LE VOYANT, de Jérôme GARCIN, 2015, 185 pages
22/02/2016 20:17 par livresentete
GARCIN Jérôme
LE VOYANT, Gallimard, 2015, 185 pages
Vie de l'auteur JACQUES LUSSEYRAN, aveugle dès l'âge de huit ans.
JÉRÔME GARCIN nous relate la vie, l'oeuvre littéraire et spirituelle de Jacques Lusseyran dans une écriture profonde et illuminée.
Pour qui a déjà lu les livres de Jacques Lusseyran, l'auteur nous le décrit tel que ses écrits nous le présentent avec la même profondeur, telle est sa vie authentique et spirituelle. IL VOYAIT LA VIE DE L'INTÉRIEUR.
Un grand auteur à découvrir pour sa force de caractère, sa détermination à vivre sa vie d'aveugle d'une façon si intense et spirituelle que sa vie est davantage remplie que bien des hommes voyants,mais ordinaires sans plus.
Un grand personnage à découvrir et un auteur au style impeccable pour nous le présenter. Quand deux personnages exceptionnels se présentent à nous, il faut en abuser, en jouir car nous en sortirons grandis et tolérants envers les différences que nous réservent la vie au quotidien.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
www.livresentete.vip-blog.com
Pour en savoir davantage:
Résumé :
"Le visage en sang, Jacques hurle: "Mes yeux! Où sont mes yeux?" Il vient de les perdre à jamais. En ce jour d'azur, de lilas et de muguet, il entre dans l'obscurité où seuls, désormais, les parfums, les sons et les formes auront des couleurs.
Né en 1924, aveugle à huit ans, résistant à dix-sept, membre du mouvement Défense de la France, Jacques Lusseyran est arrêté en 1943 par la Gestapo, incarcéré à Fresnes puis déporté à Buchenwald. Libéré après un an et demi de captivité, il écrit Et la lumière fut et part enseigner la littérature aux États-Unis, où il devient «The Blind Hero of the French Resistance». Il meurt, en 1971, dans un accident de voiture. Il avait quarante-sept ans.
Vingt ans après Pour Jean Prévost (prix Médicis essai 1994), Jérôme Garcin fait le portrait d'un autre écrivain-résistant que la France a négligé et que l'Histoire a oublié."
L'éditeur
"Né en 1924, Jacques Lusseyran devient aveugle à l'âge de huit ans suite à un regrettable accident survenu à l'école. Loin de se laisser anéantir par cette perte irrémédiable, le jeune garçon décide de faire de sa cécité une force et non un handicap, développant ses autres sens ainsi que son intelligence et prouvant à tous que l'on peut être aveugle et clairvoyant à la fois.
Jeune homme brillant et charismatique, il intègre le prestigieux lycée Louis-le-Grand à seize ans. La France est alors occupée par les allemands. Jacques Lusseyranse retrouve à la tête d'un petit groupe de résistants : « Les Volontaires de la Liberté » avec lequel il publie le journal « Défense de la France », dénonçant la propagande et l'oppression allemandes. Une activité dangereuse qui lui vaudra d'être arrêté et déporté au camp de Buchenwald en 1944.
Libéré un an et demi plus tard, diminué et amoindri, Jacques Lusseyran comprend que, malgré cette expérience traumatisante, son amour de la vie est plus fort que tout et parvient à surmonter cette culpabilité d'avoir survécu.
Amant attentif et prévenant, il devient un homme à femmes, accumulant les conquêtes et les mariages. Amoureux des lettres, il écrit ses mémoires ainsi que de nombreux romans et pièces de théâtre qui ne seront jamais publiés et part enseigner la littérature aux Etats-Unis. Mais c'est en France qu'il mourra, dans un tragique accident de voiture, à l'âge de quarante-sept ans, injustement oublié de ceux-là même pour qui il s'est battu…
Que dire après une telle lecture ? Les mots me manquent et celui qui me vient d'abord à l'esprit c'est « merci ». Oui, merci à Jérôme Garcin d'avoir réhabilité le nom de ce héros de la résistance tombé dans l'anonymat. Merci de l'avoir fait connaître au grand public et de m'avoir donné envie d'en apprendre plus sur cet homme d'exception en lisant notamment « Et la lumière fût », son autobiographie. Les quelques extraits cités laissent présager une plume délicate et un esprit à la fois tendre et passionné.
Celle de Jérôme Garcin d'ailleurs n'est pas en reste ! C'est la première fois que je lisais un texte de cet auteur pourtant confirmé dans le paysage de la littérature française et je regrette de ne pas avoir tenté l'expérience plus tôt tant j'ai été séduite par la finesse de sa plume ! Malgré l'aspect quelque peu factuel de l'écriture biographique, les phrases sont fluides, presque poétiques et rendent parfaitement hommage à la figure de Jacques Lusseyran.
www.babelio.com
FITZGERALD F.Scott
GATSBY LE MAGNIFIQUE, Grasset, 1946, 222 pages
Roman qui a connu un vif succès dès sa sortie. Un MUST de son époque.
