMBENT, roman polar, Calmann-Lévy, 2014, 388 pages
Un roman fracassant, du genre polar, enquête policière que l'auteur mène à la baguette comme un chef d'orchestre.
L'inspecteur Bosh mène deux enquêtes de front: l'une sur la mort par suicide, du fils d'un conseiller municipal influent de Los Angeles et l'autre sur un prédateur sexuel recherché
depuis vingt-cinq ans, auteur de trente-sept viols et meurtres d'enfants et de jeunes femmes.
Un roman qui nous tient en haleine et les neurones en activité. Une gâterie pour qui recheche les grands frissons et le genre d'enquête policière affinée.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
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" C'est au moment où l'on découvre que l'ADN d'un élément de preuve ancien correspond bien à celui d'un individu dont le profil spécifique a été conservé dans telle ou telle autre banque de données génétiques du pays l'on parle de "cold hit"."
"... le LAPD est un organisme paramilitaire. Et ça, ça veut dire que quand quelqu'un de la hiérarchie te dit de faire quelque chose, tu le fais."
" La mort prend tout, dignité de sa victime comprise."
" ...les enfants victimes d'abus sexuels ne grandissent pas normalement, un défaut de croissance psychologique affectant la croissance physiologique."
"... les prédateurs jouent la dissimulation, qu'ils mentent et attendent que l'adversaire révèle ses faiblesses."
" Les enfants, c'est notre oxygène."
Pour en savoir davantage:
" Pas de retraite pour l'inspecteur Harry Bosch qui a repris du service dans Ceux qui tombent(Michael Connelly) et qui hérite d'un cas particulier: une vieille affaire de viol suivi d'un meurtre datant de 1989.
Grâce aux tests d'ADN, on arrive à retrouver un suspect, mais il y a un problème: Clayton Pell, le type incriminé, n'avait que 8 ans au moment des faits. Il revient à l'inspecteur Bosch de résoudre cette étrange affaire.
Par ailleurs, quand le fils d'un conseiller municipal très influent tombe du 11e étage d'un hôtel de Los Angeles, son père insiste pour que l'on confie l'affaire à Bosch, qui est pourtant un vieil adversaire qu'il déteste.
Conteur émérite, Michael Connelly jongle habilement avec deux intrigues parallèles au cours desquelles seront révélées la corruption de politiciens obnubilés par le profit (refrain connu!) et la monstruosité des prédateurs sexuels.
En pleine possession de ses moyens, l'auteur entraîne son lecteur dans un polar haletant, en compagnie d'un des inspecteurs les plus célèbres du polar contemporain.
Harry Bosch est au sommet de sa forme et de ses capacités, un peu moins cabochard et râleur (l'influence de sa fille?), mais toujours aussi efficace et épris de justice." http://www.lapresse.ca/arts/livres/critiques-de-livre
NAJJAR Alexandre
KADICHA, roman, Plon, 2011, 224 pages
Roman qui se situe sur la région de KADICHA au Liban. L'histoire de cette belle région du LIBAN, sur le bord de la mer MÉDITERRANÉE, dont l'auteur remonte le récit de son histoire du 1Vième siècle à nos jours. Cette région est appelée la VALLÉE SAINTE car elle a reçue d'innombrables bâtiments religieux de maintes confessions religieuses, principalement de la religion chrétienne.
La région est peuplée de monastères, de grottes, de refuges, de couvents, de chapelles, de sanctuaires, d'abbayes, d'ermitages, de cellules monastiques créusées dans le roc, de confession CHRÉTIENNE et MARONITE.
L'auteur mentionne l'église de SAYDET HAOUKA où on enseignait six langues.
À KANNOUBINE, les cellules monastiques criblaient les versants rocheux des montagnes.
"Il nous reste à visiter le monastèrre de MAR SARKIS à BÉCHARRÉ-- là où finit la KADICHA. --C'est dans cet ermitage que l'écrivain et peintre, GIBRAN KHALIL GIBRAN, est enterré. C'est là aussi que se trouve son musée. L'auteur a écrit LE PROPHÈTE, LES TEMPÊTES, LES AILES BRISÉES.
Un roman sur l'histoire étonnante de KADICHA qui nous fait revivre la présence omniprésente de la religion chrétienne en ORIENT.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
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"Car tout homme n'est qu'un mot écrit avec de l'eau."