"Porte-parole de la génération d'après la première guerre mondiale, la fameuse "génération perdue", Francis Scott Fitzgerald a connu avec Gatsby le Magnifique un immense succès."
"Ce livre intense n'est pas inutile, même s'il est cruel et faux, pour entrer dans la sympathie d'un écrivain chez qui l'auteur écrit sous la dictée intime de l'homme.
La jouissance et la grâce, voilà les deux pôles entre lesquels s'écartèle le destin de Scott Fitzgerald. " Je suis le produit d'une génération inquiète ou Un Américain pas Tranquille."
Cette histoire amère et dynamique est racontée par le jeune CARRAWAY."
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
www.livresentete.vip-blog.com
" .. y avait en cet homme quelque chose de magnifique, je ne sais quelle sensibilité exacerbée aux promesses de la vie comme s'il s'apparentait à une de ces machines compliquées qui enregistrent les tremblements de terre à dix milles de distance."
"Il n'y a rien d'plus vrai: Les rich's font du négoce
Et les pauvr's font des gosses.
En attendant . En camboulant."
"--mais il découvrit bientôt qu'il s'était engagé dans la poursuite d'un GRAAL. Il savait que DAISY était extraordinaire, mais il ne savait pas exactement combien extraordinaire pouvait être une jeune fille "bien".La véranda de la jeune femme resplendissait du luxe acheté des étoiles."
" Car DAISY était jeune et son monde artificiel se peuplait d'orchidées, d'un snobisme agréable et joyeux."
"M. GATSBY.Ce sont des muffles. A vous seul vous valez mieux que toute la sacrée bande."
"S'il en est ainsi, il a dû sentir qu'il avait perdu le vieux monde et sa chaleur, payé un prix élevé pour avoir trop longtemps vécu avec un rêve unique."
Pour en savoir davantage:
Résumé :
"Dans le Long Island des années vingt, la fête est bruyante et la boisson abondante. Surtout chez Jay Gatsby.
Aventurier au passé obscur, artiste remarquable par sa capacité à se créer un personnage de toute pièce, Gatsby, figure solaire par son rayonnement, lunaire par le mystère qu'il génère, est réputé pour les soirées qu'il donne dans sa somptueuse propriété. L'opulence, de même que la superficialité des conversations et des relations humaines, semblent ne pas y avoir de limites. C'est pourquoi l'illusion ne peut être qu'éphémère.
Parmi les invités de cet hôte étrange se trouve Nick Carraway, observateur lucide qui seul parvient à déceler une certaine grandeur chez Gatsby, incarnation de multiples promesses avortées.
Ce roman visuel qui se décline dans des tons d'or, de cuivre et d'azur, s'impose également comme la chronique d'une certaine époque vouée, telle la fête qui porte en elle son lendemain, à n'être magnifique que le temps d'un air de jazz.
Sana Tang-Léopold Wauters
Jay Gatsby, nouveau riche, demeuré -secrètement triste -et romantique, reçoit dans sa luxueuse propriété une société fondée sur le dollar.
Mais Gatsby a seulement gagné son argent, il n'a pas hérité d'une immense fortune, comme Tom Buchanan, et ce dernier, ainsi que tous ceux qui sont nés riches, le méprisent."
http://www.babelio.com/livres/Fitzgerald-Gatsby-le-magnifique
LA PROMESSE DE L'ANGE, roman, de Frédéric Lenoir et Violette Cabesos, Albin Michel, 2004, 488 pages
Un roman d'action, une enquête opiniâtre de JOHANNA, une ARCHÉOLOGUE déterminée à découvrir la vérité sur un personnage qui hante ses rêves depuis son enfance. Un roman qui nous entraîne dans une aventure qui débute en l'an 963 donc au Moyen Âge, traverse le temps avec les recherches acharnées de Johanna, une archéologue du XX1ième siècle.
"Meurtres inexpliqués, amours périlleuses, secrets millénaires...sur le chemin du temps, de la passion, de l'absolu, la quête de Johanna la conduit inexorablement aux frontières d'un monde dont on ne revient pas indemne." L'éditeur
Un grand roman qui mélange le récit historique du MONT SAINT-MICHEL, des recherches archéologiques de notre époque et la vie moniale des BÉNÉDICTINS du X1ième siècle.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
www.livresentete.vip-blog.com
"Quand même, toute ta vie à Cluny, dans ce trou, avec les morts. Tu vas finir dans le même état que ton Hugues vénéré. Un toutankhamon médiéval."
"L'obstacle principal reste le transport des pavés de granite au MONT SAINT-MICHEL. Maître Jehan et ses tailleurs de pierre. Frère ROMAN, moine bâtisseur."
"En 966, le duc Richard 1er de Normandie a confié aux Bénédictins non sulement le MONT et les territoires environnants, mais également les habitants de ces concessions."
"La vigne, le vin est la grande affaire des hommes de Dieu et Saint Benoît l'apprit à ses dépens."
"Quand à la construction de la grande abbatiale décidée en 1017 par Richard 2 de Normandie au Mont Saint-Michell, la plus prodigieuse abbaye de la chrétienté occidentale..."
ROMAN ET MOÏRA. Arrestation de MOÏRA. Dans le sentiment de révolte causé par la trahison d'ALMODIUS qui a livré la jeune CELTE à l'évêque et au prince."
"La foi chez vous n'est que l'alibi de vos passions."
Pour en savoir davantage:
"Johanna est une archéologue passionnée par son métier. Petite fille, un peu avant l'anniversaire de ses sept ans, dans un rêve, un moine sans tête lui apparaît et lui dit une phrase latine, que trop jeune elle ne peut comprendre, mais elle note celle-ci phonétiquement. En sixième année au Collège, dans un cours de latin, elle reconnaît la langue de son cauchemar et montre son cahier au professeur qui lui traduit la phrase : «Il faut fouiller la terre pour accéder au ciel», c'est l'élément déclencheur du choix de sa profession. Au total, Johanna rencontre trois fois le moine sans tête en songe mais lorsqu'elle entame des fouilles au Mont-Saint-Michel, au XXIᵉ siècle, elle soliloque couramment avec lui...
Roman instructif sur toute la période de construction de l'abbaye du Mont-Saint-Michel dès son début, au XIᵉ siècle, jusqu'à nos jours.
Un thriller captivant dans lequel les descendants des druides celtiques tuent les moines et les archéologues trop proches de leurs secrets enfouis sous la crypte de l'abbaye du Mont-Saint-Michel. À lire"
http://www.babelio.com/livres/Lenoir-La-Promesse-de-lAnge/9294/critiques
PERRIN Valérie
LES OUBLIÉS DU DIMANCHE,roman, Albin Michel, 2015, 379 pages
Un roman beau, éclatant qui se lit comme un récit,un conte tiré d'une expérience personnelle. Un livre amical, un récit de souvenirs ancients inspiré de confidences de relations humaines personnelles. Un roman altruiste pour qui chaque personnage est important car toute vie a un message à livrer, un secret à confier d'une génération à l'autre. Les personnages dévoilent leur expérience de vie personnelle de 1926 à 1996. Une période de vie imposante qui comprend plusieurs générations.Un roman de confidences spontanées, sans gêne, en toute confiance. Une gâterie, un délice pour lecteur.
Un roman touchant et une auteure incontestable à découvrir.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
www.livresentete.vip-blog.com
"Être vieux, c'est être jeune depuis plus longtemps que les autres."
"Mais je ne sais pas à partir de quand on est vieux.Madame LeCamus, ma chef de service, dit que c'est à partir du moment où on ne peut plus s'occuper de sa maison seul.Que ça commence quand il faut laisser la voiture dans le garage parce qu'on devient un danger public et que ça finit quand on se casse le col du fémur. Moi je pense que ça commence avec la solitude. Quand l'autre est parti. Pour le ciel ou pour quelqu'un."
"...on devient vieux quand on commence à radoter et que c'est une maladie qui peut s'attraper très jeune...que ça vient avec la sourde oreille et les clés qu'on cherche dix fois par jour.
J'ai 21 ans et je cherche mes clés dix fois par jour. JUSTINE."
"Ce jour-là, j'ai compris que les ancients, il suffit de les toucher, de leur prendre la main pour qu'ils se racontent."
"HÉLÈNE m'a raconté toute sa vie. Tout mais en puzzle."
"LUCIEN n'est pas croyant. Il pense que la religion c'est juste la beautée de la musique. Un truc pour asservir les gens."
"JULES. Il a tellement de grâce que se sont les choses qui dansent autour de lui.Il est beau comme c'est pas permis"
"...ce n'est pas une vie de vivre auprès d'aveugle. Qu'un jour ou l'autre, on a forcément envie de vivre avec quelqu'un qui nous regarde"
"Si y a un paradis, y a forcément un bistrot."
"Le bon Dieu ferait mieux de venir faire son marché ici, chez les vieux, on ne sert plus à rien."
"L'amour ne supporte aucune explication."
Pour en savoir davantage:
"Justine, vingt et un ans, aime les personnes âgées comme d’autres les contes. Hélène, presque cinq fois son âge, a toujours rêvé d’apprendre à lire. Ces deux femmes se parlent, s’écoutent, se révèlent l’une à l’autre jusqu’au jour où un mystérieux « corbeau » sème le trouble dans la maison de retraite qui abrite leurs confidences et dévoile un terrible secret. Parce qu’on ne sait jamais rien de ceux que l’on connaît.
À la fois drôle et mélancolique, Les oubliés du dimanche est un roman d’amours passées, présentes, inavouées… éblouissantes."
Valérie Perrin, pour Les oubliés du dimanche, est préselectionnée pour le Prix Solidarité 2016, ainsi que pour le Prix littéraire LireÉlire 2016. http://www.albin-michel.fr/Valerie-Perrin
"Justine, vingt et un ans, est aide soignante dans une maison de retraite à Milly, petit village de Bourgogne, oú elle se sent bien.
Elle vit avec un grand- père, taciturne et solitaire, une grand-mère peu affectueuse et son cousin Jules qu'elle considère comme son frére.