" ...la technologie a fait de nous des esclaves, des dépendants, et banni de notre vie la notion même de quiétude.De fait, nous sommes devenus des insomniaques."
" Le travail, aussi bien que le chômage, peut mener au désespoir!"
" Le travail, exalté autrefois comme une valeur en soi est fait pour les forçats."
" En amour, la folie est une vertu."
" L'absence est un poison."
" La flânerie est le meilleur médicament.Un oisif n'est jamais pressé: il prend son temps."
" Mais les mots face à la barbarie, apparaissent tout à coup si dérisoires..."
" Le dialogue, c'est aussi accepter la volonté de l'autre."
" CE QUE VOUS APPELEZ ENTÊTEMENT, JE L'APPELLE INDÉPENDANCE."
" La beauté de l'endroit ouvre le coeur et libère l'esprit."
" Vos enfants ne sont pas vos enfants, ils sont les fils et les filles de la VIE."
phrase adoptée par des milliers de HIPPIES dans les années 1960.
Pour en savoir davantage:
Résumé :
"A Alexandrie, à la suite d’un atten tat dans une église copte, un jeune reporter libanais rencontre Florence, une Française de retour du Liban où elle a séjourné trois mois. Elle lui confie le manuscrit d’un roman qui retrace la vie de son aïeul, François de Chasteuil seigneur d’Aix-en-Provence, qui devint ermite dans la vallée de la Qadisha."
"Tel que je l'ai compris, ce roman parle d'une tentation d'un genre spécial latente chez beaucoup de chrétiens libanais, qui s'éveille devant les paysages et images divines de la Vallée des Saints. Cette tentation, contrairement à celle de St Antoine, retire l'individu du Monde et le somme à rejoindre le Seigneur dans la vallée, renouant par là avec une tradition séculaire. L'héro du roman ne va pas jusqu'à rejoindre le Seigneur, mais le contact de la Vallée lui procure à lui ainsi qu'à son amie, un tant soi peu de bonheur que le Monde leur avait enlevé.
Les passages historiques, loin d'être isolés ou encombrants, permettent de mieux saisir la mentalité du protagoniste principal, en tant qu'hériter de toute cette Histoire.
J'ai bien aimé ce livre, peut être car moi aussi le plus beau jour de ma vie, je l' ai passé à la Vallée Sainte de Kadisha -"
UNE LECTRICE, www.babelio.com
BÉDARD Jacinthe
CE QUI NOUS LIE,roman, Les Éditions SÉMAPHORE, 2014, 99 pages
Un premier roman réussi, touchant tantôt fragile par le sujet et le style d'écriture, aux phrases parfois longues, des fois courtes comme un dialogue, un échange oral.
Un roman qui se lit comme une nouvelle, une confidence, un journal intime. Nous devenons spectateurs, témoins des secrets de la fille et de son père inconnu, de soixante et quatorze ans, qu'elle n'a jamais rencontré.
La jeune fille écrit de façon régulière une lettre à son père inconnu mais ne les lui envoie pas. Elle les conserve comme on écrit un journal intime, personnel, avec des phrases commençant par "je", un monologue, une réflexion intime.
Un roman en trois chapitres: Ce qui devait être dit---Ce qui a été dit---Ce qui peut se dire.
Un livre sur un sujet intéressant, retrouver son père, un père misanthrope, une jeune auteure de talent à découvrir.
blogue: Approches de l'idéal... http://approchesdelideal.blogspot.ca/
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
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"Pourquoi une mère met-elle quelqu'un au monde si c'est pour le garder dans la noirceur,dans un mystère superflu qui montre comme malveillantes les choses toujours presque immobiles qui pèsent déjà beaucoup"
" Pour être un arc tendu, pour être humain, en somme, on doit avoir une tige solide."
"Une mère qui force son enfant à ne jamais pouvoir regarder sans craindre est une mère dangereuse."
"La chance. Je la laisserais me gagner si et seulement si cet être, cet homme, mon père, méritait mon amour."
Alain, père." Va falloir que j'arrive à rester assis à rien faire en oubliant que ma fille est peut-être assis à rien faire en pensant peut-être à moi...est-ce que ma fille va m'aimer? Est-ce que quelqu'un peut encore m'aimer."