Marquée par l'accident qui a coûté la vie à ses parents, Sandrine et Christian et Alain, son jumeau époux d'Annette, la jolie suédoise ......alors qu'elle n'avait que quatre ans....Elle se jette à corps perdu dans le travail et les histoires des autres car la sienne lui échappe...Murés dans le silence, ses grands- parents refusent d'évoquer le passé " surtout ne pas parler du drame ".
Elle se tourne vers Hélène, sa résidente préférée retranchée sur une plage imaginaire de laquelle elle dévoile par morceaux l'histoire de sa vie....sa rencontre en 1933 avec Lucien, leur amour défiant les convenances, le café de Milly qu'ils ont fait prospérer, la guerre, le juif Simon caché dans la cave, la trahison, la Gestapo, Lucien déporté dans un camp de travail, Lucien amnésique, un amour intense qui a survécu au malheur et à l'oubli....Justine passe des heures à l'écouter et consigne son récit dans un cahier bleu....
Grâce à Hélène, Justine, bienveillante, tendre et lumineuse, à l'écoute des anciens affrontera les secrets de son histoire....
Voici un très joli ouvrage, sensible,profond et poétique à l'écriture soignée, drôle et bouleversant, pétri d'émotions qu'on ne lâche pas, que l'on pourrait offrir à ses parents ou grands- parents..... sur l'amour, la mémoire, la transmission, la douleur et les non - dits, la famille et les liens qui s'y tissent ou non...jamais larmoyant...... C'est une lecture magnifique, positive,optimiste, sur les amours passées, présentes , inavouées, éblouissantes....car on ne sait jamais rien de ceux que l'on connaît." il faut toujours mettre de la vérité dans ses rêves ou le contraire".
Ce récit d'une grande beauté, passionnant de bout en bout empreint d'humanité ne nous fera pas oublier de sitôt l'histoire d'Hélène et de Justine..."
https://www.babelio.com/livres/Perrin-Les-oublies-du-dimanche
Jussi ADLER OLSEN
PROMESSE, roman, Albin Michel, 2016, 648 pages
La sixième enquête du Département V
Roman du genre polar, une enquête policière très raffinée faite de détails infimes mais surtout de patientes déductions qui nous entraînent dans une aventure dictée par le talent de l'auteur. En aucun cas nous ne pouvons anticiper et espérer trouver le coupable du meurtre d'ALBERTE. Que le détective en nous mette ses méninges en fonction active car le défi est colossal!
Pour amateur de polar déterminé, armé de patience seulement.
Commissaire BIRKEDAL, ce drame s'est passé il y a dix-sept ans. L'inspecteur Carl MORCK, trente ans de service, est chargé de l'enquête. Un mystère sans indices à résoudre.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
www.livresentete.vip-blog.com
"Bornholm. Danemark.Ils ignoraient qu'ALBERTE, la fille la plus douce, la plus jolie et aussi la plus populaire de l'école, avait été renversée par une voiture ce matin-là. Il se passe plus de 24 heures avant qu'on la retrouve SUSPENDUE dans un arbre au bord de la route, si haut qu'il était presque impossible de la voir."
"L'inspecteur HABERSAAT s'est tiré une balle dans la tête parce qu'il n'aimait pas l'homme qu'il était devenu."
"...un homme ne peut échapper à ce qu'il est, où qu'il se trouve...chaque être était seul responsable de ce qu'il était."
RIVER, 1970, chanson de JONI MITCHELL, Canada
"PÌRJO prenait soin d'elle-même en modifiant régulièrement ses niveaux d'énergie à l'aide des méthodes NATURABSORPTION."
"SHIRLEY, Elle racontait à qui voulait l'entendre, avec force détails, comment sa meilleure amie WANDA s'était laissé emporter et presque envoûter par la personnalité et la présence d'ATU."
"Est-il absurde de croire que vous étiez folle de rage qu'ALBERTE vous ait volé vos DEUX amoureux?."
Pour en savoir davantage:
Résumé :
"Bornholm, une île danoise de la mer baltique, fin des années 1990. Le cadavre d'une jeune fille est retrouvé dans un arbre, son vélo broyé au bord de la route. Aucune trace du chauffard : affaire classée. Sauf pour un inspecteur de la police locale qui finit dix-sept ans plus tard par demander l'aide de l'inspecteur Carl Mørck. Avant de se tirer une balle dans la tête.
À l'initiative de Rose, l'assistante du flegmatique Mørck, l'insolite trio du Département V en charge des cold cases débarque sur l'île de Bornholm. En remuant le passé, ils prennent le risque de réveiller de vieux démons..." L'ÉDITEUR
"L'intrigue? Cette fois, nos amis vont enquêter sur l'ile danoise de Bornholm à l'initiative de Rose, très active dans cet opus. Un inspecteur de la police locale, Christian Habersaat, prend contact avec le département V pour qu'il prenne la suite de son enquête à propos de la mort d'une jeune fille, Alberte, dans les années 1990. Son suicide (il se tire une balle dans la tête lors de sa cérémonie de départ à la retraite) lance dans l'aventure nos trois comparses.
"La transcription ne comportait que deux phrases mais elles suffirent à plomber l'ambiance du bureau pour le restant de la journée: le département V était mon ultime espoir. Je n'en peux plus. C. Habersaat."
Le lecteur est plongé dans l'univers des sectes, des croyances ésotériques... Sujet traité sans pathos, ni clichés par Adler-Olsen. C'est très appréciable et réussi.
"Pour pouvoir appréhender le surnaturel dans son ensemble, accepter tout ce qu'on ne comprend pas, il suffit de se soumettre à la seule chose dont on est sûr, c'est-à-dire que le soleil nous donne la vie, et la nature notre pain quotidien. Horus fut le premier dieu du Soleil, croire en lui répond au besoin instinctif de l'homme qui est de vénérer le soleil, de traiter la nature avec respect et d'en prendre soin. Nous ne le faisons pas suffisamment aujourd'hui, mais il est grand temps que nous nous y mettions."
L'écriture est toujours aussi agréable et unique. Elle mêle humour, ironie, froideur, émotions. C'est vraiment un point fort de l'auteur. Comme souvent, on a le sourire aux lèvres et on enchaine les chapitres rapidement tellement c'est fluide."
http://www.babelio.com/livres/Adler-Olsen-Promesse
LENOIR Frédéric
L'ÂME DU MONDE, NiL, 2012, 188 pages
Livre remarquable sur un sujet à la fois délicat, touchant, très individuel, la spiritualité des hommes. Ce livre d'une grande qualité d'écriture s'adresse aux hommes peu importe leur cheminement, leur croyance, leur religion, leur implication sociale et spirituelle. Nous sommes des êtres physiques, émotifs et spirituels peu importe la façon dont nous le vivons ou même le nions.
"Être libre c'est aussi ne pas agir en fonction du regard d'autrui." p. 98
Nous avons tous besoin de reconnaissance, nous ne supportons pas qu'on nous critique et qu'on nous insulte." p. 100
"C'est nécessaire à la quête de la sagesse, parce que chaque famille et chaque groupe humain transmettent des croyances et des valeurs qui lui sont propres, mais qui ne sont ni sans préjugés ni sans a priori." Certaines d'entre elles sont erronnées, d'autres inadaptées aux défis du temps présent, d'autres limitées, d'autres encore inappropriées au caracctère ou au destin de certains individus." p. 102
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
www.livresentete.vip-blog.com
"Le bonheur et le malheur sont à l'intérieur de nous. Le paradis et l'enfer n'existent qu'en nous."
"Ce que nous pensons devient notre réalité."
"C'est notre vision de nous-mêmes et du monde qui conditionne une bonne part des événements qui nous arrivent."
"...nous ne voyons que notre seule image. N'accuse pas la vie ou les autres."
"Nos croyances et nos pensées influent de manière décisive sur le cours de notre existence."
"Car notre esprit a autant besoin de SILENCE que notre Corps D'AIR."
"Il est plus facile d'être sages en esprit qu'en actes.Soyez donc VIGILANTS."
POUR EN SAVOIR DAVANTAGE:
"Dans son dernier ouvrage, L’Âme du monde, Frédéric Lenoir nous offre un conte initiatique : à la veille d’une catastrophe apocalyptique, un jeune moine tibétain et une jeune Européenne reçoivent l’enseignement de huit sages, issus des diverses religions et spiritualités. Captivant." www.psychologies.com
|
|
|
Un conte initiatique lumineux qui touche le coeur autant que l'intelligence. |
|
|
|
Quelle force mystérieuse a poussé sept sages – un lama tibétain, un moine chrétien américain, une mystique indienne, un kabbaliste israélien, une philosophe néerlandaise, un maître soufi africain, une chamane de Mongolie, un maître taoïste chinois – à se réunir à Toulanka, monastère perdu du Tibet ? |
|
|
|
|
|
Frédéric Lenoir est philosophe et historien des religions. Il est chercheur associé à l'EHESS et directeur du magazine Le Monde des religions. Ses ouvrages sont traduits dans une vingtaine de langues. Ses deux derniers livres sont Petit traité de vie intérieure (Plon, 2010) et Dieu (avec Marie Drucker, 2011). |
www.nil-editions.fr
NADLER Stuart
UN ÉTÉ À BLUEPOINT, roman, Albin Michel, 2013, 420 pages
Un roman d'amour manqué pour des raisons évidentes de couleur de la peau, de statut social et surtout de richesse: un écart infranchissable aux États-Unis.
Un roman prenant, exigeant des questions et des réponses mais qui se résume par la fatalité des circonstances de la vie en VIRGINIE.
Un auteur à découvrir car il a des choses à vous faire connaître: la fragilité des hommes face à l'amour, l'amitié, le racisme et l'argent. Un premier roman prometteur, une écriture éclairante, également éclairée.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
www.livresentete.vip-blog.com
"C'est l'un des effets que le temps a sur nous: il efface la magie, il remplace l'infinité de l'espoir et de l'attente par une lucidité nécessaire et chèrement acquise."