"Que je n'avais qu'une nuit pour trouver les mots que j'avais toujours voulu m'entendre dire "
Louise, compagne de son père." Louise, elle s'embarquait avec un gars qui avait peur de croiser quelqu'un sur le trottoir."
"Comment les gens font pour garder leur joie en-dedans."
" Alain, père." Ça fait quatre jours que je te connais pis ça fait quatre jours que je dégèle."
" Le temps donne aux mots une épaisseur singulière. Même, ou surtout, lorsqu'ils sont tus."
Pour en savoir davantage:
Ce qui nous lie
« J’ai écrit à mon père toute ma vie. Je garde même toutes les lettres que je continue de lui écrire et qu’il continue de ne pas lire. Je les relis très rarement, parce qu’il me faut la force des bons jours pour supporter le défilé des petits deuils qui au fond résument ma vie, mais je les garde. Je les garde dans la boîte de mon grand-père — tu sais, la boîte ouvragée avec les papillons ? — parce que les lettres à mon père inconnu dans la boîte faite par mon grand-père que je n’ai pas connu et qui datent, la boîte, le grand-père, et un peu le père aussi, d’une époque que je n’ai pas connue non plus, c’est presque trop parfait. »
Après la mort de sa mère, une jeune femme, Judith, part à la rencontre de son père inconnu et apprend, sur son chemin, à mieux aimer. Son amoureux, surtout, qui est partout parce qu’absent, mais sa mère aussi, comme à rebours, et son père, petit à petit. Prose poétique à laquelle se mêlent l’épistolaire et la narration, Ce qui nous lie utilise la voix, toutes les voix, pour raconter une histoire de filiation, d’accueil et d’amour.
Jacinthe BÉDARD est originaire de Montréal. Elle a étudié la littérature et la philosophie à l'Université de Montréal, et enseigne aujourd'hui la littérature ou Collège Maisonneuve. L'auteure, aussi conceptrice du blogue "Approches de l'idéal" , signe ici son premier roman.
TESSON Sylvain
PETIT TRAITÉ SUR L’IMMENSITÉ DU MONDE, Éd, de la LOUPE, 2006, 167 PAGES
Un récit d'aventures, une façon de vivre à la manière des colons et des autochtones, des natifs, en utilisant ce que la nature nous offre, avec ce que nous bâtissons et fabriquons nous-mêmes.
" Une vie est réussie quand elle n'est faite que de verbes d'action."
Voyager, c'est se déplacer à pieds, en bicyclette, à cheval et retrouver les fonctions et possibilités humaines en nous. Vivre en forêt, vivre de la forêt, en couple ou en solitaire. Fuir la société de consommation. Retrouver la solitude, la réflexion,les modes de survie de nos découvreurs.
Découvrir la nature en n'en faisant partie. Vivre en utilisant les capacités de survie de l'homme, sa capacité physique, ses talents et ses capacités d'adaptation.
Un traité remarquable qui nous éveille à un mode de vie qui est à la base de la survie , de la survivance de la race humaine.Marcher, voyager, survivre, fabriquer.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
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" L'enfer ce n'est pas les autres, c'est l'obligation de vivre avec eux."
" Le monde n'a besoin ni d'un destructeur ni d'un sauveur." Peer Gynt
" C'est en vogue: on court, on vaque. On se tatoue, on se mondialise. On se troue de piercings pour avoir l'air tribal. On se connecte, on est joignable en permanence...les paysans disparaissent."
" Tout fout le camp.En fait, rien ne fout le camp, ce sont les gens qui ne tiennent plus en place."
" Il y a cependant une autre catégorie de nomades.Ils se contentent de voyager silencieusement, pour eux-mêmes, parfois en eux-mêmes.On les rencontrent sur les chemins du monde. Ils vont seuls, avec lenteur, sans autre but que celui d'avancer."
" Ils se tissent un destin, pas à pas."
" Ils n'appartiennent qu'au chemin qu'ils foulent. Ils ont reçu des noms différents:moines-mendiants, hobos ou beatnik, ermites des taïgas,vagabonds,wanderer, errants ou loups des steppes..."
" Un baladin du monde occidental. Un coup à l'est, un coup à l'ouest."
" La lenteur révèle des choses cachées par la vitesse."
L'effort prolongé procure au cerveau sa dose d'opiacées naturelles."