"J'étais tellement arrogant et imbuvable à l'époque."ARTHUR WISE
"...le genre d'avocats qui fonctionne selon le principe du" tu glisses, tu tombes, tu attaques."
"Je suis certain que nous étions la première famille juive à habiter cette rue. Parfois, des garçons du quartier essayaient de me provoquer en criant des trucs à propos des fours crématoires ou de l'Allemagne."
HILTON"HILLY..fils d'avocat fort en gueule et fauteur de scandales."
"Il serait à l'origine de tous nos problèmes futurs."
"Nous étions riches désormais."
"Bluepoint, c'est un village au bout du bras plié que forme CAPE COD.La maison était sans prétention, c'est plus une cabane pêcheur...sur le bord de l'Atlantique."
"LEM, le BOY NOIR, avait perçu l'ascendant que mon père avait sur moi."
"Mon père aimait que l'on fasse des choses pour lui. IL ADORAIT DONNER DES ORDRES. CONTRÔLER LES AUTRES ÉTAIT SA PASSION."
"Il n'avait aucun savoir-faire parental."
"Je savais déjà que l'instinct de survie est une pulsion qui échappe aux principes...plus personne n'a de scrupules."
"Je me suis dit que c'était là le véritable talent de mon père: ni ses dons oratoires, ni son aisance à s'attirer les faveurs de la presse,mais cette façon d'AVILIR tous ceux qui lui opposaient leur DÉSACCORD ou qui simplement l'importunaient."
ARTHUR, le père."C'était à lui. Tout était à LUI, et pour toujours."
Pour en savoir davantage:
"Arthur Wise est devenu en peu de temps l’un des plus puissants avocats des États-Unis. Fort de cette ascension fulgurante, il s’offre une maison à Bluepoint, non loin de Cape Cod, à proximité de celle de son associé, Robert Ashley.
C’est là, durant l’été 1952, que Hilton, son fils de dix-sept ans, se lie d’amitié avec Lem Dawson, le « boy de couleur » chargé de l’entretien des lieux et du courrier. Bien que sensible à la discrimination – les Wise sont juifs –, son père voit d’un mauvais œil cette complicité. Mais ce même été, lorsque l’adolescent tombe amoureux de Savannah, la nièce de Lem, il ne sait pas encore que l’innocente idylle va tourner au drame, lui révélant la face cachée de son père et signant pour ainsi dire l’arrêt de mort de Lem.
Des années plus tard, hanté par le souvenir de la jeune fille qu’il n’a jamais oubliée, Hilly part à sa recherche. Mais la culpabilité et les bonnes intentions peuvent-elles racheter le passé ?
Après un recueil de nouvelles très remarqué, Le livre de la vie, Stuart Nadler retrace un demi-siècle d’Histoire américaine dans ce premier roman qui n’est pas sans rappeler l’atmosphère Gatsby le magnifique et sa promesse du rêve américain.
« Un ambitieux premier roman qui parle de réussite sociale et d’argent, de différences de classe, de race ou de religion, mais avant tout de la jeunesse, la trahison et les regrets. » Stewart O’Nan
http://www.albin-michel.fr/Un-ete-a-Bluepoint-
LUSSEYRAN Jacques
LE MONDE COMMENCE AUJOURD'HUI, Silène, 2012, 127 pages
Un livre remarquable dont le sujet est la vie intérieure, la compréhension du monde extérieur par nos sens innés, la forme des choses, leurs vibrations.
"L'attention seule commande: c'est elle qui fait l'univers. Un homme entièrement attentif connaîtrait entièrement l'univers." "La paix intérieure nous met en dispositon atttentive. Un état de communication universelle, un état de réunion." "La vie intérieure, c'est cela: c'est savoir que la paix n'est pas dans le monde, mais dans le regard de paix que nous portons sur le monde."
Un livre qui nous dévoile, nous révèle à nous-mêmes.Un auteur capital pour qui veut connaître la vie, ses accès à la connaissance de l'univers.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
www.livresentete.vip-blog.com
"Cette fois, c'est l'air et le silence qui me font parler parce qu'ils ont ici la plénitude d'un chant."
"Il me semble qu'il y a deux sortes d'hommes:ceux qui aiment leur métier, et les autres."
"...mais aussi parce que ce sont les filles qui tisseront un jour la trame de la vie...qui liront les livres aux enfants, s'il reste ce jour-là des livres et des enfants."
"C'est étrange: je n'ai plus peur de rien. Je connais mon devoir. Je connais mes limites: je puis donc espérer les franchir."
"L'enseignement, c'est cela, à la lettre: un mouvement de la vie...tous les sujets sont bons."
"Mes élèves. Je ne peux pas me réjouir qu'ils apprennent la science et soient en train d'oublier la vie."
"C'est savoir que la joie n'est jamais pour demain, mais pour aujourd'hui, ou alors qu'elle ne sera pas."
"Vivre de ses sensations intérieures au lieu d'analyser les impressions extérieures qui souvent nous accablent. VOIR avec ses sens."
"VOIR avec cette fantasmagorie visuelle. L'intensité visuelle. Mais c'était la vue, en formes et en couleurs, une apparition...car la lumière était là."
"La santé, l'harmonie, la confiance, la joie, la vie.Autant de synonymes. "
"Celui de la patience, de la confiance. Il n'avait jamais été amer. Jamais résigné, replié, crispé. Se contenté de continuer vivre. Une vie de génie.Vivre. Ni rancune ni vanité, Prendre au plus léger, au plus impersonnel. L'abandon à la vie c'est un acte."
Pour en savoir davantage:
Le Monde commence aujourd’hui, Jacques Lusseyran, Editions Silène 2012
(première édition La Table Ronde 1959)
pages 86 et 87
« En 1958, Jacques Lusseyran s’installe en Virginie pour y devenir enseignant. Là, il convoque ses souvenirs et témoigne d’un parcours hors du commun : résistant aveugle, déporté en 1944 au camp de Buchenwald puis professeur de littérature dans une université américaine.
Les thèmes évoqués vont du silence, à la poésie, en passant par la mémoire, l’enseignement et l’auditoire ou encore la notion de liberté intérieure.
Le monde commence aujourd’hui demeure une somptueuse leçon de résilience et un chant d’amour à la vie, dont la quête a lieu partout et tout le temps, du vestibule de l’enfer aux immensités américaines. » extrait quatrième de couverture
http://www.mondeenpoesie.net/2014/01/le-monde-commence-aujourdhui-jacques.html
BORIS VIAN
VERCOQUIN ET LE PLANCTON, Gallimard, 1947, 195 pages
Roman de Boris VIAN disons genre coquin mais amusant, drôle et surtout hilarant. Tout y est un peu excessif. "Courir le guilledou" résume bien l'idée de ce roman: des aventures amoureuses et tromper le monde.
Les personnages sont bien nantis donc riches, bourgeois et libérés. L'écriture, le langage est moderne, il invente des mots donc des néologismes en utilisant plusieurs cultures du monde.On y rencontre des zazoutes qui adorent la musique et les tenues excentriques. Un monde en folie en appostion avec le monde des affaires.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
www.livresentete.vip-blog.com
Pour en savoir davantage:
"Vercoquin et le Plancton est un roman de Boris Vian, publié en 1946 par Gallimard. Ce roman, proche de la farce, raconte, à la manière de Boris Vian, les surprises parties de 1945.
Le roman se situe entre deux surprises-parties. Lors de la première, le Major (personnage récurrent de Boris Vian) tombe amoureux de Zizanie. Dans la seconde le Major se fiance avec elle. Entre les deux, le Major déploie toute une stratégie pour obtenir l'autorisation de l'oncle et tuteur de Zizanie. Apparaît dans ce roman le personnage d'Antioche Tambretambre, bras droit du Major et qui est peut-être Vian lui-même lorsqu'il était jeune.
Analyse
Sa caricature de l'AFNOR (Association Française de Normalisation) sous les traits du CNU (Consortium National de l'Unification), où il a travaillé, représente l'humour de l'absurde. Les noms propres dans le roman sont évocateurs. Le titre lui même, vercoquin, comme des parasites, des vers. Ver comme le verre des goulots de bouteille que Boris Vian devait normaliser à l'AFNOR. Coquins comme les coqs. Peut être le maquis du Vercors, bien que presqu'aucun zazou n'eût été maquisard. Le vercoquin désignerait la jeunesse alors que le plancton qui surnage serait le monde adulte1.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Vercoquin_et_le_Plancton
Résumé :
« Le Major avait une façon assez personnelle de danser, un peu déroutante au premier abord, mais à laquelle on s'accoutumait assez vite. De temps à autre, s'arrêtant sur le pied droit, il levait la jambe gauche de façon que le fémur fasse avec le corps, tenu vertical, un angle de 90°. Le tibia restait parallèle au corps, puis s'en écartait légèrement dans un mouvement spasmodique, le pied demeurant parfaitement horizontal pendant ce temps. Le tibia redevenu vertical, le Major abaissait son fémur, puis continuait comme si de rien n'était. » Les surprises-parties en 1945 racontées par Boris Vian. L'éditeur
FRÈCHE Émilie
UN HOMME DANGEREUX, roman, Stock, 2015, 283 pages
Un roman touchant mais déroutant dans un style d'écriture solide.désarçonnant tant nous nous sentons impliqués dans cette histoire d'homme égocentrique, salaud, sans morale sinon son propre confort et le plaisir de la manipulation de l'autre surtout une femme juive, auteure connue, fragile et riche.
BENOÎT PARENT, dit le CANCER. Un danger, un manipulateur, un sans foi ni loi sauf pour assouvir ses besoins de domination, de soumission. Un être exécrable, odieux et menaçant. Un homme dangereux, un homme à piège. Il te piège avec TES raisons et SA logique.Il est d'accord avec toi et te dicte quoi faire et comment le faire.Un arnaqueur amoureux.
Un roman avec une formule poignante mais gagnante. Un roman réaliste, raciste et une auteure à découvrir.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
www.livresentete.vip-blog.com
"Il voulait tout sauf aller au lit ave ÉMILIE."