" Le voyage apaise les constitutions soumises à la pression, d'un trop-plein d'énergie."
" Le voyage est cette surface qui est offerte à la pensée pour divaguer en toute liberté."
" Rien ne vaut de passer un bon moment avec soi-même."
" Quelle que soit la direction prise, marcher conduit à l'essentiel."
" Apprendre à rester seul pour vivre plus densément."
Pour en savoir davantage:
Résumé du livre
" Pour ralentir la fuite du temps, Sylvain Tesson parcourt le monde à pied, à cheval, à vélo ou en canot. Dans les steppes d'Asie centrale, au Tibet, dans les forêts françaises ou à Paris, il marche, chevauche, mais escalade aussi les monuments à mains nues. Pour mieux embrasser la terre, il passe une nuit au sommet de Notre-Dame de Paris, bivouaque dans un arbre ou sous un pont, recourt aux cabanes. Cet amoureux des reliefs poursuit le merveilleux et l'enchantement. Dans nos sociétés de communication, Sylvain Tesson en appelle à un nouveau nomadisme, à un vagabondage joyeux. "
La critique [evene]
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par Céline Laflute
"Le ‘Petit traité sur l’immensité du monde’ porte bien son nom et son paradoxe. Sans être didactique ni abstraitement philosophique, la voix singulière de Sylvain Tesson épouse ces dimensions faramineuses et nous en apprend beaucoup. Pas sur les voyages comme nous, profanes, les pratiquons, mais sur ceux qui durent plusieurs mois, "by fair means", autrement dit sans moteur !
Sylvain Tesson rend hommage à tous les "baladins du monde occidental" auxquels il s’identifie. Il dissèque la philosophie du "wanderer", du nomade par excellence, à contre-courant de notre mode de vie. Avec force références artistiques et anecdotes issues de ses propres voyages en tant que journaliste notamment, l’auteur restitue ce parfum d’aventure au ralenti, pourrait-on dire, pour celui dont la vie se résume à cheminer.Tout coule de source dans cet essai loin de clopiner. Le lecteur se laisse emporter par ce flot de pensées, de réflexions et d’exemples originaux et véridiques. Le sens de la formule n’échappe jamais à Sylvain Tesson, conteur hors pair. Joli condensé d’expérience(s).
MICHAUD Martin
IL NE FAUT PAS PARLER DANS L'ASCENSEUR, ÉD. GOÉLETTE, 2010, 392 pages
Un roman du genre polar, enquête policière, très réussi mais dans un style d'écriture spontané, inattendu, réinventé. Il y a l'inspecteur-enquêteur, VICTOR LESSARD, du genre marginal en conflit avec son supérieur contrôlant et vedettaria, il a des victimes, peu de témoins, des archives mais surtout trois victimes qui ont eu des rencontres alors qu'ils étaient dans le COMA. Ils font partie du drame mais comment les rejoindre. Tel est le problème de l'inspecteur Lessard. Qui sont-ils? Où sont-ils?
Un roman impressionnant, un véritable tourne-pages qui nous entraîne dans une aventure difficile à suivre, à décoder, à inter relier les événements et les personnages entre eux. Un roman brillant, disjoncté qui nous fait perdre la tête à nous rendre fou, nous étourdir comme certains personnages inaccessibles.
Un roman remarquable et un auteur particulier à découvrir sans faute.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
" C'est SARTRE qui a raison.Rien ni personne d'autre que toi n'a la pouvoir de changer ta vie."
" La ligne est parfois mince entre une bonne et une mauvaise décision."
" Que peut-on ajouter lorsque la violence parle ?
" La vie n'est qu'une succession de choix. Dès qu'on emprunte la mauvaise route, il n'y a pas de retour en arrière possible."
" J'étais entrée en contact avec MILES, GEORGES et JAMAL alors que j'étais dans le coma."
" Un homme était étendu derrière cette porte, un esprit prisonnier d'un corps."
" C'est en cas de coup dur qu'on découvre la vraie nature de ceux qui nous entourent."
" La plus grande erreur, cest la négation de l'existence de l'erreur. Le MENSONGE...DE CONTINUER À VIVRE COMME SI RIEN NE S'ÉTAIT PRODUIT."
" On ne reconnait plus ses erreurs dans notre société. C'est la loi du moins pire."