"L'écriture n'est jamais autre chose qu'un face à face avec soi-même."
"Il n'y avait de liberté que seul, évidemment à deux, c'était impossible. À deux, la liberté n'était qu'une servitude volontaire et elle ne survivrait pas à l'amour."
"Mon seul souci était le sentiment que j'avais, très désagréable, d'êre un livre ouvert. Il me semblait que tout se lisait sur mon visage."
BENOÎT." Tu sais bien que nous allons vivre une grande histoire d'amour et que tu vas foutre ta famille en l'air."
"Nos venions de passer une semaine à nous envoyer soixante messages par jour, il me demandait quand est-ce que j'allais quitter mon mari,prétendait que nous allions vivre une grande histoire et voilà qu'il me laisse seule sur un trottoir, sans autre geste que cette phrase absurde,JE VAIS RENTRER.C'était complètement absurde."
"...je n'avais donc pas le droit de continuer à voir un type qui me mettait dans un état pareil."
"FAITES L'HUMOUR PAS LA GUERRE."
"Tout se paye dans la vie."
"On ne change pas les rayures d'un zèbre."
Pour en savoir davantage:
"Mariée à un homme qui ne la touche plus, la narratrice tombe éperdument amoureuse d'un autre. Elle a 35 ans, il approche les 60. Elle est juive, il tient des propos antisémites. Ecrivains tous deux, ils manient les mots comme des armes, quand l'amour tourne à la guerre. Liaisons dangereuses du XXIe siècle ?
La narratrice a tout du double de l'auteure. Ecrivain et scénariste, elle porte le même nom et a pareillement écrit un livre sur Ilan Halimi, assassiné en 2006 parce que juif. Quand le livre s'ouvre, cette romancière de 35 ans mène avec son époux et ses deux filles une vie "douce, riche, gaie et sans souffrances". Sans souffrances, vraiment ? "Le 1er novembre 2011", elle se rend compte que cela fait "sept ans jour pour jour qu'elle n'a pas couché avec son mari Adam". Qu'elle a écarté, même, la pensée du sexe "de son cerveau".
Autant dire qu'elle est mûre pour prendre un amant. Le charmant Benjamin fait l'affaire trois ans. Jusqu'à ce qu'elle rencontre Benoît Parent, "cinquante-cinq ou soixante ans, une allure sévère, des petites lunette à monture en titane qui n'arrangeaient rien (...) - je l'aurais volontiers vu dans un film sur la Stasi. "
"C'était un écrivain talentueux, poursuit-elle, qui avait eu son heure de gloire dans les années 1990, mais qui n'avait désormais plus grand-chose à raconter. Ses livres ne se vendaient plus. Il signait en revanche dans presque tous les journaux, et les lecteurs de ses chroniques étaient fidèles. Il était également juré dans de nombreux prix".
Naissance d'une passion. Il la bombarde de SMS qu'elle attend comme une amoureuse de 15 ans. Elle quitte quinze fois la table pendant le repas familial sous les prétextes les moins crédibles pour y répondre. Le jour où il l'effleure à peine, il emporte "tout sur son passage", mariage et enfants.
Consommeront-ils leur idylle ? ll l'invite dans un hôtel (mais c'est elle qui paie) avant de s'enfuir. Le passage à l'acte semble difficile, tandis qu'il multiplie les remarques douteuses sur la judaïté de la narratrice. Toujours sur le fil, il lui décoche cette flèche : "Écris-sur moi (...) Tu sais bien que je suis antisémite". L'amour tourne à l'aigre, devient joute. Le verbe se fait poignard, vise le cœur.
Cette guerre entre deux écrivains parisiens - une étoile montante, un astre en voie d'extinction- a tout du roman à clés. Benoît Parent ressemble étrangement à Patrick Besson, jusqu'à ses initiales (inversées). Interrogée, Emilie Frèche élude : "c'est le problème du lecteur, pas le mien." De toute façon, elle ne livre pas de nom. A une exception près : clin d’œil au lecteur, le romancier Patrick Besson apparaît à la page 150, dans le cortège accompagnant un enterrement. Au cimetière, donc.
"L'objectif, nous explique la romancière, n'est pas de dire une vérité ou ma vérité, mais de faire un roman vrai, avec cette figure emblématique d'une tradition littéraire de droite qui puise ses racines dans la guerre, dans la collaboration. Dans mon livre, le personnage montre comment on peut casser quelqu'un avec des mots. Il participe de cette violence verbale qui fissure le pacte républicain." Et entre en résonance, donc, avec ce discours antisémite qui s'est traduit ces dernières années par des dérives meurtrières, du meurtre d'Ilan Halimi en 2006 aux attentats de janvier 2015 contre le magasin Hypercacher de la porte de Vincennes à Paris.
L'écriture, confie la narratrice, n'est pas pour elle "une façon d'aimer les gens", mais un "moyen de s'en libérer". D'où une fiction à l'allure de règlement de comptes contre un personnage central pervers et destructeur.
http://culturebox.francetvinfo.fr/livres/romans/un-homme-dangereux-reglement-de-comptes-a-st-germain-des-pres