" Nous voulons des réponses. Nous ne savons même pas poser les questions, mais nous exigeons des réponses."
Pour en savoir davantage: AVOCAT ROMANCIER
"Dans le roman policier, l’auteur est Dieu. Il est le seul à savoir ce qui s’est passé. Les mortels (le flic, le lecteur) en sont réduits à collectionner les pièces du puzzle, en se demandant, jusqu’à la fin, qui, quoi, comment, pourquoi…
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Il ne faut pas parler dans l’ascenseur,de Martin Michaud, suit les règles des classiques. Le roman s’amorce sur un meurtre qui a l’air d’un règlement de compte, ou d’une vengeance bien exécutée, par un meurtrier qui demeurera sans visage jusqu’à la toute fin. Classique.
«Il y a deux romans dans un», concède l’auteur, qui a écrit toutes sortes de choses depuis vingt ans, mais fait paraître son premier livre cette semaine.
Dans le roman, il y a aussi une jeune femme qui sort d’un coma avec des souvenirs très précis d’un personnage disparu depuis longtemps, et des images d’endroits précis qui sont différents de ce qu’ils sont aujourd’hui. Elle essaie de comprendre.
Mais, rapidement, cette histoire de fantômes s’insère dans une autre intrigue, plus vaste, et plus compliquée.
C’est que la fille qui a vu des fantômes dans son coma semble être sur la liste du tueur, pour des raisons que le commun des mortels ne comprendra que beaucoup plus tard.
Dans son rôle de Dieu qui sait tout (mais qui nous niaise), l’auteur, Martin Michaud, s’exécute avec une maîtrise rare chez un débutant. Il mène le lecteur par le bout du nez dans une intrigue pleine de rebondissements, dont le sens lui échappe, mais dont le fil le retient.
L’histoire est racontée en tranches courtes au style rapide (le classique puzzle de 1000 morceaux) qui nous obligent à tourner les pages, jusque trop tard le soir.
L’auteur est originaire de Québec, mais a passé sa vie d’adulte à Montréal, une ville qu’il aime, manifestement.
Les lieux du livre sont surtout situés dans Côte-des-Neiges et NDG. Il triche avec la géographie des rues, mais décrit assez bien la vie de ces quartiers cosmopolites, urbains, et sympathiques.
Et il y a son personnage, l’enquêteur Lessard, un classique du genre: bourru, désabusé, alcoolique, rebelle et impeccablement moral, dans un monde de plus en plus cynique, politisé et médiatisé. Son Lessard est un flic sympathique.
«Il est capable de se connecter avec ses sentiments, contrairement à bien d’autres», assure Michaud.
Mais, depuis l’inspecteur Maigret, on en a vu plusieurs, des flics comme lui.
«Simenon était le maître, on l’oublie un peu aujourd’hui. Tous les auteurs s’en sont inspirés.»
LA CHORALE DU DIABLE, 2011
JE ME SOUVIENS, 2012
VIOLENCE À L'ORIGINE, 2014
S.A.S.H.A., VOL 459, 2014, ÉD. VLB
SOUS LA SURFACE, 2013, ÉD, GOÉLETTE
D'ORMESSON Jean, philosophe
COMME UN CHANT D'ESPÉRANCE, roman de l'histoire de l'univers, Éd. Héloïse d'Ormesson, 2014, 120 pages
" L'idée, chère à FLAUBERT, d'un roman sur rien m'a longtemps travaillé en silence...
Je me suis intéressé en néophyte à un domaine qui m'était étranger et qui a fait depuis cent ans des progrès fascinants: la physique mathématique et la cosmologie."
La physique mathématique et la cosmologie nous renseigne sur l'univers en mouvement.
" Un roman sur rien tel que l'appelait de ses voeux l'auteur de L'ÉDUCATION SENTIMENTALE est, en vérité, un paradoxe, une chimère, un pari intenable, une illusion. Même sur rien, le romancier est bien obligé de raconter quelque chose....
C'est très simple: il n'y a rien.
" C'est ce rien de rien --sa nature, ses conséquences-- qui m'a paru fournir le plus beau des sujets de roman, le seul qui réponde vraiment au voeu mélancolique exprimé par FLAUBERT.
Les hommes se sont souvent interrogés sur le NÉANT."
" La vérité est que sur l'avant-notre-monde comme sur l'après-notre-monde nous ne savons rien. Nous pouvons croire. Nous pouvons rêver. Nous pouvons espérer. Nous ne pouvons pas savoir."
" Depuis ses origines, l'univers fonctionne à coups de hasards et de nécessité. Depuis quelques millénaires, les hommes, ...essaient de comprendre cet univers."
" Le hasard et la nécessité qui assurent le fonctionnement du monde ont pu aussi présider à sa naissance et à sa création."
" Le hasard suffit, en effet, à expliquer tout ce qui relève d'une évolution qui est la clé de la vie. Et à expliquer, au-delà de la vie, l'histoire de l'univers."
" Dieu, hors du temps et du monde, n'est rien d'autre que rien. Mais comme ce rien, avant l'explosion PRIMORDIALE,constituait le tout, DIEU se confond aussi avec le tout. Il est d'abord le vide."
" Si DIEU était quelque chose, ce qu'il n'est pas, il serait plutôt un silence et une absence d'une densité infinie. Ou une idée pure et sans bornes qui ne renverrait qu'à elle-même.
Dieu ...n'est que SILENCE et ABSENCE."
" Dieu n'a pas pu décider de créer l'univers. Le nôtre, tout à coup, s'est mis à exister."
"... le temps est la plus prodigieuse de toutes les machineries."
" Le présent et une espèce d'éternité au rabais, d'éternité de pacotille, sans cesse pressé de passer et pourtant toujours là."
" Le pouvoir est une comédie, l'argent est une comédie, la vie sociale est une comédie, le sexe est la plus tragique et la plus comique des comédies, tous les péchés capitaux, à commencer par l'orgueil, sont de formidables comédies."
" La vie est une fête. Une fête délicieuse et très gaie. Et une fête sinistre."
" L'univers est un oxymore. "
L'oxymore permet de décrire une situation ou un personnage de manière inattendue, suscitant ainsi la surprise. Il exprime ce qui est inconcevable. Il crée donc une nouvelle réalité poétique. Il rend compte aussi de l'absurde.
DIEU n'intervient pas. Il est absence et silence.
Pour en savoir davantage:
DANS LA PRESSE
" Avec son talent si personnel, l’écrivain a l’art de simplifier les choses les plus complexes. Le lisant, on se retrouve transporté à la Renaissance ou à l’époque des Lumières, où l’on débattait entre beaux esprits de sujets fondamentaux. – Livres Hebdo, J-C Perrier , 09 mai 2014
Moins Camus que Kierkegaard, l’ancien agrégé de philosophe dessine les voies de l’absurde et du mystère, du hasard et du destin. –Lire, Julien Bisson , 01 juin 2014
Avec clarté et finesse, Jean d’Ormesson explore le mystère de l’Univers et donne ses raisons d’espérer. Un ravissement. – Pèlerin Magazine, Muriel Fauriat , 05 juin 2014"
" Un court livre où l’écrivain fait part de son émerveillement et de sa stupéfaction face au mystère de l’univers. Il le fait avec brio, comme à son habitude. – Le Figaro Littéraire, Étienne de Montéty , 12 juin 2014
«Comme un chant d’espérance », le nouvel opus de Jean d’Ormesson est un texte magnifique. Il s’inscrit bien au-delà d’un roman sur Dieu, sur la naissance de l’univers, le big bang, le temps et l’espace ou encore sur l’homme. Ses mots, choisis avec soin, tendresse et amour, participent de l’une des entreprises les plus ardues et délicates qui soient, celle d’approcher Dieu avec, au final, un acte de foi et d’espérance, dressant comme un plaidoyer la liste des événements où Dieu se manifeste, à ses yeux, «avec une sorte d’évidence et d’éclat». –blog-valerie-debieux.tumblr.com, Valérie Debieux , 12 juin 2014
Comme à chaque fois, on se sent étonnamment intelligent en refermant le dernier livre de Jean d’Ormesson, « Comme un chant d’espérance ». Intelligent et tout petit devant tant de culture, de curiosité intellectuelle et d’expérience humaine. Oui, une belle luminosité irradie ce nouvel ouvrage. On le lit comme on imagine que l’écrivain l’aura écrit : un fin sourire aux lèvres, et l’œil qui pétille, s’amusant par avance de nous emporter si haut, si loin. –dis-grand-pere.blogs.la-croix.com, Yves Durand , 15 juin 2014"
http://www.editions-heloisedormesson.com/livre/comme-un-chant-desperance/
EVANS Nicholas
LES BLESSURES INVISIBLES, roman, Albin Michel, 2012, 386 pages
Un roman qui nous entraîne de l'Angleterre campagnard à Los Angeles, U.S.A. par l'entremise de personnages au destin en dents de scie principalement, DIANE et son fils TOM.
Nous côtoyons des personnages provenant d'une culture britannique que les événements vont propulser aux États-Unis principalement dans le monde mouvementé d'Hollywood, du cinéma des années 1960, des films westerns, de leurs stars adulées puis par le monde huppé des vedettes à la conquête du cinéma américain, des metteurs en scène adulés,des riches producteurs au pouvoir incommensurable.
La richesse, la réussite, le pouvoir ne mettent pas les vedettes à l'abri des aventures, des drames, du jeu de l'ambition au prix de se perdre soi-même.
Un roman déconcertant au style d'écriture imposant. Un auteur et une époque à découvrir.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
www.livresentete.vip-blog.com
" Le garçon s'avança dans le couloir, les yeux fixés devant lui sur la croupe large qui, en ondulant, faisait bouger la ceinture à laquelle étaient accrochés des menottes, une matraque et un trousseau de clés cliquetant au rythme des pas du gardien."
" Il y avait d'autres choses à imiter, des choses plus profondes et plus difficiles pour un garçon de huit ans."
" Tu me rends fou. Alors, on n'aura plus qu'à t'enfermer."
" La capacité à pardonner était l'un des miracles les plus mystérieux de la vie."
" Je vais l'intituler, Les Blessures Invisibles, un film à propos des Vétérans de la guerre en IRAK. Mais les vraies blessures, ce sont celles qu'on ne voit pas, celles de ces jeunes gars-- mais aussi de ces jeunes femmes-- qui rentrent chez eux tellement traumatisés par ce qu'ils ont vu ou fait que leur vie est entièrement ruinée-- pour ne rien dire de celles de leurs proches."
" Survivre, c'est faire preuve d'ingéniosité, voilà tout. Cela n'avait rien à voir avec la chance."
" Le désir étant une bête indisciplinée et difficile à contrôler."
" TOM. Il en doutait. À moins que le fait de la révéler ne l'ait aidé lui-même à changer. Il se rendait compte à présent à quel point ce secret avait été corrosif pour lui.Plus que cela.
Un secret de ce genre, c'était une sorte de tumeur maligne, qui se nourrissait de votre honte et de votre culpabilité, générant une PEUR qui vous rongeait les entrailles."
Pour en savoir davantage:
Comment ne pas être touché par Tommy qui, dans les années cinquante, à l'âge de huit ans, est victime de châtiments corporels dans un pensionnat anglais? Les descriptions de la cruauté des enseignants, mais aussi de celle des élèves entre eux, rappellent l'atmosphère des romans de Dickens.
Cette justesse de ton s'explique facilement quand on sait qu'à cette même époque, l'auteur était lui aussi pensionnaire outre-Manche. Heureusement pour Tommy, il finit par changer d'air, direction la Californie! C'est Diane, celle qui lui avait été présentée pendant des années comme sa grande sœur, alors qu'elle était en réalité sa mère, qui l'emmène à Hollywood. La jeune femme est en effet une actrice sur le point de devenir une star. En plus, elle est tombée amoureuse du héros de la série western télévisée préférée de Tommy…
Mais derrière le rêve hollywoodien apparaît rapidement l'envers du décor, fait de mensonges et de violence. Seules les cavalcades enchanteresses du gamin avec Cal, un dresseur de chevaux de cinéma, préservent une part du mythe de l'Ouest. Pas étonnant si, une fois adulte, Tommy reste marqué par les traumatismes de son enfance. Les stigmates du passé éclairent d'une lumière sombre ses difficultés avec sa femme puis avec son fils. Nicholas Evans écrit notamment des pages poignantes sur une relation père-fils houleuse.
Et ne boudons pas notre plaisir s'il opte pour un happy end à l'américaine. Une façon de rappeler que dans la fiction, comme dans la vie réelle, la possibilité du bonheur, malgré les épreuves, n'est pas un mythe.
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